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Full text of "Formules de médecine tirées de la pharmacie galénique et chymique, où il est traité de la méthode d'ordonner toute sorte de remèdes pharmaceutiques, & de les adapter à chaque maladie, très utiles à ceux qui commencent à pratiquer"

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PARISIIS, 

Apud  Laurentihm  d’Houry,  vii 
jacobæâ t  prope  fontcm  S.  Seve- 
rini,  fub  figno  Spiricus  Sanfti. 


14195 

FORMULES 


MEDECINE 


T  I  R  E'  E  S 

DE  LA  PHARMACIE 

G  A  L  E  N I  Q_U  E  ET  CHYMIQjjE: 

Où  il  cft  traité  de  la  Méthode 
d’ordonner  toute  forte  de  Re- 
medes  Pharmaceutiques ,  &  de 
les  adapter  à  chaque  maladie. 
Très-utiles  a  ceux  qui  commencent 
a  pratiquer. 

Par  H.TENCKE,  Profeflcur  Royal 

«yfe'jsïi 

Et  traduites  in  Eranf^y 
*  Seconde  Edition  reveuc 

*i*2?  kiwiwtâqiïfâ 

a  l  r  O  W\,  ‘  9 

Chez  TEANCERTE  ,M^crcier^c<>7 
à  la  Trinité.  V  -  S 


M.  DC.  LXXXX. 

Avec  Approbation  &  Privilège  du  Roy. 


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<^  vis. 

N  a  trouvé  à  pro¬ 
pos  ,  Mon  cher. 
Lecteur,  de  vous 
dire  un  mot  touchant  l'u- 
fage  de  céte  Traduction. 
C’cft  une  remarque  allez  fa¬ 
milière  que  Ion  juge  de  la 
bonté  d’un  Livre  par  les  di- 
verfeslmprelhons  &  le  déhic 
qui  s’en  fait.  Celuy-cy  ne'tut 
pas  plutôt  envoyé  de  Mont¬ 
pellier,  où  la  première  Im- 
prelfion  en  a  été  faite  ,  en 
céte  Ville ,  qu’il  fut  mis  fous 
la  Prclfe.  Une  perfonnc  judi- 


C AVIS. 

cieufe  Payant  lu  &  examiné- 
atcntivemenr ,  die ,  que  puif- 
cju’il  n’avoit  été  di&é'dans 
l’Univerfité  de  Montpellier 
que  pour  former  dans  la  Pra¬ 
tique  ceux  qui  afpirqienc  aù 
D  odorat,  &  meme  pour  don¬ 
ner  de  grands  fecours  à  ceux 
qui  avoient  reçu  ce  dernier 
Degré  ,  qu’étant  traduit  en 
nôtre  Langue,  il  feroit  très? 
utile  à  ceux  qui  fous  le  nom 
de  Chirurgiens  pratiquent  à 
la  Campagne,  font  laPliarr 
marie, &  comme  on  dit  com¬ 
munément  ,  font  tout  ,  qui 
pour  l’ordinaire  ne  font  pas 
beaucoup  éclairez  -,  que  me¬ 
me  il  ne  feroit  pas  feulement 


C  A  V  1  s. 

utile  à  ces  Chirurgiens  rufti- 
qv»es niais  ;  aulU  aux  familles 
particulières ,  qui  ayant  la 
connoiflance  des  com poli¬ 
rions  que  Meilleurs  les  Mé¬ 
decins  ordonnent  chez  les 
Apoticaires  ,  foulageroient 
leurs  malades  avec  beaucoup 
moins  de  frais ,  &  beaucoup 
plus  d’alfu rance;  C'a  été  le 
feul  but  de  tant  de  perfonnes 
également  pieufes  &  fçavan- 
tes  qui  dépuis  quelques  an* 
nées  ont  travaillé  h  heureufe- 
ment  à  rendre  la  curé  des  ma¬ 
ladies  plus  douce ,  moins  fâ- 
cheufe  par  la  dépenfe ,  &  en 
quelque  façon  plus  courte  &: 
plus  hcureufc  pour  les  pau~ 


e A  V  t  S. 

vres  malades  ,  comme  on 
voit  dans  le  Médecin  &  Chi¬ 
rurgien  des  pauvres ,  &  dans 
les  Remcdes  de  Madame 
Fouquet.  Quoy  que  s  en  Toit, 
il  faut  tomber  d’accord  de 
cétc  maxime  infaillible,  que 
la  nature  &:  le  cara&ere  du 
bien,  efl:  de  fe  communiquer. 
C’cft  pour  ce  motif  que  les 
plus  fameux  Auteurs  Latins 
tant  de  ce  Royaume  que 
d’ailleurs ,  ont  été  traduits  en 
François  ,  comme  Dulau- 
rent  ,  Riolan  ,  Durenoux, 
Hierômc  Fabrice ,  ordinaire¬ 
ment  nommé  Aquapenden- 
te  ,  la  Pratique  de  Riviere 
avec  fès  Obfervations ,  qui 


c avis: 

paroiffent  aujourd’huy  foui 
une  fécondé  Edition  exacte¬ 
ment  reveuë  lur  le  Latin  t 
car  le  bon  Traducteur  avoit 
erré  en  plufieurs  endroits.  Il 
avoit  entrepris ,  à  la  vérité , 
un  Ouvrage  qui  furpaflbit 
fes  forces.  Plufieurs  Auteurs 
François  ont  été  aufli  traduits 
en  Latin  ,  comme  Ambroiic 
Paré  ,  la  Pharmacopée  de 
Bauderon  qui  a  été  traduite 
en  toute  forte  de  Langues  * 
Tout  cela,  Mon  cher  Lec¬ 
teur  ,  pour  le  bien  du  Public. 

Si  quelque  Critique  doute 
de  la  fidelité  de  céte  Tra¬ 
duction  ,  on  lafiiirera  que 
l’on  a  fuivy  exactement  la 


cJ  V  1  s. 

penfce  de  l’Auteur,  mais  non 
pas  mot  à  mot  eu  beaucoup 
d’endroits ,  car  il  a  etc  im- 
poflible  par  tout.  On  y  a 
ajoute  meme  quelque  chofe, 
comme  dans  le  Chapitre 
premier  des  Alteratifs  cépha¬ 
liques, page  86.on  a  expliqué 
ce  que  ectoit  que  le  Coma - 
rveillant ,  afin  que  ces  termes' 
n’arréta fient  pas  le  vulgaire. 
En  beaucoup  d’endroits  on  a 
expliqué  1  e Choiera  morbus,par 
un  débord  de  bile  par  deflus 
&  par  defious ,  afin  de  fe  ren¬ 
dre  plus  intelligible  à  ceux  a 
qui  la  Langue  Latine  efl:  in¬ 
connue,  &;  principalement 
les  termes  de  Medecine. 


avis. 

Dans  les  Ordonnances 
des  Apozémes ,  Emulfions , 
Juleps ,  &c.  on  a  fpecifié  en 
particulier,  les  quatre  gran¬ 
des  femenccs  froides,  àc  les 
trois  fleurs  cordiales.  Ce 
tfeft  pas  là  manquer  à  la  fi¬ 
delité  qu’un Traducteur  doit 
garder. 

Touchant  lesremedesde 
Madame  Fouquec  ,  que  je 
Vous  ay  cités  ,  qui  font  fi 
connus ,  &.  tant  cftimés ,  il 
efl:  bon  que  vous  fachiés, 
cher  Leéteur,  que  l’on  tra¬ 
vaille  incefl'amment  à  une 
augmentation  tres-confide- 
rable  de  deux  Volumes  , 
dont  le  premier  fera  pour  les 


14  V  1  S. 

maladies  externes ,  &  le  fé¬ 
cond  traitera  des  internes. 
C  efl  un  grand  travail ,  &  qui 
aura  fans  doute  l’aprobation 
publique  ,  puifquil  ne  con¬ 
tiendra  que  des  remedes  ex¬ 
périmentés  par  les  plus  célé¬ 
brés  Médecins  ,  &:  autres 
perfonnes  curieufes  &:  fà- 
vantes ,  tant  de  France ,  que 
des  Pais  étrangers ,  qu’on  a 
recouvert  avec  beaucoup  de 
peine. 


■ïfî  ';î  jfiob 

TABLE 


TABLE 

DES  PARTIES, 


SECTIONS  ET  CHAPITRES,. 


PREMIERE  PARTIE, 


Des  Aheratifs.  page  îQj 

SECTION  r. 

Des  remcdes  Jlmplement >  aheratifs.. 
page  1.8 

CHAPITRE  I. 


Des  Iuleps.  ibicL 

I I.  Des  Apozémes.  page  j  j, 

III.  Des  Bouillons  aheratifs.  p.yy 

IV.  Des Emulfions.  p.  py 

V .  Du  Lait  &  du  Petit  -  Lait.. 

page  6o> 

VI.  Dey  Orges.  P- 7* 

V  II.  De  l’Hydromel..  P- 7  J 

Y  LU.  DeUTifane..  p.77/ 

î 


Table  des  Partfes> 
SECTION  II. 

Des  Alteratifs  (pecifiques.  p.  8  c 

CHAPITRE  I. 

Des  Alteraùfs  céphaliques.  p.85 

II.  Des  Altérât' fs  défi  iriez  pour 
les  yeux  ,  des  Collyres .. 


III. 

page  90 

Des  Béchiques . 

page  97 

IV. 

Des  Loochs. 

p.  104 

V. 

Des  Cardiaques. 

p.i  10 

VI. 

Des  Stomachiques, 

p.117 

ŸII. 

Des  Hépatiques. 

p.rzj 

VIII. 

Des  Splenitiques. 

p.  iz8 

IX. 

Des  Alteratifs  propres  aux 

X.. 

intefiins. 

Des  Néphrétiques „ 

1.3 1 
p.137 

X  I. 

Des  Hyfieriques. 

p.iji 

XII. 

Des  Arthritiques.. 

p.  163 

XIII. 

Des  Hydrotiques.. 

p.167’ 

XIV. 

Des  Bouchets. 

p.174 

SECTION  I 

II. 

Des  Alteraùfs  &  Purgatifs,  p.  17J 

CHAPITRE  I. 

Des  Apoze'mes  purgatifs.  p.  1 7  6 

l  L.  Des  Bo  itillons  alteratifs  &  pur¬ 
gatifs..  p.iU. 

H  I.  Des  Syrops  Magifiraux.p.18% 
IV.  De  la  Diète  alterative  &  pur- 


Serions  &  Chapitres. 


V. 

gative. 

p.197 

Des  Optâtes. 

p.xoo 

VI. 

Des  Bolus . 

p.208 

VII. 

Des  Pilules. 

p.2  I  I 

VIII. 

Des  Poudres. 

p.217 

IX. 

Des  Tablete. 

P- 2-3  5 

SECTION  IV. 


Des  Aïteratifs  &  Corroboratifs  ex~ 
ternes.  p.  2 3  7 

CHAPITRE  I. 


Des. 

Epithemes. 

ibid. 

II. 

Des  Fomentations. 

p.2  47 

III. 

Du  Bain  &  du  Demi 

l- Bain  ^ 

IV. 

p.  264 

Des  Etuves. 

?.z6T 

V. 

Des  Parfums. 

p.270 

VI. 

Des  Oxyrhodins. 

P-*7Î 

VII. 

Des  Frontaux. 

P-2-7T 

VIII. 

Des  pains  de  rofes. 

p.27» 

IX. 

Des  Linimens . 

p.27S2 

X. 

Des  Onguens. 

p.282 

XI. 

Des  Cerats. 

p 

XII. 

Des  Emplâtres. 

p.294 

XIII. 

Des  Cataplâmes. 

p.')9s 

XIV. 

Des  Vef  cataires. 

p.3-0* 

XV. 

Des  Drop  aces. 

p.yoG 

c  x 


Table  des  Parties 


SECONDE  PARTIE. 
Des  Evacuât  ifs.'  page  30? 


SECTION  I. 

Des  Evacuatîfs  généraux  ;  pre¬ 
mièrement  de  ceux  ejui  purgent  par 
le  bas.  P-îio 

CHAPITRE  I. 

Des  Supofitoires .  P-  3 1  f 

IL  Des  Lavement.  p. 3 1 9 

I I I.  Des  Potions  purgatives,  p.  3  3  y 

IV.  Des  Bolut  purgatifs.  p.  3  7 8 

V.  Des  Poudres  purgatives. p.  381 
¥1.  Des  Pilules  purgatives,  p.38  J 
V  I  I  .  Des  purgatifs  Chymqyies.p.  3  9  i 

VIII. .  Des  E  me  tiques.  p .  4  o  o 

IX.  Des  Diurétiques.  p.408' 

X.  Des  Diaphor etiques.  p.4 1 4 

SECTION  II. 

Des  Evacuat'fs- particuliers.  p.4ii 

CHAPITRE  I. 

Des  Sternutatoires.  p  4  z  3: 

1,1.  Des  Errhines.  p.4z6 

Ht  Des  Maftic attires*  p.430 

],V.  Des  Cargarifmes.  p.4 3  X 

V.  Des  Injetiions.  p.4  3  6 


V  L  Des  Pejf aires  &  Nafcales. p.4.4.6' 


Se&ious  &  Chapitres. 


partie  TROISIEME. 

Des  Corroboratifs.  pag.45 1 

SECTION  I. 

Des  Corroboratifs  généraux,  p.  v  f  4 

CHAPITRE  I. 

Des  Corroboratifs  dans  les  maladies 
chaudes  du  cœur.  ibid. 

ÎL  Des  Corroboratifs  dans  les  in- 
difyofitions  froides  du  cœur, 
P-4  S9 

SECTION  II. 

Des  Corroboratifs  particuliers,  p.4 621 
CHAPITRE  I. 

Des  Corroboratifs  pour  le  Cerveau 
dans  les  maladies  chaudes ,  ibid— 

I  I.  Des  Corrojborat ifs  pour  l’efto- 
mac..  p.  vGj 

1 1 1.  Des  Corroboratifs  pour  le  foye. 
ibid. 

I  V.  Des  Corroboratifs  pour  la  rate. 
P-  373 

V.  Des  Corroboratifs  pour  la  ma¬ 
trice  &  la  vefiie,  &  pour  dé¬ 
gager  les  parties  naturelles 
de  l’amas  d’humeurs,  p.14^ 
*  i 


Table  des  Parties ,  Sec.' 


partie  quatrième 

&  demierc. 

Des  Lénitifs  &  Parégoriques.  0.476 

SECTION  UNIQUE. 

Pour  foulager  les  fymptomes.  p.477 

CHAPITRE  I. 


Pour  apaifer  la  douleur. 

p.478 

II. 

Des  Anodyns. 

P-479 

III. 

Des  Narcotiques. 

p.480 

IV. 

Des  Hypnotiques. 

484 

V. 

Du  Flux  de  jang. 

49  ï 

VL 

De  la  Syncope. 

4.9  ^ 

nA PROBATION . 

POur  obéir  aux  Ordres  de  Mon-* 
feigneur  le  Chancelier  ,  j'ay  lea 
exaâement  un  Livre  intitulé  ,  Les 
Formules  de  Médecine  ,  tirées  de  U 
Pharmacie  Galenique  &  Chymique , 
compofées  par  Mr.  Tescke  ,  Me-* 
decin  &  Profelfeur  à  Montpellier , 
dans  lequel  Ouvrage ,  d’un  travail 
confiderable  ,  &  d'un  grand  efprit , 
°n  y  obferve  particulièrement  la. 
grande  utilité  qu'il  peut  aporter 
au  public  ,  &  par  confequent  com- 
uae  tel  nous  l’aprouvons  avec 
beaucoup  de  fatisfa&ion.  A  Lyon» 
le  ij.  0«5tobre  1682. 

F  A  LC  ON  ET  Doyen* 


PAr  Grâce  &  Privilège  du  Roy 
donné  à  Verfaille  le  29.  Janvier 
1684.  figné  J u  n  qju  iere  :  Il  eft 
permis  k]  e  a  N  Certe  Marchand 
Libraire  ï.  Lyon  ,  de  faire  imprir 


rendre  &  débiter  fans  le  confente- 
ment  dudit  Expofant  ;  à  peine  de 
trois  mil  livres  d’amande  ,  payables 
fans  dépoft  ,  comme  il  eft  plus  au 
long  porté  par  lefdites  Lettres. 

Reoifiré  fur  le  Livre  de  la  Commu¬ 
nauté  des,  Libraires  &  Imprimeurs  de 
Taris  ce  19.  Février  1684.  fuivant 
1‘ Arrefi  du  Parlement  du  8.  Avril 
1683.  à1  celuy  du  Confcil  du  2  j .  Octo¬ 
bre  r 663.  &  ij.  Février  1 665.  a  la 
charge  de  fournir  par  ledit  fieur  Certe 
■un  Exemplaire  dudit  Livre  à  la  Com~ 
munauté  des  Libraires  de  Paris. 

Signé  A  N  g  o  t  ,  Sindic. 


Achevé  d’imprimer  le  il.  Octo¬ 
bre  1688.. 


6ttôôôÔ(3'ôôâ‘3ü^^ô6üü(»ÔË^8ôôô(^(^ 

PREFACE. 


O  m  M  e  il  n’y  a  rien  de 
V//wftnjp|fc  plus  important  dans  la 
pratique  de  la  Mcdcci- 
ne  que  de  donner  les  re- 
medes  très  -  à  propos, 
auffi  il  n’y  a  rien  déplus  dificilepour 
le  Médecin  qui  e^t  apellé  pour  voir 
des  malades  ,  ny  qui  i’ambaraire  da¬ 
vantage.  C’eft  un  employ  qui  dernaïu. 
de  une  grande  prefence  d'eiprit,  &  un 
jugement  fans  fonds,  pour  tout  péné¬ 
trer,  examiner,  pour  prendre  de  juftes 
mefures  ,  &  pour  apliquer  les  indi¬ 
cations  au  fujet  qu’il  entreprend  de 
traiter  ;  ce  qu’Hippocratc  même,com- 
mc  Auteur  de  tout  ce  qu’il  y  a  de  bon 
dans  la  Médecine  ,  &  un  guide  tres- 
üdclle  ,  ne  pourroit  pas  fe  promettre 
de  faire.  Galien  dans  le  feptiéme  Livre 
de  fa  Méthode,  félon  la  pensée  du  mê¬ 
me  Hippocrate,  a  très  -  prudemment 


i  PREFACE. 
dit ,  qu'ayant  connu  la  caufe  de  la 
maladie  ;  il  eft  facile  d’en  trouver  les 
remedes  ,  &  que  le  Médecin  qui  con- 
noit  le  mal  ,  eft  capable  de  le  guérir. 
Céte  connoiflance  ne  comprend  pas 
feulement  les  chofes  que  l’on  apellé 
naturelles, &  contre-nature,  mais  cel¬ 
les  auflî  qui  contribuent  à  une  entière 
&  parfaite  guerifon  ;  car  ayant  une 
parfaite  connoiflance  de  tout,  on  ré¬ 
tablit  beaucoup  plus  facilement  un 
malade.  Mais  qui  eft  celuy  qui  peut 
avoir  cét  avantage  que  de  connoître 
comme  il  faut  les  punies  qui  foufrenr, 
la  nature  ,  &  les  caufes  de  la  maladie, 
le  tempérament ,  &  la  force  des  reme- 
medesî  Et  qui  ordonne  les  remedes 
avec  tant  de  juftefle  ,  qu’ils  foient  é- 
gaux  aux  forces  du  malade,  qu’il  n’y 
ait  rien  defuperflu,ny  qui  manque, & 
qui  ne  foit  propre  à  la  nature  du  ma¬ 
lade  ?  Galien  dans  le  feptiéme  Livre  de 
fa  Méthode  ,  ne  bute  qu’à  deux  chefs. 
Le  premier  ,  de  trouver  un  remede 
lpecifique,fuivant  les  réglés  de  la  mé¬ 
thode  ;  l’autre  de  donner  à  propos  le 
remede  qu’on  a  trouvé.  Nous  parle¬ 
rons  icy  de  tous  deux  autant  que  la 


PRE  FACE.  5 
biivieté  nous  le  permettra ,  ayant  au¬ 
paravant  avancé  certaines  chofes  qui 
ne  doivent  pas  être  ignorées. 

Il  faut  donc  fçavoir,quc  par  ce  mot 
de  Remeàe  on  entend  tout  ce  qui  peut 
chairer  du  corps  toute  mdifpofitiot* 
contre-nature  ,  &  qui  dérive  de  trois 
fourccs ,  la  Dicte,  la  Chirurgie  ,  &  la 
Pharmacie  :  de  (orte  qu'il  y  a  des  re- 
medes  diététiques ,  qui  font  compris 
dans  l’ufage  des  fix  chofes  non-natu¬ 
relles  :  d’autres Chirurgicaux,que l’oit 
emprunte  de  la  Chirurgie;  &  enfin 
d  autres  Pharmaceutiques  ,  que  la 
Pharmacie  nous  fournit,foit  internes, 
°u  externes,  fimples  ou  compofez,qui 
fe  tirent  des  minéraux  &  métaux  ,  ou 
des  végétaux  ,  ou  des  animaux  ;  foit, 
comme  veut  Galien, qu’on  les  raportc 
aux  chofes  que  l’on  doit  faire  ,  apli- 
quer,  ou  prendre,  &  vuider. 

Les  moyens  parlefquels  nous  pou¬ 
vons  trouver  ces  remedes  font  quatre, 
la  Raifon,  l’Experience,l'Analogifme, 
&  l’Indication  :  la  diverfité  des  fenti- 
mens,des  corps, des  cpifcs,  &  l’analo¬ 
gie  des  fignes  font  la  Raifon  tres- 
douteufe  ;  l’Experience  &  l’Analogif- 


4  PREFACE? 
me  trompent  Couvent ,  parce  qu’elles 
vont  des  chofes  particulières  &  incon¬ 
nues  ,  à  des  particulières.  Donc  le 
moyen  le  plus  alluré  eft  l’Indication, 
laquelle  par  la  feule  connoiirancc  de 
la  chofe  qui  indique  ,  nous  découvre 
comme  par  un  principe  naturel,  &  in¬ 
faillible  de  la  nature  du  remede. 

Les  chofes  qui  indiquent  font  la 
maladie,  fa  caulé,  le  tempérament ,  & 
les  forces  du  malade ,  à  quoy  on  peut 
ajouter  quelque  fymptome  prelïant  ; 
de  forte  que  l’on  en  peut  établir  tout 
autant  qu’il  y  a  de  chofes  defquelles 
les  indications  font  prifes. 

Quand  on  prend  les  indications  de 
la  maladie,  &  de  lacaufe  ,  il  faut  aller 
aux  generiques  par  les  fubalternès, 
jufques  aux  fpecinques  ;  car  il  n’eft  pas 
nccelT’aire  de  s’arrêter  a  la  feule  géné¬ 
rique  ,  parce  qu’elle  ne  nous  montre 
point  la  nature  d’aucun  remede  :  car 
îupofons  l’exiftance  du  mal  ,  &  de  fa 
caufe ,  il  ne  confte  pas  pour  cela  qu’il 
faille  préparer  les  humeurs ,  ou  tirer 
du  fang,  parce  qu’il  peut  n’y  avoir  ny 
intempérie ,  ny  aucune  pléthore  ou 
plénitude.  Il  ne  faut  non  plus  s’amu- 


Préfacé.  $ 

fer  dans  lcS  lubalternes  ;  car  bien  qu'il 
foit  évident  que  le  mal  foi:  une  in¬ 
tempérie  , on  ne  fçait  pourtant  pas  fi 
elleetl  froide  ou  chaude.il  faut  donc 
divifer  les  maladies  ,  &  leurs  caufes, 
jufques  à  ce  que  l’on  foit  arrivé  des 
différences  génériques  aux  fubalrcr- 
nes ,  &  des  fubalternes  aux  fpcçili- 
ques  ,  defquelles  feulement  les  Indi¬ 
cations  bonnes  &  feures  fe  prénent,  à 
laquelle  répond  la  matière  des  remè¬ 
des  qui  d’elle-même  peut  ôter  le  ma!» 
&  la  caufe  qui  la  produit.  Car  encore 
quel  iudicationfpecifique  feule fuffile 
pour  trouver  le  remede,  il  faut  nean¬ 
moins  tacher  de  découvrir  une  indi¬ 
cation  déterminée  :  Et  bien  quece  foit 
une  affaire  tres-difficile,  parce  que  les 
chofes  individueles  n’ont  point  de 
propriété/  qui  nous  portent  k  leur 
connoiffance  »  il  faut  pourtant  tacher 
d’en  aprocher  de  plus  prés  par  d’au¬ 
tres  moyens  ;  car  fi  nous  ne  fçavons 
pas  dans  quel  degré  la  chaleur  de  la 
fièvre  cft  dans  un  fébricitant,  nous  ne 
donnerons  que  par.  hazard  un  reme¬ 
de  dont  la  force  foit  égale  au  degré 
de  céte  chaleur. 

A  3 


É  PREFACE? 

En  fatisfaifant  aux  indications  ,  il 
faut  avoir  égard  aux  accidens  qui 
■prelEent  le  plus  ;  car  c’eft  inutilement 
que  la  maladie,  &  fa  caufe,  indiquent 
quelque  remede  ,  fî  les  forces  ne  le 
peuvent  pas  fuporter. 

Pour  ce  que  c’eftdes  caufes  des  ma¬ 
ladies  ,  il  faut  ôter  premièrement  les 
externes  ,  enfuite  les  antécédentes, 
apres  la  conjointe  ,  ôc s’il  fe  peut  fai¬ 
re  ,  il  faut  combatre  ces  deux  derniè¬ 
res  par  un  même  remede;  enfin  toute 
caufe  qui  fomente,  &  entretint  le  mal 
doit  étie  entièrement  déracinée.  Les 
maladies  longues  font  rarement  fans 
céte  caufe  là  ,  laquelle  perfeverant, 
les  maux  continuent  ,  ou  retournent 
de  tons  en  tems;  elle  a  fon  fiege  dans 
les  humeurs ,  on  dans  les  parties  fo¬ 
ndes  ataquées  de  quelque  intempé¬ 
rie,  obftruttion  ,  ou  de  quelqu’autre 
indifpofition  ;  ou  dans  toutes  enlcm- 
ble,  elle  dépend  du  mauvais  ufage  que 
l’on  fait  des  fix  chofes  non-naturel¬ 
les  ,\on  enfin  dans  des  remedes  don¬ 
nez  mal  à  propos ,  ou  continuez  trop 
ong-tems. 

S'il  fe  rencontre  quelques  einpéclie- 


'>  R  E  F  A  C  t.  7 
mens,  il  les  faut  ôter,  auparavant  que 
d'entreprendre  la  curation  en  forme, 
comme  fl  dans  une  playe ,  ou  dans  un 
ulcère,  il  y  a  quelque  corps  étranger, 
qu’il  fe  jéte  une  fluxion  deflus  ,  ou 
qu’il  y  adhéré  quelque  humeur  gluan¬ 
te  qui  ait  befoin  d’etre  détergée  ,  ou 
une  intempérie  de  la  partie  ,  ou  une 
dureté  calleufe  des  bords.  On  peut 
raifonner  à  proportion  de  même  dans 
les  autres  maladies. 

Il  faut  enfuite  entreprendre  le  ma!, 
qui  fe  diffipe  facilement  ,  ayant  ôte 
les  caufes  ,  &  autres  empéchemens, 
qui  s’opofoient  à  fa  curation  ;  fi  tant 
etVqu’il  ne  foit  incurable  de  fa  na¬ 
ture. 

Il  faut  enfin  s’apliqueï  à  fortifier 
les  parties ,  ce  que  l’on  ne  doit  entre¬ 
prendre  qu’aprés  avoir  entièrement 
pourvu  aux  caufcs  qui  ont  produit  la 
maladie,  &  avoir  chalfé  le  mal ,  parce 
que  les  corroboratifs  étant  aftrin- 
gens ,  s’il  reftoit  quelque  impureté 
dans  le  corps  dans  l’adminiftration  de 
ces  remedes ,  elle  s’y  arrêteroit  encore 
davantage  par  ces  aftringeans ,  &  de¬ 
viendront  encore  plus  dificile  à  être 


*  PREFACE. 
diffipée  par  les  voyes  de  la  refolution. 
Dans  les  maladies  longues ,  il  faut 
mêler  les  corroboratifs  avec  les  alte- 
ratifs ,  &  les  évacuatifs ,  apres  que  la 
plus  grande  partie  de  l’humeur  aura 
été  vuidée  par  les  évacuatifs. 

Hippocrate ,  &  après  luy  Galien 
dans  le  Commentaire  du  fixiême  des 
maladies  épidemicjucs,  &  populaires  ^tex¬ 
te  trente  -  tro'f.éme  ,  en  teigne  le  vray 
moyen  de  donner  les  remedes  comme 
il  faut ,  par  les  Obfervations  fuivan- 
tes  qui  doivent  être  gardés  par  un  Mé¬ 
decin  quand  il' commence  la  curation 
de  quelque  maladie. 

La  première  chofe  à  laquelle  l'on 
doit  prendre  garde,  félon  la  pensée  de 
ces  grands  Hommes ,  eft  ce  qu'il  faut 
faire.  Car  tous  les  foins  dit  Médecin 
dans  la  curation  des  maladies  fe  rapor- 
rent  aux  évacuatifs ,  alteratifs,  corro¬ 
boratifs  ,  &  qui  refont  le  malade  dans 
une  grande  maigreur.  On  connoit 
donc  par  l’état  de  la  maladie  s’il  faut 
vuider,  préparer ,  forrifier ,  ou  refaire 
le  malade  ;  car  s’il  y  a  plénitude  ou  ca¬ 
cochymie, il  faut  vuider  ;  s’il  y  a  quel¬ 
que  intempetic  ,  il  faut  employer  les 


PREFACE.*  9 
alteratifs  ;  fi  les  forces  fout  abaruës, 
les  corroboratifs  auront  lieu,  &  dans 
la  maigreur  ,  refaire. 

La  féconde  obfervation  eft,  de  quel 
rcmede  il  faut  fe  fervir.  La  qualité  du 
remede  eft  indiquée  par  la  qualité  du 
mal,&  par  la  caufe  qui  le  produit,  de 
forte  que  pour  la  détruire  il  faut  que 
la  qualité  du  remede  luy  foit  contrai¬ 
re.  Que  fidoncc’cft  une  intempérie 
chaude ,  il  faut  que  le  remede  foit  ra- 
fraichillant  -,  que  fi  elle  eft  froide,  on 
donnera  un  remede  qui  foit  de  quali¬ 
té  chaude  ,  &cc.  De  même  la  tenuité 
des  humeurs  veut  des  alteratifs  incraf- 
fans  v  des  humeurs  groiïïercs,  deman¬ 
dent  des  atténuatifs  ;  celles  qui  font 
gluantes  ,  des  déterfifs  ;  les  lentes  de9 
incififs  ;  celles  qui  ont  contracté  une 
malignité, des  remedes  qui  la  combat¬ 
tent  ,  tels  que  font  ceux  qu’on  nom¬ 
me  vulgairement  alexipharmaques. 
Dans  les  maladies  bilieufes,  on  fe  fert 
de  colagogues  ■,  dans  les  pintiteufes 
de  phlegmagogucs  ;  dans  celles  qui 
nai lient  de  la  mélancolie ,  de  melana- 
gogues  j  &  dans  celles  qui  font  cail¬ 
lées  par  des  ferofitez,  d’hydragogucsi, 


»o  PREFACE. 
comme  nous  dirons  encore  plus  am>* 
plement  dans  la  fuite  de  ce  Livre. 

Le  troi/îcme  avcrtiffement  eft  de 
fçavoir  la  quantité  du  remcde &  la 
longueur  du  tems  qu’on  le  donnera.. 
Pour  déterminer  au  jufte  la  quantité 
d’un  médicament,  il  faut  prendre  gar¬ 
de  à  la  grandeur  du  mal ,  &  aux  For¬ 
ces  du  malade  ;  céte  grandeur  ne  fe- 
connoit  qu’èn  prenant  garde  combien 
elle  eft  éloignée  de  fa  nature  »  8c  de 
fon  premier  état  naturel  ;,car  la  mala¬ 
die  eft  d’autant  plus  grande,  que  tour 
le  corps,  ou  quelque  partie  eft  déchi» 
de  fa  conftirutio  naturelle,  &  a  perdu: 
Beaucoup  de  fa  fanté.  On  prefume  de 
la  grandeur  du  mal  parla  violence  des- 
fymptomes ,  &  de  l’éloignement  de- 
l’état  de  fanté  pàr  le  naturel  du  ma¬ 
lade.  Donc  tout  autant  que  le  mal  a- 
le  deflus  fur  l’habitude  naturelle  ,  de 
même  il  demande  une  égale  prépara¬ 
tion  ,  &  évacuation  d'humeurs.  Sui¬ 
vant  ees  principes  ,  Galien  dàns  le 
poifte'tne  Livre  de  fa  Méthode  ,  &  ail' 
leurs ,  dit  qu’une  partie  chameufe. 
araquée  d’uîcere  veut  des  mcdica- 
œens  plus  fecs  ,  que  les  os les  ten* 


PRÉ  P  A  C  E:  V  fr 

dons, les  membranes,  Sc  autres  par-! 
ties  qui  font  d'un  tempérament  plus 
fec  que  les  chairs. 

De  même  plus  une  partie  a  de  con-> 
fîftance  eft  moins  poreufe  ,  elle 
veut  des  remedes  plus  forts,  &  quand 
elle  eft  mince,  il  faut  des  remedes  plus 
foibles. 

Quand  la  partie  malade  fa  fa  fitua- 
tion  très-avant  dans  le  corps ,  elle  ai 
befoin  d’un  plus  fort  remede  ,  parce 
que  le  médicament  perd  beaucoup  de 
les  forces  par  la  longueur  du  chemin 
qu  il  faut  qu’il  fafTe,jufques  à  ce  qu’il 
foit  arrivé  au  lieu  où  eft  le  mal. 

Une  partie  noble  ne  peut  pas  fou- 
frir  de  remedes  violens ,  tout  au  con¬ 
traire  celle  qui  nel’eft  pas. 

Celle  qui  a  un  fentiment  délicat  Ce 
trouve  incommodée  par  les  choies 
acres  ;  &  celle  qui  en  a  tres-peu  ,  oui 
du  moins  trcs-groflîer,  fe  fent  foula- 
gée  par  ks  mêmes  chofes.  Quand  lot 
bize  domine  ,  il  faut  nier  de  plus 
fort  remedes ,  &  quand  c’eft  le  venir 
de  plus  doux. 

La  grande  quantité  de  la  matière 
qui  cil  la  caufc  de  la  maladie  veut  tu» 


il  P  K  E  FACE. 
évacuatif  qui  luy  foie  proportionne» 
pour  être  entièrement  emportée.  Mais 
parce  que  la  nature  des  partïes,lcs  for¬ 
ces  du  malade,  &  l'opiniâtreté  des  hu¬ 
meurs  ne  peut  pas  fuporter  une  en¬ 
tière  &  promte  évacuation,  c’eft  pour 
cela  qu’il  la  faut  réitérer  par  plnfieurs 
fois ,  afin  que  par  des  petites  ,  &  fre¬ 
quentes  évacuations ,  on  en  ait  une 
parfaite ,  &  qui  réponde  à  la  quantité 
de  l’humeur  ;  ce  qu'il  faut  entendre 
non  feulement  de  la  purgation  ,  mais 
aufïi  de  la  faigné.  Céte  pratique  eft 
principalement  en  ufage  dans  les  ma¬ 
ladies  longues ,  dans  lefquclles  l'a¬ 
bondance  des  humeurs  ,  Sc  leur  refi- 
ftâce  empêche  qu’on  ne  les  vuide  rou¬ 
tes  à  la  fois  par  un  violent  purgatif» 
&  qu’il  n’y  ait  rien  à  craindre  pour 
le  retardement.  Dans  les  maladies  ar¬ 
guës,  il  en  va  tout  autrement  ;  car  les 
humeurs  (ont  fubtilcs,  que  la  nature 
tache  de  chafTer  tout  d’un  coup  par 
le  moyen  d’une  erife  :  Neanmoins  il 
faur  agir  de  telle  forte  dans  ces  mala¬ 
dies,  que  l’on  confidere  l’état  des  for¬ 
ces  ,  on  d’aurres  empéchemens  ,  s’il  y 
en  a  -,  car  fi  quand  les  humeurs  foire 


PREFACE^  t5 
dans  un  mouvement  déréglé  >  une 
grande  inflammation  des  vifceres ,  ne 
permet  pas  une  forte  purgation,  il  ne 
faut  pas  employer  de  fortes  bateries  , 
qui  font  les  violens  purgatifs,  parce 
qu’ils  échaufènr  beaucoup  ,  8c  met¬ 
tent  tout  en  defordre  ;  mais  on  fe  fer- 
vira  des  bénins ,  que  l’on  reïterera, 
félon  que  l’on  le  jugera  necelTaire. 
Que  fi  les  forces  ne  s’y  opofent  pas  , 
&  qu’il  n’y  ait  aucune  contr’indica- 
tion  ,  il  faut  emporter  tout  d’un  coup 
la  maladie,  de  crainte  qu’elle  n’aca- 
b!c  d’abord  les  forces  ;  outre  qu’il 
vaut  beaucoup  mieux  guérir  le  mal 
avec  quelque  petite  force  ,  que  de  les 
lai  fier  acabler  par  une  caufe  mor¬ 
bifique.  Ce  qui  arrive  dans  les  ma¬ 
ladies  futures ,  8c  tres-aigues ,  comme 
étant  précipitées  ,  telles  que  font  l’a¬ 
poplexie  ,  une  grande  inflammation 
des  parties  ,  &  toute  forte  d’indif- 
pofition  ,  où  les  humeurs  furabon- 
dent. 

L’indication  de  tout  le  rems  qu’il 
faut  continuer  les  remedes  fe  prend 
de  la  fin  à  laquelle  aboutit  l’aétior» 
du  rcraede  qui  eft  indiqué  ,  qui  iv’eft 


i*  PREFACE. 
autre  que  l'état  de  fauté  :  car  tout  T<? 
but  du  Médecin  eft  de  revenir  au 
point ,  d’où  la  maladie  a  commencé , 
à  fçavoir  à  l’état  de  fanté ,  comme  au 
terme  de  toute  la  curation. 

Le  quatrième  avertilfement  eft 
touchant  l’ocafion ,  &  le  tems  propre 
pour  donner  les  remedes  :  ce  que  l’on 
connoit  par  la  prefencc  de  ce  qui  in¬ 
dique  j  &  par  l’abfence  de  ce  qui  dé¬ 
fend  le  remede.  Galien  dans  le  livre 
de  la  bonne  Sefte  ,  dit  que  l’ocafion 
de  donner  les  remedes,  eft  quand  l’in— 
dicant  eft  prefent ,  &  que  les  forcer 
ne  l’empêchent  pas  :  Mais  félon  Hip¬ 
pocrate  dans  le  premier  de  fes  Apho- 
rlfmes  ,  l'ocafion  eft  précipitée,  prin¬ 
cipalement  dans  les  maladies  aigues  t 
d'où  il  s’enfuit  qu’il  y  a  deux  fortes, 
d’ocafions  ,  l’une  temporanée  qui  eft 
pour  le  tems  univerfel  des  maladies  -r 
l’autre  momentanée  pour  le  particu¬ 
lier  ,  &  c’eft  l’heure ,  le  jour ,  ou  le 
moment  pour  donner  le  remede.  L’o- 
cafi-on  univerfclle  àmne  certaine  éten¬ 
due  ,  la  particulière  eft  renfermée  dans, 
de  tres-petites  bornes.. 

La  connoiil’ance  des  tems  des  mar. 


T  RE  FA  CE.  tft 
îadies  eft  tres-utile ,  foie  pour  régler 
on  régime  de  vivre  »  foie  pour  donner 
quelque  remede  particulier  ;  car  tel' 
qu'eft  le  changement  de  la  maladie 
félon  fes  tems ,  telle  eft  aufli  la  façon, 
de  traiter.  Selon  Hippocrate  dans 
/’ Aphorifrne  19.  de  la  fécondé  feftion. 
Quand  les  maladies  commencent,  s’il 
y  a  quelque  chofe  à  vuider,vuidez'-le. 
Et  dans  /’ Aphorifrne  14.  de  la  première 
Jeftion  ,  Il  fe  faut  fervir  rarement  des 
medicamens  purgatifs  dans  les  mala¬ 
dies  aigues  ,  &  dans  leur  commence¬ 
ment.  De  même  dans  les  maladies, 
croniques ,  on  ne  peut  guérir  le  mal 
qui  traine  en  longueur ,  qu’en  chan¬ 
geant  de  remedes  :  ce  qu’il  faut  en¬ 
tendre  ,  non  pas  du  changement  de 
remede ,  félon  la  qualité  ou  l’efpece , 
quand  on  eft  alluré  de  la  qualité  de 
la  caufe  de  la  maladie  j  car  alors  il 
faut  changer  de  remede, non  pas  félon, 
l’efpece  ,  mais  félon  fa  forme  ,  &  fa 
force.  Comme,  par  exemple,  frc’eft 
une  maladie  chaude  ,  qui  ne  fe  dimi¬ 
nue  point  par  les  altcratifs  rafrai  ch  if- 
fans  ,  il  ne  faut  pas  pour  cela  venir 
aux  remedes  chauds  :  car  félon  H»g-r 


f  6  P  R  E  F  A  C  E. 

pocrate  dans  1‘  Aphorifrne  de  la  fé¬ 

conde  feElion  ,  il  ne  faut  pas  palier  à 
d'autre  remede ,  quand  faifant  tout 
félon  les  règles  de  la  raifon  ,  nos  def- 
feins  ne  léuffilfent  pas  ;  mais  il  faut 
agir  de  telle  forte,  que  il  au  commen¬ 
cement  on  a  employé  des  remedes 
bénins  ,  on  vienne  enfnite  à  de  plus 
forts ,  ou  au  contraire  ;  car  une  Am¬ 
ple  maladie  effe  quelquefois  guérie  par 
de  forts  remedes ,  qui  ne  l'a  pu  erre 
par  des  doux  ,  quoy  que  donnez  tresv 
i  propos. 

La  nature  dans  chaque  rems  de  la 
îftaladie  agit  ou  impetueufement ,  ou 
lentement ,  &  avec  foiblelfe,  ou  com¬ 
me  il  faut  -,  fi  avec  impetuofité,  il  la 
faut  arrêter  ;  fi  foiblemcnt ,  il  la  faut 
aider  ;  fi  enfin  fes  mouvemens  fonc 
regnlicrs  ;  il  la  faut  lailfer  faire. 

Le  dernier  averrrllement  c(l  tou¬ 
chant  l’endroit  par  lequel  il  faut  don¬ 
ner  les  remedes.  Ce  qui  eft  indique 
par  l'endroit  même  où  eft  l'indiquant. 
Pour  ce  fujet,  il  faut  que  le  Médecin 
tres-bien  verfé  dans  l’Anatomie  choi- 
filTe  les  voyes  les  plus  propres  ,  ex¬ 
ternes  on  internes ,  par  ltfquelles  le* 


V  R  EF  AC  E.  17 
vertus  d’un  alteratif ,  ou  d’un  Corro¬ 
boratif  puiflent  être  diftribuées.  Pour 
ce  que  c’eft  que  des  évacuatifs,ils  doi¬ 
vent  vuider  par  les  endroits  les  plus 
commodes  ;  en  quoy  on  ne  doit  pas 
feulement  Cuivre  le  penchant  naturel 
des  humeurs ,  mais  aufli  les  voyes  par 
lefquelles  la  nature  a  de  coutume  de 
fe  débarrafler  des  humeurs  qui  l’in¬ 
commodent  avec  le  foulagement  des 
malades.  Hippocate  dans  l’Aphorif- 
me  ti.  de  la  première feÜ'ton  ,  dit  qu’il 
faut  conduire  les  humeurs  par  les 
voyes  commodes  où  la  nature  fe  por, 
te.  Audi  l’évacuation  fe  fait  commo¬ 
dément  par  les  conduits  que  la  Na¬ 
ture  montre  ;  &  afin  que  le  Médecin 
fuive  fes  mouvemens ,  il  doit  fçavoir 
les  chemins  ordinaires  par  laquelle 
elle  fe  décharge  de  fes  excremcns  ; 
ces  chemins  font  la  bouche  ,  les  in- 
teftins ,  la  veffie ,  la  matrice,  les  nari¬ 
nes  ,  &  la  peau  qui  eft  l’émonétoire 
de  tout  le  corps.  Il  faut  qu’il  fâche 
encore  les  conduits  particuliers  par 
lefqucls  on  vuide  plus  facilement  les 
humeurs  vicieufes.  Le  cerveau  ,  par 
exemple ,  fe  purge  par  les  futures  ;  la 


18  P  R  EF  ACE. 
bouche  par  les  narines  ;  la  poitrine 
par  les  crachats  ;  la  partie  fuperieure 
du  ventricule  par  les  vomilîemens , 
l’inferieure  par  le  bas  :  les  inteftins 
par  les  Telles ,  où  fe  raportent  le  foye 
&  la  rate  ;  &  aufli  parles  diurétiques, 
par  lefquels  les  reins  ,  &  la  veine  fe 
vuident  :  la  matrice  par  Ton  propre 
col.  La  nature  fe  porte  d’ellc-même 
par  fes  voyes  tant  dans  l’état  de  faute 
que  de  maladie,quand  elle  entreprend 
quelque  évacuation  \  car  celle  qui  fe 
fait  autrement  n’eft  pas  un  effet  du 
mouvement  de  la  Nature,  ny  de  l’Art, 
mais  de  l’abondance  8c  mouvement 
de  l’humeur. 

Tous  les  remedes  que  l’on  em¬ 
prunte  de  la  Pharmacie,  fe  reduifentà 
trois  genres  -,  aux  alteratifs  ,aux  éva¬ 
cuants,  &  aux  corroboratifs,  aufquels 
on  peut  ajouter  un  quatrième  ,  qui 
font  les  parégoriques  ou  anodyns  8c 
lenitifs.  Les  alteratifs  font  indiquez 
par  la  qualité  de  l’humeur,les  évacua- 
tifs  par  la  quantité ,  les  corroboratifs 
font  pour  les  parties  :  Les  parégori¬ 
ques  font  pour  les  fymptomes  pref- 
lans. 


PREFACE.  19 

Et  comme  les  remedes  ne  s’ordon¬ 
nent  que  fous  une  certaine  forme ,  & 
qui  eft  déterminée  ,  les  formules  dans 
lesquelles  on  les  donne  ne  font  autre 
chofe  qu’une  façon  diverfe  9  &  un 
changement  fous  lequel  on  les  fait 
prendre  aux  malades ,  ou  on  les  apli- 
que  fur  les  parties  :  céte  diverfité  fe 
tire  des  diverfes  parties  qui  font  ma¬ 
lades  ,  de  la  nature  de  la  maladie  ,  & 
de  la  qualité  de  fa  caufe. 

Nous  divifons  cet  Ouvrage  en  qua¬ 
tre  parties  :  La  première  traitera  des 
Alteratifs  :  la  fécondé  des  Evacuatifs 
la  troifiéme  des  Corroboratifs  :  la 
quatrième  des  Lenitifs  &  Parégori¬ 
ques. 


,î? '3? 

PREMIERE  PARTIE. 

Des  ^Itératifs. 

5jr^  E  s  humeurs  qui  excédent  en 
|p2(j  quantité  doivent  être  d'abord 
■vuidées  -,  car  étant  retenues  longrems, 
elles  caufent  les  maladies.  Mais  parce 
que  le  plus  Couvent  elles  refiflent  à  un 
purgatif ,  par  leurs  premières  &  fé¬ 
condés  qualitcz  ,  par  une  grande  cor¬ 
ruption  &  pourriture  ,  c’cfl:  pour  ce 
fujet  que  l'on  les  doit  premièrement 
préparer ,  &  les  métré  dans  un  état 
qui  aprochc  fort  du  naturel ,  par  des 
alteratifs ,  des  digeftifs  ,  &  qui  corri¬ 
gent  &  cuifent  ce  qu’elles  ont  de 
mauvais  ;  afin  qu’un  purgatif  fa(Te 
fon  effet  fans  beaucoup  de  peine  & 
heureufement.  (  Pourveu  néanmoins 
qu’elles  ne  foient  pas  dans  un  tel  dc- 
lordre, qu’il  n’y  ait  pas  lieu  d’attendre, 
&  de  différer  la  purgation.)  Car,com- 
me  a  tres-bicn  remarqué  Hippocrate 


Part.  I.  Des  ^Itératifs.  ir 
«fans  V Aphorifine  15.  de  la  première 
fcttion ,  fi  l'on  vuide  les  humeurs  qui 
doivent  être  purgées  ,  c’eft  un  grand 
avantage  pour  les  malades,  &  ils  fup- 
portent  plus  facilement  la  purgation. 
Mais  parce  que  tres-fouvent  l’intem- 
petk  des  parties,  &  les  forces  abatucs 
empêchent  ou  retardent  que  l'on  ne 
vienne  à  la  purgation  ,  il  faut  obvier 
à  ces  inconveniens  par  des  remedes 
propres.  Et  même  dans  ces  deux  oca- 
fions  il  faut  que  les  alteratifs  prece¬ 
dent  la  purgation  ,  la  préparation  des 
humeurs  n'étant  qu’un  changement 
des  mêmes  humeurs  qui  fe  fait  par 
l’aide  des  préparatifs,  afin  de  donner  à 
la  mafle  du  fang ,  aux  écrits ,  &  aux 
parties ,  leur  qualité  naturelle.  Par  ce 
mot  de  qualité,  on  entend,  foit  qu’elle 
foit  de  la  troifiémc  efpece,  ou  qu’elle 
le  excede  dans  le  mouvement,  ou  par 
un  long  féjojlr ,  ou  par  fa  trop  grande 
confiftance  ou  fubtilité. 

Il  ne  fert  de  rien  d’opofer  qu’un 
même  remcdc  altcratif  eft  compofé  de 
chofes  qui  ont  des  proprietez  toutes 
contraires.  A  cela  on  répond  ,  que 
toutes  ces  chofes  qui  compofent  un 


1 i  Part.  I.  Des  Alteraüfs. 

remcde  tel  que  nous  proposons ,  font 
rédigées  à  un  jitfte  tempérament.  Lors 
que  plufieurs  (impies  de  nature  toute 
diverfe  concourent  à  une  même  forme 
d’un  alteratif ,  il  eft  véritablement 
compofé  de  fubftances  toutes  diilcm- 
blables ,  que  l’eftomac  fepare  par  la 
faculté  qu’il  a  de  cuire ,  &  ces  fub¬ 
ftances  (ont  portées  par  tout  à  la  fa¬ 
veur  du  fang  &  des  ferofitez  ,  ou  bien 
fous  la  forme  de  vapeur,  &  elles  agif- 
fent  félon  toute  leur  force ,  ou  plus 
foiblement  ,  à  raifon  du  combat  qui 
fe  fait  entre  elles,lors  qu’elles  fe  fepa- 
rent  entièrement  les  unes  des  autres , 
ou  bien  qu'un  (impie  eft  plus  fort  que 
l’autre  ,  lelon  l’ordre  &  l'intention  de 
celuy  qui  a  ordonné  le  remede. 

Suivant  ce  fentiment ,  les  remedes 
preparans ,  ou  alteratifs  font  ceux  qui 
corrigent  les  mauvaifes  qualitez  qui 
fe  rencontrent  dans  les  humeurs  ,  ou 
dans  les  parties. 

Et  ils  le  divifent  en  Alteratifs  (im¬ 
pies  ,  &  en  Alteratifs  mêlez  :  Et  ces 
derniers  font  compofez  d'Alteratifs  & 
de  Corroboratifs ,  ou  d'Alteratifs  & 
de  Purgatifs. 


Part.  I.  Des  Altérât  ifs.  1 $ 

Premièrement ,  les  Alteratifs  Am¬ 
ples  font  pour  corriger  l’excez  de 
quelque  qualité  ;  &  céte  qualité  ou 
elle  eft  fans  matière ,  &  alors  elle  de¬ 
mande  un  alteratif contraire)  ou  elle 
eft  acompagnéc  de  la  bile  ,  de  la  pi¬ 
tuite  ,  ou  de  la  mélancolie  j  &  ces  hu¬ 
meurs  outre  qu’elles  peuvent  exceder 
dans  les  premières  qualitez  ,  ou  elles 
font  trop  fubtiles ,  &  alors  il  faut  les 
épaiffir  -,  ou  elles  font  trop  grolfieres , 
&  alors  il  les  faut  fubtililer  ;  ou  elles 
font  gluantes ,  &  il  les  faut  feparer  & 
détacher  ;  ou  elles  font  rrop  vifqueu- 
fes  ,  &  il  faut  ufer  de  dçterfifs  ;  ou 
elles  font  figées  &  •  acompagnées 
d’obftru&ions  ,  &  les  apéritifs  font 
neceflaires  ;  ou  elles  font  infedées  de 
quelque  qualité  occulte,  &  dans  céte 
rencontre  il  faut  employer  les  alexi- 
teres.  En  outre ,  ces  humeurs  font  ou 
dans  un  mouvement  déréglé ,  ou  elles 
croupiifent ,  ou  elles  font  dans  quel¬ 
que  partie  où  il  y  a  quelque  folution 
de  continuité. 

La  matière  qui  eft  dans  un  mouve¬ 
ment  qui  n’eft  pas  naturel,  eu  égard  à 
l’humeur  qui  fe  jeté  fur  quelque  par- 


14  Part.  I.  Des  Altérât  ifs. 
tie,  indique  les  Alteratifs  qui  épaif- 
jfî lient  ;  eu  égard  à  la  partie  qui  reçoit 
ecte  humeur ,  elle  marque  les  repul- 
fifs  ;  8c  à  raifon  des  voyes  par  où  elle 
paire  ,  elle  demande  les  interpeptifs  & 
les  aftringens. 

Quand  la  matière  eft  croupiffante, 
à  fçavoir  quand  elle  eft  comme  figée 
&  fans  mouvement ,  ou  elle  fe  diiîipe 
infenfiblement  par  les  refolutifs  jxdu 
fenfiblement  par  le  fecours  des  attra¬ 
ctifs  ,  des  fupuratifs  ,  &  de  ceux  qui 
ont  la  vertu  d’ouvrir  les  tumeurs. 

Si  la  matière  eft  dans  une  partie  qui 
foufre  une  folution  de  continuité,  & 
qui  Toit  fimplc  ,  elle  veut  les  aggluti- 
natifs  ,  &  les  vulnéraires  ;  fi  eîle  eft 
avec  une  perte  notable  de  la  fubftance 
de  la  partie  ,  elle  indique  les  farcoti- 
ques  8c  les  épulotiques. 

De  ce  dénombrement  des  Alte¬ 
ratifs  pris  des  indications  que  nous 
avons  marqué ,  l’on  peut  a  (ligner  les 
différences  fuivantes  des  Alteratifs. 

Premièrement,  en  Alteratif  fimple, 
rafraîchi  liant  &  hume&ant  :  épailfif- 

fanr  une  bile  trop  fubtile,  ou  fubtili- 
fant  celle  qui  a  trop  de  confiftence  : 

prepa 


Part.  I.  Des  AUeratifs.  ij 
préparant  la  pituite,  la  melancolie,ou 
la  bile  noire. 

En  Altetatif  propre  pour  les  ob- 
ftru&ions  ;  8c  en  Alteratif  qui  corri¬ 
ge  la  malignité. 

Secondement ,  il  y  a  des  Alteratifs 
fpecifiques,ophthalmiques  ,  béchi- 
ques  ,  cardiaques  ;  d'autres  deftinez 
pour  les  >mammeles  ;  d’autres  ftoma- 
chiques,  hépatiques,  &  propres  pour 
la  rate  :  d’autres  qui  font  deftinés  pour 
les  reins  ,  pour  la  veille  du  fiel  :  d'au¬ 
tres  qui  font  fpecifiques  pour  les  tef- 
ticules  :  il  y  en  a  d’autres  qui  font 
hyfteriques,  &  arthritiques. 

Il  y  en  a  d’autres  qui  fous  une  mê¬ 
me  forme  de  remcde  ,  font  propres 
pour  plufieurs  parties. 

Troifiémement ,  il  y  a  des  Altera¬ 
tifs  qui  préparent  &  purgent  la  bile, 
la  pituite,  8c  la  mélancolie. 

Quatrièmement,  il  y  en  a  qui  épaif- 
fi  lient  la  matière  qui  tombe  fur  quel¬ 
que  partie  :  d’autres  qui  repoullent 
l’humeur  de  la  partie  qui  le  reçoit  ; 
d’autres  qui  interceptent  8c  arrêtent 
l’humeur  dans  fon  cours  ;  &  d’aftrin- 
gens ,  quand  les  conduits  font  larges. 

B 


iG  Part.  I.  Des  Altérâtes. 

Cinquièmement ,  il  y  en  a  de  réfo- 
1  ut  ifs  &  qui  difiîpent  l'humeur  figé  ; 
de  rémollitifs  pour  les  humeurs  trop 
endurcies  ;  d'autres  pour  faire  fondre 
&  dilfoudre  le  fang  caillé  ;  il  y  en  a 
de  defficatifs  ,  de  lïipuratifs ,  de  pro¬ 
pres  pour  ouvrir  les  tumeurs ,  &  des 
pyrotiques. 

Sixièmement ,  il  y  en  a  d’aggluti- 
natifs,  de  vulnéraires,  de  farcotiques 
&  d'épulotiques. 

Les  Alteratifs  propres  pour  fatis- 
fairc  à  ces  indications,  (  eu  égard  à  la 
diverfité  des  parties,  à  la  nature  de  la 
maladie,  &  de  fa  caufe,  &  au  particu¬ 
lier  tempérament  du  malade)  s’ordon¬ 
nent  diverfement  :  comme  les  altera¬ 
tifs  internes  fe  prennent  en  ]uleps, 
Apozémes,  Bouillon  s, Emulfions, Or¬ 
ges,  Lait  &  Petit-Lait,  Hydromel,Ti- 
lane  ,  Syrops ,  Bolus ,  Opiates ,  Pou¬ 
dres,  Tabletes  ,&  Pilules.  Les  exter¬ 
nes  s’employent  en  Fomentations, 
Epitemes,  Bains,  Embrocations,  Etu¬ 
ves  ,  Linimens,  Cerats ,  Cataplâmes, 
Emplâtres,  &  Veficatoires. 

Il  y  a  trois  chofes  à  obferver  fur 
chacun  de  ces  remedes.  Sa  compofi» 


Part.  I.  Des  Alteratifs.  ij 
tion ,  fon  ufage ,  &  fa  formule.  Lz 
compofition  comprend  la  matière  des 
ingrediens  ,  leur  quantité  &  qualité. 
L'ufage  ,  les  diverfes  fins  pour  les¬ 
quelles  on  les  ordonne.  La  formule, 
la  façon  d’ordonner. 

Il  ne  faut  pas  tellement  s’arrêter 
dans  l'ufage  des  alteratifs  ,  que  nous 
penfions  pat  leur  feul  moyei} pouvoir 
corriger  cét  excez  dé  qualité  qui  fe 
rencontre  dans  les  humeurs  ;  car  nous 
combattions  inutilement  le  mal  avec 
des  décodions  ,  poudres,  opiates,  ta¬ 
bles  ,  8 c  Semblables  autres  chofes. 
Il  quelque  évacuation  eft  necelTaire  ; 
car  dans  céte  ocafion,  la  Saignée  &  la 
purgation  ,  en  donnant  un  peu  d’air 
à  la  malSc  du  Sang ,  &  en  Soulageant 
la  nature  du  fardeau  qui  l’acabloir, 
profiteront  plus,  que  le  long  ufage 
des  Alteratifs. 


SECTION  PREMIERE, 


Des  remedes  Jimplement 
alteratifi. 


CHAPITRE  PREMIER, 
Les  luleps. 

LE  Julep  eft un remede  liquide  qni 
fe  fait  de  quelque  liqueur  propre 
pour  ledeflein  que  l’on  a,  avec  du  fy- 
rop,  ou  du  fucre,  mêlez  enfemble,fans 
bouillir.  La  compofition  du  Julep  eft 
toute  fimple  ,  &  en  cela  il  diferc  de 
l'Apozême ,  &  du  Syrop  ,  parce  qu’il 
eft  tout  liquide.L’on  ordonne  les  eaux 
&  le  fyrop  avec  céte proportion  qu'il 
y  ait  deux  onces  de  lyrop  pour  fix  ou 
.huit  onces  de  liqueur.  Et  on  ne  réglé 
la  quantité  de  l’un  &  de  l’autre  que 
félon  l'âge  ,  la  coutume  ,  la  force  de 
l'eftomac ,  &  la  neceflité  :  car  on  les 
ordonne  en  moindre  quantité  aux  en- 


Chap.  I.  D es  Juleps.  1? 
fans  j  à  ceux  qui  n’y  font  point  acou- 
tumez,aux  eftomacs  foibles,  &  à  ceux 
qui  ont  tres-peu  de  chaleur. 

Le  Julep  fe  compofe  ordinairement 
d’eaux  diftillées  ,  ou  de  déco&ion 
d’herbes. On  fe  fert  des  eaux  quand  le 
malade  a  de  l’averfion  pour  les  déco¬ 
dions  ,  ou  qu’elles  travaillent  trop 
l’eftomacjou  que  le  mal  prefle,  qui  ne 
donne  pas  le  tems  de  préparer  des  dé¬ 
codions,  ou  bien  quand  il  ne  fc  trou¬ 
ve  pas  des  Amples,  comme  en  hy  ver. 

On  donne  les  Juleps  à  toute  heu¬ 
re  ,  mais  principalement  k  fix  heures 
du  marin  ,  &  à  neuf  du  fcûr ,  deux  nu 
trois  heures  devant  &  apres  leboiiillô. 

Les  Juleps  ont  plus  que  d’un  ufaec; 
mais  pour  l’ordinaire  l’on  ne  s’en  /crt 
que  pour  rafraîchir  :  Et  ï  ce  fujet  on 
employé  des  eaux  de  cicoréc  ,  d’endi¬ 
ve  ,  de  pourpier  ,  de  pavot  rouge  ,  de 
nÿmphec  ,  de  buglofe  ,  de  bourrache, 
avec  les  fyrops  de  limons,  de  cicorée 
fimple,  de  violetes,  de  capillaires  ,  &c 
de  lemblables. 

y°icy  des  exemples  d'un  Julep  ra- 
fraichiffant. 

Prenez  des  eaux  de  cicoréc  &  de 
B  î 


$o  Part.  I.  Des  Mteraùfi.  Seft.I. 
laitue,  de  chacune  trois  onces,  du  fy- 
rop  de  limons  une  once,  faites  un  ]u- 
lep  pour  prendre  le  matin  &  le  foir. 

On  y  peut  ajouter  des  Chymiftcs 

Du  fel  de  prunelle  depuis  demie 
drachme  jufqucs  à  une. 

De  l'efprit  ,ide  vitriol  ou  de  foulfre 
depuis  quatre  goûtes  jufqnes  à  fix, 
pour  donner  une  agréable  aigreur. 

De  l’cfprit  de  fel  doux  depuis  un 
fcrupule  jitfques  à  demie-draenme. 

Prenez  une  quantité  fuffifante  pour 
unedofe,  de  déco&ion  de  cicorée  & 
de  laitue  ,  du  fyrop  de  violetes,  ou  de 
limons  ,  ou  de  nymphée  ,  une  once, 
de  fel  de  prunelle  demie  drachme.  De 
rout  cela  mêlé  enfemble  faites  un  Ju- 
Jep. 

Ou  bien  on  en  peut  faire  un  d’une 
décoétion  plus  composée  pour  trois 
prifes. 

Prenez  des  feuilles  de  cicorée  avec 
la  racine,  du  capillaire,  d’ozeille  ,  de 
laitue',  Sc  de  bourrache ,  une  poignée 
de  chacune  :  des  quatre  grandes  fe- 
mences  froides,  une  drachme  de  cha- 
cune,de  l'orge  entier  &  des  fleurs  cor¬ 
diales  ,  une  pincée  de  chacune.  Faites 


Chap.  I.  Des  Ittleps.  3  1 
bouillir  le  tout  jufqucs  à  la  reduûion 
pour  trois  prifes  ;  &  vous  ajouterez 
à  chaque  dofe  ,  une  once  de  fyrop  de 
capillaires  ,  5c  quatre  ou  cinq  goûtes 
d’clprit  de  foulfre  :  Vous  donnerez 
ce  Julep  le  matin  &  le  foir. 

Il  faut  remarquer  que  les  efprits 
acides  ne  fc  doivent  point  donner  à 
ceux  qui  font  d’un  tempérament  fort 
fec  ,  quand  les  humeurs  s’y  rencon¬ 
trent  aduftes  &  mélancoliques  ;  par¬ 
ce  que  ces  efprits  fechent  encor  da¬ 
vantage  ,  Sc  augmentent  la  fermenta¬ 
tion  des  humeurs. 

Secondement,  lesjuleps  s’ordon¬ 
nent  ,  pour  apaifer  la  foif ,  5c  tempe- 
•rer  l’ardeur  de  la  bile.  Pat  exemple. 

Prenez  de  l’eau  d’orge  huit  onces,du 
fuc  de  limon,  nouvellement  prefle,  ce 
qu’il  en  faut  pour  donner  une  agréable 
aigreur,  du  fucre blanc, ou  du  fyrop 
de  capillaires ,  une  once  ;  battez  le 
tout  enfemble  ,  5c  le  verfcz  fouvent 
de  verre  en  verre.  Faites  un  julep  pour 
une  prife  feulement.'  Ou  bien 
Prenez  des  eaux  de  pavot  rouge  Sc 
de  pourpier  ,  de  chacune  trois  onces, 
du  ici  de  prunelle  demie  drachme,  du 


31  Part.  I.  Des  Alteratifs .  Sc<£t.  ï. 
•fyrop  violât  une  once  ;  de  tout  cela 
mêlé  enlcmble  faites-en  un  Julep. 

Troifiémement  on  fe  fert  des  Juleps 
pour  provoquer  la  fueur  dans  les  fiè¬ 
vres  malignes  &  peftilentielles ,  dans 
la  petite  verole,  &c.  Par  exemple. 

Prenez  des  eaux  de  chardon  béni, 
île  pavot  rouge ,  &  de  fcorzoncre ,  de 
chacune  deux  onces  ;  de  confection 
de  hyacinthe  ,  &  de  fel  de  prunelle, 
demie  drachme  de  chacun,de  la  pou¬ 
dre  de  vipères  demi  fcrupule  ,  du  fy¬ 
rop  de  limons,  une  once. 

On  y  peut  aufli  ajouter  des  reme- 
des  Chymiques ,  comme  demi  feru- 
pule  de  Bezoard  minerai  :  ou  huit 
grains  de  Bezoard  Jovial  ;  ou  un 
fcrupule  d’efprit  de  fel  doux. 

On  ordonne  aflez  fouvent  les  Ju- 
leps  pour  plufieurs  prifes ,  dont  nous 
donnerons  des  exemples  dans  fon 
lieu. 


Ctifà) 


Chap.II.  Des  Âf6z.émcS.  3  f 


CHAPITRE  IL 
Des  Apozémes. 

CE  mot  d’Apozéme  tire  Ton  ori¬ 
gine  du  verbe  Grec  "Übnftv  ,  qui 
veut  autant  à  dice,que  cuire  &  bouil¬ 
lir  ;  c’eft  «ne  décodion  alterative,qut 
change  &  altéré  diverfement  les  par¬ 
ties  &;  les  humeurs. 

L’Apoze'me  fe  compofe  de  (impies 
cuits  enfemble.  L’on  met  auparavant 
les  racines ,  enfuite  les  bois  &  les  é- 
corces,  aptes  les  herbes»puis  les  fruits 
&  les  femences  ,  en  dernier  lieu  les 
fleurs.  La  cuite  de  tous  ces  (impies  fe 
fait  dans  l’eau  de  fontaine  ou  de  ri¬ 
vière  :  On  ne  réglé  pas  la  quantité 
de  l’eau  ,  mais  on  la  laide  à  la  pru- 
dencc  de  l’Apoticaire. 

Les  Apozémes  s’ordonnent  com¬ 
munément  pour  trois  ou  quatre  do- 
fes  :  &  à  chacune  011  ajoute  une  once 
de  fucre  ou  de  fyrop  ,  comme  le  mai 
le  demande. 

Le  tems  de  prendre  les  Apozémes» 
eft  le  matin  &  le  foir ,  comme  nous 

B  5 


3  4  Part. 1.  Des  Altérât  ifs.  Sed.  I. 
avons  marqué  dans  le  Chapitre  des 
Julcps. 

Chaque  dofe  ne  doit  pas  palier  fix 
onces  ;  il  y  en  a  pourtant  qui  en  don¬ 
nent  jufques  à  huit  ;  Pour  les  enfans 
on  n’excede  pas  quatre  ou  cinq  onces, 
&  pour  ceux  qui  font  plus  avancez, 
on  en  donne  davantage  ,  pourveu: 
qu’ils  n’ayent  point  de  difpofîtion  à 
vomir.  Et  il  y  a  des  malades  qui  en 
peuvent  prendre  deux  fois  le  jour, 
d’autres  à  qui  une  fois  fuffir. 

L’ufage  des  Apozemcs  eft  premiè¬ 
rement  de  préparer  les  humeurs  à  la 
purgation ,  &  pour  ôter  les  obltru- 
étions. 

Quand,  par  exemple  ,une  bile  trop* 
chaude  ,  trop  feche ,  fubtile  &  acre, 
caufe  un  delordre  fâcheux  dans  les 
fie'vres  aiguës  ,  il  faut  employer  des 
fimples  qui  rafraîchi  lient ,  qui  hu- 
me&ent ,  incrafTent ,  &  adouci  lient 
l’acrimonie  de  céte  humeur  farouche. 
Ce  que  l'on  pourra  faire  avec  la  fuh- 
vante  décoébion. 

Prenez  des  racines  decicore'c,  d’o<- 
xeille  &  de  bnglofe  ,de  chacune  une 
once  :  des  feuilles  de  ckorée ,  de  lai- 


Chap.I  I.  Jpozemef.  3; 
tuë,  de  pourpier  ,d’ozeille  ,  &  de  bu- 
§lofe ,  une  poignée  de  chacune  :  des 
Semences  de  citrouille  >  de  concom¬ 
bres  ,  de  courges ,  8c  de  melon  ,  une 
drachme  de  chacune  j  de  raifins 
mondez,  une  once  ;  une  pincée  d’orge 
entier,  &  autant  de  fleurs  de  violetes 
&  de  nymphée.  Vous  ferez  bouillir 
le  tout  à  la  reduâion  d’une  livre  8c 
demie  pour  trois  prifes  :  8c  vous  ajou¬ 
terez  à  chacune  du  fyrop  de  violetes, 
ou  de  grenades  ,une  once  ,  8c  demie 
once  de  celuy  de  nymphée,  avec  une 
drachme  de  fel  de  prunelle.  Vous  en 
donnerez  deux  fois  le  jour. 

Ou  bien  én  forme  de  Julep  pour 
rafraîchir  8c  arrêter  l'impetuofité  da 
fang  8c  de  la  bile: 

Prenez  des  eaux  de  pourpier  ,  de 
laitu'c  8c  de  pavot  rouge  ,  de  chacune 
deux  onces  ;  du  fyrop  de  grenades, 
une  once ,  du  fel  de  prunelle  demie 
drachme  ,  du  tout  mélé  enfemblc  fai- 
tes-cn  un  Julep. 

Il  arrive  quelquefois  que  la  bile 
s  epai.Tn  trop ,  8c  le  fige  dans  les  par¬ 
ties  ,  le  plus  fubtil  s’etant  exhalé  ÿc 
diiEpé.  Ce  qui  arrive  préque  dans 


j  6  Part.  I.  Des  Alteratlfs.  Seét.  r. 
toutes  les  fièvres  qui  viennent  de  l'a 
pourriture  de  la  bile  ;  dans  cére  ocar- 
fion  il  faut  ufer  de  rafraichifl'ans  ,  8c 
de  remedes  qui  humeâent  8c  fubti- 
lifent.  Ce  que  l’on  pourra  faire  avec 
la  fuivantc  déco&ion. 

Prenez  des  racines  de  gramen,  d’af- 
perges  &  de  brufc  ,  une  once  de  cha¬ 
cune  ;  des  feuilles  8c  la  racine  de  ci¬ 
corée  ,  des  feuilles  d’endive  ,  &  d’cn- 
tybe  ,  de  capillaires,  de  pimpinelle  & 
d’agrimoine  ,  une  poignée  de  cha¬ 
cune  ;  des  fcmences  de  citrouille  ,  de 
concombre  ,  de  courge  ,  de  melon ,  de 
chacune  une  drachme;  d’orge  entier» 
des  fleurs  de*  cicorée  ,  de  bourrache» 
de  buglofe  &  de  violcres  ,  une  pin¬ 
cée  de  chacune.  Faites  bouillir  le 
tout  pont  trois  dofes,  en  ajourant  à 
chacune  une  once  de  fyrop  de  ca¬ 
pillaires,  ou  de  cicorée  fimple,  avec 
iîx  goures  d’efprit  de  vitriol  ,  ou  de 
foulfre  ,  que  l’on  donnera  le  matin. 
&  fc  foir. 

La  pituite  cxcrcmenticicu'fc  excé¬ 
dé  en  froideur,  humidité, lenteur, vî£ 
eofité  ,  8C  confiftance  :  les  manque- 
ihens  Ce  doivent  corriger  par  des  al  te- 


Chap.  IL  Des  Jpozémes.  $7 
ratifs  qui  échaufent ,  qui  deirechenr, 
atenuent,  incifent,&  détergent  ;  Pouz 
fatisfaire  à  céte  indication  la  décoc¬ 
tion  fuivante  cft  tres-bonne  dans  le3 

maladies  froides  cauiées  par  la  pitui¬ 
te ,  comme  l’afthme,  la  paraly  fie,  apo¬ 
plexie,  épilepfîe ,  &  fcmblables  ;  Si 
auifi  dans  les  fièvres  pituitcufcs. 

Prenez  des  racines  d’apy,dc  perfil,& 
de  fenouil,  fix  drachmes  de  chacune» 
des  racines  d’aunée  &  de  falfèparcille» 
demie  once  de  chacune  r  des  feiiilles> 
d’agrimoine,  de  capillaires ,  d’hy  fope» 
&  de  camepite ,  une  poignée  de  cha¬ 
cune  :  des  fcmences  de  fenouil  &  de 
perfil  ,' deux  drachmcs-de  chacune  r 
des  fleurs  de  ftecas  &  de  foucy  ,  une 
pincée  de  chacune.  Faites  bouillir  le 
tout  dans  de  l’eau  de  fontaine  ,  pour 
trois  dofcs  fans  être  clarifiées  ,  mais 
feulement  paffées  fouvent.Vous  ajout 
tenez  à  chaque  do fe  une  once  de  fyrop 
fait  avec  les  cinq  racines. 

Céte  forte  de  pituite  s’amafTe  rare¬ 
ment  dans  les  corps ,  principalement 
dans  ce  pars  chaud  de  Languedoc,  où 
il  y  a  plutôt  un  excez  de  chaleur  que 
de  froid.  Mais  s-’il  arrive  que*  céte 


3  8  Part.ï.  Des  ^Itératifs.  Sedï.  I. 
humeur  abonde  trop, foie  par  l’ufage 
des  alimens  propres  à  la  produire, foit 
par  la  rigueur  de  la  faifon, telle  qu’eft 
l’hyver,ii  faut  prendre  garde  s’il  n’y  a 
point  trop  de  chaleur  dans  les  vifccres 
Si  dans  la  malle  du  fang,  qui  empêche 
l’ufage  de  ces  remedes  qui  échaufe- 
roient ,  fecheroient ,  &  attenueroient 
trop  ;  Et  en  ce  cas  il  y  faut  mêler  quel¬ 
ques  alteratifs  moins  chauds  félon  les 
diverfes  indicatifs  que  l’on  fè  propofe. 

Il  arrive  quelquefois  qu’une  humeur 
pituiteufe  ,  groiïlere  ,  vifqueufc  8c 
gluante ,  Si  comme  referrêe  en  foy- 
meme  >  qui  femble  être  une  pituite 
froide  ,  bien  qu’il  foit  l’effet  d’une 
chaleur  qui  confumant  infenfible- 
ment  l’humide, incraffe,&  contient  en 
foy  beaucoup  de  fels  brûlés  ,  &  une 
matière  terreftre  &  excrementicieufe, 
qui  font  épaillr  &  coaguler  céte  hu¬ 
meur.  Dans  céte  rencontre  il  ne  faut 
pas  ufer  d*alteratifs  quiéchaufcnt  & 
qui  dellcchent ,  mais  plûtôt  de  dé- 
terfifs  bénins,  d'attenuatifs  »  Si  qui 
adouciirent ,  tels  que  l’on  a  coutume 
d’ordonner  pour  une  mélancolie  brû¬ 
lée  &  une  atrabilc. 


Chap.ï.  D es  Aprozemei. 
Quelquefois  la  pituite  eft  fubtilc  &c 
falée,&  qui  participe  en  quelque  façô- 
de  chaleur,comme  eft  celle  qui  fait  les. 
eatarres,acompagnée  de  la  toux  -,  alors, 
il  ne  faut  pas  employer  des  l’alteratifs 
qui  foient  chauds,  mais  tempérés, auf. 
quels  on  peut  auiïi  ajouter  des  rafraî¬ 
chi  dans  qui  incraftcnt.  Comme  par 
exemple  ,  ladécottion  fuivante. 

Prenez  une  once  &  demie  de  raci¬ 
nes  de  cicorée  ,  des  feuilles  d'endive, 
de  buglofe  ,  de  capillaires,  de  pimpi- 
nelle  &  de  laitue  ,  une  poignée  de 
chacune  :  de  femences  de  melon  ,  de 
courge  ,  de  laitue  ,  &  de  guimauve  , 
une  drachme  de  chacune  ;  de  raifins 
nétoyez  de  leurs  grain  s,&  de  jujubes, 
une  once  de  chacune  ;  d'orge  entier  Sc 
des  fleurs  de  bourrache  ,  de  buglofe 
&  de  violetes,une  pincée  de  chacune. 
Il  faut  faire  une  décoétion  pour  trois 
prifes  ,  ajoutant  à  chacune  une  once 
de  fyrop  de  capillaires  ,  &  demie 
drachme  de  fel  de  prunelle. 

L'humeur  mélancolique  étant  froi¬ 
de  ,  lèche  ,  grofllere ,  ayant  beaucoup 
de  tartre, &  beaucoup  cxcrementicieu- 
fe>  l'on  la  prépare  par  les  remedes  qui 


40  Part.  I.  Des  Alteratifs.  SeéL  I. 
ayent  la'faculré  d’échaufer  &  de  beau¬ 
coup  hume&er  ,  d’incifcr  &  de  fub- 
tilifer. 

La  fuivante  déco&ion  eft  tres-bon- 
ne  pour  les  fièvres  longues ,  quartes , 
aux  vertiges,  à  la  mélancolie,  aux  ob- 
ftruékions  caufées  par  des  humeurs 
groffieres  &  terreftres.  Et  parce  que 
l’humeur  mélancolique  ne  s’atténue 
&  ne  s’humeéte  qne  difficilement ,  & 
qu’elle  ne  cede  pas  aifément  aux  alte- 
ratifs ,  c’eflr  pourquoy  l’on  la  doit 
réitérer  Couvent. 

Prenez  des  racines  d’apy  ,  de  fe- 
noüil,  d’aunée,  de  chacune  une  once  : 
d’écorces  de  racines  de  capes  ,  de  ta- 
marife  ,  &  de  l’écorce  mitoyenne  de 
frêne,  demie  once  de  chacune  :  des 
feuilles  de  bourrache &  de buglofe  de 
fumeterre ,  d'houblons,  d’agrimoinc  , 
de  melilCc  ,  &  de  tous  les  capillaires , 
une  poignée  de  chacunetdes  Cemences 
d’apy  ,  &  de  eufeute  ,  deux  drachmes 
de  chacune  :  des  fleurs  de  geneft  ,  de 
tamarife  ,  de  bourrache  ,  de  buglofe 
&  dervioleteSîUne  pincée  de  chacune. 
Faites  bouillir  le  tout  pour  quatre 
«lofes  fans  les  clarifier,  ajoutez,  à  cha» 


Chap.  II.  T)es  Aÿozcmes.  41 
cune  du  fyrop  de  pommes  fimple ,  ou 
de  capillaires ,  ou  des  cinq  racines , 
une  once. 

On  peut  encor  dilloudre  à  chaque 
dofc  demie  drachme  de  tartre  vitriolé, 
ou  un  fcrupule  d’efprit  de  tartre. 

L'atrabile  fc  fait  d'une  bile  brûlée, 
qui  eft  chaude  ,  feche  &  grofliere  ;  & 
pour  ce  fujet  il  faut  ufet  de  rafraichif- 
fans,qui  humedent  beaucoup,  &  qui 
en  mêmc-tems  atténuent. 

L’Apozéme  fuivant  eft  tres-propre 
pour  l'atrabile  ,  &  pour  toute  forte 
dc_bile  épaiffie  par  aduftion. 

Prenez  des  racines  de  cicorée  ,  de 
brufc  ,  &  de  fraifier ,  de  chacune  une 
once  :  de  l'écorce  mitoyenne  de  frêne, 
fix  drachmes  :  des  feuilles  de  cicorée 
d'agrimoine ,  de  bourrache  &  de  bu- 
glofe  avec  les  racines  ,  de  fumeter- 
rc  ,  de  ceterac  ,  &  de  polytric  /  une 
poignée  de  chacun  :  des  femènces  de 
courge,  de  citrouille  ,  de  concombres, 
&  de  melons,de  chacune  une  drachme, 
quelques  tranches  de  pommes  rene- 
tes  ;  des  fleurs  de  bourrache  ,  debu- 
glofc,  de  violctes,&de  foucy,une  pin¬ 
cée  de  chacune.  Faites boiiillir  le  tout 


4 1  Part.  I.  Des  Alteratifs.  Sert.  I. 
pour  quatre  dofcs  ;  &  vous  ajouterez 
à  chacune  une  once  de  fyrop  de 
pommes  Ample ,  ou  de  capillaires , ou 
de  violctes ,  pour  prendre  le  matin  ÔC 
le  foir. 

Pour  une  plus  facile  8c  plus  avan- 
tageufe  préparation  de  céte  forte 
d’humeur  ,  on  peut  difloudrc  à  cha¬ 
que  prife  de  cét  apozéme  fix  goûtes 
d’efprit  de  tartre  ,  ou  de  nitre ,  ou  un 
fcrupule  de  tartre  vitriolé  ,  ou  demie 
drachme  de  fel  de  prunelle. 

Si  pluficurs  humeurs  de  diverfe 
nature  font  mêlées  en(cmble,&  qu'el¬ 
les  fartent  des  obftru&ions  dans  les 
vifeeres  &  dans  les  veines, il  faut  ufer 
d’apéritifs  qui  ayent  un  peu  d'amer¬ 
tume  ,  8c  qui  ayent  quelques  qualitcz 
du  nitre  ;  8c  à  ce  fujet  qui  atténuent , 
incifcnt  ,  pénétrent  ,  8c  qui  foient 
abftcrfifs  :  lors  que  la  chaleur  pré¬ 
domine,  il  faut  que  les  rafraîchi  flans 
foient  en  plus  grande  quantité  que 
les  autres. 

Apozéme  apéritif  pour  les  mala¬ 
dies  inveterées  du  foyc ,  de  la  rate,  du 
mefenterc ,  de  la  matrice,  caufées  par 
des  obftruétions  ,  pour  les  mois  arrê¬ 
tez  ,  8c  pour  les  pâles  couleurs. 


C'hap.  1 I.  Des  4 poternes.  43 
Prenez  des  racines  de  'brûle  »  d’af- 
perges ,  d’apy,  une  once  de  chacune  : 
de  l’écorce  mitoyenne  de  frêne  &  de 
tamarife,  demie  once  de  chacune;  des 
feuilles  de  cicorée  avec  les  racines  , 
d'agrimoine,  de  ceterac,  de  capillaire, 
&  de  cerfeuil ,  une  poignée  de  cha¬ 
cune  ;  des  feuilles  de  germandrée 
&  d’hy  lîope,  une  pincée  de  chacune  : 
de  femences  de  melon  ,  de  courge  , 
&  de  perfil,  une  drachme  de  chacune; 
des  fleurs  de  bourrache  ,  de  bugrofe , 
de  violetes ,  &  de  tamarife  >  une  pin¬ 
cée  de  chacune.  Faites  boüllir  le  tout 
jufques  à  une  livre  &  demie  pour 
trois  prifes  ,  ajoûtant  à  chacune  une 
once  du  fyrop  des  deux ,  ou  des  cinq 
racines  ,  ou  de  capillaires,  pour  don¬ 
ner  le  matin  une  heure  auparavant 
que  l'on  faflè  des  fomentations  au 
malade ,  fl  tant  eft  que  l’on  le  fo¬ 
mente  à  caufe  des  obfti  udions  &  des 
durerez  qu’il  peut  avoir* 

On  peut  ajoûter  à  chaque  dofe 
de  cét  apozéme  un  fcrupule  de  fel 
de  tamarife  ,  ou  de  frêne  :  ou  un  de¬ 
mi  fcrupule  d’cfprit  de  nitre ,  ou  de 
tartre. 


44  Part.  1.  Des  Alteratlfs.  Seél.  I. 

L’ufagc  de  ces  apozémes  fera  tout 
autant  de  tems  que  la  maladie  le  de¬ 
mandera  ,  &  que  la  patience  du  mala¬ 
de  le  permettra.  Mais  parce  que  pour 
l'ordinaire  les  malades  s'ennuyait , 
8c  abhorrent  ces  déco£tions,à  ce  fujet 
on  les  donne  feulement  pendant  qua¬ 
tre  ou  cinq  jours  devant  &  après  la 
purgation  ;  &  apres  pour  s’acommo- 
der  au  dégoût  du  malade, l’on  change 
la  forme  du  remede  apéritif,  en  bouil¬ 
lons,  bolus,  ou  opiates  :  Et  s’il  eft  ne- 
celïaire ,  ù  raifon  de  la  longueur ,  & 
l'opiniâtreté  du  mal ,  on  réitéré  l'ufa- 
ge  de  ces  apozémes  avec  des  fomen¬ 
tations  -,  &  de  tems  en  rems  il  faudra 
purger  le  malade. 

Pour  ce  que  c’eft  des  Apozémes 
que  l’on  ordonne  dans  les  fièvres  ma¬ 
lignes,  &  pcftilentielles  dans  la  vé¬ 
role  ,  &  autres  femblablcs  maladies , 
vous  prendrez  la  peine  de  lire  le  Cha¬ 
pitre  des  Cardiaques  ,  où  vous  trou¬ 
verez  de  quoy  vous  fatisfaire. 


Cliap.III.  Des  Souillons  alter. 


CHAPITRE  III. 

Des  Bouillons  a  Itératifs'. 

ON  eft  contraint  d’ufer  de  bouil¬ 
lons  alteratifs ,  lorfque  les  ma¬ 
lades  s'ennuyent  des  décoctions ,  ou 
que  l’eftomac  à  caufe  de  quelque  foi- 
blefle  ne  les  peut  plus  fuporter  ;  ou 
afin ,  comme  dans  les  longues  mala¬ 
dies  ,  de  changer  de  remedes  ,  de 
crainte  que  la  Nature  ne  s’acoûtu- 
mant  qu’à  une  feule  forte  ,  elle  n’en 
refiente  pas  fi  bien  les  effets  par  la 
longueur  du  tems. 

Les  bouillons  font  ou  pour  prépa¬ 
rer  les  humeurs ,  ou  pour  fortifier,  ou 
ils  font  purgatifs. 

Les  alteratifs  fe  font  de  racines  & 
d’herbes ,  que  l’on  fait  cuire  avec  un 
jeune  poulet ,  ou  une  piece  de  colet 
de  mouton ,  ou  de  veau  ,  ou  de  che¬ 
vreau. 

On  donne  ces  bouillons  alteratifs 
pour  plufieurs  fins. 

Premièrement  pour  rafraîchir  8c 


4<>  Part.  I.  Des  Alteratifs.  Seét.  T. 
humeéter ,  comme  dans  les  fièvres  bi- 
lieufes,dans  les  chaleurs  de  foye,dans 
des  corps  fort  fecs. 

Prenez  des  racines  de  cicorée  ,  & 
de  buglofe,  une  once  de  chacune: 
des  feuilles  de  cicorée ,  de  bourrache, 
&  de  buglofe ,  de  laitue  ,  &  d’agri- 
moine,une  demie  poignée  de  chacune, 
une  pincée  d’orge  entier.Faires  boüil- 
lir  le  tout  avec  un  jeune  poulet ,  ou 
un  morceau  de  colefde  veau  :  ou  de 
chevreau  &  faites  un  bouillon  pour 
une  prife,  que  vous  donnerez  tous 
les  matins  pendant  douze  ou  quinze 
jours. 

Secondement  les  bouillons  fe  don¬ 
nent  pour  ôter  les  obftruéHons  des 
vifceres ,  &  pour  corriger  une  intem- 

}>erie  chaude  ;  comme  dans  les  fièvres 
entes, les  longues  fièvres  intermittan- 
tes ,  dans  les  obftru&ions  du  foyc,  de 
la  rate  ,  du  mefcntere ,  &  autres  par¬ 
ties,  dans  les  pâles  couleurs ,  dans  la 
fupreflion  des  mois ,  &  femblables 
indifpofitions  ,  le  bouillon  fuivanc 
eft  trcs-propre. 

Prenez  des  racines  d’afpcrges  ,  de 
gramen ,  &  de  brufc ,  demie  once  de 


Chap.  III.  Des  Bouillons  alter.  47 
chacune ,  des  feuilles  de  cicore'e  avec 
les  racines ,  d’agrimoine ,  de  pimpi- 
nelle,  de  ceterac,  &  de  poly  trie,  demie 
poignée  de  chacune.  Faites  boiiillir 
le  tout  avec  un  petit  poulet ,  ou  un 
morceau  de  colet  de  mouton  ,  pour 
une  prife  que  l’on  continuera  pen¬ 
dant  dix  ou  quinze  jours  tous  les 
matins. 

On  doit  ajouter  k  chacun  de  ces 
bouillons  quelqu’un  de  ces  apéritifs 
chymiques  :  comme  un  fcrupule  de 
tartre  vitriolé,  ou  demie  drachme  de 
tartre  calybé,  ou  demie  drachme  de 
cryftal  de  tartre  ,  ou  un  fcrupule  de 
l’efprit  de  tartre ,  ou  de  l’efprit  vola¬ 
til  de  fel  armoniac  ,  dépuis  un  demi 
fcrupule  ,  jufqucs  à  un  fcrupule  :  ou 
d’efprit  de  vitriol  de  mars,  dépuis  un 
demi  fcrupule,  jufques  à  un,ou  demie 
drachme  de  crocus  de  mars  apéritif, 
ou  une  drachme  de  teinture  de  mars  ; 
ou  de  teinture  de  tartre ,  dépuis  qua¬ 
tre  goûtes  ,  jufques  à  huit ,  ou  du 
magiftere  de  tartre  de  Schroder ,  juf¬ 
ques  à  un  demi  fcrupule  ;  ou  de  la 
liqueur  de  tartre  fplenitique,  jufques 
à  un  -demi  cuillicr. 


48  Part.  I.  Des  AUeratîfs.  Seét.  I. 

L’efprit  de  gomme  ammoniaque 
fait  des  merveilles  pour  refoudre  ,  & 
difïîper  une  humeur  opiniâtre,  grof- 
fiere  ,  vifqucufe,  &  mucilagincuie  qui 
eft  comme  figée  aux  poumons ,  &  au 
mefentere  ,  &  dans  les  obftiu  étions 
inveterées  du  foye  ,  de  la  rate  ,  &  de 
la  matrice. 

La  compofition  de  tous  ces  reme- 
des  fe  trouve  chez  prefque  tous  les 
Auteurs  qui  ont  écrit  de  la  Chymie , 
&  principalement  dans  Schroder, 
Zuvelfer,  Sennert,Glafer,&  plufieurs 
autres. 

Boiiillon  apéritif  pour  les  pâles 
couleurs ,  la  cakexic ,  la  jaunifle ,  8c 
femblables  indifpofitions. 

Prenez  des  racines  de  brufc,  d'apy , 
&  de  garance  ,  demie  once  de  chacu¬ 
ne  ;  des  feuilles  de  cicorée  avec  la  raci¬ 
ne  ,  &  de  tous  les  capillaires ,  de  cha¬ 
cune  demie  once,  des  fleurs  de  foucy, 
une  pincée.Faites-les  bouillir  avec  un 
colet  de  mouton  ou  de  veau,  pour  une 
prife,  à  laquelle  vous  pouvez  diifou- 
dre  quelqu'un  des  apéritifs  chymi- 
ques  que  nous  avons  marqué,  &  entre 


Char».  III.  Des  Boiiill.  Aker.  49 
tous,!  es  luivans  me  femblent  êcre  plus 
fpecifiques.  1 

Le  tartre  calybé  ,  la  teinture  de 
Mars  ,  l’efpric  volatil  de  Tel  amonia- 
que,dans  la  dofe  que  nous  avons 
preferite  :  la  liqueur  de  tartre  fpleni- 
tique  :  le  tartre  de  nitre,  jufques  à  un 
fcrupule.  Le  fafran  cake&iquc  de 
Mars  de  Zuvelfer  ,  jufques  à  demie 
drachme  :  Le  diaphonique  d’anti- 
tnoine  de  Schroder  depuis  un  demi 
fcrupulc,  jufques  à  un. 

Quelquefois  quand  les  obftru&ions 
font  trop  opiniâtres,  &  qu’elles  ne  cè¬ 
dent  pas  aux  remedes  que  nous  avons 
nommez  ,  &  que  la  foiblelle  de  l’efi- 
tomac  ne  l'empéche  point ,  on  ajou¬ 
te  dans  la  décodion ,  immédiatement 
apres  les  racines ,  une  drachme  d’a¬ 
cier  préparé ,  que  l’on  métra  dans  un 
noiiet  ;  que  fi  on  en  met  demie  on¬ 
ce  ,  il  pourra  fervir  pour  quatre  ou 
cinq  fois. 

Il  faut  continuer  l’ufage  de  ces 
bouillons  pour  le  moins  pendant  dix 
ou  quinze  jours  ;  &  dans  le  quatriè¬ 
me  ou  cinquième  bouillon  ,  on  y  doit 
faire  bouillir  deux  ou  trois  drachmes 
C 


jo  Part.I.  Des  ^Itératifs.  Sed.  I. 
de  fend  avec  de  l’anis,  &  demie  drach¬ 
me  de  fei  de  tartre ,  dans  un  noiiet  : 
Et  même  l’on  peut  changer ,  &  y  diC- 
foudre  une  once ,  ou  une  once  &  de¬ 
mie  de  manne  :  ou  dans  ceux  qui 
abondent  davantage  en  humeurs  grof- 
üeresjOn  y  mer  trois  drachmes  de 
diacartam,  ou  quelqu’un  des  panchy- 
magogües  ,  que  nous  dirons  dans  la 
fuite. 

Troifiémement  l’ufage  de  ces  bouil¬ 
lons  alrcratifs,  eft  pour  adoucir  l’acri¬ 
monie  d’une  humeur  fubtile  qui  fe 
jétc  fur  la  poitrine,  &  des  catarres  qui 
tombent  fur  la  meme  partie  ,  on  les 
ordonne  aulîî  dans  une  toux  invété¬ 
rée.  Par  exemple. 

Prenez  des  racines  de  buglofe  ,  & 
de  fraifier ,  demie  once  de  chacune: 
de  racines  de  fquine  coupée  en  petits 
morceaux,  une  drachme  &  demi,  des 
feuilles  de  cicoréc,de  bourrache,  d'a- 
grimoinc,  de  capillaires ,  &  de  pim- 
pinelle  ,  de  chacune  une  demie  poig¬ 
née;  d’orge  entier,  &  des  fleurs  de  ro- 
fes  rouges ,  une  pincée  de  chacune. 
Faites  bouillir  le  tout  avec  un  mor¬ 
ceau  de  collet  de  veau  pour  un  boüil- 


Chap.  I  Iï.  Des  Boudions  Mtcr.  y  r 
Ion,  que  le  malade  prendra  pendant 
dix  ou  douze  jours. 

On  peut  ajoûter  à  chaque  bouil¬ 
lon  deux  drachmes  de  lucre  rofat,  ou 
demi  cuillierée  de  lait  ou  demnagifte- 
re  de  fouphre  ,  ou  une  drachme  de 
tabletes  pe&orales  de  Zuvelfer  ;  ou 
un  fcrupule  d’ Antimoine  diapho- 
retique  -,  mais  il  faut  qu'il  foit  tout 
nouvellement  préparé  -,  car  quand  on 
le  garde  trop  long-tems ,  il  reprend  fa 
première  qualité  maligne  ,  parce  que 
fon  fouphre  à  raifon  de  la  détonation 
qui  fe  fait  avec  le  nitre  ,  fe  fixe  en 
partie,  tandis  que  de  l’autre  il  s’éva¬ 
pore  :&  ce  qui  relie  de  fixe  dévient 
volatile ,  ou  par  la  longueur  du  terns, 
ou  parce  qu’il  eft  exposé  à  l’air  ;  &  par 
ainfi  de  diaphoretique  il  devient  émé¬ 
tique,  8c  ennerny  du  cœur. 

Il  faut  prendre  garde  qu’avec  la 
fluxion  d’une  humeur  fubtile  &  acre 
qui  prend  fa  route  lut  la  poitrine,  ou 
qui  excite  la  toux  ,  il  n’y  ait  quelque 
intempérie  ,  ou  obftruétion ,  ou  amas 
d’humeur  dans  le  bas  ventre:  Et  dans 
ce  cas  il  ne  faut  pas  fe  fervir  feule¬ 
ment  ,  &  Amplement  de  rafraichilfe- 


51  Part.I.  Dm  AUeratifs.  Seét.  I. 
fans,  d’incfaflans,  &  de  déterfifs,  mais 
auili  d’apéritifs  des  plus  bénins ,  & 
de  purgatifs  de  tems  en  tems ,  pre¬ 
nant  (on  indication  de  la  caufe  qui 
produit  ces  mauvaifes  humeurs  ,  qui 
entretiennent  la  fluxion  ,  lors  qu’à 
raifon  des  obftruékions  ,  elles  ne  fe 
peuvent  point  feparer  ,  ny  fe  vuider 
par  les  vdyes  ordinaires ,  mais  étant 
mêlées  avec  le  fang  >  elles  tombent 
fur  la  poitrine ,  ou  fur  quelqu’autrc 
partie. 

Quatrièmement  ,  on  fe  fert  des 
boiiillons  alteratifs  pour  incralfcr  le 
fang  qui  eft  trop  fubtil ,  lorfque  l’on 
crache  le  fang  ,  &  pour  reflerrer  les 
vaill’eaux  ,  &  pour  corriger  l’intem- 
perie  chaude  des  poumons  ,  comme 
aufli  dans  les  mois,  &  les  hémorrhoi- 
des  qui  fe  vuident  trop.  Par  exem¬ 
ple. 

Prenez  des  racines  de  bugle  ,  &  du 
grand  fymphytum  ,  une  demie  once 
de  chacune  :  des  feuilles  de  laitue,  de 
pourpier  ,  de  plantin  ,  de  pulmonai¬ 
re,  &  de  mille  feuille,  de  chacune  une 
demie  poignée,  de  rofes  rouges ,  une 
pincée.  Faites  bouillir  le  tout  ayee  un 


Chap.IIl.  T) es  Bo'ùill.  Æter. 
morceau  de  chair  de  veau  pour  un 
bouillon,  que  le  malade  prendra  pen¬ 
dant  douze  jours. 

On  peut  diffoudre  dans  chacun  de 
ces  bouillons  quelqu’un  de  ces  remè¬ 
des  chymiques  fuivans. 

Trois  drachmes  de  fucre  de  rofes 
mis  en  tabletcs,ou  demie  drachme  de 
magiftere  de  bol  dJ Arménie  ,  ou  de 
terre  figillée,  ou  de  corail  rouge  ,  ou 
de  cotne  de  Cerf ,  ou  dix  ou  quinze 
grains  de  fafran  de  Mars  aftringent. 

En  céte  rencontre  il  faut  prendre 
garde,  que  lorfquenous  voulons  apai- 
fer  le  fang ,  nous  n’augmentions  les 
obftruttions  (  fi  le  malade  en  a.  ) 
Alors  ,  comme  nous  avons  déjà  mar¬ 
qué,  il  faut  mêler  des  apéritifs  qui  ne 
foient  pas  forts  qui  foient  deter- 
fifs  ,  avec  les  alhingens  ,  &  qui  adou¬ 
cirent  l’acrimonie  du  fang  ,  afin  que 
par  les  alteratifs ,  &c  les  purgatifs  que 
l'on  y  ajoûrera  de  tems  en  rems  ,  ou 
ôte  ce  qui  caule  une  acrimonie  ,  & 
une  trop  grande  fubtilité  au  fang  qui 
fe  rencontre  dans  les  humeurs,&  dans 
les  parties. 

Les  bouillons  que  l'on  apelle  Rc- 
c  J 


J4  Part.I.  Des  Altetatlfs.  Seéh'î. 
ftaurans  ,  s'ordonnent  ou  pour  réra- 
blir  les  forcess  ou  pour  les  conferver; 
l’on  n’en  met  pas  icy  des  exemples, 
parce  que  pour  l’ordinaire  ils  fe  font 
par  ceux  qui  fervent  les  malades. 
C’eft  pourtant  du  devoiri  du  Médecin 
d'avertir  ces  perfonnes  que  ces  fortes 
de  bouillons,  ou  confumez  fe  doivent 
faire  d’un  chapon  qui  foit  bon  &c 
gras ,  ayant  été  vuidé  &  nettoyé  au¬ 
paravant  ,  coupé  en  morceaux  (  la 
peau  &  la  graifle  étant  ôtées)  que  l’on 
met  dans  un  pot  de  terre  verni (fé, 
bien  bouché  &  luté,  fans  y  métré  au¬ 
tre  chofe  qu’un  peu  d’eau  rofe ,  &  de 
naphe  :  enfuite  on  le  fait  bouillir 
dans  le  bain  marie  ,  jufques  à  tant 
qu’il  foit  tout  réduit  en  pâte.  L’on  en 
exprime  le  fuc ,  dont  on  ôte  la  graif- 
fc ,  que  l’on  doit  mettre  dans  un  pot 
d’argent  ou  de  verre,  &  le  métré  dans 
un  lieu  frais.  Sur  chaque  livre  de 
bouillon  ordinaire,  l’on  met  deux  ou 
trois  onces  de  ce  confumé  ou  reftau- 
rant  ,  ou  deux  cuillierées  dans  l*s 
boüillons  rafraichilfans  de  deux  jours 
l'un. 


Chap.  I  V.  Des  Emulfms.  5  j 


chapitre  IV. 

Des  Emulfions. 

L’Emulfion  eft  un  remede  liquide 
qui  fe  compofe  de  la  mocle  de 
certains  fruits  &  graines ,  qui  fe  doit 
battre  dans  un  mortier  de  pierre  ,  en 
y  ajoutant  quelque  liqueur  convena¬ 
ble  ,  qui  ait  la  confiftance  du  lait 
nouvellement  tiré. 

L’Emulfion  fe  compofe  de  fruits, 
qui  font  ou  les  amandes  ,  ou  les  pig¬ 
nons  ,  de  graines ,  comme  de  courge, 
de  citrouille ,  de  concombre  ,  &  de 
melon  ,  de  laitue  &  de  pavot  blanc, 
&  d’autres  félon  la  qualité  du  mal, 
de  l’humeur  qui  prédomine ,  &  l’in¬ 
tention  du  Médecin.  On  fe  fert  des 
eaux  diftillées,  ou  de  celle  d’orge,  ou 
-d’une  décodion  faite  de  fîmples  ra¬ 
fraîchi  (Tans. 

Les  Emullions  ont  plufieurs  ufa- 
ges. 

Premièrement  pour  éteindre  U 
foif,  &  abatre  la  trop  grande  chaleur 
'  C  4 


f  6  Part.  I.  Des  dltersttifs.  Seâr.T. 
fièvres  ,  &  de  toutes  les  maladies  des 
poumons ,  de  la  tête ,  &c.  Par  exem¬ 
ple. 

Prenez  une  douzaine  d’amandes 
douces,  lefquellcs  auparavant  on  au¬ 
ra  fait  infufer  dans  l’eau  rofe  ;  des 
graines  de  courge,  de  citrouille,  de 
concombre  &  de  melon  ,  de  chacune 
line  drachme  v  de  graine  de  laitue,  & 
de  pavot  blanc ,  de  chacune  un  feru- 
pnle  ,  battez-les  dans  un  mortier  de 
marbre  ,  ou  de  pierre  commune  en  y 
ajoûtant  de  petit  à  petit  de  l’eau  d’or¬ 
ge  ,  ou  de  pourpier ,  ou  de  pavot 
rouge ,  tout  autant  qu’il  en  faut  pour 
deux  pvifes  :  Il  faut  ajoûter  à  chacu¬ 
ne  demie  drachme  de  fel  de  prunelle, 
ou  de  fel  polychrefte  ,  une  once  de 
fyrop  violât ,  ou  demie  de  celuy  de 
nymphee  :  Vous  la  donnerez  le  ma¬ 
tin  &  le  foir. 

Notez  que  l’on  n’ordonne  pas  les 
Emulfions  pour  plufieursprifes,  prin¬ 
cipalement  en  Eté  ,  parce  qu’elles  ai¬ 
gri  (lent  ,  ou  elles  fe  corrompent, 
ou  elles  perdent  beaucoup  de  leur 
vertu  ,  &  pour  céte  raifon  on  ne  les 
ordonne  que  pour  une  prife,  ou  pour 


Chap.  T  V.  Des  Emulfiont.  57 
deux.  On  augmente  ou  diminue  la 
quantité  des  fruits  &  des  graines  fé¬ 
lon  les  dofes  que  l'on  veut ,  &  aufli 
la  quantité  de  la  liqueur  ,  quand  on 
veut  que  l’émulfion  foit  plus  claire  ou 
plus  épaifle  :  Ce  que  l'on  laifle  à  la 
prudence  de  l’Apoticaire  quand  on 
ufe  de  ces  termes  ,  une  quantité  fuffi- 
fanre. 

Secondement  ,  on  employé  les 
Emullîons  dans  les  maladies  chaudes , 
comme  la  plèvre  fie  ,  l'inflammation 
du  poumon  ,  la  toux  ,  dans  la  feche- 
relfc  des  poumons  ,  dans  la  fièvre  hé- 
tique ,  &c.  Par  exemple. 

Prenez  une  douzaine  d’amandes 
douces  préparées  ;  des  femences  de 
citrouille ,  de  courge,  de  concombre, 
&  de  melon,  une  drachme  &  demie  de 
chacune  ;  de  graine  de  laitue  &  de 
pavot  blanc  ,  de  chacune  une  demie 
drachme  ;  battez-les  dans  un  mortier 
de  pierre ,  en  y  ajoutant  petit  à  petit 
d'eau  de  pavot  rouge  autant  qu’il  en 
faut  pour  deux  prifes  :  ajoutant  à 
chacune  du  fyrop  de  violetes,  ou  de 
capillaire,  une  once,& demie  drachme 
de  fcl  de  prunelle. 

C  5 


5 8  Part.!.  Des  A Itératifs .  Sed.  I. 

Troifiémement  ,  on  fe  fert  clés 
Emulfions  pour  adoucir  l’acrimonie 
de  l’humeur  &  de  l’urine, dans  les  cha¬ 
leurs  des  reins ,  &  de  l’urine  ,  &  dans 
la  pilfechaude.  Par  exemple. 

Prenez  deux  onces  d’amandes  dou¬ 
ces  préparées  ,  &  qui  ayent  été  infu- 
fées  dans  l’eau  rofe  :  des  femences  de 
melon ,  de  concombre  ,  de  courge,  de 
citrouille  ,  de  pourpier  &  de  plantin, 
de  chacune  une  drachme  :  de  iemence 
de  guimauve  &  de  pavot  blanc  ,  de 
chacune  un  fcrupule  ;  battez-les  dans 
un  mortier  de  pierre, &  y  ajoutez  de  la 
décoétion  d’orge  ,  &  de  reglilîe  ,  au¬ 
tant  qu’il  en  faut  pour  deux  prifes , 
ajoutant  à  chacune ,  du  fyrop  violât , 
ou  de  nymphée  ,  une  once,  &  demie 
drachme  de  fel  de  prunelle. 

Quatrièmement ,  dans  les  fièvres 
malignes ,  dans  la  verole  ,  &  autres 
maladies  dans  lefquelles  il  faut  pro¬ 
curer  les  fucurs ,  abatre  la  chaleur, 
adoucir  l’acrimonie  de  l’humeut  ,  & 
maintenir  les  forces  ,  les  émulfions 
font  en  ufage.  Par  exemple. 

Prenez  une  once  d'amandes  douces 
nctoyées  de  leur  pelure ,  des  graines 


Chap.  I V.  Des  Ernulfions.  fp 
de  melon  ,  de  courge ,  de  navot,  &  de 
chardon  béni,  une  drachme  de  chacu- 
ne  :  battez  -  les  dans  au  mortier  de 
pierre ,  en  y  ajoutant  petit  à  petit  des 
eaux  de  fcabieufe  &:  de  pavot  rouge, 
autant  qu’il  en  faut  pour  deux  prifes , 
ajoutant  à  chacune  demie  once  de  fy- 
rop  de  limonsjdemiedrachmeje  fel  de 
prunelle ,  &  un  fcrupule  de  confec¬ 
tion  d’hyacinte.  Faites  des  émulfious 
pour  donner  le  matin  &  le  foir. 

Cinquièmement  dans  les  infom- 
nies,  &  les  grandes  veilles, pour  corri¬ 
ger  la  fechereife  des  efprits ,  &  pour 
Faire  repofer  ,  les  émulfions  s'ordon¬ 
nent  tres-fouvent.  Par  exemple. 

Prenez  fix  amandes  douces ,  auf- 
quelles  vous  aurez  ôté  te  pelure  ,  & 
fait  tremper  dans  l’eau  rofe  :  des  grai¬ 
nes  de  citrouilles ,  de  courge ,  de  me¬ 
lon  &  de  concombres  une  drachme 
de  chacune  ;  de  graine  de  laitue  &  de 
pavot  blanc, de  chacune  un  fcrupule; 
battez-les  dans  un  mortier,y  ajoutant 
petit  à  petit  une  once  de  pavot  rou¬ 
ge,  ou  de  nymphée  pour  une  prife, 
à  laquelle  vous  ajouterez  trois  drach¬ 
me  de  fyrop  de  pavot  blanc,  &  demie 


6o  Part.  I.  Des  Alteratifs.  ScCt.  I. 
once  de  fyrop  de  nymphée ,  &  demie 
drachme  de  fel  de  prunelle. 

Quand  les  malades  font  abaïus,  ou 
y  a joûte  un  fcrupnle  ou  demie  drach¬ 
me  de  confection  d'hyacinthe  pour 
diminuer  la  violence  des  narcotiques 
qui  font  contraires  an  cœur. 

On  peut  ajouter  dans  ces  émul¬ 
ions  demie  once  d'eau  rofe  ,  ou 
deux  onces  ,  fi  le  malade  a  un  flux 
de  ventre. 


CHAPITRE  Y. 

Du  Luit  ér  du  petit  Lait. 

NOus  traiterons  dans  ce  Chapitre 
des  différences  du  Lait ,  de  fou 
ufage  ,  de  la  façon  de  l’ordonner  ,  & 
des  précautions  qu’il  faut  garder  en  le 
prenant. 

Il  y  a  plnfieurs  différences  de  lair. 
Celny  de  femme  qui  eft  plus  tempe- 
ré  que  tous  les  antres ,  Sc  qui  pour  ce 
fnjet  a  plus  de  raport  à  la  nature  de 
l’homme. 

Celuy  de  chèvre  ,  qui  eft  d’une 


Chap.  V.  Du  Lait ,  &e.  (>  t 

eonfiftance  médiocre  ,  mais  plus  fec  , 
c’eft  à  dire  moins  humide  que  le  lait 
de  femme. 

Celuy  de  brebis  qui  eft  plus  épais, 
&  moins  fereux. 

Celuy  d’anefle ,  qui  a  beaucoup  de 
ferofité  ,  &  par  confequent  il  lâche 
davantage ,  ramollit ,  rafrichit ,  &  eft 
plus  déterfif ,  mais  il  nourrit  moins. 

Celuy  de  vache  qui  eft -épais  SC 
gras. 

Les  ufages  du  lait  font  première¬ 
ment  pour  nourrir  i  &  celuy  de  fem¬ 
me  tient  le  premier  rang  ,  apres  celuy 
de  chèvre  ,  enfuite  celuy  de  brebis  , 
apres  celuy  d’anefle  ,  &  en  dernier 
lieu  celuy  de  vache. 

Secondement  ,  pour  préparer  les 
humeurs  ;  &  félon  les  divçrfes  indi¬ 
cations  que  l’on  a  ,  l’on  choifit  l’un 
plutôt  que  l’autre. 

Dans  la  dyfenterie  ,  diarrhée,  dans 
le  flux  des  hémorrhoïdes ,  dans  les 
mois  qui  fluent  trop ,  &  dans  la  fub- 
tilitéd’un  fang  trop  chaud,  le  lait  de 
vache  eft  meilleur  que  les  autres  :  que 
ft  l’eftomac  trop  foiblc,  ne  le  peut  pa* 
fuporter  à  raifon  des  parties  groffierts 


6 1  Part.  I.  Des  A Itératifs .  SeéL  T. 
qui  le  compofcnt ,  il  faut  fe  fcrvir  de 
celuy  de  brebis,  ou  de  chèvre, ou  d’a- 
nelfe  ,  dans  lesquels  on  aura  jette 
quelques  cailloux  rougis. 

Troifiémement  pour  préparer  & 
corriger  les  humeurs  ,  &  en  meme 
tems  nourrir,  comme  dans  la  phthifie 
&  la  fièvre  hetique,  &  d’autres  fem- 
blables  maladies  qui  veulent  une 
nourriture  rafraichiliantc ,  deterfive, 
&  qui  augmente  les  forces,  le  lait 
d'anelTe  tient  le  premier  lieu,  enfuite 
celuy  de  femme  ,  5 c  après  celuy  de 
chèvre. 

Le  lait  fe  prend  de  diverfes  façons. 
Celuy  de  femme  par  exemple, fe  prend 
à  la  mammelle,  &  celuy  des  animaux 
tout  chaud  &  nouvellement  tiré  :  il 
faut  que  l’eftomac  foit  vuide  de  toute 
nourriture  &d’impuretez  ;  car  le  lait 
à  caufede  la  fubtilité  de  les  parties  fe 
corrompt  facilement  :  Il  faut  ferepo- 
fer  apres  l’avoir  pris  ,  &  ceux  qui 
a&uellement  ont  douleur  de  tête ,  ou 
qui  y  font  fujets  ,  &  relïcntent  une 
grande  chaleur  aux  entrailles, ne  doi¬ 
vent  pas  dormir  après  l'avoir  pris  ;  il 
ne  faut  prendre  aucune  nourriture 


Chap.V.  Du  Lait ,  &c.  (,$ 

qu’il  ne  foie  forti  de  l’eftomac.  Afin 
qu’il  ne  fe  corrompe  ,  ou  qu’il  n'ai¬ 
gri  (Te  ,  l’on  y  ajoute  du  miel  ou  du 
lucre.  Quelques-uns  veulent  qu'à  la 
place  du  fucre  ,  l'on  y  méte  un  peu 
de  fel. 

Le  lait  de  femme  ou  de  vache  fe 
donne  quelquefois  pour  toute  nourri¬ 
ture,  comme  dans  la  phthifie,  la  gout¬ 
te  ,  &  autres  maladies  dans  lefquelles 
il  y  a  lieu  de  craindre  que  le  lait  mêlé 
avec  les  autres  alimens  ne  fe  corrom¬ 
pe  ;  ou  que  les  malades  ont  l’eftomac 
fi  foible  qu’il  ne  peut  pas  cuire  d’au¬ 
tres  alimens  plus  folides  ;  ou  bien  à 
ceux  à  qui  il  le  faut  donner  plus  que 
d’une  fois  par  jour ,  &  alors  l’on  le 
donne  de  quatre  en  quatre  heures 
dans  la  quantité  que  l’eftomac  la  puif- 
fe  foufrir ,  &  au  dîner  &  au  fouper  le 
malade  prendra  un  pain  cuit. 

Le  lait  s'ordonne  de  céte  forte.  Par 
exemple. 

Le  malade  prendra  le  lait  d’anefle 
tout  nouvellement  tiré  ,  pendant  un 
mois  entier  ;  le  premier  jour  il  en 
prendra  quatre  onces  avec  demie  once 
de  fucre,  augmentant  tous  les  jours  U 


64  Part.l.  Des  ^Itératifs.  Se<fh  T. 
dofe  jufques  à  tant  qu’il  foit  arrive  à. 
dix  ou  douze  onces  avec  deux  onces 
de  fucre,  plus  ou  moins,  félon  l’âge  & 
la  force  de  l’cftomac ,  &  il  continue¬ 
ra  dans  céte  quantité  qu’il  prendra 
tous  les  jours  quatre  heures  devant 
que  prendre  quelqu’autre  nourriture , 
dans  ce  tems-là  il  ne  faut  pas  qu'il 
dorme, ny  qu’il  falle  quelque  exercice 
trop  violent  :  à  la  fin  il  diminuera 
petit  à  petit  la  quantité  du  lait ,  juf- 
ques  à  ce  qu’il  foit  arrivé  à  la  premiè¬ 
re  dofe  de  quatre  onces. 

Il  faut  choifir  un  animal  qui  fe 
porte  bien ,  qui  ne  foit  pas  trop  gras  , 
&  d’un  âge  médiocre. 

On  juge  de  la  bonté  du  lait  par  fa 
blancheur ,  qui  eft  d’une  confiftance 
médiocre  ,  &  qui  foit  doux. 

Il  faut  que  l'animal  foitnourry  d’or¬ 
ge  &  de  gramcn  ,  &  il  le  faut  mener 
paître  le  matin  &  le  foir  >  il  ne  le  faut 
pas  trop  fatiguer  de  peur  qu’il  ne  s’é- 
chaufe  ;  il  le  faut  étriller,  &  le  métré 
dans  une  étable  qui  foit  nette. 

Galien  dans  le  Commentaire  de  l‘A- 
phorifine  foixante-cjuatre  de  la  cincjuié- 
me  jeftion  ,  donne  plulicurs  réglés 


Chap.  V.  D«  Lait ,  &c.  6$ 

Sc  précautions  pour  connotrre  quand 
&  à  qui  l'ufage  du  lait  eft  propre  ou 
non.  Mais  fur  tout  il  faut  prendre 
garde  de  l'ordonner  quand  la  fièvre 
eft  trop  forte  ;  quand  il  y  a  des  ob- 
ftruftions  dans  les  vifceres ,  ou  qu’ils 
abondent  en  impurctez  ,  ou  qu'ils 
foient  trop  chauds.il  faut  auparavant 
que  de  prendre  le  lait  pourvoir  à  ces 
inconveniens  par  des  alteratifs  ,  des 
purgatifs ,  5c  par  le  bain.  De  plus  on 
prendra  garde  que  l'eftoraac  ne  foie 
trop  foible  ou  trop  froid  ;  car  comme 
le  lait  fc  brûle  dans  un  eftomac  trop 
chaud  i  de  même  il  s'aigrit  quand  il 
eft  froid. 

Notez  que  dans  la  dyfenterie  ,  & 
dans  le  flux  exceilif  des  mois ,  5c  au¬ 
tres  fcmblables  ,  fi  l’on  ordonne  le 
lait ,  il  faut  qu’il  foit  ferré  avec  l’a¬ 
cier  ,  principalement  celuy  d'anefle, 
&  moins  celuy  de  vache  ,  5c  y  ajouter 
quelque  peu  de  trochifqucs  qui  in- 
craflent  &  qui  arrétent.Prenant  garde 
aux  obftrudions  s’il  y  en  a.  Voicy 
comme  il  s'ordonne  dans  cére  oca- 
fion. 

Prenez  du  l'ait  d’anefle ,  ou  de  va- 


6(i  Part.  I.  Des  Altérât  ifs.  Seét.  I. 
che  qui  foit  ferré ,  &c.  Ajoûtez-y  des 
trochifques  de  terre  figillée ,  ou  de 
bol  d’ Arménie,  un  fcrupule,  ou  demie 
drachme  ,  que  le  malade  prendra  le 
matin  &  le  loir,  quatre  heures  devant 
&  après  le  répas. 

Il  y  a  trois  parties  à  confiderer  dans 
le  lait.  Le  petir-lait  qtif  eftdécerfif: 
le  beurre  qui  lâche  &  qui  ramollir , 
&  le  fromage  qui  arrête,  &  qui  caufe 
des  obftruÀions. 

Le  petit-lait  n’eft  pas  un  aliment, 
mais  un  remede  altcratif ,  &  qui  éva¬ 
cue  tant  foit  peu. 

Il  fe  fepare  en  deux  façons  des 
autres  parties  du  lait ,  ou  de  foy-mê- 
me  ,  ou  par  le  mélange  de  quelque 
chofe  qu’en  facilite  la  fcparation. 

Le  petit-lair  fe  fepare  de  foy-même 
du  fromage ,  fi  l’on  expofe  à  la  cha¬ 
leur  le  lait ,  qui  aura  été  tiré  dépuis 
quelques  jours. 

On  en  facilite  la  feparation  avec 
la  prefure  de  veau  ou  d’agneau  ,  ce 
que  fait  aufli,  &  en  moins  de  tems ,  le 
vinaigre,  ou  le  fuc  de  limon  ,  l’efprir 
de  vitriol,  ou  l’ozeille  boiiillie  dans 
le  lait. 


Chap.  V.  Du  Lait ,  &c.  6j 

Le  petit  -  lait  fe  fepare  en  céte 
façon.  Prenez  la  quantité  que  vous 
voudrez  de  lait ,  mettez  -  là  dans  un 
pot  de  terre  vcrnilTé  >  &  d'abord  qu’il 
commencera  à  bouillir ,  jettez-y  de¬ 
dans  un  peu  de  fort  vinaigre  ou  quel- 
qu’atitre  des  chofes  que  nous  avons 
marquées  :  il  n’en  faut  pas  métré  beau¬ 
coup  ;  de  peur  qu’il  n'aigriffe  trop  : 
lailfcz  le  bouillir  un  peu  ,  8c  l’ayant 
retiré  du  feu  &  laitTé  refroidir,  vous 
verrez  le  petit-lait  feparé  tres-clair , 
s’il  a  été  préparé  comme  il  faut.  Ou 
bien  fervez-vous  de  prefure  ,  &  s’il 
n’cft  pas  entièrement  feparé  ,  mettez 
ce  que  vous  aurez  tiré ,  dans  un  plat 
ou  dans  un  pot  de  terre ,  faites  le 
bouillir  avec  un  peu  de  fuc  de  limon , 
&  étant  rafroidy  vous  le  palferez. 

On  l'ordonne  dans  le  printems 
pendant  quinze  jours  ou  un  mois , 
ayant  auparavant  préparé  le  malade 
avec  des  alteratifs  &  des  purgatifs 
reiterez ,  autant  de  fois  que  l’on  le 
jugera  à  propos. 

La  dofe  du  petit-lait  eft  dépuis  huit 
onces ,  jufques  à  douze  ou  dix-huit, 
qu’il  faut  prendre  à  jeun  ,  y  ajoutant 


68  Pair.  I.  Des  Alteratïfs.  Seét.I. 
un  peu  de  fucre  rofat  à  proportion  de 
la  quantité  du  petit-lait ,  comme  nous 
avons  déjà  dît  en  parlant  du  Lait. 

Les  ufages  du  petit-lait  font  pre¬ 
mièrement  pour  rafraichir ,  aux  per- 
fonnes  qui  ne  font  pas  trop  extenuées, 
ou  qui  font  fujetes  aux  obftruétkms; 
car  le  petit-lait  fe  diftribuc  &  pénétré 
plutôt  que  le  lait  entier.  Il  eft  utile, 
auffi  à  ceux  qui  ont  une  grande  cha¬ 
leur  aux  entrailles. 

Secondement  ,on  l’ordonne  princi¬ 
palement  dans  la  mélancolie, la  lepre, 
la  gale,  pour  les  chaleurs  des  reins  & 
du  foye  :  Et  il  fera  encor  meilleur  Ci 
l’on  y  fait  infufet  pendant  quelques 
heures ,  ou  un  peu  bouillir  ,  ayant  été 
nouvellement  tiré  ,  des  herbes  rafraî¬ 
chi  liantes,  comme  la  fumeterre  ,  la 
cicorée  ,  ou  l’ozeille  ,  &  pour  les 
mélancoliques  ,  de  l’épithyme. 

Voicy  de  la  façon  qu’on  l’ordonne. 

Prenez  du  petit-lait  qui  ait  été  dé¬ 
puré  comme  il  faut,  la  quantité  que 
vous  fouhaiterez  ,  métez  -  y  infufer 
pendant  une  nuit,  ou  faites-y  bouillir 
tant  foit  peu  une  poignée  &  demie  de 
feuilles  de  cicorée  ;  palï’ez-le  le  matin. 


Chap.  V.  Du  La.it ,  &£•  69 

te  fur  fix  ou  douze  onces,  ajoûtez-y 
une  once  de  fucre  rofat  :  donnez-les 
le  matin  au  malade  quatre  heures  au¬ 
paravant  que  rien  prendre  ,  pendant 
un  mois  entier  ,  augmentant  la  dofe 
tous  les  jours  jufques  à  ce  qu’il  Toit 
Parvenu  à  dix- huit  onces  de  petit- 
lait  ,  &  deux  onces  de  fucre  ,  &  à  la 
fin  diminuant  jufques  à  tant  que  l’on 
foit  arrivé  à  la  première  dofe. 

Le  petit-lait  pour  les  mélancoli¬ 
ques  s’ordonne  en  céte  forte. 

Prenez  la  quantité  que  vous  voudrez 
de  petit-lait ,  faites-y  infufer  pendant 
la  nuit,  ou  bien  d’abord  qu’il  efl:  fait, 
faites-y  bouillir  tant  foit  peu,une  poi¬ 
gnée  de  feuilles  de  fumeterre ,  te  une 
pincée  d’épithy me  ;  pa(Tez-là,&  fur  fix 
ou  douze  onces  ajoûtez  -  y  de  fucre 
rofat ,  te  de  fuc  de  pommes  renettes, 
de  chacun  une  once  ,  ou  une  once  te 
demie  :  pour  prendre  le  matin,fuivant 
les  réglés  que  nous  avons  données. 

Pendant  le  rems  de  l’ufage  du  lait  ou 
du  petit-lait ,  il  faut  rendre  purgative 
la  fixiéme  ou  huitième  prile,  de  peur 
que  le  lait  ne  fe  corrompe  par  les  impu¬ 
tez  ou  les  excrcmens  qui  s’engen- 


7 o  Part.  I.  Des  Alteraùfs.  Seâr.T. 
cirent  des  aliments ,  &  même  du  lait. 
Ce  qui  le  fera  en  ajoutant  à  ladofe  du 
lait  ou  du  petit-lait  deux  onces  d’un 
fyrop  magiftral  purgatif,  qui  foit 

Ïiropre  à  la  maladie ,  ou  faifant  boüil- 
ir  dans  le  petit-lait  trois  drachmes 
de  féné  avec  de  l’anis ,  ou  bien  pour 
ceux  qui  ont  befoin  d'une  plus  forte 
purgation  ,  diffoudre  dans  céte  tein¬ 
ture  de  fend ,  une  once ,  ou  une  once 
8c  demie  de  manne. 

Il  faut  permétre  le  fommeil  d’abort 
après  avoir  pris  le  lait ,  à  ceux  qui 
ont  l'eftomac  froid  ;  &  le  défendre  à 
ceux  qui  l’ont  chaud  :  &  meme  pen  - 
dant  l’ufagc  du  lait  ou  du  petit-lait , 
le  bain  ou  le  demi-bain  eft  bon  à  ceux 
qui  font  maigres ,  &c  qui  fentent  une 
grande  chaleur  au  bas  ventre,  prenant 
la  dofe  du  lait  à  l’entrée  du  bain  ,  ou 
un  quart  d'heure  apres. 


Chap.  V I.  Des  Orges.  7T 


CHAPITRE  VI. 

Des  Orges. 

LEs  Anciens  apelloient  Tifane ,  ce 
q*ie  nous  nommons  aujourd'huy, 
un  orge.  Ils  le  faifoient  avec  de  l'orge 
ïnondé ,  qu’ils  lailfoient  boiiillir  juf- 
ques  à  tant  qu’il  fut  entièrement  cuit, 
dont  ils  en  tiroient  céte  forte  de  crème 
qu’ils  donnoient  à  leurs  febricitans 
pour  toute  nourriture.  Mais  les  Mé¬ 
decins  de  ce  tcms  ont  changé  le  nom, 
&  ils  nomment  un  orge ,  ce  que  les 
Anciens  apelloient  Tifane. 

Il  y  a  deux  fortes  d’orge.  Premiè¬ 
rement  l’entier ,  qui  rafraichit  &  qui 
delfeche  au  premier  degré ,  &  à  railon 
de  fon  écorce ,  il  eft  déterfif ,  félon 
le  fentiment  de  Galien  au  feptïime 
livre  des  J impies  medicamens.  Seconde¬ 
ment  ,  il  y  a  l’orge  auquel  on  a  ôté 
l’écorce ,  &  c’eft  cét  orge  que  l’on 
apelle  orge  mondé ,  qui  rafraichit  & 
qui  hume&e,  &  qui  donne  une  bonne 
nourriture  dans  toutes  les  maladies 


71  Part.  I.  Des  Alteratifs.  Se<ft.I. 
aiguës ,  dans  les  fièvres  hétiques  ,  & 
dans  celles  où  il  facilite  à  cracher  en 
adoucitfant  la  toux  8c  dégageant  la 
poitrine. 

L’ufage  des  orges  eft  premièrement 
pour  adoucir  l'acrimonie  des  humeurs 
dans  ceux  qui  font  maigres  8c  exté¬ 
nuez.  Par  exemple. 

Prenez  deux  onces  d’orge  mondé , 
faites-lcs  boiiiilir  dans  l'eau  de  fon¬ 
taine  ,  vous  jéterez  la  première  eau , 
8c  vous  en  ajouterez  d’autre ,  vous  le 
ferez  cuire  à  petit  feu,  jufques  à  tant 
qu’il  éclate,  paflez-le  par  un  couloir, 
&  fur  huit  onces  de  liqueur  ,  vous 
ajouterez  deux  onces  de  fucre.  Vous 
le  donnerez  le  matin  à  jeun  ,  &  le 
foir  quand  le  malade  fe  couchera. 
L’on  y  peut  ajoûter  une  once  d’eau 
rofe ,  ou  de  fuc  de  pommes  renettes. 

Secondement ,  l’orge  eft  bon  pour 
nourrir  8c  hume&cr  les  tabides  & 
hétiques ,  aux  phthifiques ,  &  à  ceux 
qui  ont  un  empyeme ,  pour  faciliter  à 
cracher.  Par  exemple. 

Prenez  ’  de  l’orge  mondé  &  bien 
lavé  ,  fix  onces ,  plus  ou  moins  félon 
que  la  neceffité  le  requerra.  Faites-le 
cuire 


Chap.  VI.  Det  Orges. 
cuire  dans  d’eau  de  fontaine  à  petit 
feu  ,  jufques  à  tant  qu'ii  éclate  entie- 
ment ,  feparez-en  l’eau  par  le  couloir, 
&  tirez  la  pulpe  de  l’orge  par  un  ta¬ 
mis  ,  que  vous  garderez  dans  un  pot 
de  terre  vernille  bien  bouché  ,  dans 
un  lieu  froid,  &  qui  ne  foit  pas  beau¬ 
coup  humide  ,  parce  qu'il  tomberoic 
d'abord  tout  en  eau.  Et  vous  diflou- 
drez  deux  ou  trois  cuillierées  de  cét 
.  orge  dans  un  boiiillon  ,  que  vous  fe¬ 
rez  cuire  pendant  demie  heure.comme 
d’une  panade  claire ,  en  y  ajoutant  de¬ 
mie  once  de  fucre  rofat.  Vous  le  don¬ 
nerez  deux  ou  trois  fois  le  jour. 

Il  n’en  faut  pas  préparer  une  gran¬ 
de  quantité  à  la  fois ,  principalement 
en  été  ,  de  peur  qu’il  ne  s’aigri  ire  ;  ou¬ 
tre  que  nouvellement  fait  il  humeéte 
&  nourrit  davantage. 

Pour  la  même  fin  oit  préparé  un 
orge  leger  en  façon  de  boiiillon  j  par- 
exemple. 

Prenez  de  l'orge  mondé,  ou  entier, 
que  vous  aurez  bien  lavé, deux  onces, 
faites- le  cuire  avec  un  morceau  de  co- 
lct  de  veau ,  ou  un  petit  poulet,  vous 
..  le  prendrez  après  l’avoir  palfécommc 
D 


74  Part.  I.  Des  Altérât  Ifs.  'Se&.  I. 
line  panade  claire ,  en  y  ajoutant  du 
l  ucre  ,  li  l’on  veut. 

Notez  premièrement ,  que  l’orge 
entier  eft  meilleur  quand  on  a  de  lie  in 
de  déterger,  que  lors  qu’il  faut  incrafc 
fer  les  humeurs ,  &c  qu’il  y  a  crainte 
de  quelques  obftru  étions. 

Secondement ,  il  faut  prendre  gar¬ 
de  s’il  n'y  a  point  d’obftruétion  dans 
le  bas  ventre,  ou  quelque  amas  d'hu¬ 
meur  dans  le  mefentere  j  dans  céte 
rencontre  l’ufage  des  orges  nuiroit , 
en  augmentant  les  obftruétions  ;  alors 
fi  la  maigreur,  la  toux,  &  d'autres'in- 
dications  obligent  d'ufer  des  orges  , 
il  les  faudra  préparer  en  céte  façon. 

Prenez  demie  poignée  d'orge  entier, 
des  racines  de  gramen  &  de  brufe,  de 
chacune  une  once  &  demie  :  faites- 
les  cuire  avec  un  morceau  de  colct  de 
mouton  ,  ou  un  petit  poulet ,  &Jors 
que  le  bouillon  fera  prefque  fait, vous 
y  ajouterez  de  la  cicorée  avec  les 
fciiilles  &  les  racines ,  des  feuilles  de 
pimpinelle,  d’agrimoine ,  &  de  poly- 
tric,  demie  poignée  de  chacune.  Vous 
donnerez  ce  boüillon  le  matin. 

,  Trofiémement  ,  on  ordonne  les 


Chap.  VII .  De  1‘ Hydromel.  75 
orges  pour  adoucir  la  ioux  dans  lu 
rhume,  &  autres  indifpofitions  chau¬ 
des  ,  comme  auiTi  pour  ceux  qui  re¬ 
viennent  de  quelque  maladie ,  pour 
faire  dormir. 

Prenez  une  poignée  d’orge  entier , 
faites  le  cuire  dans  trois  livres  d’eau 
de  fontaine  ,  jufques  à  la  redu&ion 
d’une  livre  }  paffez-lc  fans  le  prcfler. 
Faites  un  peu  boüillir  dans  céte  eau 
deux  onces  de  fucre  ,  métez-là  dans 
un  phldle  ,  idus  en  dônnerez  fix  ou 
huit  onces  ;  ajoutant  à  chaque  dofe 
demie  once  d'eau  rofe  ,  trois  fois  le 
jour  ,  le  matin ,  à  quatre  heures  après 
midy  ,  &  en  fe  couchant. 


CHAPITRE  VII. 

De  l'Hydromel. 

NOus  apellons  hydromel  ce  que 
les  Anciens  nommoienc  meli- 
crat  ,  ou  mulfa. 

U  y  a  deux  fortes  d’hydromel ,  le 
fimple  &  le  compofé. 

D’hydromel  fimple ,  il  y  en  a  aulS 
D  1 


7  6  Part.  I.  Des  Altérât  ifs.  Se<5t.  I. 
de  deux  fortes  -,  l'un  aqueux  &  plus 
foible  ,  que  Mefuc  préparé  d’une  par¬ 
tie  de  miel  &  de  huit  d’eau.  Aujour- 
d'huy  il  fe  compofe  de  dix  ou  douze 
parties  d’eau ,  &  d’une  de  miel.  L’au¬ 
tre  forte  d’hydromel  fimple  fe  nomme 
vineux  ,  qui  eft  plus  fort  que  le  pre¬ 
cedent  ,  qui  femble  avoir  le  goût  Sc 
la  couleur  du  vin. 

Dans  ces  pays  chauds  comme  le 
Languedoc  ,  nous  nous  fervons  de 
l’hydromel  aqueux  en  la  place  de 
tifane  ,  dans  les  maladies  froides  de 
la  tête ,  des  nerfs  ,  &  dans  la  toux  des 
vieillards ,  ou  quand  il  y  a  quelque 
abfcez  qui  s’eft  ouvert  dans  le  bas 
ventre ,  ou  dans  quelque  autre  partie, 
quand  il  y  a  indication  de  déterger , 
de  fortifier ,  &  d’éviter  la  pourriture. 
Par  exemple. 

Prenez  demie  livre  de  bon  miel ,  ' 
d’eau  de  fontaine  ,cinq  livres ,  faites-  ’ 
les  bouillir ,  &  en  ôtez  l’écume ,  Sc 
lors  qu’il  n’écumera  plus ,  paflêz-le , 
&  le  métez  dans  une  phiole  de  verre, 
pour  la  boill'on  ordinaire. 


F  : 

Chap.  V 1 1 1.  De  la  Tifane.  7j 


CHAPITRE  VIII. 

De  la  Tifane. 

LA  Tifane  des  Anciens  étoit  unei 
forte  de  nourriture  qu’ils  fai- 
foient  d’orge  cuit  ;  mais  à  prefent  ce 
n’eft  qu’une  efpece  de  boiïlbn  doot 
on  fe  lert  dans  les  maladies. 

La  tifane  fe  compofe  de  diverfes 
cliofes  félon  le  dell'ein  du  Médecin  ; 
pour  l’ordinaire  on  ne  l’ordonne  pas 
chez  les  Apoticaires  ,  mais  on  la  fait 
faire  à  ceux  qui  fervent  les  malades. 

Les  ufages  de  la  tifane  font  pre¬ 
mièrement  pour  rafraîchir  ,  &  pour 
humeder  dans  les  fièvres  caufécs  de 
la  bile  ,  dans  les  temperamens  fan- 
,  guins  ,  8c  pour  ceux  qui  toullin:  or¬ 
dinairement.  Par  exemple. 

Prenez  demie  poignée  d’orge  entier, 
fix  livres  d’eau  de  fontaine  ,  après 
avoir  un  peu  boüilly  ,  jetez  la  pre¬ 
mière  eau  ,  &  en  ajoutez  d’antre,  fai- 
tes-là  bouillir  jufques  à  laconfomp- 
tion  de  la  troifiéme  partie  ;  pour  s’en 
D  3 


78  Part.  I.  Des  Alteratîfs-,  Se&;  I. 
iervir  pour  fon  boire  ordinaire. 

'  Ou  bien  il  pourra  fe  fcrvir  de  cote 
compofition  qui  fe  fait  de  douze  par¬ 
ties  d'eau  “g c  deux  de  fucre  >  en  forte 
que  s'il  y  a  douze  onces  d'eau,  il  faut 
métré  deux  onces  de  fucre  ,  plus  ou 
moins  félon  le  goût  du  malade,  &  la 
ueceflité  de  la  maladie  ,  &  les  verfer 
fouvent  de  vaiffeau  à  autre.  Cétc 
boiiïon  eft  tres-bonne  dans  les  fièvres 
ardentes  ,  tierces,  fynoques  ,  dans  le 
débord  de  bile*par  defiiis  &  par  def. 
fous ,  &  autres  maladies  acompagnées 
&  caufées  par  une  grande  pourriture  : 
que  fi  la  chaleur  prdfe  trop  ,  on  y 
peut  ajouter  du  fuc  de  limons  fraiche- 
tnent  tiré ,  ce  qu'il  en  faut  pour  don¬ 
ner  une  agréable  aigreur,&  ainfi  vous 
ferez  une  boiifon  que  l’on  nomme 
vulgairement  limonade  :  Céte  tifane 
arrête  le  mouvement  de  la  bile,  &c 
tempéré  la  chaleur. 

Secondement  on  compofe  une  ti¬ 
fane  rafraichiUante  Sc  aperitive  dans 
les  maladies  chaudes ,  où  il  y  a  des 
obftruélions.  Par  exemple. 

Prenez  demie  poignée  d’orge  entier, 
faites-le  un  peu  bouillir,  &  jétez  cétc 


F 

Clup.  VIII.  De  U  Tifane.  j<y 
première  eau  ;  ajoûtez-y  enfuite  une 
once  &  demie  de  racines  de  g  ramer» 
que  vous  aurez  concall’tvs,  8c  huit  li¬ 
vres  d’eau  de  fontaine  ;  faites  bouillir 
le  tout  jufques  à  la  réduction.  de  la 
-troifiéme  partie,  &  l’ayant  palfée  on 
s’en  fervira  pour  boitTon. 

On  peut  ajouter  à  ch  ique  verre  de 
cétc  tifane ,  quand  la  chaleur  8c  la 
foif  preflent  trop,  demie  drachme,  ou 
Une  drachme  de  fel  de  pruncllc,quatre 
ou  cinq  gouttes  d’efpric  de  foufre  ;  8c 
peur  rafraîchir  encor  davantage,  on  y 
peut  encore  ajouter  du  fyrop  de  li¬ 
mons  ,  on  de  capillaire  ,  ou  de  viole- 
tes  ;  fur  rôtit  quand  les  poûmons  font 
echaufcs  ,  &  qu’il  y  a  la  toux  ;  dans 
ce  cas  if  ne  faut  pas  y  metreic  fel  de 
prunelle ,  ny  les  autres  cfprits  acides , 
qui  nuifent  beaucoup  dans  les  mala¬ 
dies  chaudes  des  poûmons  . 

La  tifane  fuivante  eft  tres-Ebnne 
dans  les  fièvres  aigues  &  malignes ,  8c 
pour  les  enfans  qui  ont  la  fiévrecaufée 
par  la  Vermine. 

Prenez  deux  pincées  d’orge  entier, 
de  racine  d’ozeille  &  de  gramen  line 
once  de  chacune  ;  d’eau  dé  fontaine 
D  4 


8o  Part.  I.  Des  ^Itératifs.  Scdl.  I. 
huit  livres.  Faites-les  boüillir,  l'ayant 
paflée,  métez-la  dans  une  phiole  de 
verre  ,  dans  laquelle  vous  jéterez 
quelques  tranches  de  limon  qui  foit 
aigrelet. 

En  été  &  en  automne ,  dans  tontes 
les  maladies  chaudes,  &  même  truand 
il  y  auroit  un  flux  de  ventre  bilieux, 
on  rafraîchit  tres-à  propos  la  tifane 
avec  la  nége  ou  la  glace.  Il  faut  pour¬ 
tant  prendre  garde  qu'il  n’y  ait  point 
d’obftruélions  ,  ou  quelque  engage¬ 
ment  confiderable  ,  ny  quelque  in¬ 
flammation  interne  du  foye,  de  la 
rate  ,  du  mefentere  ,  de  la  plevre , 
des  poumons ,  ou  de  mattice  ;  alors 
hpire  à  la  glace,  eft  un  poifon  mor¬ 
tel  ,  parce  qu’il  fige  &  épaiffit  encore 
davanage  la  matière  qui  caufe  l’in¬ 
flammation  ,  &  la  rend  incapable 
d’aucune  refolntion  ,  d'où  s'enfuit 
infailliblement  la  mortification  de  la 
partie. 

Tifane  pour  la  fièvre  quarte  ,  Sc 
autres  maladies  caufées  par  la  mélan¬ 
colie. 

Prenez  une  once  de  racine  de  brufe, 
demie  poignée  de  ceterac  :  le  tout 


P  • 

Chap.  VIII  .Delà  Tîfane 8  r 
étant  boüilly  dans  fix  livres  d’eau, 
fervez-vous  de  céte  décoéfion  palfée 
pour  le  boire  ordinaire,  feule  ou  avec 
du  vin  délicat ,  pourveu  que  la  fièvre 
ne  l’empéche. 

Pour  les  maladies  chaudes  de  la 
..poitrine  l’on  fait  une  tifane  avec 
l'orgç  entier ,  la  reglilïc  ,  les  raifins 
netoyez  de  leurs  pépins  ,  les  jujubes» 
&  quelques  tranches  de  pommes  re- 
netes. 

Troifiémement  on  ordonne  des 
tifanes  pour  defecher  dans  les  mala¬ 
dies  froides  &  humides  du  cerveau  , 
des  nerfs ,  &  femblables  ;  comme  par 
exemple. 

Prenez  une  once  de  racine  de  fqui- 
ne  coupée  en  petites  tranches  ,  ou 
autant  de  *farfepareille  coupée  tres- 
menu  ;  fix  livres  d’eau  de  fontaine  :* 
faites-la  infufer  fur  des  cendres  chau¬ 
des  pendant  douze  heures  ,  &  après 
faites-la  bouillir  jufques  à.  la  réduc¬ 
tion  de  la  troifiéme  partie  ,  ajoutant* 
fur  la  fin  demie  drachme  de  canele 
.  ou  de  coriandre ,  mis  dans  un  noiiet  ; 
l’ayant  palfée  ,  on  s'en  fervira  pour  la 
boillbn  ordinaire. 

D  5 


8 1  Part.  T.  Des  Alteratlfs.  Sert.  F. 

Quatrièmement  les  tifanes  ,  s'or¬ 
donnent  dans  les  flux  de  ventre ,  ou 
la  dyfentcric  caufée  par  quelque  hu¬ 
meur  chaude,  pour  arrêter. Par  exem¬ 
ple. 

Prenez  de  la  raclure  d’ÿvoire  &  de 
corne  de  cerf  ,  de  chacune  demie 
drachme,  fix  livres  d’eau  de  fontaine, 
faites- en  une  décoétion.  Ou  bien 

Prenez  une  once  de  rôles  rouges 
feches  trois  livres  d’eau  tiede ,  une 
drachme  d’efprit  de  vitriol  :  faites  les 
infufer  fur  les  cendres  chaudes  pen¬ 
dant  iix  heures.  Et  l’ayant  palfé  l’on 
y  peut  ajouter  quatre  onces  de  fiicre» 
Ce'te  forte  de  tifane  s’apelle  com¬ 
munément  ,  là  teinture  de  rofes. 

On  peut  diflbudre  dans  chaque 
prife  de  céte  tifane,  du  fyr®p  de  coins, 
ou  de  grenades, ou  un  peu  de  conlerve 
de  Gcnes  ,  ou  de  Julcp  Alexandrin  , 
qui  Ce  fait  ainfi. 

Prenez  dix  onces  d’eatr  rofe  ,  Sc 
deux  onces  de  fucre  blanc.  Faites  les 
an  peu  bouillir  ,  pour  s’en/ervir  à  la 
cuilliere  on  avec  de  l’eau,  pour  la 
boillon  ordinaire.  Ou  bien 

Prenez  d'eau  rofe ,  du  fuc  de  coins 


Chap.  V 1 1  ï.  Vêla  Tifane.  8$ 
8c  de  grenades  de  chacune  quatre  on¬ 
ces,  trois  onces  de  fucre  blanc,  faitcs- 
les  un  peu  boiiillir  ,  pour  s’en  fervir 
à  même  fin. 

Quand  il  n’y  a  point  de  fic'vre,ny 
aucune  pourriture ,  ny  flux  de  ventre, 
pour  adoucir  la  toux  ,  arrêter  l’envie 
de  vomir  ,  &c  remperer  l’ardeur  de 
la  bile  ,  la  tifane  fuivantc  eft  tres- 
bonne. 

Prenez  d’eau  rofes  ,  du  fuc  de  gre¬ 
nades  &  de  limons  fraîchement  ex¬ 
primé  ,  quatre  onces  de  chacun  ,  trois 
onces  de  fuerc  blanc ,  faites-les  un 
peu  bouillir  ,  &  vous  en  fervez  com¬ 
me  nous  avons  déjà  marqué. 

Toutes  ces  fortes  de  tifanes  font 
propres  dans  le  flux  exceflif  des  hé- 
morrhbides  &  des  mois  ,  dans  le 
crachement  de  fang  &  femblablesin- 
difpofirions.  La  fui  van  te  décoétion 
eft  aufli  profitable  pour  les  mêmes 
maladies. 

Prenez  une  once  &  demie  de  racine 
de  la  grande  conlolide,  &  trois  livres 
d’eau  de  fontaine.  Faites-les  bouillit* 
&  l’ayant  paflee,  fervez  vous-cn  pour 
la  boilTon  ordinaire.  Ou  bien  , 


84  Part.  I.  Des  ALtratifs.  Scd.  T. 

Prenez  une  drachme  de  raclure 
d'yvoire  ,  &  trois  livres  d'eau  de  fon¬ 
taine,  faites -les  bouillir  un  peu  de 
tems ,  &  l'ayant  paflee  fervez  vous- 
en  ou  feule,  ou  y  ajoûtant  du  fuc.  de 
limons  ,  ou  de  grenades ,  ou  du  Julep 
Alexandrin. 

On  peut  aufïï  pour  le  meme  fnjet 
faire  une  tifane  de  la  feule  infufion: 
de  millefeuilles  &  de  pimpinelle,  erv 
été  à  froid  ,  en  hy  ver  fur  les  cendres 
chaudes ,  pendant  quatre  heures. 

Cinquièmement  ,  on  fait  des  ti- 
fanes  pour  rafraîchir ,  ouvrir  les  con¬ 
duits  fermez  par  des  obftru&ions , 
&  nourrir  tant  foif  peu  ,  lors  qu'il  effc 
neceffaire  d'adoucir  l’acrimonie  des 
humeurs  ,  ôter  les  obftru&ions ,  8c 
empêcher  une  trop  grande  maigreur, 
comme  dans  les  fièvres  bilienfes  ,  & 
lentes ,  dans  une  grande  fecherelTe  8c 
extenuement  dé  tout  le  corps,  &  pouu 
ceux  qui  abhorrent  les  bouillons*  Par 
exemple. 

Prenez  une  poignée  d'orge  entier, 
de  ux  onces  de  racine  de  gramen  ;  fai- 
tes-les  bouillir  avec  un  petit  poulet 
dans  fix  livres  d’eau  de  fontaine,  juf- 


Chap.  ï.  Des  Altérât.  Cephal. 
ques  à  la  réduction  de  la  moitié  :  1er 
malade  en  prendra  un  verre  deux  ou 
trois  fois  le  jour  &  autant  la  nuit. 

«jji  *1?  'Ü?  ;  $  <$? 

SECTION  IL 

Des  Alteratifs  Jpecifiques. 

ïjSSj?  Ans  la  curation  des  maladies 
glgffig  on  n' employé  pas  inditferem- 
ment  toute  forte  de  remedes ,  mais 
on  choifrt  ceux  qui  font  propres  & 
fpecifiques  pour  la  partie  qui  foufre: 
comme  dans  les  maladies  du  cerveau 
on  fe  fert  des  céphaliques ,  &  ainfi 
des  autres. 

Les  alteratifs  fpecifiques  donc  ne 
font  pas  feulement  ceux  qui  prépa¬ 
rent  les  humeurs ,  mais  qui  pat  une 
certaine  propriété  de  fubftance ,  for¬ 
tifient  les  parties ,  en  les  conrervanr, 
ou  rétabliflanr  dans  leur  premier 
tempérament ,  lors  qu'ils  corrigent 
leur  intempérie. 

Il  faut  obferver  ,  que  comme  il  n’y 
a  point  de  maladie  où  il  n'y  ait  cornr 


86  Part.  I.  Des  A Itératifs .  Seéfc.II. 
plication  ,  auiïi  c’eft  rarement  qu’il 
n’y  ait  qu’une  feule  partie  qui  foutre  : 
Et  pour  ccte  raifon  ,  dans  toutes  les 
maladies  ,  il  faut  joindre  les  indica¬ 
tions  ,  ayant  toujours  plus  d’cgard 
à  la  maladie  qui  prclTc  davantage,  ou 
à  la  partie  qui  foufre  le  plus. 


CHAPITRE  I. 

Des  Altérât  if  s  céphaliques. 

LE  cerveau  à  caufe  de  fon  propre 
tempérament  froid  &c  humide  ,iâ 
figure  &  fa  fituation  ,  cil  fouvent  at¬ 
teint  de  maladies  froides  &  humides  -, 
&  quelquefois  auflî  il  foufre  des  in- 
difpofitions  chaudes  &  feches  à  rai-- 
fon  d’un  fang  ,  ou  d’une  bile  échau- 
fée  ;  Si  d’autrefois  auiïi  il  relient  des 
maladies ,  qui  participent  des  unes  & 
des  autres,  &  où  il  y  a  mélange  d’hu¬ 
meur,  comme  la  letargieda  typhoma- 
nie  ,  Si  le  Coma  veillant ,  qui  eft  une 
maladie  dans  laquelle  les  malades  ont 
toujours  les  yeux  fermez ,  en  forte 
qu’ils  feinblent  dormir ,  bien  que  ve- 


Chap.  I.  Des  Mterat.  Cep  h  al.  %j 
ricablemcnc  ils  délirent  8c  veillent,  8c 
que  fi  on  les  touche  tant  Toit  peu,  ils 
ouvrent  d'abord  les  yeux  ,  en  jetant 
des  regards  affreux  ,  8c  ils  retombent 
dans  leur  premier  fommeil,  qui  efi:  in¬ 
terrompu  &  troublé  de  plufieurs  ima¬ 
ges,  &  vifions  qui  les  oblige  à  veiller. 

Pour  ce  fujet  les  remedes  cephali- 

3ues  ou  ils  échaufent  &  dedechent 
ans  les  maladies  froides  &  humides  t 
6u  ils  rafraichidfent  &  incrafTent  dans 
les  chaudes  &  feches  >  ou  Ils  font  mê¬ 
lez  des  uns  &  des  autres. 

Voicy  un  apozéme  pour  l'apople¬ 
xie  ,  épileplic,  paraly  fie,tremblcmcnr, 
douleur  &  intempérie  froide. 

Prenez  des  racines  d’année  ,  de 
valériane  ,  de  pcoine  mâle  ,  qui  aura 
été  arrachée  au  déclin  de  la  lune  ,  une 
onet  de  chacune  :  du  poîypode  8c  du 
guy  de  chêne,  demie  once  de  chacun 
des  feuilles  de  betoine  ,  de  chamepi- 
te  ,  de  primevère  ,  de  melifle ,  de  ci- 
corée  avec  la  racine ,  8c  d'agrirooine  » 
une  poignée  de  chacune  :  de  la  graine 
de  peoine  male ,  de  fefely  de  Marfeil-. 
le,  8c  de  coriandre,  deux  drachmes  de 
chacun  :  des  fleurs  de  romarin  ,  dû 


88  P  «art.  î.  Des  Alteratlfs.  Seéfc.  II. 
tillot  i  &  de  muguet ,  une  pincée  de' 
chacune.  Faites  bouillir  le  tout  juf- 
ques  à  la  rédudion  d’une  livre  &  de¬ 
mie, qui  eft  dix-huit  oncesrpour  quatre 
prifcs,  qu’on  pafTera  Couvent,  ajourant 
à  chacune  demie  once  de  fy  rop  de  fte- 
chade  ,  ou  d’oximel  fimple ,  qu’on 
donnera  le  matin  trois  heures  avant 
que  le  malade  prenne  un  bouillon. 

On  peut  métré  à  chaque  dofe  de 
cét  Apozéme  quelqu’un  des  .remedes* 
chymiques  fuivans  ,  ou  les  donner 
avec  quelqu’ autre  liqueur. 

De  l'eflenee  de  melifie,  ou  d’Ange- 
lique ,  ou  de  zedoaire  ,  jufques  à  dix 
goûtes  ,  ou  un  fcrupule  de  leur  ex¬ 
trait  :  ou  un  fcrupule  de  fel  d’ Angéli¬ 
que  ou  de  melifTe  ;  on  deux  grains 
d’extrait  d’ambre  gris  ;  ou  de  l'efprit 
anripopleétiquede  Schroder  ,  défais 
fix  goûtes  jufqu’à  dix. 

Notez  que  dans  cét  apozéme  que 
nous  venons  de  décrire,  il  y  faut  tou¬ 
jours  ajouter  quelque  rafraichiirant, 
&  ceux  particulièrement  qui  fonr 
propres  pour  le  foye  &  pour  la  ra¬ 
te  ,  afin  que  lors  qu’on  échaufe  le 
cerveau  ,  on  n’auguaente  pas  la  cha- 


Chap.  I.  Des  Altérât.  Ctphal.  89 
leur  du  fahg  &  de  vifceres. 

Comme  par  exemple  dans  le  délire, 
dans  la  manie,  dans  une  intempérie 
chaude  &  feche  des  efprirs ,  on  peut 
ordonner  la  décodion  -fuivante. 

Prenez  demie  once  d’orge  mondé  : 
des  racines  d’ozeille  ,  de  buglofe ,  & 
de  cicorée  ,  une  once  de  chacune  } 
des  feuilles  des  deux  efpeces  de  bu¬ 
glofe  ,  de  laitue  ,  de  cicorée  &  de 
pourpier  ,  une  poignée  de  chacune  : 
des  femences  de  courge,  de  citrouille, 
de  concombre,  de  melon,  de  laitue  8>c 
de  pavot  blanc  ,  une  drachme  de  cha¬ 
cune  :  des  fleurs  de  buglofe  ,  de  bour¬ 
rache  ,  de  violetes ,  &  de  nymphée  , 
une  pincée  de  chacune.  Faites  boiiil- 
lir  le  tout  dans  une  quantité  fuffifan- 
te  d’eau  ,  à  la  redu&ion  de  trois  pri- 
fes  de  fi x  onces  chacune  ,  ajoutant  à 
chacune  une  once  de  fyrop  de  viole¬ 
tes  ,  ou  de  nymphée ,  &  une  demie 
drachme  de  fel  de  prunelle. 

Vous  trouverez  des  exemples  de 
Juleps  &  d’Emulfions  dans  leur  pro¬ 
pre  chapitre  en  la  première  fe&ion. 


jo  Part.  I.  Des  Alteratlfs.  Se#.  II. 


CHAPITRE  II. 

Des  Alterat  'tfs  de/linez,  .pour  les 
yeux  ,  <2*  des  Collyres. 

ON  apellc ophthalmiques  ces  re¬ 
mèdes  qui  font  propres  &  parti¬ 
culiers  pour  guérir  les  maladies  des 
yeux  ,  &  fortifier  la  veuë. 

La  forme  du  remede  fous  laquelle 
ils's’ordonnent ,  s’apelle  collyre  ,  qui 
efl  un  topique  ophthalmiquc  propre 
pour  les  maladies  des  yeux. 

Ces  collyres,  fe  compofenr  de  plu- 
fieurs  façons  ;  ou  en  forme  liquide  >ou 
en  poudre ,  ou  en  Uniment ,  ou  cata- 
plâme  ;  d'où  l’on  ctably  la  difference 
des  collyres ,  en  collyre  liquide  ,  & 
collyre  fcc  ;  néanmoins  par  un  long 
ufage ,  le  liquide  feul  eft  proprement 
dit  collyre..  Les  ufages.  des  collyres 
font  premièrement  pour  repoufler 
l’humeur  dans  le  commencement  de 
la  fluxion  ,  ou  de  l’inflammation,  qui 
vient  d’une  caufe  chaude. 

Vous  noterez  que  les  répereuflifs 


clup.  1 1.  Des  Collyres.  «,  x 
froids  ,  ne  doivent  pas  être  beaucoup  ' 
aftringens  ,  mais  feulement  médiocre¬ 
ment  ,  principalement  dans  le  com¬ 
mencement  ,  auparavant  la  faignée 
&  la  purgatipn  ,  de  peur  d’arrêter  trop 
court  les  humeurs ,  &  d’en  en  empê¬ 
cher  la  diflipation.  Par  exemple. 

Prenez  des  eaux  dç  rofes  ,  &  de 
plantin ,  deux  onces  de  chacune  ;  une 
once  de  blanc  d’œuf,  que  vous  aurez 
battu  longtems  ,  en  ayant  ôté  l'écu¬ 
me  ,  des  trochifques  blancs  deRhafis 
fans  opium  ,  demie  drachme.  Faites 
un  collyre  dont  vous  en  verferez 
quelques  goûtes  dans  l’œil  ,  &  vous 
métrez  deifus  des  linges  mouillez  de 
ce  même  collyre.  Ou  bien , 

Prenez  un  blanc  d’œuf,  battez-le, 
ajoûtez-y  de  l’eau  rofe ,  &  en  lavez 
l'œil. 

Prenez  deux  onces  de  mucilages 
de  femcnce  de  pfy Ilium  &  de  coins , 
que  vôus  aurez  extraits  avec  l’eau  rô¬ 
le  ,  de  la  liqueur  de  blanc  d’œuf  bat¬ 
tu  ,  &  de  l’eau  de  plantin  ,  une  once 
de  chacune  ,  deux  grains  de  camfrc. 
Formez-en  un  collyre.  Ou  bien  , 
Prenez  un  morceau  d’alun,  battez- 


Part.I.  Des  Altérât  Ifs.  ScA.  II. 
le  avec  un  blanc  d’œuf,  juiqu’à  tant 
qu’il  ait  la  confiftançe  d’onguent  ; 
étendez-en  fur  un  linge,  8c  apliqucz 
le  chaudement  fur  les  yeux,  8c  chan- 
gez-le  quand  il  fera  fec.  Ou  bien. 

Prenez  un  fcrupule  8c  demi  de  fcl 
de  Saturne  ,  deux  onces  d’eau  rofe  , 
mêlez  le,  &  vous  en  lavez  les  yeux. 

Secondement  on  compofc  des  col¬ 
lyres  pour  apaifer  la  douleur ,  qui  eft 
quelquefois  tres-grande  j  les  yeux 
ayant  un  fentiment  trcs-ddicat.  Par 
exemple. 

Prenez  un  once  &  demie  de  mucila¬ 
ges  de  femcncede  coins  8c  de  pfy Ilium 
qui  auront  été  tirez  avec  l'eau  rofe  ; 
du  lait  de  femme,  8c  de  l’eau  de  blanc 
d’œuf,  ayant  ôté  auparavant  l’écume, 
une  once  de  chacun  ;  des  trochifques 
blancs  de  Rhafis  fans  opium  ,  demie 
drachme,  faites-en  un  collyre. 

Ou  bien  fervez-vous  feulement  du 
lait  de  femme  qui  fc  porte  bien  ,  que 
vous  vous  ferez  jeter  de  la  mammelle 
dans  l’œil  :  ou  bien  il  faut  métré  def- 
fus  une  pièce  deliée  de  chair  de  mou¬ 
ton,  ou  de  chevreau,  ou  de  veau,  que 
vous  changerez  fouvent. 


Chap.  1 1.  De/  Collyres.  t>f 
Si  on  veut  Te  fervir  de  cataplâmes, 
en  voicy  des  exemplès. 

Prenez  une  once  de  pulpe  d’une 
pomme  douce ,  qui  aura  cuit  fous  la 
cendre  ,  une  once  &  demie  de  muci¬ 
lages  de  femence  de  guimauve ,  tirez 
dans  l’eau  rofe  ,  de  l’eau  de  blanc 
d’œuf  j  que  vous  aurez  battu  avec 
l’eau  rofe ,  demie  once.  Faites  un  ca- 
taplâmc.  Ou  bien  , 

Prenez  une  once  de  pulpe  de  poju- 
tnc  cuite  fous  la  cendre  ,  demie  once 
de  mie  de  pain  blanc  ,  avec  du  lait  de 
femme  ,  faites  un  caplâme. 

Vous  noterez  que  quand  la  dou¬ 
leur  eft  violente ,  on  peut  ajoûter  à 
ce  cataplâme  un  grain  d’opium >  &  du 
fafran. 

Troifiemement  on  fe  fert  des  col¬ 
lyres  pour  repercuter,  &  arrêter  la 
douleur  quand  la  fluxion  eft  accom¬ 
pagnée  de  douleur.  Par  exemple. 

Prenez  une  once  &  demie  d’eau  de 
plantin  ,  une  once  de  mucilage  de 
femence  de  pfyllium  tiré  avec  l’eau 
rofe  ,  demie  drachme  de  troçhifques 
blancs  de  Rhafis,  avec  l’opium.  Faites 
un  collyre. 


£4  Par.  I.  Des  Alteraùfs.  Se<5t.  I. 

Quatrièmement  pour  repercuter , 
8c  un  peu  refoudre ,  comme  quand 
l'inflammation  eft  dans  (on  augmenf, 
dans  quelle  rencontre  il  faut  repouf¬ 
fer  l’humeur  qui  fl'uë ,  digerer  celle 
qui  eft  tombée ,  &  apaifer  la  douleur. 
Par  exemple. 

Prenez  d’eau  rofe ,  &d’eufraife, 
une  once  de  chacune,  du  lait  de  fem¬ 
me  fraichemcnt  tiré  de  la  mammelle , 
demie  once  ,  de  tuthie  préparée  ,  un 
fcrupule  &  demi.  Faites  un  collyre. 
Ou  bien. 

Prenez  d'eau  rofe  ,  &  d'eau  d'un 
blanc  d'œuf  battu  ,  ayant  auparavant 
ôté  l’écume  ,  une  once  &c  demie  de 
chacune  ,  de  tuthie  préparée  ,  &  des 
trochifques  blancs  de  Rhafis  !  fans 
opium, une  drachme  de  chacun.  Faites 
un  collyre. 

Cinquièmement  pour  refoudre 
quand  l’inflammation  eft  dans  fon 
état,  auquel  tems  il  faut  digérer  l’hu¬ 
meur  ,  &  un  peu  repercuter.  Par 
exemple. 

Prenez  une  drachme  de  farcocolle, 
que  vous  aurez  un  peu  abrevée  de 
lait ,  demie  drachme  de  tutie  prepa- 


Chap.  1 1.  Des  Collyres. 
rce  ,  des  mucilages  ,  de  graine  de 
coins ,  tirez  avec  l’eau  rofe  ,  &  de  fe¬ 
nouil  ,  deux  onces.  Faites  un  collyre. 
Ou  bien , 

Prenez  une  drachme  &  demie  de 
tuthie  préparée, dix  grains  de  vitriol 
blanc >  un  fcrupule  d’alocs  lavé ,  deux 
fcrupules  de  fucre  candy.  ConcalTez- 
les ,  &  les  infufez  dans  les  eaux  de 
fenouil  ,  &  d’eufraife ,  une  once  6c 
demie  de  chacune.  Pallëz-les,  &  en 
laites  un  collyre.  Ou  bien  >  ‘ 

Prenez  quinze  grains  de  fel  de  Sa¬ 
turne  ,  trois  grains  de  fel  armoniac  > 
trois  onces  d’eau  rofe  ;  mélcz-les  pour 
ftn  collyre.  Ou  bien  , 

Prenez  un  fcrupule  de  vitriol  blanc, 
quatre  onces  d’eau  de  plantin.  Infu- 
fez-lcz,  paflcz-les ,  8c  vous  en  fervez 
pour  un  collyre. 

Sixièmement  pour  delTecher  ,  & 
digérer. 

Prenez  de  tuthie  lavée  dans  l’eau 
d’eufraife,  une  once  &  demie  ;  d’aloè's 
hépatique  aulfi  lavée  »  une  demie 
drachme  ;  de  bon  miel,&  de  pomma¬ 
de  fraichcment  faite  ,  demie  once  de 
chacun.  Faites  un  collyre,  dont  vous 


p<î  Part.  I.  Des  j4lteratifs.*Se&.  II. 
en  frorerez  doucement  les  coins  des 
yeux  ,  Sc  les  paupières.  Ou  bien  , 

Prenez  de  l’eau  de  la  Reine  d’Hon¬ 
grie  ,  deux  drachmes,  deux  onces  de 
l’eau  rofe  ,  mélez-les,  3c  vous  en  Ser¬ 
vez  pour  un  collyre. 

Septièmement  pour  déterger ,  & 
confumer  les  taches  des  yeux ,  &  en 
digerer  les  reftes ,  Sc  en  ôter  les  cica¬ 
trices. 

Prenez  deux  drachmes  de  lucre 
candy  ,  huit  grains  de  vitriol  blanc  * 
d'os  de  feche ,  d’excrement  de  lézard, 
Sc  de  myrrhe,  demie  drachme  de  cha¬ 
cun.  Faires-en  une  poudre  tres-fubti- 
le ,  que  vous  incorporerez  avec  du 
miel  de  May  ,  Sc  de  la  pommade  fraî¬ 
chement  faite. 

Huitièmement  pour  les  déman¬ 
geai  fons  ,  &  la  gale  des  paupières. 

Prenez  du  vin  blanc  ,  Sc  d’eau  rofe, 
une  once  de  chacune,  d’aloës  hépati¬ 
que  pulverifé  une  drachme.  Mélez-lc 
tout ,  Sc  vous  en  fervez  pour  laver  les 
paupières  un  peu  tiede. 

Dans  l’ufage  de  ces  collyres  ,  il 
faut  prendre  garde  de  ne  s’en  pas 
fcryir  que  l’on  n’aye  fait  les  remè¬ 
des 


Chap.  III.  Des  B  trinques.  97 
des  généraux  ,  ou  bien  les  faire  tous 
en  même  -  tems.  Secondement  qu’il 
faut  fe  fervir  rarement  des  feules  pou¬ 
dres  ,  parce  qu’ils  caufcnt  la  fluxion 
quand  ou  les  a  foufflées  dans  les 
yeux. 


CHAPITRE  III. 

Des  Béchiques. 

ON  apelle  béchiques  ces  remè¬ 
des  qui  font  cracher  ;  on  le£ 
nomme  auffi  thorachiques  à  raifort 
de  la  partie  qu’ils  vuident ,  qui  eft  la 
poitrine  ,  que  les  Grecs  &  les  Latins 
apellent  Thorax.  Car  les  medica- 
niens  béchiques  font  ceux  qui  font 
deftinez  pour  le  poumon  ,  &  les  au¬ 
tres  parties  de  la  poitrine ,  &  qui  pré¬ 
parent  les  humeurs  qui  y  font  enfer¬ 
mées  pour  eftre  plus  facilement  jécées 
par  la  toux. 

Afin  que  les  humeurs  qui  font  dans 
*a  poitrine  forcent  fans  beaucoup  de 
Peine ,  elles  ne  doivent  pas  eftre  trop 
gtollicres,  parce  qu'elles  refilent  aux 
E 


5  8  Part.  I.  Des  AUeratifs.  Soft.  II. 
efforts  que  l’on  fait  pour  les  jeter  j 
ny.auffi  trop  déliées,  parce  qu’el¬ 
les  fe  feparent  par  le  mouvement 
de  la  toux  ,  &  n'ont  pas  allez  de 
confiftance  pour  les  cracher  ;  mais 
clics  doivent  avoir  une  confiftance 
médiocre  :  &  pour  ce  te  raifon  ,  il 
y  faut  employer  deux  fortes  de  bé- 
chiques. 

Les  premiers  font  ceux  qui  échau- 
ftnt ,  atténuent ,  détergent ,  &  inci- 
fent  la  pituite  :  Les  féconds,  ceux  qui 
rafraichilfent,  temperent,  hume&enr, 

6  épai fllircnt  la  bile  ,  &  qui  abatent 
fon  acrimonie. 

On  fatisfair  à  ces  deux  intentions 
par  le  moyen  des  Apozémes ,  des  Ju- 
leps,  desémulfions ,  des 'bouillons , 
&  des  loochs. 

Voicy  l’exemple  d’un  apozeme  qui 
préparé  la  pituite  dans  toutes  les  ma¬ 
ladies  froides  de  la  poitrine  ,  dans 
l’afthme ,  ou  courte-balene  ,  dans  les 
obftruétions  des  poûmons  ,  dans  un 
catarrhe  caufé  par  la  pituite,  &  autres 
fcmblables  maladies. 

Prenez  des  racines  de  brufe  ,  d’a- 
py  ,  &  d’aunéc  ,  une  once  de  cha- 


CKap.  III.  Des  Bèchiqaes.  99 
cune  :  des  feuilles  de  ru  (Tl  1  âge  ,  d’hyf- 
fope  ,  de  fcabieufe  ,  de  lierre  qui 
rampe  à  terre  ,  de  capillaires  ,  &  de 
cicorée  avec  la  racine  ,  une  poignée 
de  chacune  ;  de  reglifle  ratifiée  8c 
concaflee ,  une  demie  once  *,  une  once 
de  raifins  mondez  &  netoyez  :  de  fe- 
mence  de  guimauve  &  de  melon , 
éleux  drachmes  de  chacune  :  des  fleurs 
de  buglofe ,  de  bourrache  ,  de  viole- 
tes  ,  &  de  camomille  ,  une  pincée  de 
chacune.  Faites  boiiillir  le  tout  pour 
quatre  prifes ,  à  la  réduction  de  dix- 
huit  onces  :  ajoutez  à  chaque  dofe 
une  once  de  fyrop  de  capillaire  ,  ou 
d’oxymel  Ample. 

Ou  fi  vous  voulez  un  Julcp,  pour 
la  même  indication. 

Prenez  des  eaux  de  fcabieufe  ,  8c 
<lc  tuflilage ,  deux  onces  de  chacune  ; 
d'eau  de  canellc  ,  deux  drachmes  , 
d’oxymel  fimple  ,  ou  de  fyrop  de 
capillaire ,  une  once. 

Lors  qu’il  faut  changer  la  forme 
du  rcmede  ,  on  peut  préparer  dcj, 
hoüillons  avec  des  racines  ,  &/$?$ 
herbes  de  l’apozéme  que  nous  a|y'o/is 
décrit.  Et  on  peur  ajouter  à  chaque 

E  1  fevs 

^  % 

N* 


ioo  Part.I .  Des  ^Itératifs.  Scd.ïl. 
prife  quelqu'un  des  remèdes  chy ini¬ 
ques  fuivans. 

Quatre  goûtes  d’huile  d’anis  tire'e 
chymiquement  :  ou  fix  goûtes  de 
teinture  de  fouphre ,  ou  dix  grains  de 
lait  ou  de  magiftere  de  fouphre  :  ou 
quatre  grains  de  fleurs  de  benjoin  : 
de  la  teinture  de  vitriol,  d’antimoine, 
jüfqu’à  fix  goûtes. 

On  peut  aufli  prendre  ces  reme- 
des  chymiques  ,  comme  en  opiate, 
tabletes ,  bolus ,  &c.  ayant  pourtant 
auparavant  fait  les  remedes  géné¬ 
raux . 

Prenez  des  fleurs  de  benjoin  trois 
grains ,  du  magiftere  de  fouphre,  fix 
grains ,  donnez  -  les  tous  les  matins 
pendant  quinze  jours  ,  dans  un  œuf, 
ou  bien  avec  quelque  conferve,  com¬ 
me  de  capillaire  ,  d’aunée  ,  ou  autres 
propres  au  defl’ein  qu’on  a. 

Il  y  a  icy  trois  chofes  à  remar¬ 
quer.  Premièrement ,  que  quand  il 
y  a  la  fièvre  ,  ou  une  intempérie 
chaude  des  vifeeres  ,  il  faut  ordon¬ 
ner  des  décodions  de  béchiques 
rafraîchi  flans  ,  &  de  parties  fub- 
tiles. 


Chap.  1 1 1.  Des  Be’chiques.  i0 1 

Secondement  ,  qu'il  faut  ajouter 
aux  altcratifs  qui  échaufeivt  beau¬ 
coup  ceux  qui  adoucirent  ,  ^ui  hu- 
mc&ent,  8c  qui  rafraîchirent  un  peu, 
de  peur  que  la  pituite  fechée  par  une 
trop  granUe  chaleur  ,  ne  s'atache  en¬ 
core  plus  opiniâtrement  à  la  partie  , 
8c  pour  ce  fujet ,  il  y  faut  mêler  la 
cicorée  ,  la  reglillc  ,  les  raifins ,  les 
fcmenccs  de  melon  ,  de  mauve  8c 
femblablcs. 

Troifiémemcnt  lorfque  l’on  a  def- 
fein  de  difpofer  ,  8c  préparer  une  pi¬ 
tuite  qui  eft  amalfée  dans  la  poitrine, 
il  faut  toujours  avoir  égard  à  la  tête, 
&  aux  vifeeres,  8c  tâcher  de  décou¬ 
vrir  ,  fi  elles  ne  foufrent  point  quel- 
que  intemperie  chaude,  ou  s’il  y  a  des 
obftrudions,  ou  fi  elles  font  foibles  ; 
ou  enfin  s’il  y  a  un  amas  d’humeur 
dans  les  autres  parties  de  l’abdomen  ; 
alors  il  faut  fonger  â  ces  indifpofi- 
tions ,  8c  ne  les  pas  négliger  ;  parce 
que  l’on  travaillerait  inutilement  à 
guérir  la  poitrine  ,  fi  on  n’employoic 
pas  au  fil  tous  fes  foins  à  ôter  les  cau- 
fes  antécédentes,  8c  les  maladies  com¬ 
pliquées. 


ïoz  Part.ï.  Des  Alt eratif, s.  Se&II. 

Voicy  une  décottion  béchique  pout 
incrafler  la  bile  ,  &  les  humeurs  iub- 
tiles,  qui  adoucit,  humcéte,  &  rafraî¬ 
chit  ,  &  qui  donne  une  médiocre  con- 
fîftancc  à  la  matière  des  crachats ,  en 
la  ph  hilie,  inflammations  des  pou¬ 
mons',  &  autres. 

Prenez  des  fciiilles  de  cicorée  avec 
la  racine  ,  de  capillaire ,  de  pimpi- 
nelle,  de  la  pulmonaire,  des  deux  for¬ 
tes  de  buglofe  ,  une  poignée  de  cha¬ 
cune  j  des  femenccs  de  melon, de  con¬ 
combre  ,  de  citrouille ,  de  courge  ,  de 
laitue,  &  de  pavot  blanc  ,  de  chacune 
deux  drachmes  ;  dereglifTc,  &  de  rai- 
lins  mondez  de  leurs  pépins ,  de  cha¬ 
cun  demie  once,  huit  jujubes,  de  l’or¬ 
ge  entier ,  &  des  fleurs  de  buglofe,  de 
bourrache,  &  de  violetes ,  une  pincée 
de  chacune.  Faites  bouillir  le  tout 
pour  quatre  dofes  à  prendre  le  matin 
&  le  loir ,  ajoutant  à  chacune  une 
once  de  fyrop  de  jujubes,  de  violetes, 
ou  de  capillaire. 

Pour  cuire  ,  préparer  ,  &  aider  à 
cracher  la  matière  de  l'empyeme  ,  on 
l’ordonne  ainfi. 

Prenez  des  racines  de  la  grande 


Chap.  III.  Des  B  c  chique  s.  io  î 
cinfolidc  ,  &  de  guimauve ,  une  once 
de  chacune  ;  des  leiiilles  d'agrimoine, 
de  cicorée  avec  la  racine  ,  de  capil¬ 
laire,  de  fcabieufe,  &  detuflilage,  une 
poignée  de  chacune  :  des  femences  de 
melon  ,  de  concombre ,  de  citrouille, 
&  de  courge,  de  chacune  deux  drach¬ 
mes  ;  de  regliile  ratifiée  &  concalTce  , 
&  de  raifins  mondez  ,  une  once  de 
chacun  ;  d’orge  entier  ,  &  des  fleurs 
de  bourrache, de  buglofe,  &  de  vio- 
leces ,  une  pincée  de  chacune.  Faites 
bouillir  le  tout  pour  quatre  dofes, 
vous  diflbudrez  à  chacune  une  once 
de  fyrop  de  tuflilage ,  ou  de  capil¬ 
laire. 

La  déco&ion  fuivante  eft  tres-fin- 
guliere  ,  lorfque  l’on  crache  le  fang  , 
&  contre  la  dyfcnterie. 

Prenez  des  racines  de  pentaphille  , 
de  tormentille  ,  &  du  grand  fymphy- 
tum ,  une  once  de  chacune  :des  feuil¬ 
les  de  cicorée  fauvage  avec  la  raci¬ 
ne  ,  de  pourpier  ,  de  planfin,  de  lierre 
terreftre ,  de  prêle,  &  de  mille-feuille, 
une  poignée  de  chacune  ;  de  femence 
de  laitue  ,  de  pourpier  ,  &  de  pavot 
blanc  ,  deux  drachmes  de  chacune  a 


io4  Part.1.  Des  Alteratf s.  Sc&.lï. 
des  rofes  ronges ,  &  des  fleurs  de  pà*- 
vot  rouge  ,  une  pincée  de  chacune. 
Faites  bouillir  le  tout  ,&  l’ayant  paifé 
tous  en  prendrez  dix-huit  onces, aux¬ 
quelles  encore  toutes  chaudes  vous 
jéterez  de  conferve  de  rofes  ,  &  de 
pavot  rouge  ,  une  once  de  chacune , 
&c  demie  fcrupule  d'cfprit  de  vitriol  ; 
vous  les  lailferez  infufer  fur  les  cen¬ 
dres  chaudes  pendant  trois  heures, 
paflcz-les  en  fuite ,  pour  quatre  pri- 
ies ,  vous  dilfoudrez  à  chacune  fix 
drachmes  de  fyrop  de_  rofes  feches , 
ou  de  coraux  ,  que  vous  donnerez  le 
matin  &  le  foir. 


CHAPITRE  IV. 

Des  Loochs. 

CE  mot  de  Looch  eft  Arabe ,  le* 
Grecs  les  apellent  Eglegmes  ?  5c 
les  Latins  LtnÙus ,  ce  que  nous  pou¬ 
vons  dite  en  François  ,  le'cher. 

Le  Looch  eft  un  médicament  qui 
efl:  d’une  confiftancc  entre  le  fyrop , 
5c  l’opiate ,  étant  plus  épais  que  le 


fyrop  ,  &  plus  liquide  que  l’opiatc  , 
qui  eft  propre  pour  les  maladies  de 
la  poitrine  ,  &  que  Ton  prend  en  le 
lai  liant  tomber  petit  à  petit  fur  la 
trachée  artere  ,  &  en  le  fucçant ,  &C 
léchant  à  un  bâton  de  reglilfe  un  peu 
concaflc. 

Il  y  a  deux  fortes  de  loochs ,  l’un 


que  l'on  gardoit  dans  les  Boutiques , 
qui  n’eft  plus  en  ufage  ;  l'autre  que 
l’on  nomme  magiftral ,  qui  s’ordonne 
fur  le  champ  ,  félon  la  neceffité  du 


mal. 


Il  fe  compofè  de  poudres  béchi- 
ques ,  &  de  fyrops ,  ou  de  pulpe  de 
fruits  ,  de  poudres  ,  Sc  de  fyrops  ,  ou 
de  décoftion  peétorale.  Il  fe  fait 
pourtant  plus  communément  de  pou¬ 
dres  ,  Sc  de  fyrops  ,  &  quelquefois  de 
conferves. 


Le  tems  de  s'én  fervir  eft  quand  il 
faut  attirer,  &  faire  fortir  la  pourri¬ 
ture  qui  eft  dans  la  poitrine. 

Lesufages  des  loochs  font  premier 
fement  pour  aider  à  cracher  ,  quand 
la  matière  eft  froide  &  compare  , 
comme  dans  la  courte-halene  ,  qui 
eft  l’afthrae  >  dans  la  toux  caufce  pac 


io6  Part.I.  Des  Alreratifs.  Seéb.ll. 
une  pituite  qui  eft  attachée  aux  lo¬ 
bes  des  poumons  »&  autres  maladies- 
Par  exemple. 

Prenez  de  la  poudre  compofée, 
nommée  diairis  fimple  ,  &  de  fucrc 
candy,  deux  drachmes  de  chacun  :  de 
conferve  de  tuflllage,  &  de  capillaire,, 
demie  once  de  chacune  ,  d'oxymel 
fcillitique  ,  la  dofe  que  l'on  jugera 
être  necelfaire  :  de  tout  cela  faites  un 
looch  ,  que  le  malade  prendra  avec  un 
bâton  de  reglille  ,  en  le  léchant  dou¬ 
cement.  Ou  bien 

Prenez  des  fquilles  préparées,  deux 
drachmes ,  de  la  poudre  de  diairis ,  8c. 
d’hylfope  ,  line  demie  drachme  de 
chacune ,  un  fcrupule  de  myrrhe , 
deux  grains  de  fafran,de  miel  du  mois, 
de  May ,  ce  qu’il  en  faudra.  Faites  un 
looch.  Ou  bien 

Prenez  de  bon  miel ,  &C  du  beurre 
frais  ,  une  once  de  chacun  ,  du  fucre 
candy  ,  deux  drachmes  ,  de  terebin- 
tbine  de  Yenife  ,  lavée  dans  l’eau  de 
feabieufe ,  demie  drachme ,  &  en  fai¬ 
tes  un  looch.  Ou  bien  , 

Prenez  du  fyrop  de  rullilage  &  de 
capillaire ,  une  once  &  demie  de  cha.- 


m 


Cfiap.  IV.  Des  Looc&J.  107 
cun  ,  d’oxymcl  (impie  ,  une  once  ; 
mélez-les ,  dont  le  malade  s'en  fervira 
avec  un  cuillier ,  en  l’avalant  douce¬ 
ment. 

i.  Pour  ayder  à  cracher  quand  la 
matière  eft  déliée  &  chaude  ,  dans  la 
plcvrefie  ,  &  l'inflammation  des  pou¬ 
mons  ,  &c. 

Prenez  des  penides ,  &  de  fucre 
candy  ,  deux  drachmes  de  chacun  , 
demie  drachme  de  la  compofition  de 
diatragacantum  froid  ,  du  fyrop  de 
violetes  ,  &  de  jujubes ,  en  qu’il  en 
faut ,  faites  un  looch  pour  s’en  fcrvir 
avec  un  bâton  de  reglifle. 

Quand  la  matière  eft  mélangée 
d’une  humeur  déliée  &  grofliere  ,tl  y 
faut  mêler  quelques  atténuatifs ,  par 
exemple. 

Prenez  des  penides  &  de  la  compo¬ 
fition  de  diairis  Ample,  une  drachme 
&  demie  de  chacun  ,  de  fucre  rofac 
une  drachme  ,  du  fyrop  de  tu  (El  âge 
ce  qu’il  en  faut  pour  un  looch. 

Voicy  un  looch  pour  incrafler  & 
doucement  déterger  dans  l'empyeme. 

Prenez  de  la  pulpe  de  la  racine  de 
guimauve ,  ou  4e  raifins»  une  once  & 


ïo8  Part.I.  Des  Alterdtîfs.  Seéï.IL 
demie  ,  de  fucre  candy  demie  once  , 
du  fuc  de  regliife  demie  drachme ,  du. 
fyrop  de  tuffilage  ce  qu'il  en  faut, 
pour  faire  un  looch. 

3.  Pour  arrêter  le  crachement  de 
fan  g  : 

Prenez  une  once  de  conferve  de- 
rofes  ,  deux  drachmes  de  la  compofi- 
tion  de  diatragacant  froid, du  fyrop  de 
rofes  feches,  ce  qu’il  en  faut  pour  un 
looch.  Ou  bien  , 

Prenez  trois  onces  de  fuc  de  pour¬ 
pier, une  drachme  &  demie  dégommé 
Arabique  ,  de  fucre  rofat  ce  qu’il  en 
faut  pour  faire  un  looch.  Ou  bien 
Prenez  le  blanc  d’un  ccuf, battez- le 
avec  de  l’eau  rofe,  &  en  ôtez  l'écume,, 
ajoutez  -  y  de  la  fevnence  de  pavot 
blanc  &  de  plantin  ,  demie  drachme, 
dechacune,  unfcrupule  d’amydon,  & 
de  fucre  rofat  ce  qu’il  en  faut  pour 
faire  un locch.  Ou  bien. 

Prenez  du-  fyrop  de  violeres ,  de 
rofes  feches ,  &  de  pavot ,  de  chacun, 
deux  onces ,  mêlez-les ,  &  vous  en 
donnerez  au  malade  trois  fois  la  nuit 
&c  autant  le  jour  ,  une  ou  deux  cuiW 
lerces  ,  en  l’avalant  doucement.. 


Chap.  IV.  Des  Loochs.  rogr 

II  faut  prendre  garde  que  par  l'u- 
fage  des  aftringens  on  n  arrête  dans- 
les  poumons  le  fang  extravafé. 

4.  Pour  deirccher  &  confolidcr  les1 
ulcérés  des  poumons  dans  la  phthifie. 

Prenez  de  la  conferve  de  rofes ,  8c 
de  la  grande  confolide ,  une  once  de 
chacune  ;  de  la  gomme  tragacant  8c 
Arabique  ,  un  peu  torréfiée ,  de  cha¬ 
cune  deux  drachmes  >  de  la  femence 
de  plantin  8c  de  pavot  blanc  ,  demie 
drachme  de  chacune  »  du  fyrop  de 
rofes  feches  ce  qu’il  en  faut  pour  fai¬ 
re  un  looch. 

Ou  bien  le  fuivant  qui  eft  tres-bon 
dans  la  toux  invétérée  ,  pour  confo- 
lider  les  ulcérés  du  gozîer,  &  du  pou¬ 
mon  ,  pour  adoucir  la  trachée  arrere» 
dans  la  toux,  quand  on  craatxe  le  fang: 
qui  vient  du  gozier,dans  ldcatarrhc» 
&  dans  l’enroüeure. 

Prenez  de  la  pulpe  de  la  racine, 
de  guimauve  ,  ou  de  rcglilTe ,  trois 
onces  ;  des  mucilages  de  la  gomme 
Arabique  8c  de  tragacant  extraits, 
avec  l'eau  rofe,  une  once  8c  demie» 
die  lucre  rofat ,  ce  qu’il  en  faut  pour 


ïtc  Part.I.  Des  ^Itératifs.  Seét.lL 
5 .  Pour  la  fluxion  d’une  humeur  fub- 
rile  qui  tombe  fur  la  poitrine  dâs  ceux 
qui  crachent  le  fang,avec  la  toux, pour 
l'enroüeure,avec  la  fièvre  ou  fans  elle. 

Prenez  fix  onces  d’eau  rofe,  de  grai¬ 
ne  de  coirts  mondée  ,  une  once  &  de¬ 
mie  ,  de  fucre  blanc ,  ou  candy  ,  deux 
onces.  Métez-le  tout  dans  une  phiole,. 
où  vous  les  taillerez  pendant  quatre 
heures ,  &  de  céte  liqueur  mucilagi- 
neufe  ,  le  malade  prendra  fouvent 
avec  un  cuiliier  le  jour  &  la  nuit. 

On  en  peut  aulïl  préparer  d’égale 
portion  d’eau  de  pavot  rouge  &  de 
lofes. 


CHAPITRE  V. 

Des  Cardiaque*. 

ON  apelle  cardiaques  les  remè¬ 
des  qui  fortifient  le  coeur,  réta¬ 
blirent  les  efprits  ,  &  qui  chafTent  la 
malignité.  Le  cœut  s’affoiblit  ou  à 
eaufe  de  quelque  intempérie  froide  ou» 
chaude  ,  par  quelque  eaufe  froide  ou 
chaude ,  avec  malignité  ou  faits  clic  ;; 


Ch  ap.  V.  Des  Cardiaques.  rrr 
c’cft  pourquoy  les  remedes  que  l'on  y 
employé  font  froids ,  ou  chauds  ,  ou 
qui  combatent  la  malignité. 

Dans  quelque  accident  qui  vient 
d’une  caule  froide,  comme  pour  avoir 
pris  du  poifon  froid  ;  ou  qui  fe  foit 
•engendré  dans  le  corps  ,  dans  la  mor- 
fure  d'un  chien  enragé,  dans  la  perte , 
&  autres  femblables  ,  pourveu  qu'il 
n’y  ait  point  de  fièvre  ,  ou  du  moins 
qu’elle  ne  foit  pas  forte ,  l’apozéme 
fuivant  pourra  être  ordonné. 

Prenez  des  racines  de  tormentille , 
de  zédoaire,ou  de  gentiane  une  demie 
once  :  des  feiiilles  de  melifle,  de  fea- 
bieufe ,  de  chardon  béni ,  &  de  feor- 
dium,une  poignée  de  chacune  :  d’écor- 
ec  de  citron  ieche  ,  trois  drachmes  ; 
de  graine  de  citron  &  de  chardon 
béni,  deux  drachmes  de  chacune  ;  une 
drachme  &  demie  de  raclure  d’y  voi¬ 
re  ;  des  fleurs  des  deux  fortes  de  bu- 
glofc  ,  &  de  romarin  ,  une  pincée  de 
chacune.Faites  bouillir  le  tout  à  la  ré¬ 
duction  d’une  livre  Si  demie  pour  trois 
dofes, a  joutez  à  chacune  fix  drachmes 
de  fyrop  d'écorce  de  citron, pour  pren¬ 
dre  le  matin  fie  le  foir.  Ou  en  Julcp,. 


1 1 1  Part.I.  Des  Altérât  Ifs.  Seft.II, 

Prenez  des  eaux  de  meliire  &  de 
chardon  béni ,  de  chacune  deux  onces 
&:  demie ,  d’eau  naphe ,  demie  once  , 
d’eau  de  canelle ,  demie  cuillierée3  du 
fyrop  de  kermes ,  demie  once. 

On  peut  diilbudre  dans  cét  apozé- 
me  ou  Julep,  ou  dans  l'eau  de  fca- 
bicufe,ou  dans  du  vin3un  ou  deux  des 
remèdes  Galéniques  &  Chymiqucs 
fuivans. 

De  la  confection  d’al kermes  depuis 
une  demie  drachme  jufques  à  une. 

De  la  thériaque  depuis  une  demie 
drachme  jufques  à  une. 

De  l’eau  theriacalc  de  Baudcron  , 
itne  cuillierée. 

De  l’eau  theriacale  camfrée, jufques 
à  demie  once. 

Du  fel  volatil  de  viperes  depuis 
dix  grains  jufques  à  quinze. 

De  l’elixit  de  propriété  de  Paracelfe 
depuis  huit  gouttes  jufques  à  douze. 

De  l’extrait  de  bezoard  de  Querce- 
tan  dépuis  demi  fcrupulc  jufqn'à  un. 

Du  Magi  Itère  d’ Ambre  gris  depuis 
deux  grains  jitlqu’à  quatre. 

D’ellence  d’ambre  gris  dé  puis  ûx 
goûtes  jufqu’i  huit. 


Chap.  V.  Des  Cardiaques,  j  i  ; 

Dans  un  accident  prenant ,  &  où 
les  forces  fe  difïlpcnt  entièrement ,  la 
force  du  mal  ne  donnant  pas  le  tems 
de  préparer  quelqu’ autre  remede  ,  le 
fuivant ,  fera  tres-à  propos. 

Prenez  de  la  confection  d’alkcr- 
mes ,  ou  de  theriaque  vieille ,  demie 
drachme,  ou  une  drachme ,  mélez-là 
avec  un  peu  de  vin  ,  ou  d’eau  de  ca- 
nellc ,  &  la  donnez. 

Souvent  ces  eirences  que  nous  ve¬ 
nons  de  nommer  fe  donnent  feules 
avec  quelque  eau  particulière  ,  ou  du 
vin.  Par  exemple. 

Prenez  du  ici  volatil  de  vipères 
dix  grains,  d'eau  de  feorzonere,  ou  de 
chardon  béni ,  une  once  &  demie  , 
donnez-le  long-tems  devant  ou  apres 
le  bouillon.  Ou  bien , 

Prenez  deux  grains  de  magiftere 
d’ambre  gris,d'eau  theriacale  camfrée, 
demie  once,  donnez-le  comme  dcllus. 

Il  faut  prendre  garde  de  fe  fervir  de 
ces  remedes ,  lors  qu’il  y  a  une  grande 
chaleur  dans  tous  les  vifccres,ou  que 
la  fièvre  eft'violcnte  ;  c’eft  pourquoy 
l’on  ne  les  doit  employer  que  dans 
une  caufc  froide,  ou  que  la  malignité 


i 1 4  Part.T.  Des  Alterat'fs.  Se<£t.  II. 
cft  fi  grande  avec  un  abatement  des 
forces, que  la  fièvre  foitou  tres-petite, 
ou  qu'il  n’y  en  air  point  du  tout. 

Dans  les  fièvres  malignes ,  pour¬ 
prées  ,  peftilentieles  ,  véroles ,  &  au¬ 
tres  fembiables  où  il  faut  abatre  la 
grande  chaleur,  ôter  les  obftrudions, 
corriger  la  pourriture  &  la  malignité, 
&  provoquer  la  fueur. 

Prenez  des  racines  de  cicorée ,  de 
brufe  ,  &  de  tormenrille  ,  de  chacune 
une  once  :  de  feuilles  de  cicorée  ,  de 
feabieufe,  de  capillaire,  de  pimpi- 
nelle  ,  &  d’ozeille  ,  une  poignée  de 
chacune  ;  des  graines  de  melon  ,  de- 
courge,de  citron,  &  de  raclure  d’y  voi¬ 
re  une  drachme  de  chacune;  des  lom- 
mirez  de  feordium  ,  &  des  fleurs  de 
buglofe ,  de  bourrache  &  de  violetes, 
une  pincée  de  chacune.  Faites  une  dé¬ 
coction  pour  trois  dofes ,  ajoutant  à 
chaque  dofe  demie  drachme  de  fel  de 
prunelle ,  &  quatre  goûtes  d’cfprit 
de  vitriol  ou  de  foulfre ,  &  demie 
once  de  fyrop  de  limons ,  pour  pren¬ 
dre  le  matin  &  le  foir. 

On  y  peut  ajouter  des  remedes 
Çalcniques  &  Chymiques  quelqu’un 
des  fuivans. 


Chap.  V.  Des  Cardïœqseef.  r  Tf 

De  la  confection  de  hyacinthe  de¬ 
puis  demie  drachme  jufques  à  une. 

Aux  femmes  qui  font  fujetes  aux 
paillons  hyfteriques  on  y  met  de  la 
poudre  de  la. confection  hyacinthe  , 
fans  mufe  8c  fans  ambre ,  jufques  à  un 
fcrupule  ou  une  demie  drachme. 

De  la  poudre  du  coeur  8c  du  foye 
de  vipere ,  jufques  à  demi  fcrupule. 

Du  fel  de  chardon  beny  ,  ou  de 
feabieufe  ,  jufqu’à  une  demie  drach¬ 
me  ,  ou  un  fcrupule. 

Du  Bczoard  Jovial  ou  minerai  * 
jufqu’à  un  demi  fcrupule. 

De  l'antimoine  diaphonique,  de'- 
nuis  un  demi  fcrupule,  iufqu’à  un. 

De  l’efprit  de  nitre  jufqu’à  dix 
goûtes. 

De  l’efprit  doux, ou  cryftal  doux  de 
fel  commun  ,  jufqu’à  un  fcrupule. 

Delà  pierre  beloartique  véritable  , 
jufqu’à  quatre  ou  fix  grains. 

De  l’eau  thcriacle  .rafraîchi  flan  te, 
une  cuillierée. 

De  l’eau  thcriacle  camfre'e  une  de¬ 
mie  cuillierée  ,  ou  une  entière. 

Du  fel  volatil  de  vipères  jufqu’à 
dix  grains. 


ï  1 6  Part.  I.  Des  Alteratifs.  SeCh  II. 

De  la  mixtion  fpiritueufe  jufqu'à. 
demie  drachme,  ou  une  drachme  ;  qui 
fc  fait  d'une  once  d’eau  theriacle  cam- 
frée ,  &  d’efprit  de  tartre  8c  de  vitriol 
de  chacun  une  drachme. 

Notez  que  s’il  y  a  des  vers  ,  on  y 
doit  ajouter  un  fcrupulede  la  poudre 
contre  les  Vers ,  à  chaque  prife  ,  & 
s’il  y  a  des  convulfions,  on  y  met  un 
fcrupulc  de  la  poudre  contre  l'haut- 
mal. 

Comme  en  Jnlep. 

Prenez  des  eaux  de  feabieufe,  de 
pourpier,  &  de  fcorzonerc,  de  chacu¬ 
ne  deux  onces  ,  du  fyrop  de  limons 
line  once  8c  demie  j  de  confection  de 
hyacinte  un  fcrupule  :  de  la  poudre 
de  vipères,  8c  contre  les  vers,  de  cha¬ 
cun  un  demi  fcrupule ,  du  fel  de  pru¬ 
nelle  demie  drachme. 

.S’il  y  a  quelque  inflammation  au 
dedans  ,  ou  que  la  fièvre  foit  forte  , 
il  faut  fc  donner  garde  de  ces  compo- 
fitions  theriacales,  &dufcl  de  vipè¬ 
res  ,  &  de  femblables  qui  dcilechenc 
trop. 

Quelquefois  on  donne  des  cardia¬ 
ques  en  poudre ,  avec  quelque  eau 


C  hap.  VI.  Des  Stomachiques,  nj 
cordiale  ,  ou  du  bouillon  :  par 
exemple. 

Prenez  du  bezoard  animal ,  du  Tel 
de  prunelle,  &  du  magiftere  de  perles, 
de  chacun  demie  drachme.  Prencz-en 
un  fcrupulc  avec  du  bouillon, ou  d'eau 
de  fcorzonerc ,  ou  de  feabieufe,  deux 
ou  trois  fois  le  jour.  Ou  bien. 
Prenez  du  bezoard  minerai  deux 
drachmes  ;  du  bezoard  jovial  demie 
drachme;du  fel  de  prunelle  une  drach¬ 
me  &  demie.  Faires-en  une  poudre, de 
laquelle  vous  donnerez  un  lcrupule. 


CHAPITRE  VI. 

Des  Stomachiques. 

LEs  remedes  ftomachiques  font 
ceux  qui  font  particulièrement 
deftinez  pour  l’eftomac ,  &  qui  pré¬ 
parent  les  humeurs  qui  y  font ,  &  qui 
en  même-tems  aydent  &  fortifient  la 
co&ion  &  les  autres  fondions  de  céte 
partie. 

De  ces  remedes  ftomachiques ,  les 
uns  font  froids, les  autres  chauds,fclon 


I  t  8  Part.I.  Des  AUcratlfs.  Se&.II. 
que  l'cftomac  eft  attaqué  d'humeurs, 
ou  de  maladies  froides  ou  chaudes. 

Notez  qu’ils  ne  doivent  pas  être 
trop  apéritifs  ,  ny  trop  diurétiques , 
mais  un  peu  aftringens ,  &  qui  ayent 
quelque  raport  au  propre  tempéra¬ 
ment  de  céte  partie ,  afin  d’en  confcr- 
ver  la  force. 

Le  premier  ufage ,  dans  une  indif- 
pofition  froide  ,  comme  le  dégoût,  le 
langlot ,  l’envie  de  vomir,  le  goût  dé¬ 
pravé  ,  l’inflation  ,  &  la  diuolution 
de  l’eftomac  ,  la  lienterie  ,  &c. 

Prenez  des  racines  du  calamus  aro- 
maricus ,  &  du  galanga  ,  de  chacune 
demie  once  ;  d’écorce  de  citron  fcc , 
trois  drachmes  ,  des  feiiilles  de  men¬ 
the,  de  betoine,  &  d’abfynthe,de  cha¬ 
cune  une  poignée  ;  de  graine  de  fe¬ 
nouil  ,  de  citron  ,  &  de  coriandre ,  de 
chacune  une  drachme  ;  des  fleurs  de 
fauge  ,  une  pincée.  Faites  boiiillir  le 
tout  pour  trois  prifes,  ajoûtant  à  cha¬ 
cune  ,  demie  once  de  lyrop  de  coins 
pour  prendre  le  matin  &  le  foir. 

Des  remedes  Chymiques  on  peut 
fe  fervir  d’huile  d’anis  depuis  fix 
goûtes  jufqu’à  douze. 


Chap.  VI.  Des  Stomachiques,  i  xy 

D’eau  thcriacale  dix  goures. 

D’eflence  d’ambre  gris  depuis  trois 
goures  jufqu’à  cinq. 

Du  Magiftcre  d’ambre  gris  jufqu’à 
quatre  graii^. 

De  l’Elixir  d’ambre  gris  jufqu’à 
demi  fcrupule. 

D’Elixir  ftomachique  jufqu’à  dix 
grains. 

De  l’Elixir  de  Qucrcetan  jufqu’à 
demie  cuillierée. 

De  l’Elixir  de  propriété  depuis  huit 
goûtes  jufqu’à  dix. 

Et  des  Galéniques  :  demie  drachme 
de  confettion  alkermes. 

Demie  drachme  d’opiatc  de  Salomon. 

Des  trochifques  de  rhubarbe  juf¬ 
qu’à  un  fcrupule. 

De  l’Ele&uaire  apellé  aromatiewn 
rofatum  ,  ou  de  celuy  de  diambra , 
jufqu’à  demi  fcrupule. 

On  peut  prendre  ces  remedes  feuls 
à  jeun ,  ou  dans  chaque  dofe  de  l’apo- 
zéme  ,  ou  dans  une  cuillierée  de  vin, 
ou  dans  une  liqueur  convenable ,  ou 
avec  un  peu  de  conferve  de  rofes  ,  en 
bolus ,  par  exemple. 

Prenez  une  drachme  de  conferve  de 


ïio  Part.I.  Des  Alteratifs.  ScCt.IÏ. 
rofes,  du  magiftere  d’ambre  gris,  trois 
grains ,  pour  prendre  le  matin  à  jeun 
pendant  deux  jours,  en  bcuvant  apres 
un  peu  de  vin. 

En  opiatc  pour  la  m£me  indica¬ 
tion. 

Prenez  demie  once  de  confcrve  de 
rofes ,  de  conferve  de  romarin  ,  deux 
drachmes  :  de  confection  d’alkermes 
Sc  d’opiate  de  Salomon  ,  de  chacun 
une  drachme  5  de  l’elixir  d’ambre  gris, 
ou  de  la  poudre  de  diambre  ,  demie 
drachme, du  fyrop  d’abfynthe  ce  qu’il 
en  faut  pour  faire  une  opiate.dont  oit 
prendra  une  drachme  à  jeun,  en  bcu¬ 
vant  apres  un  peu  de  vin  trempe. 

Ou  bien  en  poudre. 

Prenez  des  efpeces  de  l’elcCtuai- 
re  ar ornât Ui  rofati ,  trois  drachmes , 
d’ambre  gris  ,  iîx  grains  ;  de  fucre 
trois  drachmes,  faites  une  poudre, 
dont  la  dofe  fera  un  fcrupule ,  ou 
demie  drachme. 

Ou  en  tabletes. 

Prenez  une  once  de  confc&ion 
d’alkermes  ,  du  magiftere  d'ambre  , 
ou  de  la  poudre  de  diambre,une  demie 
drachme  ,  du  fucre  ce  qu’il  en  faut 
pour 


Chap.  VI.  Les  Stomachiques,  rir 
pour  faire  des  tableres,  que  l’on  pren¬ 
dra  feules  ,  ou  diifoutes  dans  du 
bouillon. 

Notez  premièrement  que  quand  on 
veut  fortifier  un  eftomac  froid  ,  il  eft 
meilleur  de  donner  les  remedes  fous 
une  forme  folide,  parce  qu’ils  demeu¬ 
rent  plus  ai  fé  ment  &  plus  long-tems 
dans  l’eftomac. 

Notez  fécond  ement  qu’il  faut  pren¬ 
dre  garde  ,  que  lors  que  l’on  veut 
échaufer  l’eftomac,de  ne  pas  augmen¬ 
ter  la  chaleur  des  autres  parties  ;  car 
fouvent  la  foiblelle  de  l'eftomac  vient 
de  la  trop  grande  chaleur  des  vifcercs, 
&  alors  cétc  foiblefle  femble  être  une 
froideur  naturelle  de  céte  partie  :  Et 
pour  ce  fujet  quand  on  a  deifein  de  for- 
lifier  un  eftomac  froid  par  les  remè¬ 
des  que  nous  avons  propofë  qui  font 
chauds.il  faut  qu’il  foît  naturellement 
froid ,  non  pas  à  raifon  d’une  mai¬ 
greur,  ou  de  la  perte  de  fa  chaleur  na¬ 
turelle  caufée  par  une  intempérie 
chaude  du  foye, comme  l'on  voit  arri- 
ver  fouvent  en  ceux  qui  ont  des  obftru- 
ftiôs  invétérées  compliquées  avec  une 
1iucmperic  chaude ,  &  dans  des  iu- 


Mi  Prat.I.  D es  A Itératifs .  Se£t. II. 
difpofitions  venans  des  hypocondres, 
dans  lefquelles  les  raports  &  les  vo- 
miflemens  aigres  ne  font  pas  des  mar- 
que  s  d’un  eftomac  froid  ,  mais  d’une 
grande  chaleur  des  vifeeres ,  &  d’une 
humeur  mélancolique  fermentée. 

z.  Dans  une  indifpofition  chaude, 
îorfque  toute  la  vigueur  de  l'eftomac 
femble  être  entièrement  perdue. 

Prenez  des  racines  de  cicorée  8c  d’o¬ 
seille,  une  once  de  chacun.e:des  Feuil¬ 
les  de  plantin ,  d’ozeille  &  de  cicorée, 
une  poignée  de  chacune  ;  des  graines 
de  plâtin  &  de  coin  ,  de  chacune  une 
drachme  ;  des  rofes  rouges  &  des  fom- 
mitez  d’abfynthede  Pont,  une  pincée 
de  chacun.  Faites-les  bouillir  jufqu’à 
tme  livre  &  demie  pour  rrois  dofes , 
pour  prendre  le  matin  &  le  foir  ;  ajoû- 
tant  à  chacune  fîx  drachmes  de  fyrop 
de  grenades,  ou  de  corail,  ou  de  coins. 

Ou  bien  dans  un  vomiflement  de 
bile,  &  le  débord  de  la  même  humeur 
par  delTus  &  par  defl'ous,dans  la  lien- 
teric,  venant  d’une  caufe  chaude,&  au¬ 
tres  accidens  où  l’eftomac  cft  échaufé, 
&  entièrement  atFoibly ,  la  déco&ion 
fuiYantc  cft  tres-bonne  pour  le  forti- 


’Chap.VI.  Des  Stomachiques,  njf 
fier ,  &  en  mêmc-tems  le  foye. 

Prenez  des  racines  de  cicorce  ,  6c 
de  tormentiile  ,  de  chacune  demie 
once  ;  du  fanral  rouge  Sc  du  citrin,  de 
chacun  une  drachme  &  demie;des  ta¬ 
marins  ,  une  once  ;  de  graine  de  coin 
6c  de  plantin,une  drachme  de  chacu¬ 
ne  ;  des  rofes  rouges  &  des  balauftes , 
une  pincée  de  chacun.  Faites  bouil¬ 
lir  le  tout.  Prenez  une  livre  8c  demie 
de  céte  décoétion  paflee  ,  dans  la¬ 
quelle  vous  dilToudrez  une  once  5 C 
demie  de  conferve  de  rofes  de  Gènes , 
6c  quinze  goûtes  d'efprit  de  vitriol 
pour  trois  prifes ,  que  l’on  reïterera 
fouvent. 

En  Julep  lors  que  l’cftomac  cft 
échaufé  &  abatu. 

Prenez  des  eaux  de  laitue  &  de  rô¬ 
les  ,  de  chacune  deux  onces  &  demie, 
du  fyrop  de  coins  fix  drachmes,  du  fel 
de  prunelle  demie  drachme. 

On  peut  ajouter  à  chaque  prife  de 
l’apozeme&du  Julep  de  demie  drach¬ 
me  ou  une  drachme  entierg  de  con¬ 
fection  de  hyacinthe. 

Du  magiftere  de  corail  depuis  iîx 
gtains  jufqu’à  dix. 


F  z 


ii4  Part.I.  Des  Alteratlfs.  Sc&.II. 

Du  fel  de  corail  jufqu’à  un  demi 
fcrupule. 

Du  Tel  d’abfyntc  ou  de  cicorée  , 
jufqu’à  un  fcrupule. 

Lors  que  les  forces  de  l’eftomac 
font  beaucoup  abatuës ,  on  y  peut 
ajouter  du  magiftere  d'ambre  ,  ou  de 
l’Elixir  ftomachique,  &c.  qui  échau- 
fent  &  qui  fortifient ,  dans  les  dofes 
que  l’on  a  marquées. 

L’opiate  fuivante  fortifie  &  rafrai- 
chit  l’eftomac  &  le  foyc  dans  une  in- 
difpofition  chaude. 

Prenez  de  la  conferve  de  rofes  de 
Gènes  &  de  cynorhodon  ,  fîx  drach¬ 
mes  de  chacune  ;  de  la  confection 
de  hyacinte ,  une  drachme  &  demie , 
du  magiftere  de  tartre  ,  &  de  corail  , 
une  drachme  de  chacun  -,  du  fel  d’ab- 
fynte  &  de  cicorée  de  chacun  une 
demie  drachme  >  de  fel  de  prunelle, 
une  drachme  ;  d’ambre  gris ,  ou  de 
fon  magiftere  ,  un  demi  lcrupule  ,  du 
fyrop  de  corail  ou  de  grenades  ,  ce 
qu'il  en  faut  pour  compofer  une 
opiate  ,  dont  on  en  prendra  deux  fois 
le  jour  le  matin  &  le  foir ,  de  la  grof- 
feur  d’une  petite  noix. 


Chap.  V I.  Des  Hépatiques.  1 1; 


CHAPITRE  VII. 

Des  Hépatiques. 

LEs  remedes  hépatiques  font  ceux 
qui  corrigent  l’inremperie  du  foye, 
qui  ôtent  les  obftruébions  ,  Se  qui  en 
même-tems  par  leur  legere  aftriétioiv 
le  confervent  dans  fa  forçe  ,  ou  l’y 
rétablilfent. 

Et  par  ce  que  le  foye  cft  quelque¬ 
fois  attaqué  d’une  intempérie  froide  , 
comme  dans  l’hydropifie  ,  la  cakexié 
&mauvaife  habitude  de  tout  le  corps, 
&  autres  longues  maladies  ;  quelque¬ 
fois  Sc  tres-louvent,  d’une  intempérie 
chaude  ,  comme  dans  les  fièvres  con¬ 
tinues  ,  &  les  tierces  intermittantes  , 
par  un  fang  échaufé  &  bouillant  : 
c'cft  pourquoy  on  ordonne  tantôt  des 
akeratifs  rafraichilfans  ,  tantôt  de 
ceux  qui  échaufenr. 

Dans  une  indifpofition  froide,  com¬ 
me  dans  des  obftrudtions  formées  par 
des  humeurs  grofilercs  &  vifqueufes, 
dans  la  cakexie  ,  les  pâles  couleurs 


3 16  Part.  I.  Des  A Itératifs .  Seéb.ïï. 

&  autres  femblables,  on  peut  ordon¬ 
ner  l'Apozéme  fuivant. 

Prenez  des  racines  d’apy  ,  de  perfil, 
de  panicaut,  de  chacune  une  once  :  de 
tow'ws  capillaires,  &  des  feuilles  d'a- 
grimeine,  une  poignée  de  chacune,de 
chamepyte ,  demi  poignée  :  des  fom- 
mitez  d’houblons  &  d'afperges  ,  de 
chacun  une  demie  poignée  :  des  grai¬ 
nes  d'apy  &  de  perfil,  deux  drachmes 
de  chacune:  des  fommitez  d’abfynthe 
ic  des  fleurs  de  foucy,  de  chacune  une 
pincée.  Faites  bouillir  le  tout  pour 
«rois  dofes ,  ajoutant  à  chacune  une 
«ncc  de  fyrop  de  cicorée  fimple. 

De  ces  memes  Amples  on  peut 
faire  des  bouillons  alteratifs  ,  &  on 
peut  ajouter  ï  chaque  prife  une  demie 
drachme  de  tartre  calybé  ,  ou  quel¬ 
qu’un  de  ceux  qui  font  marquez  dans 
Je  troifiéme  chapitre  de  la  première 
feétion ,  qui  traite  des  Bouillons  alte¬ 
ratifs. 

Quand  on  veut  en  même-rems  for-» 
tificr  &  ouvrir  les  conduits  fermez  par 
les  obftruftions  ,  on  peut  y  métré  de 
la  poudre  de  diambre  ou  de  diarho- 
flon  depuis  un  demi  fcrupule  jufqu’à 


€hap.  VII.  De  H/patiqm.  tij 
un  :  ou  des  trochifquqs  des  rhubar¬ 
be  un  fcrupule  ;  ou  pn  fçrupule  de 
ceux  d’abfynthe  j  ou  la  même  dofe  de 
Ton  extrait  :  ou  de  l’elixir  de  propriété 
depuis  fix  goûtes  jufqu’à  douze  ;  ou 
de  celuy  d'ambre  gris ,  jufqu’à  demi, 
fcrupule. 

Il  faut  prendre  garde  que  dans  une 
indifpofition  froide  du  foye,  il  ne 
faut  pas  employer  des  remedes  qui 
échaufent  trop  ,  parce  qu’ils  l’affoi- 
bliroicnt  encore  davantage  par  la  trop 
grande  diflipation  qu’ils  cauferoient 
mais  plutôt  il  faut  fe  fervir  de  ceux 
qui  incifent ,  atténuent ,  détergent  » 
£c  qui,  ont  peu  d’aftridion,. 

Dans  une  indifpofition  chaude 
caufée  par  la  bile  ,  &  une  pituite  ÔC 
mélancolie  brûlée ,  on  peut  ordon¬ 
na  une  décodion  fuivante. 

Prenez  des  racines  de  gramen  ,  de 
brufe  y  &  d'afperges ,  une  once  de 
chacune  :  des  feuilles  de  cicorée 
avec  la  racine  ,  d’agrimoine  ,  de  ca¬ 
pillaires  ,  de  fumeterre  ,  &  de  cetcrac, 
de  chacune  une  poignée  ;  des  graines 
de  melon ,  de  courge  &  de  citron  ,  de 
chacune  deux  drachmes  ;  des  raifing 


il  U  Part.!.  Des  jilieratifs.  Scét.IÏ. 
mondez  ;  une  once  ;  des  fleurs  de 
violetes ,  de  bourrache  ,  de  buglofe 
&  de  cicorée  ,  une  pincée  de  chacu¬ 
ne.  Faites  bouillir  le  tout  pour  trois 
prifes ,  ajoutant  à  chacune  une  once 
de  fyrop  de  cicorée  Ample ,  ou  de 
capillaire. 

Des  mêmes  Amples  on  en  fait  des 
bouillons  ,  dans  laquelle  on  diflouc 
quelqu'un  des  apéritifs  Galéniques  Sc 
Chy  iniques  déjà  cités,  mais  principa¬ 
lement  du  tartre  vitriolé  ,  ou  calybé, 
du  fel  d'abfynte  ,  &c. 


CHAPITRE  VIII. 

Des  Splenitiques. 

LEs  Splenitiques  font  des  remedes 
deftinez  pour  la  rate ,  qui  fubti- 
lifent  &  détergent  céte  humeur  ter- 
reftre  &  grofliere,  qui  y  cft  contenue. 
Les  fplcnitiques  ,  (elon  Galien  ,  font 
fcmblables  aux  hépatiques,  mais  plus 
forts  ,  qui  ont  moins  d'aftriélion  ,  k 
raifon  des  humeurs  plus  groflicres 
dont  la  rate  abonde. 


Chap.VlIL  Des  Splenîtîques.  uj 

Quelques-uns  font  chauds,  médio* 
creraent  néanmoins,  &  douez  de  par¬ 
ties  fubtiles,  qui  font  propres  pour  la 
mélancolie  naturel^  ;  d’autres  qui 
font  médiocrement  rafraichiirans ,  &C 
qui  font  pour  l’atrabile. 

Les  mêmes  décoctions  que  nous 
avons  décrites  dans  le  Chapitre  des 
Apozcmes ,  pour  préparer  la  mélan¬ 
colie  &  l'atrabile ,  peuvent  avoir  lieu 
ici  ;  aufqueUes  on  peut  ajouter  d'au¬ 
tres  remedes  apéritifs  en  opiates  ;  pi¬ 
lules  ,  poudres  ,  tabletes  ,  que  l’on 
trouvera  en  plusieurs  endroits  de  ce 
Livre. 

La  décoClion  fuivante  peut  être 
utile  dans  le  Scorbut  ,  les  Vertiges, 
pour  les  mélancoliques  ,  hypocon¬ 
driaques  ,  &  autres  fera  blés  maladie?, 
où  le  foye  &  la  rate  font  atteintes 
d’obftruCtions  ,  &  d’intemperie  ac¬ 
compagnée  de  foibleire. 

Prenez  des  racines  de  cicorée  ,  de 
brufe  &  d’apy ,  une  once  de  chacune  : 
des  feuilles  d’agrimoine  ,  de  cicorée, 
de  pimpinelle,de  l’herbe  aux  cuilliers 
(  c’eft  la  cochlearia  ,  )  de  cerfeuil ,  de 
tcrle  >  &  de  fumeterre ,  une  poignée 


3)0  Part. T.  Des  AUtraùfs.  ScA.IT. 
de  chacune  :  de  tartre  calybé ,  de 
graine  de  melon  ,  de  courge  ,  &  d'a- 
py,  de  chacune  deux  drachmes  .quel¬ 
ques  tranches  de  pomme  renette  ,  dej 
fleurs  de  buglofe  ,  de  bourrache  ,  de 
violetes ,  &  de  geneft  >  une  pincée 
de  chacune.  Faites  bouillir  le  tout 
dans  une  fuffifante  quantité  d'eau,  ou 
de  petit-lait  de  chèvre  pour  quatre 
priles  que  l'on  prendra  Le  matin  &  le 
foir,  ajoutant  à  chacune  du  fyrop  de 
jricorée  fimple  une  once. 

On  peut  diiloudre  dans  chaque 
prife,  une  demie  drachme  de  teinture 
de  Mars ,  ou  demi  fcrupule  de  Tel  d'é- 
nrevifTes  de  rivière  i  ou  de  fel  d’abfyn- 
the  dépuis  quinze  grains  jufqu’à  un 
fcrupule  j  ou  du  Tel  de  l’herbe  aux 
cuilliers ,  ou  de  germandrée  ,  depuis- 
un  demi  fcrüf  ule  jufqu’à  un  ;  ou  d'ef- 
prit  de  fel  armoniaque  jufqu’à  fix  oa 
•huit  goûtes ,  &  autres  femblables  que 
nous  avons  marquez  dans  le  Chapi¬ 
tre  des  Bouillons  alteratifs  ,  &  de  la- 
Déco&ion  hépatique- 


Chap.lX.  Contre  les  vers  ,  &c.  t  $ i 


CHAPITRE  IX. 

Des  Aheratifs  propres  aux 
Jntejlins. 

LEs  Inteftins  outre  plufieurs  mala* 
dies  qui  leur  font  communes  avec 
les  autres  parties  du  corps ,  ils  ont 
cela  de  particulier  ,  à  raifon  de  leur 
conformation ,  de  leur  fon&ion  ,  & 
de  leur  tempérament  ,  d’étre  plus  fu* 
jets  à  contenir  des  vents  >  &  des  vers  ; 

?>our  lefquels  nous  donnerons  icy  des 
pccifiques  dans  la  forme  qui  leur  efk 
propre. 

Des  Spécifiques  contre  les  Vers. 

Les  fpecifiques  contre  les  vers  fonç 
des  medicamens  qui  par  une  qualirç 
manifeftCj  amere ,  aigre,  acre,  oleagir 
neufe  ou  aftringente  ;  ou  qui  pa?  unç 

Îiualité  occulte  &  fpecifiquc ,  peuvenç 
aire  t^ourir  céte  vermine. 

tes  remedes  amers ,  acres ,  aigres 
fa*  le  vu  futilité  pcnçtr«mt  céte  fu^. 


J  $  r  Part.I.  T>es  Alteraùf).  Sed.II. 
tiance  dont  s’engendrent  les  vers ,  les 
diflïpent  :  les  aftringens  en  refl'errant 
les  pores  ;  les  oléagineux  en  bouchant 
empêchent  la  tranfpiration  dont  ces 
înledes  vivent ,  &  par  ce  moyen  les. 
fufoquenr. 

Voicy  un  Julep  pour  tuer  les  vers- 
dans  la  fièvre  caufêe  par  la  ver¬ 
mine. 

Prenez  des  eaux  de  pourpier  &  de 
cicorée ,  deux  onces  de  chacune  ;  de 
coufedion  de  hyaeinte  ,  &  de  la 
poudre  contre  les  vers,  un  fcrunule  de 
chacune  ;  de  coralline  demi-  lcrupu- 
le  ,  de  fyrop  de  limons  demie  once. 

Ou  en  décodion. 

Prenez  des  racines  de  chien-denrr 
de  cicorée ,  &  d’ozeille  ,  une  once- 
de  chacune  :  des  feuilles  de  cicorée  T 
de  pourpier  »  d’ozeille ,  &  d'agrimoi- 
ne ,  de  chacune  une  poignée,  du  feor- 
dium  ,  demi;  poignée  ;  d’orge  entier 
une  pincée  ;  de  raclure  d’yvoire  une 
drachme  ;  dès  feuilles  de  bourrache  r 
de  buglofe,  de  violetes ,  &  de  cicorée; 
dé  chacune  une  pincée.  Faires  bouillir 
Te  tour  pour  quatre  prifes  ;  vous  ajou¬ 
terez  à  chacune  demie  once  de  fyrop 


Chip. IX.  Contre  les  Fers ,  &c.  t  $  $ 
de  limons ,  &  d'efprit  de  vitriol ,  trois! 
goûtes  :  vous  les  donnerez  le  matin  5c 
le  foir. 

Vous  y  pouvez  ajouter  un  fcrupulc 
de  confection  de  hyacintc,  &  autant 
de  poudre  contre  les  vers. 

D’efprit  de  nitre ,  ou  de  foulfre ,  ou 
de  fel ,  jufqu’à  quatre  goures. 

Des  trochifques  de  corail  ou  de 
corne  de  cerf,  un  lcrupule. 

De  vraye  pierre  bézoardique  qua¬ 
tre  grains. 

De  poudre  de  vers  tirez  de  la  terre , 
fechez  dans  le  four,  demie  drachme. 

Les  vers  caulênt  quelquefois  aux 
en  fan  s,  des  vomilfemens,  des  dégoûts, 
des  alfoupilTemens  fans  fièvre,  ou  avec 
fièvre  :  à  quoy  on  obviera  par  la  fui- 
vanre  potion. 

Prenez  trois  îmees  d’eau  de  pour  a. 
pier,de  confection  de  hyacinte  demie 
drachme^  de  poudre  contre  les  vers  5c 
de  coralline,  un  fcrupule  de  chacune,, 
de  fyrop  de  limons  demie  once. 

On  peut  employer  pour  la  même 
fin  les  remedes  fuivaus  tant  Galenii- 
ques  que  Chymiques. 

De  la  poudre  d'hier  a  plcra,  un  fcrifc- 


1 J  4  Part.  I.  Des  Altérât  if  s.  ScA.IT. 
pule  :  de  la  thériaque  vieille  une  de¬ 
mie  once  :  de  la  poudre  de  viperes  un 
demi  fcrupule  :  du  mercure  précipité 
jufqu'à  fix  ou  dix  grains. 

La  poudre  fuivante  eft  aulli  tres- 
fpecifique. 

Prenez  de  coralline  &  de  corne  de 
cerf  préparée  ,  de  chacune  demie 
drachme ,  de  la  graine  contre  les  vers, 
&  de  la  poudre  d’hiera  picra,  de  cha¬ 
cune  un  fcrupule.  Vous  donnerez  de 
céte  poudre  demie  drachme  chaque 
femaine  à  jeun,  avec  un  peu  de  pana¬ 
de.  Ou  bien , 

Prenez  une  drachme  de  rhubarbe 
çhoifie,  de  graine  contre  les  vers,  &  de 
coralline,  de  chacune  une  drachme  -, 
de  mercure  doux  une  demie  drachme  » 
vous  donnerez  de  céte  poudre  jufqu'à 
demie  once  -,  elle  purge  doucement  les 
enfans ,  &  tuë  les  vers  ,  ou  empêche 
qu'ils  ne  s'engendrent. 

Dans  les  fièvres  malignes  quand  les 
vers  font  de  la  partie, on  peut  donner 
le  Julep  fuivanr. 

Prenez  d’eau  de  feorzonere,  de  fcar 
bieufe ,  &  de  pourpier  ,  deux  onces 
de  chacune ,  du  fyrop  de  limons»  une 


Chap.IX.  Contre  les  Vert,  &c.  r  yf 
once  &  demie  ;  de  poudre  de  vipères , 
&  de  graine  contre  les  vers,  de  cha¬ 
cune  une  demi  fcrupule,du  Tel  de  pru¬ 
nelle  une  demie  drachme  ,  de  con¬ 
fection  de  hyacinte  un  fcrupule. 

Quelquefois  la  fièvre,  les  vomifle- 
mens,  &  les  convulfions  arrivent  par 
un  mouvement  extraordinaire  caufé 
par  des  vapeurs  qui  s'élèvent  de  lai 
pourriture  &  de  la  malignité  :  &  en> 
ce  te  rencontre  , 

Prenez  quatre. onces  d'eau  de  pour¬ 
pier  ,  trois  drachmes  d'eau  theriacale, 
de  confection  de  hyacinte  ,  ôc  de  1» 
poudre  contre  les  vers ,  de  chacune  un 
fcrupule  que  vous  donnerez  en  une 

frife ,  ou  en  deux  ,  félon  l’âge  de 
enfant. 

Au  défaut  d’eau  theriacale, on  peut 
mettre  de  la  thetiaque  dépuis  un  icru- 
pule  jufqu'à  demie  drachme. 

Des  Carmiuatifs. 

Les  carminatifs  ont  beaucoup  de 
raport  aux  diaphoretiques  j  ils  échau- 
fcntjils  fubtilifenr  &  diiïipent  comme 
infenfiblement ,  les  vapeurs  &  les 
Vents  qu’une  matière  froide  produit* 


i }  (î  Part.I.  Des  Alteratifs .  SeéMf. 

On  s’en  fert  dans  les  coliques 
dans  les  douleurs  &  fufocation  de  la 
matrice  cauféts  par  les  vents ,  &  par 
une  matière  froide.  Par  exemple. 

Prenez  d’eau  de  chardon  béni ,  fix 
onces  ;  d’eau  de  la  Reyne  d’Hongrie, 
une  drachme  8c  demie  ;  d’efpric  de  nî- 
tre  ,  dix  goûtes  ;  donnez  céte  potion 
un  peu  tiède.  Ou  bien , 

Prenez  fix  onces  de  décoction 
d’abfynte  ,  d’efprit  de  tartre  un  feru- 
pule  ou  deux ,  donnez  la  tiède. 

Ou  bien  le  Julcp  fuivanr. 

Prenez  trois  onces  d’eau  nafe ,  de 
vieille  thériaque  un  fcrupule  ,  une 
cuillierée  d’eau  de  canelfe  ,  ou  fix 
goûtes  d’huile  d’anis  extraite  chymi- 
quement.  Ou  ces  tabletes. 

Prenez  demi  fcrupule  d’huile  d’a- 
nis ,  une  once  &  demie  de  fucre  dif- 
fout  dans  l’eau  de  canelle.  Faites  -  en 
des  tabletes. 

Il  faut  prendre  garde  dans  l’ufage 
de  ces  remedes  à  une  erreur  qui  fc  faïc 
a  fie»  fouvent ,  quand  principalement 
dans  les  maladies  des  hypocondres  , 
dans  la  colique  bilieufe  ,  dans  les. 
Tifceres  échaufcz  ,  8c  une  grande 


Chap.  X.  Des  Méphitiques.  1 j  7 
fermentation  des  humeurs  ,  il  s’élève 
des  ventofitez  produites  par  une  cha¬ 
leur  acre  &  forte  ;  &  dans  céte  oca- 
fion ,  il  ne  faut  pas  donner  les  reme- 
des  chauds ,  tels  que  nous  venons 
de  décrire  ,  mais  les  rafraichiflans 
temperez  &  qui  hume&ent  ,  en  y  mê¬ 
lant  ceux  qui  difeutent  &  refolvent 
doucement. 


CHAPITRE  X. 

Des  Néphntiquts. 

ON  nomme  ces  remedes  néphri- 
tiques  qui  fervent  à  guérir  les 
maladies  des  reins.  Outre  plufieurs 
maladies  que  les  reins  ont  de  com¬ 
mun  avec  les  autres  parties  du  corps  ; 
elles  ont  encore  de  particulier  ,  la 
grande  chaleur,  le  calcul,  le  fable,  les 
humeurs  vifqueufes  ;  &  la  rétention 
des  ferofitez  qui  font  deftinées  pour 
l'urine.  Et  félon  ces  diverfes  indica¬ 
tions  ,  on  employé  plufieurs  fortes  de 
«cmedes. 

t-  Pour  la  chaleur  des  reins  &  de: 


1 3  8  Part.I.  Des  Alteratifs.  Sett.IT. 
l’urine ,  dans  les  indifpoiitions  chau¬ 
des  des  reins  &  de  la  vdïie  ,  on  peut 
fc  fervir  du  Julep  fui  vaut. 

Prenez  des  eaux  de  laitue  ,  de 
pourpier,  &  de  nymphée,  de  chacune 
deux  onces ,  du  fyrop  yiolat  ,  ou  de 
nymphée  une  once  &  demie  ,  du  fel 
de  prunelle  ,  upe  drachme. 

En  Apozéme. 

Prenez  de  racines  de  cicorée  une 
once  &  demie  ;  de  la  racine  de  gui¬ 
mauve,  &  de  reglilfe,  de  ohacune 
demie  once  :  des  fciiilles  d'ozeille,  de 
laitue ,  de  pourpier ,  &  de  fraifier,  de 
chacune  une  poignée:  des  extremitez 
de  mauve  demie  poignées  ;  des  grai*. 
«es  de  melon,  de  concombre,  de  cour¬ 
ge  ,  de  citrouille,  &  de  pavot  blanc  , 
de  chacune  une  drachme  ;  des  fleurs 
de  violetes  ,  de  mauves ,  &  de  nym- 
phéç  ,  une  pincée  de  chacune.  Faites 
bouillir  le  tout  pour  trois  prifes,ajoû- 
tant  à  chacune  une  once  de  fyrop  de 
violetes ,  ou  de  limons,  ou  de  altlvea, 
&  une  drachme  de  fel  de  prunelle. 

Pour  des  Emulfions  voyez  le  Chapi¬ 
tre  quatrième  de  la  première  Seébion, 
Il  y  a  à  remarquer  qu’il  ne  faut  pas  fc 
fervir  des  feuls  diurétiques  &  des  de- 


Chap.  X.  Des  Nephritiques.  1 3  9, 
teriifs ,  dans  un  débord  d’urine  acom- 
pagnc  d’acrimonie  ,  &  chaleur  de 
reins  ;  mais  il  faut  mêler  aux  rafrai- 
chiiïans  &  déterfifs  ,  des  aftringens 
bénins  &  qui  épaiflilfcnt  ,  comme 
font  la  laitue  ,  le  pourpier,  le  fraifier, 
le  plantin  ,  les  graines  de  coins  ,  de 
pfyllium,  &c. 

Le  fécond  ufage  des  nephritiques 
eft  pour  rompre  les  pierres  qui  font 
dans  les  reins  &  dans  la  veflïe  ;  ce 
qu’ils  font  premièrement  par  une  pro¬ 
priété  occulte  :  &  fecondement  par 
une  qualité  manifefte  ,  par  la  faculté 
qu'ils  ont  de  déterger  &  d’incifer , 
acompagnée  d’une  fubtilité  de  partie* 
fans  pourtant  beaucoup  de  chaleur , 
félon  le  fentiment  de  Galien  ,  de  peur 
qu’ils  n’endurciflent  davantage  la 
pierre.  Troifiémement  par  l’âpreté 
qu’ils  ont ,  par  laquelle  ils  diminuent 
la  fuperficie  de  la  pierre,  en  raclant 
ils  la  brifent  infenfiblcment. 

Les  Chymiftes  raifonnent  tout  au¬ 
trement  touchant  les  remedes  nephri- 
tiques.Tachenius  foûtient  que  la  pier¬ 
re  fe  forme  par  l’union  de  l'acide  &C 
de  l’alkali  qui  s’épailHHeut  avec  un 


1 40  Part.I.  Des  Mter4tifs.  Seft.II. 
cxcrement  terreftre.  Et  il  le  prouve 
ainfi.  Prenez  une  pierre  qui  ait  été 
formée  dans  les  reins  ou  dans  la  vef- 
fie  ;  mettez-là  dans  un  cornue ,  vous 
en  verrez  fortir  l’alkali  par  la  force 
du  feu  ,  &  les  pièces  demeureront 
au  fonds  ,  qni  fe  briferont  entre  les 
doigts.Quc  fi  vous  jetez  delfits  l'alka- 
li  que  vous  en  aurez  extrait ,  ils  re¬ 
tournent  en  leur  premier  état  de  pier¬ 
re  :  Cet  Auteur  croit  que  la  pierre 
ne  fe  peut  dilToudre  que  par  fon  fem- 
blable  ,  à  fçavoir  par  une  liqueur  qui 
prenne  le  milieu  entre  l'acide  &  l’al¬ 
cali  ,  8c  qui  loit  tres-fubtil,  afin  de 
mieux  penctrer. 

Voilà  qui  eft  tres-ingenieufement 
inventé  ,  fi  que  ce  fçavant  Homme 
avance  par  la  force  du  rationnement, 
fe  trouve  aufli  véritable  par  l'expe- 
rience  dans  les  corps.  C'eft  une  maxi¬ 
me  allurée  dans  la  Chymie,que  les  fem- 
blables  font  dilfous  par  les  fembla- 
b!es  ;  non  pas  pourtant,que  le  diflol- 
vant  &  ce  qui  eft  capable  d'étre  dif- 
foût  foient  femblable  en  fubftance  ; 
comme  fi  ,  dit  cét  Auteur ,  une  chofe 
fe  dilfolvoit  par  la  même  qui  la  corn- 


Chap.  X.  Des  Nephritiques.  14* 
pofe  i  mais  ccte  refiemblance  eft  dans 
une  certaine  aimable  proportion  qui 
fc  trouve  en  eux  à  raifon  de  leur  figu¬ 
re  ,  des  conduits  &  des  pores  ;  d’ou  il 
arrive  qu'ils  s'unifient  &  Te  mêlent 
facilement  ,  par  ce  moyen  nous  vo¬ 
yons  que  le  vinaigre  difiout  le  plomb, 
8c  l'étain  le  fer  :  les  matières  oleagi- 
neufes  font  pénétrées  par  celles  qui 
participent  du  fel  ,  &  celles  -cy  par 
les  fulphurécs  ,  bien  qu’elles  foient 
fort  diftemblables  en  fubftances  :  un 
menftruë  bénin  difiout  un  corps  qui 
a  beaucoup  de  confiftance ,  &  qui  rc- 
ilfte  à  un  autre  menftruë  beaucoup 
plus  fort  :  ce  que  l'on  obferve  dans 
l’cfprit  volatil  du  fel  marin  ,  préparé 
comme  il  faur,  lequel  n'ayant  aucune 
acrimonie  difiout  l’or  ,  ce  que  l'eau 
forte  ne  peut  pas  faire.Cét  efprit  s’in- 
finuë  doucement  dans  les  pores, &  fans 
rien  perdre  de  fes  forces  il  pénétré 
les  petites  parties  de  l’or,  conlume  8c 
brife  tout  ce  qui  s’opofe  à  fon  effet  j 
mais  l’eau  forte  s’affoiblit  au  premier 
choc  qu’elle  donne, &  devient  incapa¬ 
ble  de  pénétrer  dans  les  autres  parties, 
&  de  les  diftgudre.  Céte  même  eau , 


I4i  Par.ï.  Des  Alteratïfs.  Se&.  II. 
pénétré  &  dill’oût  les  métaux  &  les 
pierres  les  plus  dures, ce  qu’elle  ne  fait 
pas  dans  la  cire,  dans  le  îbulfre,&  les 
autres  chofes  graffes  ;  tant  il  eft  vray 
qu’il  y  a  dans  les  minéraux  8c  dans  les 
métaux  certaines  particules ,  qui  ont 
tant  de  raport  avec  quelques  menf- 
trucs  particuliers,de  la  façon  que  nous 
avons  dit ,  qu’ils  fembltnt  s’élever  du 
centre  de  la  liqueur  pour  aller  à  leur 
rencontre,  &  s’unir  plus  fortement. 

Bien  que  les  Chymiftes  par  leurs 
expériences  femblent  nous  perfuader 
céte  do&rine ,  ce  qu’ils  ne  pourront 
néanmoins  pas  fe  vanter  de  faire  par 
aucun  diflolvant  touchant  les  pierres 
qui  fc  trouvent  dans  les  reins  &  dans 
la  veffie.  Et  encore  que  Tachenius 
fe  donne  cét  avantage  ,  il  y  a  lieu 
pourtant  de  croire  qu’il  ait  dit  par 
théorie  feulement ,  jufqu’à  ce  que  des 
exemples  fatisfallent  &  convainquent 
de  ce  qu'il  avance. 

Il  y  a  des  diflolvans  qui  extérieure¬ 
ment  rompent  véritablement  les  pier¬ 
res  ,  mais  qui  étant  pris  intérieure¬ 
ment  ne  les  fendent  pas  fans  un  grand 
danger  de  la  vie,  tel  qu’eft  l'eau  fortCr- 


Chap.  X.  Des  KTephrltlcjUtt. 

Que  fi  on  peut  donner  quelque  acide 
moins  mal-faifant ,  auparavant  qu’il 
foit  arrivé  aux  reins ,  ou  lors  qu’il  efl; 
tombé  dans  la  veflïe ,  il  rencontre 
quelques  alkalis  aufquels  il  fe  joint  ; 
ou  quelques  corps  heterogenes ,  avec 
lelquels  en  bouillant  il  fe  hurte  ,  & 
entrechoque ,  &  par  ainfi  il  perd  Tes 
forces ,  &  Tes  pointes. 

Tous  les  dilïolvans  que  jufqu’à 
prefent  on  a  crû  avoir  la  force  de 
brifcr  les  pierres  ,  ne  le  font  d’autre 
maniéré  qu’en  ôtant  les  eau fes  ante- 
cedantes  qui  font  difperfées  par  tout 
le  corps ,  ou  en  confirmant  dans  les 
reins ,  &  dans  la  veflie  l'alkali  qui  s’y 
rencontre,  ou  en  abforbant  l’acide,  ou 
en  tirant  par  la  diflblution  ,  la  pierre 
endurcie,  ou  rompant  les  liens  qui  te- 
noient  comme  étroitemét  unies  &  fer¬ 
rées  toutes  fes  parties.  Céte  dernière 
façon  bien  qu’elle  foit  difficile ,  elle 
n’excede  pourtant  pas  les  forces  de 
l’Art  ou  de  la  Nature.  Et  principale¬ 
ment  fe  trouvant  à  prefent  des  mens¬ 
trues  très-doux  prefque  infipides  ,  8c 
nullement  acres ,  qui  pénétrent  entie- 
rcment  les  minéraux  ,  &  les  métaux , 


14+  Part!.  Des  Alteratifi.  Scét.II. 

&  qui  font  plutôt  leurs  effets  que  les 
plus  violens  qui  font  corrofifs  :  & 
qu'il  y  a  des  eaux  minérales  qui  ont 
de  l'acidité ,  qui  brifent ,  &  qui  font 
fortir  les  prières  qui  ne  font  pas  en¬ 
cor  beaucoup  endurcies  ,  &  d'autres 
néphritiques  qui  font  connus  depuis 
long-temps ,  &  de  nos  jours  une  lorte 
de  pierre  qui  cft  fi  fameufe  parmy 
les  Efpagnols.  On  peut  encore  ajou¬ 
ter  les  fuivans  ,  par  exemple  cét  Apo- 
zéme. 

Prenez  des  racines  de  perfil,  d'apy, 
ôc  d’arréte-bœuf ,  une  once  de  cha¬ 
cune  ,  de  bois  néphritique,  demie  on¬ 
ce  ;  des  feuilles  de  faxifrage,  de  parié¬ 
taire  ,  d'agrimoine  ,  de  calcitrape,& 
de  fenoiiil  marin  ,  une  poignée  de 
chacune  ;  de  graine  de  milium  Jolù,  ou 
petit  grernil  ,  de  perfil ,  de  paliure,  de 
crcffbn  d’eau  ,  ou  berle  ,  deux  drach¬ 
mes  de  chacune  ;  de  raifins  mondez 
une  once  ,  des  grains  d’alkckenge 
deux  drachmes  ;  des  fleurs  de  tanaile, 
&  de  verge  dorce,  une  pincée  de  cha¬ 
cune.  Faites  unedécottion  pour  trois 
prifes ajoûtant  à  chacune  une  once 
de  fyrop  de  reffors  de  la  deferiptio» 


Chap.  X.  Des  Nûphrhiques.  r4j 
de  Ferncl ,  ou  une  once  d'oxymcl  Am¬ 
ple  ,  ou  fquillitique. 

De  ces  mêmes  Amples ,  on  peut 
faire  des  bouillons  ,  &  diifoudre  à 
chacun  ,  comme  aufli  dans  les  dofeS 
de  l’qpozéme  ,  ou  dans  quelqu’autre 
liqueur  fpecifiquc  quelqu’un  des  re- 
medes  fuiyans  ,  tant  Galéniques  que 
Chymiques. 

Du  hic  de  limon  fraîchement  ti¬ 
ré  ,  jufqu’à  demie  once ,  ou  une 
once. 

D'cfprit  de  terebinthine,  depuis  Ax 
goûtes  ,  jufqu’à  dix. 

De  l’efprit  néphritique  de  Schro- 
der  ,  depuis  Ax  goûtes  ,  jufqu’à 
huit. 

D’cfprit  de  tartie  ,  depuis  delnie 
drachme  ,  jufqu’à  une. 

Du  fel  de  vitriol  nitré  de  Schroder, 
jufqu’à  un  fcrupule. 

Du  fel  de  tartre  ,  de  genevre, 
d  arrete-bœuf ,  jufqu’à  un  demi  fcru¬ 
pule. 

De  l’elixir  néphritique  de  Schro- 
uer  j  jufqu’à  une  cuillierée. 

De  l’huile  de  feorpionsde  Matthieu. 
*e  »  jufqu’à  une  drachme. 

G 


146  Part.!.  Des  Alterttifs.  Sed.II. 

De  la  poudre  de  porcelets ,  jufqu’k 
un  fcrupule. 

De  l'efprit  de  Tel  ,  jufqu’à  fix 
goûtes. 

Des  cendres  de  feorpions  ,  jufqu’à 
un  fcrupule  ,  ou  demie  drachme. 

On  eftime  fort  la  décodtion  fui- 
vante  ,  pour  chafler  la  pierre ,  &  le 
fable  qui  font  dans  les  reins ,  &  dans 
la  veine. 

Prenez  du  bois  néphritique  demie 
once  >  du  perfil  avec  la  racine  trois 
onces  ;  des  grains  d’alkekenge,  &  de 
crème  de  tartre ,  demie  once  de  cha¬ 
cun.  Faites  bouillir  le  tout  dans  un 
pot  de  terre,  avec  quatre  livres  d'eau, 
j-ufqu’à  la  confomption  de  trois  li¬ 
vres  ,  vous  ajouterez  à  la  fin  Une 
drachme  &  demie  de  canelle,  du  fucre 
eandy  trois  onces  ,  le  fuc  de  trois  li¬ 
mons  fraichcment  tiré,  retirez  prom- 
tement  dü  feu  le  pot ,  &  quand  la  dé- 
coftion  fera  rafroidie  ,  paffez-là  fou- 
vent  ,  vous  en  donnerez  fix  onces  le 
loir  &  le  matin.  Ou  bien , 

Prenez  d’huile  d’amandes  douces* 
thée  fans  feu  ,  deux  onces ,  du  fuc  de 
limons  tout  fraichcment  tiré &  du 


Chap.  X.  Des  Néphrétiques.  147 
fyrop  d'althrea  deFernel,  une  once 
de  chacun.  Ce  Julep  eft  fouverain 
dans  la  colique  ren ale, pour  faire  tom¬ 
ber  la  pierre  des  reins.  En  U  place  du 
fyrop ,  on  y  peut  mctrc  une  once  de 
fucre  candy  ,  &  quand  la  douleur  eft 
prenante ,  au  lieu  de  fucre  ou  de  fy¬ 
rop  ,  on  y  peut  métré  demie  once  de 
fyrop  de  pavot. 

Le  Julep  fuivant  eft  au  fil  très-bon 
quand  il  y  a  fupreflion  d’urine  ,  Sc 
dans  la  douleur  prenante. 

Prenez  du  fuc  de  pariétaire ,  &  de 
fenouil  marin,  de  chacun  une  once  SC 
demie ,  du  fuc  de  limons  fraîchement 
tiré,  &  d'huile  d'amandes  douces,  une 
once  de  chacun. 

On  en  peut  préparer  un  ainfi  fur 
le  champ. 

Prenez  des  eaux  de  pariétaire  ,  de 
guimauve ,  ou  d'écorce  de  fèves  ,  de 
chacune  trois  onces,- du  fyrop  de  vio- 
leres,  ou  d’althaea,  une  once  &  demie, 
de  l’efprit  de  tartre  ,  ou  de  terebin- 
Thincjdemi  fcrupule,  ou  au  défaut  de 
ces  efprits,  on  y  peut  métré  une  once 
de  fuc  dé  limons. 

3*  Pour  chaiïer  le  fable ,  &  les  hu- 
G  2 


148  Part.I.  Des  Alteratlfs.  Sed.II. 
meurs  vifqueufes  qui  font  dans  les 
reins  :  pour  fatisfaire  à  céte  indica¬ 
tion  ,  on  ne  fe  fert  point  d’autres  re¬ 
mèdes  ,  que  de  ceux  que  l’on  a  pro- 
pofé  pour  rompre  la  pierre. 

4.  Pour  faire  uriner  ;  &  les  remè¬ 
des  qui  acomplident  céte  indication, 
s’apellent  diurétiques  ;  à  fçavoir 
ceux-là  qui  par  la  fubtilité  de  leur 
fubftance  font  pifTer  ,  dcfquels  nous 
parlerons  en  fon  lieu. 

5.  Pour  arrêter  le  fang  qui  fort  avec 
l’urine.  Pour  ce  fujet  la  décodion 
fuivante  pourra  fervir. 

Prenez  des  racines  d’ozeille  ,  & 
de  la  grande  confolide ,  une  once  de 
chacune  :  des  feuilles  de  plantin ,  de 
laitue,  de  pourpier,&  de  mille-feiiille, 
une  poignée  de  chacune;  de  graine  de 
pavot  blanc  ,  &  de  pourpier  ,  deux 
drachmes  de  chacune  ;  des  jujubes,  & 
de  la  reglifle ,  demie  once  de  chacune, 
des  fleurs  de  nymphée  ,  &  de  rofes 
rouges,  une  pincée  de  chacune.  Faites 
une  décodion  pour  quatre  dofes,  que 
lion  donnera  le  matin  &  le  foir ,  ajoû- 
ranr  à  chacune  du  fyrop  de'  corail, 
ou  de  rofes  fcches ,  ou  de  pourpier , 


Chap.  X.  Des  Nephritlques.  14$ 
une  once  ,  de  fcl  de  prunelle  une 
drachme. 

Quand  il  y  a  douleur  caufée  par  l'a¬ 
crimonie  de  l’urine  ,  avec  du  fang  , 
on  y  ajoute  fouvent  du  fyrop  de  pa¬ 
vot  trois  drachmes. 

On  y  peut  aulli  métré  quelqu’un 
des  remedes  fuivans  ,  tant  Galéniques 
que  Chymiques.  Comme , 

Des  trochifques  de  Gordon  ,  juf- 
qu’à  demie  drachme. 

Des  trochifques  d’alkekenge  fans 
Opium,  jufqu’à  un  fcrupule,  ou  demie 
drachme. 

De  ceux  de  corail ,  ou  de  terre  fi- 
gilléc  ,  jufqu’à  demie  drachme. 

Et  fans  omettre  ceux  que  nous 
avons  raportez  dans  le  Chapitre 
des  bouillons  pour  le  crachement  de 
fang. 

6.  Pour  un  débord  ,  &  un  cxcez 
d’urine. 

Prenez  trois  onces  de  bois  de  len- 
tifc  ,  du  bois  néphritique  une  once  Sc 
demie,  du  fel  de  prunelle,  demie  once. 
Faites  -  les  infufer  dans  huit  livres 
d’eau  de  fontaine  ,  fur  les  cendres 
chaudes ,  pendant  vingt-quatre  heu- 


»  jo  Part.!.  Des  uiltermifs.  Seéb.IÏ. 
tes  ,  &  après  une  legere  décodion  , 
&  l’ayant  paflTée  ,  le  malade  s’en  fer- 
vira  pour  fon  boire  ordinaire  ,  & 
fouvent  le  jour  &  la  nuit ,  jufqu’à 
un  verre. 

En  forme  d'opiate. 

Prenez  de  la  conferve  de  cyno- 
ihodon  ,  une  once  &  demie  -,  de  la 
conferve  de  fleurs  de  cicorée  ,  &  de 
nymphée,  une  once  de  chacune ,  du 
fel  de  prunelle  deux  drachmes ,  du 
magiftere  de  coraux  >  une  drachme  8c 
demie  »  de  l’opiate  de  laudanum  » 
quinze  grains ,  avec  du  fyrop  de  ca¬ 
pillaire  faites  une  opiate ,  dont  vous 
donnerez  trois  drachmes  ,  ou  demie 
once  tous  les  foirs ,  auparavant  que 
ie  malade  fe  méte  au  lit. 

Ou  en  liniment. 

Prenez  de  l’onguent  rofat ,  quatre 
onces ,  lavez-le  avec  de  l’oxycrat ,  &: 
ajourez  -  y  trois  drachmes  de  fel  de 
prunelle,  &  une  drachme  &  demie  de 
lucre  de  Saturne  ,  vous  en  ferez  un 
Uniment  avec  du  fuc  de  cicorée,  dont 
vous  en  froterez  les  reins  trois  fois 
le  jour. 


Chap.  XI.  Des  Hydriques,  tj  j 


CHAPITRE  XI. 

Des  Hyfteriques. 

LEs  medicamens  hyfteriques  font 
ceux  qui  font  particulièrement 
deftinez  pour  la  matrice  dans  les  di- 
verfes  maladies  qui  l’ataquent. 

L’ufage  de  ces  remedes  fe  prend 
des  diverfés  indications. 

i .  Pour  arrêter  le  mouvement  de 
la  matrice  dans  une  fufocation. 

Prenez  d'eau  d'armoife  ,  &  de  na- 
phe ,  une  once  &  demie  de  chacune  ; 
de  l’eau  de  canelle  dix  goûtes,  du 
caftorcum  deux  grains.  Faites  une 
prife  pour  donner  promtement  à  U 
malade. 

Quand  il  y  furvient  des  fympro- 
mes  qui  marquent  de  la  malignité  , 
&  du  danger  ,  comme  des  mouve- 
mens  convulfifs  ,  &  épileptiques , 
pourveu  qu’il  n'y  ait  point  de  fiè¬ 
vre  ,  ou  du  moins  qu’elle  ne  foit  pas 
forte. 


iji  Part.I.  Des  jilteratif s.  Secb.II. 

.  Prenez  des  eaux  de  melille  ,  & 
d’armoife,  une  once  &  demie  de  cha¬ 
cune  ,  de  vieille  thériaque  ,  demie 
drachme ,  du  caftoreum  deux  grains. 
Faites  une  prife. 

Il  eft  bon  d'ajouter  dans  ces  po¬ 
tions  ,  ou  dans  quelque  eau  fpCcifi- 
que  ,  comme  d’armoife,  de  fleurs  d’o¬ 
range  ,  de  meliire  ,  de  naphe ,  quel¬ 
qu’un  de  ces  remedes  Chymiques  fui- 
vans. 

De  l'eau  de  la  Reyne  d’Hongrie, 
depuis  dix-  goûtes  ,  jufqu’à  quinze. 

De  l’huile  d’ambre  ,  jufqu’à  fix 
goûtes. 

D’eau  theriacale  ,  jufqu’à  demie 
once. 

Des  pilules  hyftetiqncs  d’Horftius , 
jufqu’à  demie  drachme. 

De  l’extrait  hyfterique  de  Schro- 
dcr,  dépuis  un  demi  fcrupule,  jufqu’à 
demie  drachme. 

De  l’antimoine  diaphonique,  de¬ 
puis  dix  grains,  jufqu’à  quinze. 

Du  fcl  de  Jupiter,  ou  d'étain  ,  juf¬ 
qu’à  quatre  grains. 

Du  fel  antimonial ,  depuis  trois 
grains ,  jufqu’à  quatre. 


Chap.  X I .  Des  Hypriques.  i  j  j 

De  l’efprit  de  fel  armoniaque ,  juf- 
qu'à  dix  ou  douze  goûtes. 

Lors  qu’il  y  a  de  violentes  tran¬ 
chées  »  caufées  par  la  chaleur  ,  il  faut 
donner  de  l'opiare  de  laudanum  , 
depuis  deux  grains  ,  jufqu’à  crois. 
Ou  bien  , 

Prenez  de  l’eau  de  fumererre  qua¬ 
tre  onces ,  de  l’efprit  de  fel  armonia- 
*que  ,  douze  goûtes ,  d’antimoine  dia¬ 
phonique  ,  demi  fcrupule  ,  de  l’eau 
de  la  Reyne  d’Hongrie  ,  dix  goûtes  y 
donnez  céte  potion  en  une  prife,  ou 
en  deux  fois.  Ou  bien , 

Prenez  des  eaux  de  melitfc  ,  &  de 
naphe  ,  une  once  &  demie  de  chacu¬ 
ne  ,  d'eau  theriacale  ,  demie  once  ,  de 
l’opiate  laudanum  deux  grains  >  d'hui¬ 
le  de  gerofles ,  trois  goûtes  ;  donnez 
céte  potion  dans  une  prife  quand 
l’aecez  eft  violent  caufe  par  la  cha¬ 
leur  ,  ou  quand  il  y  a  quelque  mé¬ 
lange. 

On  donne  le  laudanum  avec  un 
heureux  fuccez  quand  la  caufe  qui 
fait  les  aceez  eft  violente  Si  chaude , 
pourveu  que  les  forces  ne  foient 
ttop  abatués,  ou  qu’il  n’y  ait  queU 
G  s 


r/4  Part.I.  Der  AkeratifiScû.ïl. 

que  grand  aiToupiirement  ,  imitant 
en  cela  Hippocrate  ,  qui  dans  de 
femblables  rencontres  ,  donnoit  des. 
remedes  compofcz  avec  le  fuc  de 
pavot. 

Et  moy-même,  j-’ay  arrêté  trcs-fou- 
vent  des  mouvemens  hyfteriques  tres- 
violens,  &  tres-dangereux  avec  ce  re¬ 
mède.  Et  j’en  raporteray  deux  exem¬ 
ples.  Le  premier  fut  dans  une  fille» 
maigre  ,  d’un  tempérament  mélanco- 
que  ,  8c  atrabilaire  ,  aflTés  âgée  ,  qui 
avoir  une  fièvre  double  tierce  ,  avec 
des  convulfions  ,  &  une  contra&ion 
des  membres ,  qui  luy  canfoit  de  tres- 
grandes  douleurs..  Après  la  faignée 
necefl’aire  des  bras ,  du  pied  ,  &  les 
autres  remedes  évacuatifs  8c  alteratifs,. 
je  donnay  ordre  que  la  malade  prir 
deux  heures  avant  l’accez  ,  deux, 
drachmes  de  l’opiate  fuivante  ;  elle  en 
prît  trois^  fois  ,  &  la  violence  des. 
fymptomes  fut  apaifee. 

Le  fécond  exemple  fut  dans  une 
fille  fanguine  &  mélancolique,  qui. 
toutes  les  nuits  droit  dans  un  délire 
hyfterique  »  dans  lequel  elle  rioit  8c 
chamoit  :  ces  accidens  furent  cal- 


Chap.  XL  Des  HyfleriqMes.  ij; 
mez,  apres  les  remet! es  généraux,  tant 
cvacuatifs ,  qu’alteratirs ,  par  l’ufagc 
de  la  même  opiate  ;  dont  voicy  la 
defeription. 

Prenez  de  conferve  de  fleurs  de 
crcorée,  une  once  &  demie;  de  con¬ 
fection  de  hyacinte  ,  fans  mufe  ,  8c 
fans  ambre, une  drachme, du  mjagiftere 
de  perles  ,  &  du  fel  de  prunelle  ,  une 
demie  drachme  de  chacun  ;  de  l’opiate 
de  laudanum  ,  un  fcrupulc,  du  cafto- 
reum  dix  grains ,  avec  du  fuc  de  me^ 
lille  ,  ou  de  cicotée  faites  une  opiate 
de  laquelle  vous  donnerez  une  drach¬ 
me  quand  la  malade  fe  métra  au  lit , 
en  beuvant  après  trois  onces  d'eau  de 
cicorée. 

Le  fécond  ufage  des  hyfterfques 
eft  pour  faire  venir ,  ou  avancer  les 
mois.  Surquoy  il  faut  noter  que  les 
remedes  qui  procurent  les  mois  ,  ne 
fubtilifent  pas  feulement  le  fang,mais 
encore  débouchent  les  v  ai  de  aux  de 
la  matrice  ;  car  ils  font  chauds,  8c  de 
parties  lubtiles  ,  fans  pourtant  beau¬ 
coup  dellccher  ,  de  peur  qu'en  delle- 
chant  trop  le  fang>ils  n'ôtent  la  ma¬ 
tière  des  mois  >  8c  c 'eft  en  cela  que 


i  y  d  Part.I.  Des  Akeratlfs.  Seél.H. 
les  medicamens  qui  procurent  les 
mois ,  different  des  diurétiques  j  cac 
ceux-cy  en  abfumant  ,  ou  en  coagu¬ 
lant  ,  preftent  le  fang  ,  &  par  ainft 
il  fe  fait  une  feparation  d'une  fubf- 
tance  fereufe ,  qui  eft  la  matière  des 
urine». 

On  les  donne  en  apozémes  ,  en 
bouillons,  opiate  ,  poudre,  tableres ,, 
dont  vous  en  trouverez  des  exem¬ 
ples  dans  chaque  Chapitre  de  ces 
formules. 

Le  troifiéme  nfâge  eft  pour  ar¬ 
rêter  les  mois  qui  fluent  trop  :  Par 
exemple  ,  céte  décoétion  pourra  fen- 
vir.. 

Prenez  des  racines  de  fympHyturr),, 
ic  de  tormenrille,  une  once  de  cha¬ 
cune  ;  des  feuilles  de  pourpier ,  de 
plantin ,  de  prêle  ,  de  la  grandecon- 
iblide ,  &  de  mille- feuille,  une  poig¬ 
née  de  chacune  ;  de  graine  d’ozeil- 
fe ,  &  de  plantin  ,  deux  drachmes  de 
chacune  ;  des  rofes  rouges  ,  &  de 
fleurs  de  balauftes,  une  pincée  de  cha¬ 
cune.  Faites  une  décoélion  pour  trois 
dk>fesr  ajoutant  à  chacune  une  once- 
de  fycop  d t  coins  x  ou  de  rofes  fa- 


CFiap.  X I.  Des  Hyfiericjuer,  rjj 
ches ,  pour  prendre  le  matin  ,  6c  le 
foir. 

Vous  trouverez  des  exemples  de 
bouillons  ,  d’opiate ,  de  tabletes ,  8c 
de  poudre  ,  dans  chaque  Chapi¬ 
tre  qui  cft  deftiné  pour  ces  formu¬ 
les. 

Il  faut  remarquer  que  fouvent  dans, 
ces  pertes ,  il  y  a  complication  de  tu¬ 
meurs  ,  d’abfcez  ,  d’abondance  d?hu- 
meurs  dans  le  meféntere  >  d’obftruc- 
tions  dans  les  viieeres ,  aufquelles  il 
faut  remédier  y  auparavant  que  d’ufet 
des  aftringens  ,  &  d’autres  qui  épaif- 
fiftent  :  8c  alors  il  faut  employer  les 
apéritifs ,  6c  déterfifs  les  plus  doux , 
én  y  mêlant  quelques  aftringens  ,  8t 
êpaifliftans,  &  y  ajoutant  de  rems  en 
temps  des  purgatifs  qui,  ne  ioient  pas 
violens. 

Le  quatrième  ufage  eff  pour  net¬ 
toyer  la  matrice  des  imputerez  qu’el¬ 
le  contient  ,  comme  dans  les  fleurs 
blanches  ,  6c  autre  fcmblable.  Par 
exemple. 

Prenez  des  racines  d'alperges  ,  d’a- 
Py  >  de  brufe  ,  de  chacune  une  onco  ; 
des  racines  d’arillolochc  ronde  6c  de. 


*  5  3  Part.I.  Des  Alteratifs.  Sed.II. 
gentiane, de  chacune  demie  once  ;  des 
feuilles  de  cicorée  avec  la  racine ,  de 
tous  les  capillaires ,  d'agrimoihe  &  de 
melille,  une  poignée  de  chacune  ;  des 
fommitez  cParmoife  une  demie  poi¬ 
gnée  -r  de  graine  de  melon.,  de  courge 
&  d'apy,  deux  drachmes  de  chacune  ». 
des  fleurs  de  foucy  ,  une  pincée ,  fai¬ 
tes  une  décodion  pour  trois  dofes 
ajoutant  à  chacune  du  fyrop  intitulé 
des  deux  racines. 

Il  faut  continuer  cét  apozéme  pen¬ 
dant  quelques  jours ,  en  y  mêlant  des 
purgatifs  de  tems  en  tems.  Il  faut  aulK 
remarquer  qu'il  y  a  quelquefois  com- 

flkation  d'obftrudions  avec  ces  ma- 
adies  de  matrice  *  aufqitellcs.il  faut 
pourvoir  parles  fpecifiques qui  font 
propres  à  chacune. 

Le  cinquième  ufage  eft  pour  ayder 
la  conception  ,  ce  qui  fe  fait  par  ces 
remedes  qui  corroborent  lia  matrice 
par  une  chaleur  modérée  ,  la  réjoüif- 
fem  par  la  vertu  aromatique  qu'ils 
ont,  &l'apuyent  par  leur  aftrüdion. 

Notez  que  les-  remedes  que  prefque 
tous  les  Auteurs  ordonnent  contre  la 
fterilité  fout  extrêmement  chauds  > 


Chap.  XI.  Des  Hy fl  triques.  jjp 
bien  que  pour  l'ordinaire  il  y  ait  une 
intempérie  chaude  des  vifceres  ;  c’eft 
pourquoy  il  faut  travailler  à  ôter  au¬ 
paravant  les  caufes  antécédentes  de  la. 
fterilité ,  les  intempéries ,  les  obftruc- 
tions  ,  8c  les  amas  d’humeurs  qui  font 
autour  de  la  matrice.  Pour  céte  fin  on 
employé  les  alreratifs  &  les  purgatifs- 
contraires  ,  8c  les  eaux  minérales.  Er 
apres  que  tout  le  corps  aura  été  fuffi- 
famment  purgé  &  netoyé  de  tout 
ce  qui  fembloit  Pembarralfer  ;  les* 
principales  parties  libres  de  toute 
obftrnétion  ,  8c  rétablies  dans  leur 
premier  tempérament  ,  il  faut  em¬ 
ployer  fes  foins  à  fortifier  la  matrice,, 
8c  k  la  remettre  dans  fon  premier  état, 
&  dans  fa  jufte  température  ,  ce  que 
Pon  pourra  faire  par  les  opiates  ,  les, 
tabletes ,  les  parfums ,  &c.  Par  exem¬ 
ple  dans  une  indHpo&tion  froide. 

Prenez  des  racines  confites  de  pa¬ 
nicaut  8c  de  fatyrion,  fix  drachmes  de- 
chacune  -,  de  confection  d'alkcrmcs 
«ne  drachme  &  demie  ;  de  la  poudre 
de  l'éle&uaire  de  diamofehi  &  de 
gemmis ,  deux  fcrupules  de  chacune,, 
d'ambre  gris  demi  fcrupule ,  faite» 


t6o  Part.l.  Dcr  /4lteratifs.  St&.ÏÏ. 
une  opiateavec  du  fyrop  de  confiturtt 
d'écorce  de  citron  ,  de  laquelle  vous 
donnerez  une  drachme  ou  deux ,  le 
matin  &  le  foir ,  en  beuvant  apres  un 
.peu  de  vin. 

Dans  une  intempérie  chaude. 

Prenez  de  confcrve  de  rofcs  &  de 
cynorhodum  ,  une  once  de  chacune 
de  confeétion  de  hyacinte  deux  drach¬ 
mes  ,  de  magiftere  de  coraux  &  de 
raclure  d’y  voire  ,  une  drachme ,  de 
chacune:  de  perles  préparées, de  grai¬ 
ne  de  kermes  pulvsrifée  ,  &de  maftic, 
une  demie  drachme  de  chacun  ,  avec 
du  fyrop  de  grenades  faites  une  opiate, 
dont  vous  en  donnerez  la  grolfeur 
d’une  noix  foir  &  matin  ,  lorfque  la 
perfonne  fe  mettra  au  lit ,  en  beuvanc 
un  peu  enfuite,  d’eau  de  plantin. 

Vous  remarquerez  premièrement 
que  les  chofes  odorantes  font  contrai¬ 
res  aux  femmes  fujetes  aux  partions- 
hyftcriques ,  ou  qui  les  abhorrent  na¬ 
turellement  ,  &  pour  ce  fujer  il  ne 
faut  point  employer  des  compo lirions 
où  le  rpufe  &c  l’ambre  entrent. 

Secondement  qu’il  ne  faut  point 
fe  fer vii'  des  ait rin gens  dans  le  teins- 


Chap.  X I.  Des  Hydriques,  r  6 1 
que  les  mois  s’aprochent  ,  mais  feu¬ 
lement  trois  jours  apre's  qu’ils  ont 
celle. 

Vous  trouverez  des  exemples  des 
tabletes  &  des  parfums  dans  leur 
propre  chapitre. 

Le  lîxiéme  ufage  eft  pour  faciliter 
l’acouchement ,  &  faire  fortir  l’arrie- 
ïefaix  ,  ou  l’enfant  qui  eft  mort  dans 
le  ventre  de  la  mere. 

Par  exemple  dans  un  acouchement 
difficile. 

Prenez  d’eau  naphe  &  d’armoife , 
line  once  &  demie  de  chacune ,  d’eau 
de  canelle  deux  drachmes,  de  confec¬ 
tion  d'alkermes,  &  des  trochifques  de 
myrrhe ,  une  demie  drachme  de  cha¬ 
cun  ,  de  fafran  fix  grains.  Donner 
ce  Julep  en  une  prife  ou  en  deux. 

La  potion  fuivante  eft  plus  forte , 
mais  anlïi  elle  échaufe  davantage ,  & 
pour  ce  fujet  elle  eft  plus  propre  aux 
femmes  plus  froides  &  plus  robuftes. 

Prenez  du  diéfcam  de  Crete ,  des 
ariftoloches  longue  &  ronde,  &  des 
trochifques  de  myrrhe,  de  chacun  de¬ 
mi  fcrupule,  de  fafran  &  de  canelle, 
de  chacun  dix  grains  ,  de  confection 


i6i  Part.I.  Des  Akeratifs.  Sedl.II. 
d’alkermes  demie  drachme  ;  d’eau  na- 
phe  &  d’armoife  ,  de  chacune  une 
once  &  demie.  Faites  une  potion  que 
vous  donnerez  en  une  prife. 

On  peut  donner  des  remedes  chy- 
miques  quelques-uns  des  fuivans  dan* 
les  potions  déjà  décrites ,  ou  dans  du 
bouillon  ,  ou  du  vin ,  ou  quelque  li-i 
queur  fpecifique  comme  l’eau  naphe, 
l’eau  d’armoife. 

De  l’eau  impériale  jufqu'à  trois 
drachmes. 

De  l’eau  diftillée  d'une  tête  de  cerf 
jufqu’à  une  cuillierée. 

De  l'huile  d'anis  depuis  ilx  goûtes 
jufqu’à  dix. 

-  De  l’huile  de  candie  jufqu’à  cinq 
goûtes. 

De  l'huile  d’ambre  jufqu’à  douze 
goûtes. 

Ces  mêmes  remedes  fervent  auflî 
pour  faire  fortir  l’enfant  mort,  &  l’ar- 
ricrefaix. 

Prenez  garde  néanmoins,  de  ne  pas 
vous  fervir  de  quelques  remedes  qui 
échaufent  trop  ,  s’il  y  a  un  excez  de 
chaleur  dans  les  vifeeres ,  principale* 
ment  quand  l’enfant  meurt ,  &  que 


Cïiap.  XII.  Des  Arthritiques. 
l’acouchement  difficile  eft  caufe  par 
la  violence  de  la  fîévrff  ;  alors  ces  for¬ 
tes  de  remedes  caufcroient  une  in¬ 
flammation  &  une  mortification  dans 
ces  parties  baffes. 


CHAPITRE  XII. 

Des  Arthritiques. 

LEs  remedes  arthritiques  font  ceux 
qui  font  préparez  &  comme  dcfti- 
uez  pour  fortifier  les  parties  nervcu- 
fes  éc  membraneufes,  dont  les  jointu¬ 
res  font  compofées ,  ou  pour  guérir 
les  maladies  qui  y  furviennenr. 

De  césremedes  les  uns  fe  prennent 
par  la  bouche  ,  les  autres  s’apliquent 
fur  les  parties.  Nous  ne  parlerons 
point  icy  des  internes,  parce  que  félon 
les  diverfes  indifpofitîons  des  vifce- 
res ,  &  la  nature  des  humeurs ,  ils 
changent  j  &  on  y  doit  employer  ces 
remedes  que  nous  avons  déjà  raportcz 
dans  fon  lieu  pour  leur  préparation. 

Les  externes  ou  topiques  font  dif» 
ferents,  félon  la  divcrfité  de  l’humeur 


1^4  Pavt.I.  Des  A  Itératifs.  Sed.II. 
qui  tombe  fur  la  partie ,  ou  qui  y  eft 
déjà  arrêté  ,  &  la  diverfité  des  fymp- 
tomes.  D’où  on  peut  voir  les  divers 
ufages  des  topiques. 

Le  premier  eft  dans  le  commence¬ 
ment  de  la  fluxion  ;  car  alors  fl  l’hu¬ 
meur  qui  la  caufc  eft  chaude  ,  il  en 
faut  abatre  l’ardeur  ,  &  empêcher  le 
progrez  de  la  fluxion  ,  par  des  reme- 
des  néanmoins  qui  ne  pouffent  pas 

{•lus  avant  l’humeur  qui  incommode 
es  jointures. 

On  fe  fert  ordinairement  de  l’oxy- 
crat  tiède,  qui  tempere  &  répercute. 
Ou  bien. 

Prenez  des  feuilles  de  jufquiame  , 
de  morellc  &  de  plantin  ,  de  chacune 
une  poignée.  Faites-les  boÿillir  dans 
l’oxycrat.  Er  quand  vous  aurez  paffé 
ladécoétion  ,  vous  en  fomenterez  la 
partie  deux  ou  trois  ibis  le  jour.  Ou 
bien. 

Prenez  des  eaux  de  plantin ,  de  ro- 
fes ,  &  de  morclle  ,  trois  onces  de 
chacune  ;  du  fel  de  Saturne  ,  demi? 
once  :  mêlez  le  tout  pour  fomenter  la 
partie  incommodée. 

Dans  une  indifpolition  moins 
chaude. 


Chap.XII.  Des  Arthritiques,  i 
Prenez  d’cfprir  devin  reûifié  demie 
livre  ,  du  fel  de  Saturne  demie  once. 
Faites-en  une  fomentation. 

Remarquez  qu’il  ne  faut  pas  fe  fer- 
vir  de  ces  topiques,  qu’en  même-tems 
on  ne  faifc  les  remedes  généraux  ;  de 
peur  que  la  matière  n’aille  plus  avanr, 
&  que  la  douleur  ne  s’augmente. 

Le  fécond  ufage  des  topiques  eft 
pour  apaifer  la  douleur.  Par  exemple. 

Prenez  du  lait  fraîchement  tiré , 
demie  livre ,  fervez  vous-en  tout  tiède 
pour  fomenter  la  partie.  Ou  bien , 
Prenez  une  poignée  de  feüilles  de 
Yerbafcum,  des  fleurs  de  camomille, 
&  de  rofes  rouges ,  une  pincée  de 
chacune.  Faites  -  les  bouillir  dans  le 
lait ,  &  vous  en  fervez  pour  fomen¬ 
tation. 

Ou  bien  en  cataplâme. 

Prenez  demie  livre  de  mie  de  pain 
blanc  ,  faites  -  la  infufer  &  boiiillir 
dans  le  lait  j  ajoûtez-y  deux  jaunes 
d’œufs,  &  un  fcrupule  de  fafran.  Fai¬ 
tes-en  un  cataplâme.  Ou  bien  , 
Prenez  demie  livre  de  fiante  de  va¬ 
che  ;  des  Feuilles  de  jufquiame  &  de 
violetes ,  de  chacune  une  poignée , 


1 66  Part.I.  T) es  Attentifs.  Se<ft.TL 
mêlez-les  avec  du  lait  en  forme  de 
cataplâme.  Ou  bien , 

Prenez  de  mocle  de  calTe  trois  on¬ 
ces  ,  de  mie  de  pain  blanc  bouillie 
dans  le  lait,  fix  onces  ;  de  vitriol  brûlé 
demie  once.  Faites-en  un  cataplâme. 

Le  troifiéme  ufage  eft  pour  digerer 
l'humeur  qui  eft  arrêtée  fie  imbibée 
dâs  la  jointure,la  douleur  étant  palle'e. 

Prenez  une  livre  d’eau  de  chaux  ; 
d’urine  d’enfant  demie  livre ,  d’efprit 
de  vin  redtifié,  trois  onces,  mêlez-les, 
&  en  fomentez  la  partie  malade.  C'eft 
un  tres-bon  remede  pour  fortifier  les 
jointures ,  &  refoudre  les  humeurs. 
Ou  bien , 

Prenez  d’eau  de  vie  &  de  vin  blanc, 
de  chacun  demie  livre  -,  de  vitriol  & 
de  verdet ,  de  chacun  deux  drachmes. 
Mêlez  le  tout,  &  mouillez  des  linges 
dedans  que  vous  apliquerez  fur  le 
mal ,  en  y  ajoutant  demi  fcrtipule  de 
camphre.  Ou  bien , 

Prenez  d’eau  de  vie  8c  d’urine ,  de 
chacune  demie  livre  ;  d’efprit  de  tartre 
ou  de  terebinthine  ,  de  chacun  demi 
once ,  dont  vous  vous  fervirez  pour 
baffiner  la  partie  malade.  Ou  bien  , 


Chap.  XIII.  Des  Hydrotiques.  tg7 

Prenez  des  feuilles  d’armoife  ,  de 
calamus ,  &  de  fange ,  une  poignée  de 
chacune  :  des  fleurs  de  camomille  ; 
de  millepertuis ,  &  de  rofes  rouges  de 
chacune  une  pincée.  Faites  boüillir  le 
tout  dans  de  l’eau  &du  vin  rouge,  fur 
la  coulature  d'une  livre  &  demie, vous 
ajouterez  du  fel  commun  ,  ou  de  ni- 
tre,  deux  onces.  Servez-vous-en  pour 
badiner  la  partie  malade. 

Les  bains  des  eaux  qui  participent 
beaucoup  de  foülfre,  du  nitre,  du  bi¬ 
tume  ,  &  de  l’alun,  &  la  bouc  qui  s’en 
tire  apliquée  detïus  la  partie  incom¬ 
modée  ,  fervent  beaucoup  pour  refou¬ 
dre  pour  fortifier ,  comme  aufli  le 
bain  d’eau  de  la  Mer. 


CHAPITRE  XIII. 

Des  Hydrotiques. 

LEs  hydrotiques  font  des  remedcs 
propres  pour  deflecher,  ouvrir  les 
pores, &  provoquer  les  fueurs,  ils  con¬ 
viennent  à  plufieurs  maladies  qui  en 
ttïême-tems  ataquent  plufieurs  parties. 


3  68  Prat.I.  D es  Alteratifs.  Sed.II. 

Et  parce  que  dans  l’ufage  des  hydro- 
riques  il  faut  obfcrver  une  diète  exac¬ 
te  ,  c’eft  pour  cela  que  l’on  apelle  diè¬ 
te  une  décoftion  faite  d’un  ou  de  plu¬ 
sieurs  fudorifiques  pour  Simplement 
préparer  les  humeurs ,  ou  pour  vuidcc 
par  la  tranfpiration  ,  ou  par  la  fueur. 

Céte  dècodion  fe  compofe  d’une 
ou  plufieurs  racines,  comme  de  fqui- 
ne,  de  falfeparcille,  du  bois  &  de  1 ’è- 
corce  de  guavac,de  fairafras,dé  buys, 
de  lentifc  ,  &  d'autres  femblables.  Le 
guayac  eft  propre  aux  maladies  & 
tempetamens  froids  :  la  fquine  &  la 
falfepareille  aux  chauds,  &  qui  font 
contraires  à  ceux  qui  font  maigres  & 
d’un  tempérament  trop  chaud. 

Pour  chaque  once  de  racine ,  il  y 
faut  mètre  une  livre  d’eau  ;  &  aupa¬ 
ravant  que  de  les  faire  boiiillir,  il  faut 
les  laiflcr  infufer  pendant  vingt-qua¬ 
tre  heures ,  ou  moins  quand  on  veut 
moins  delfecher  :  Il  faut  que  le  vaif- 
feau  dans  lequel  fe  fait  la  décoètion 
fpit  bien  fermé  :  &  elle  fe  doit  faire  à 
petit  feu  jufqu’à  la  confomption  de 
i*a  troifiéme  partie.  La  dofe  eft  de  fix 
ou  huit  onces ,  félon  l’âge  ,  que  l’on 
donnera 


Chap.X  III.  Des  Hydroiiques.  165 
donnera  le  matin  à  jeun,  &  quelque» 
fois  le  foir  fur  les  quatre  heures.  Si 
l’on  veut  provoquer  les  fueurs,il  fau¬ 
dra  couvrir  la  per fonne  de  couvertes, 
ou  la  mette  dans  un  lieu  propre  à 
fucr. 

Il  en  faut  continuer  l’ufage  pendant 
quinze,  vingt ,  ou  trente  jours,  félon 
la  neceflit^  cle  la  maladie ,  l'âge  &  le 
temperament.il  faut  garder  un  régime 
de  vivre  qui  atténue  &qui  defleche  ; 
moins  pourtant  dans  des  temperamens 
chauds ,  pourlefquelson  metra  quel¬ 
ques  racines  qui  diminuent  la  chaleur 
8c  la  force  de  defTccJaer  du  fudorifique. 

Auparavant  la  dicte  il  faut  difpofer 
le  malade  par  des  alteratifs  8c  purga- 
tifs  ,  de  peur  que  par  la  violence  du 
fudorifique  ,  les  humeurs  fe  venant  à 
fondre,  ne  fe  jétent  par  tout  le  corps. 
Ht  parce  que  par  l’ulage  des  fudorifi- 
ques  ce  qu’il  y  a  de  plus  fubtil  dans 
les  humeurs  fe  diflipe,  &  le  plus  gref¬ 
fier  demeure  ,  il  faut  tous  les  fix  ou 
huit  jours  donner  des  purgatifs  j  8c 
les  autres  jours  ,  fl  on  le  trouve  à 
Propos ,  donner  des  lavemens. 

Il  y  a  trois  fortes  de  fudorifiques, 
H 


170  Part.I.  Des  Akeratlfs.  Se&.II. 
ou  de  dicte  -,  l’une  alterative  ,  l’autre 
fudorifique,&  latroifiémc  purgative. 

Le  premier  ufage  eftdans  la  verole, 
maladie  des  jointures  ,  fluxions  du 
cerveau  inveterées,  toutes  autres  ma¬ 
ladies  froides ,  &  principalement  qui 
font  depuis  un  longtems  ,  dans  des 
corps  froids  &  gras. 

Prenez  du  bois  de  guayac  raclé, 
quatre  onces  ;  de  l’écorce  du  même 
guayac  deux  oncesilailfez  les  infufer 
pendant  vingt-quatre  heures  fur  les 
cendres  chaudes,  dans  fix  livres  d'eau 
de  fontaine;  apres  faites  les  bouillir  à 
petit  feu,  jufques  \  la  réduction  delà 
moitié.  Vous  en  donnerez  fix  ou  huit 
onces ,  en  couvrant  bien  le  malade ,  fi 
l’on  veut  provoquer  ,  la  fueur ,  ou 
bien  entrant  dans  des  étuves. 

Prenez  de  racine  de  fquine  ou  de 
falfepareille  ,  coupée  en  petits  mor¬ 
ceaux  trois  onces  ,  trois  livres  d’eau 
de  fontaine  ,  laiflez-lcs  infufer  pen¬ 
dant  14  heures  ,  &  apres  faites-les 
bouillir  jufques  à  la  moitié  ,  vous  en 
donnerez  comme  nous  avons  déjà, 
marqué  dans  la  precedente  décoébion. 

Quand  on  craint  de  trop  delfc- 


Chap.XÏII .  Des  Hydrotiques.  171 
cher  ,  la  rédudion  de  la  décodion 
ne  doit  pas  paficr  outre  la  troifiéme 
partie. 

Dans  les  vifceres  échaufez  ,  dans 
des  humeurs  Talées  &  brûlées  ,  dans 
la  toux  &  autres  indifpofttions  chau¬ 
des  ,  on  peut  ajouter  à  la  fin  de  la 
décodion  demie  once  dereglifie  ,  &: 
deux  onces  de  râifins  ,  de  la  cicorce 
avec  fa  racine,  d’agrimoine  &  de  pini- 
pinelle  ,  de  chacune  une  poignée. 

Quercetan  dans  l’intemperie  chau¬ 
de  des  reins,  avec  ulcéré  ,  dans  une 
difficulté  d’urine  cauféeoar  une  pitui¬ 
te  Talée  &  mucilagineufe ,  ordonne  la 
fuivante  décodion. 

Prenez  de  racine  de  Tquine  coupée 
en  tranches,une  once,d’eau  de  fontai¬ 
ne  fix  livres ,  du  Tue  de  limons  troi» 
onces  ;  laiflez  les  infufer  pendant  dix 
heures  ;  faites  les  bouillir  jufques  à  la 
confomption  de  la  troifiéme  partie  : 
pafiez-la  ,  &  en  donnez  au  malade 
pour  Ta  boilTon  ordinaire  ,  8c  dans  le 
telle  du  jour  il  en  prendra  fix  ou  huit 
onces ,  deux  ou  trois  fois. 

On  compofe  quelquefois  ces 
„  décodions  de  plufieurs  de  ces  ra-- 
H  z 


l-ji  Part.I.  Des  Jlteratifs.  Sed.II. 
cincs  enfcmble.  Par  exemple. 

Prenez  trois  onces  de  racine  de 
guayac  ;  une  once  de  racine  de  falfe- 
pareille ,  que  vous  laiflerez  infufer 
dans  lîx  livres  d’eau  de  fontaine.  On 
bien  de  guayac,  de  falfepareille  &  de 
fquine  ;  ou  de  falfepareille  &  de  fqui- 
ne  ;  ou  de  falfepareille  &  de  faflafras, 
ou  de  fquine  &  de  bois  de  lentifc ,  en 
choifiifantlcs  fudorifiques  qui  con- 
vienent  mieux  à  l’humeur  qui  eft 
l’auteur  du  mal  ,  &  au  tempérament 
du  malade. 

Il  faut  remarquer  que  dans  la  Verole, 
l’ufage  des  fudorifiques  eft  nuiiible 
aux  temperamens  çhauds  &fccs;il  y  a 
plusd’all'urancc  aux  bouchets  compo- 
fez  de  fquine  ou  de  falfepareille ,  aux 
bains,  &  aux  fridion  mercurieles. 

Pendant  l’ufage  du  fudorifique  les 
humeurs  les  plus  fubtiles  fe  refolvent, 
&  les  plus  grofïicres  demeurent ,  le 
corps  s’cchaufc  &  deffechc  ;  &  pour 
l’in  on  dion  du  mercure  il  faut  que  les 
corps  foient  humedez,&  que  les  hu¬ 
meurs  foient  fluides  ,  c’eft  pourquoy 
les  fudorifiques  njuifent  à  ceux  que 
l'on  veut  froter  de  mercure. 


Chap.XIII.  T) es  Hydrotiques.  173' 
'  La  fuîvante  décôétion  eft  bonne 
pour  les  maladies  froides  &  humides 
du  cerveau,&  même  à  la  verole,pour 
jwécaution  ,  8c  dans  la  gonorrhe'e 
invcterée,  dans  un  corps,  humide. 

Prenez  d’antimoine  crüd  V  groflïe- 
rcment  pilé  ,  8c  mis  dans  un  nouer , 
quatre  onces  :  de  falfeparetile  coupée 
en  petits  morceaux  ,  8c  de  coques  de 
noix  pulverifées ,  trois  onces  de  cha¬ 
cun.  Laiflèz-les  infufer  pendant  14. 
heures  fur  les  cendres  chaudes  dans 
huit  livres  d'eau  de  fontaine.  Faites 
les  bouillir  à  petit  feu  jufques  «1  la 
moitié  :  paflez  la  déco&ion  &  la  gar¬ 
dez  dans  une  bouteille  de  verre,  donc 
vous  en  donnerez  le  matin  à  fix  heu¬ 
res,  le  foir  à'quatre  ,  8c  quand  le  ma¬ 
lade  fe  va  métré  au  lit.  La  dofé  fera 
de  huit  ou  fix  onces,  pendant  quinze 
eu  vingt  jours. 

Il  faut  bien  prendre  garde  de  mêler 
des  acides  danscéce  décoétion  ,  com- 
thed’elprit  de  vitriol,  de  fouphre  ,  de 
fel  de  tartre  &  autres  femblables  :  car 
ces  efpiits  pénétrent  8c  ouvrent  l’anti  J 
moine  ,  8c  en  exaltent  les  parties  ful- 
phureufes  ;  8c  decéte  façon  rendent 
H  J 


174  Paït.ï.  Des  AlterAtifs.  Seét.IÏ. 
la  dcco&içn  trop  vjojentç ,  émerique 
Çc  purgative  ;  bien  que  de  foy  il  foit 
feulement  diaphonique  &  deficcatif. 


CHAPITRE  XIV. 

Des  Bouchets. 

PEndant  tout  le  tetns  de  la  dicte 
l'on  ordonne  un  boucher,  ou  fé¬ 
condé  dcco&ion  pour  laboilTon  ordi- 
naire  ,  qui  fe  fan  des  mêmes  racines 
qui  ont  iervi  à  la  première  décoction. 
Par  exemple. 

Prenez  les  racines  reliées  de  la  pre¬ 
mière  -décPéfcion  ,  faites- les  infufer 
fur  les  cendres  chaudes  pendant  dou¬ 
ze  heures  dans,  huit  livres  d’eau  de 
fontaine  ;  faites  les  enfuite  bouillie 
jufques  à  la  confomption  de  la  troi- 
fiéme  partie  ;  ladécoétion  étant  paf- 
fée,.le  malade  s’en  fer  vira  pendant  ù. 
boi  lion  ordinaire.  Que  A  on  laveur 
rendre,  plus  forte  on  y  ajoûteraune 
once  de  falfepareille. 

On  ordonne  quelques  fois  les  bou¬ 
chers  fans  dicte  dans  les  maladies  froi- 


Chap.  XIV.  Des  Bouchets.  i7; 
des  &  humides  du  cerveau,  des  nerfs, 
de  la  poitrine,  dans  la  gonorrhée,  &C. 
Par  exemple. 

Prenez  des  racines  de  fquine  cou¬ 
pées  en  tranches ,  ou  de  falfepareille 
coupée  en  petits  morceaux ,  une  once 
&  demie  ,  faices-la  infufer  pendant 
douze  heures  dans  dix  livres  d'eau  de 
fontaine  ;  faites-les  bouillir  jufques 
à  la  confomption  de  la  troifiéme  par- 
tiç ,  &  l’ayant  paflee ,  le  malade  s’en 
fervira  pour  la  boiffon  ordinaire. 

SECTION  III. 

Des  Aller  al  ifs  &  Vurgatifs. 

L  arive  fouvent  que  l’on  eli 
obligé  à  raifon  de  l'abondance 
des  humeurs  ,  &  de  leurs  mauvaifes 
qualitez  de  mêler  les  purgatifs  avec 
les  altèratifs.  Et  ainfi  tous  une  même 
forme  de  remede  l’an  tempere  les  hu¬ 
meurs  ,  &  on  les  vuide ,  ce  qui  fe  fait 
de  la  maniéré  que  nous  propoferons. 

H  4 


»7 6  Part.I.  Des  Alteratifs.  Se&.IÏI. 


CHAPITRE  PREMIER. 
Des  Apozémes  purgatifs. 

LEs  apozémes  purgatifs  font  ceux- 
là  qui  ne  préparent  pas  feulement 
les  humeurs  ,  mais  qui  les  vuident 
aufli  en  mêlant  des  purgatifs  avec  les 
alteratifs. 

Il  y  a  quatre  fortes  de  ces  apozémes, 
félon  la  différence  des  quatre  humeurs 
que  l’on  veut  purger  :  comme  le  cola- 
gogue  qui  purge  la  bile  >  le  phlegma- 
gogue  la  pituite  ;  le  melanagogue,  la 
mélancolie  ;  lJhydragogue,les  ferofi- 
tez  -,  on  y  ajoute  celuy  qui  purge 
les  quatre  humeurs  en  même  tems , 
ou  plufieurs  àla  fois. 

Ces  Apozémes  fe  compofent  des 
mêmes  fimples  que  les  alteratifs  ;  on 
y  ajoûte  les  purgatifs  fimples  avec 
leurs  corrcêtifs ,  comme  le  polypode; 
le  féné  ,  l'agaric ,  le  turbith  ,  la  raci¬ 
ne  de  mechoacan,  d'hellebore,  &  au¬ 
tres  fcmblables. 

On  ne  met  pas  la  rhubarbe  dans 
la  décoêtion  ,  mais  en  infufion  feule¬ 
ment,  parce  qu’en  bouillant  fa  vertu; 


Chap.  I.  Des  Apozémes purg,  177 
purgative  avec  la  partie  volatile  fe 
dimpe ,  la  plus  groflicre ,  &  terreftref 
&  aftringente  demeure  dans  la  dé¬ 
codion.  On  ne  doit  pas  aufïï  or¬ 
donner  la  racine  de  jalap  ,  parce 
que  les  chofes  oleagineufes  >  &  rc- 
nneufes  ne  fe  Fondent  pas  par  les 
aqueufes ,  ou  certes  que  tres-foibU- 
ment. 

On  doit  garder  céte  dofe  dans 
les  purgatifs ,  que  s’ils  font  violensy 
il  en  faut  mettre  au  double  plus  dans 
la  décodion  que  dans  l'infufion  }  que 
s’ils  font  médiocrement  forts  ,  il  en 
faut  mettre  au  triple  ;  que  s’ils  font 
doux  y  au  quatruple.  Par  exemple  > 
.s'il  y  a  une  once  &  demie  de  poly'- 
pode  ,  &  de  féne  ,  la  dofe  du  tur- 
bith  ,  des  bermodates  ,  &  de  l’agaric 
fera  de  demie  .once ,  de  rhubarbe  in* 
fuféc  trois  drachmes,ou  demie  once  : 
l'on  ajoute  dans  la.  dilfolution  quel¬ 
que  fyrop  purgatiF  ,  &  quelquefois 
on  dillout  alternativement  dans  les 
prifes  de  la  poudre  ou  de  la  refi¬ 
ne  de  jalap  -,  0.11  quelqu’ autre  extrait 
purgatif,  félon  le  delfïin  que  l'on  a. 
Ces  apozémes  s'ordonnent  ordi- 


>78  Part.I.  Des  jilteratifs.  Sett.III. 
nairement  pour  trois  ou  quatre  pri¬ 
ses. 

Notez  que  la  dofe  des  purgatifs 
doir  être  plus  forte  dans  la  décoétion 
que  dans  l’infufion  ,  premièrement 
parce  que  la  violence  du  feu  diffipe 
la  force  des  purgatifs  qui  confite 
dans  un  efprit  volatil.  Secondement, 
parce  que  la  liqueur  étant  remplie  , 
&  comme  toute  abrevée  des  parties 
des  alteratifs  que  l’on  y  a  fait  boiiiU 
lir  ,  à  caufe  de  la  vifcofité  ,  &  le  trop 
d'épaifl'eur  qu’ils  luy  communiquent 
par  la  cuite  ,  eft  moins  propre  pour 
recevoir  les  facultez  des  purgatifs  : 
Et  pour  cela  c’elè  du  devoir  d’un  fçà- 
vanr  Artifte  ,  de  ne  pas  faire  bouillir 
Jes  purgatifs  à  grand  feu. 

Auparavant  que  de  donner  ces 
apozemes  purgatifs  ,  il  faut  ouvrir  la 
veine  k  ceux  que  l’on  juge  qu’elle  eft 
neceftaire  ,  &  tout  autant  de  fois  que 
la  difpofitkm  du  malade,  &  la  nature 
du  mal  le  permettront  ;  &  donner  une 
purgation  minorative,  c’eft  à  dire  qui 
ne  loit  pas  violente.  Et  quand  les  hu¬ 
meurs  trop  échaufées  empêchent  l’ef¬ 
fet  de  la  purgation,  il  faut  donner  des 


Chap.  I.  Des  Apozernes  purg,  1 79 
alteratirs  Amples,  en  décodion,  ou  en 
bouillons,  6c  meme  faire  des  fomen¬ 
tations. 

Des  Apoze'rnes  pour  purger  U  bile. 

Ces  Apozémcs  font  bons  pour  les 
maladies  caufées  par  une  abondance 
de  bile  avec  des  obftru&ions  dans  les 
fièvres  tierces  bâtardes  ,  8c  pour  ôter 
les  relies  qui  demeurent  apres  les  fiè¬ 
vres  intermittantes,  6c  continues.  Par 
exemple. 

Prenez  des  racines  de  brufe  ,  8c 
d’afperges,  de  chacune  une  once  -,  des 
feuilles  de  cicorèe  avec  les  racines  , 
d’agrimoine,  de  pimpinellc,  8c  de  ca¬ 
pillaire,  de  chacune  une  poignée  ;  de 
polypode  de  chêne  concalTé  ,  8c  de 
fend  mondé  ,  une  once  6c  demie  de 
chacun  ,  de  tamarins  une  once  ,  de 
cryftal  de  tartre  demie  once,  de  grai¬ 
ne  de  coriandre  8c  de  fenouil  ,  demie 
drachme  de  chacune  ;  des  fleurs  de 
violetes,  de  bourrache,  8c  de  buglofe, 
une  pincée  de  chacune.  Faites  boiul- 
lir  le  tout  pour  trois  dofes ,  8c  dilTol- 
ycz  à  chacune  une  once  de  fyrop  rofac 


1 8o  Part. T.  Des  Alteratifs.  Scft.III. 
iolutif ,  pour  prendre  tous  les  matins, 
trois  heures  avant  que  prendre  un 
boiiillon. 

En  la  place  de  ce  fyrop  ,  on  y 
peut  ajoûter  une  once  d'eau  de  rofes 
pales  de  neuf  infufions ,  ou  une  on¬ 
ce  de  fyrop  de  cicorée  avec  la  rhu¬ 
barbe. 

Si  les  premières  dofes  ne  purgent 
pas  fufhfamment ,  on  dilfoudra  dans 
la  derniere  prife  une  once  de  manne. 

Si  la  faifon  ,  &  le  grand  feu  des 
humeurs  ne  l'empêchent  ,  on  peur 
en  place  de  la  manne  ,  y  dilfoudre 
trois  drachmes,  ou  demie  once  de  l'é- 
le&uairc  de  cîtro  ,  ou  de  diaprunum 
compofé. 

Des  Apoz.érnes  qui  purgent  U  pituite . 

Cçs  Apozémcs  fervent  dans  les  in- 
difpofitions  froides  &  humides  dît 
cerveau ,  des  nerfs ,  dans  I‘apoplcxier~— 
paralyfie  ,  tremblement ,  dans  les  fiè¬ 
vres  cauQcs  par  la  pituite  ;  dans  les 
obftruêHons  faites  par  la  pituite. 

Prenez  des  racines  d’ache  ,  d'af- 
PCrg«s  x  de  fenouil  >  de  perfil  >  &  de 


Chap.I.  Des  Jpoze'mts purg.  jSï 
brufe  ,  fix  drachmes  de  chacune  >  des 
racines  d’aunée ,  &  de  valériane  ,  de 
chacune  demie  once  :  des  feuilles  de 
cicorée,  d’agrimoine  ,  de  germandre'e 
&  de  betoine  ,  une  poignée  de  cha¬ 
cune;  de  polypodede  chêne  concaiTé, 
&  deféné,  une  once  &  demie  de  cha¬ 
cun  ,  d'agaric  nouvellement  trochif 
qué  ,  &  des  fiermodares ,  demie  once 
de  chacun  ;  de  turbith  gommeux  ,  Sc 
de  racines  de  mechoacam,de  chacun 
trois  drachmes  ;  de  coriande  ,  &  de 
graine  de  fenouil  ,  une  drachme  de 
chacun ,  des  fleurs  de  geneft  ,  une 
pincée.  Faites  une  décoétion  pour 
trois  prifes  qui  ne  feront  point  clari¬ 
fiées  ,  mais  paflees  fouvent  ,  ajoutant 
à  chacune  une  once  de  fyrop  rofat 
foludf. 

Dans  la  derniere  vous  difloudrez, 
fi  les  precedentes  n’ont  pas  aflez 
purgé  ,  trois  drachmes  ,  ou  demîe 
once  de  l’cle&uaire  de  diacarthat»,  ou 
de  diaphonie. 


z8z  Part.I.  Des  A Itératifs .  ScéUlI. 


Des  Apozemes  qui  purgent  la 
mélancolie. 

On  s’cn  fert  dans  toutes  les  mala¬ 
dies  caufées  par  l’humeur  mélancoli¬ 
que,  pourveu  qu’il  n’y  ait  point  de 
grande  chaleur  dans  les  humeurs ,  ou 
quelque  empyreume  caché  ;  &  dans 
ce  cas  ,  il  faut  premièrement  em¬ 
ployer  les  alteratifs  ,  tant  internes 
qu’externes ,  &  les  purgatifs  bénins 
en  tifane,  l'infufion  de  callc,  &  autres 
femblabics.  Voicy  un  exemple  de  ces 
fortes  d’apozémes. 

Prenez  des  racines  d’ache  ,  de  fe¬ 
nouil  ,  &  de  perfil ,  de  chacune  une 
once  ,  de  la  racine  d’aunée  ,  &  de  l’é¬ 
corce  de  la  racine  de  frêne,  de  chacu¬ 
ne  demie  once  -,  des  feuilles  de  ci- 
corée  ,  de  fumeterre  ,  de  ccterac  ,  de 
melilTe ,  &  d’agrimoine,  une  poignée 
de  chacune  ;  des  fommitez  ,  d’afper- 

fes  ,  &  d’houblons  ,  demie  poignée 
e  chacune  -,  de  polypode  de  chêne 
concaffé ,  &  de  féné  mondé,  une  once 
&  demie  de  chacun?  des  racines  d’hel- 
lebore  noir  préparé ,  demie  once,  d’a- 


Cap.  I.  Des  Apoze'm.  purg.  j  g  ; 
garic  nouvellement  trochifqué,  &  de 
racine  de  mechoacam,  trois  drachmes 
de  chacun  i  de  tartre  calybé  ,  deux 
drachmes  ;  de  graine  de  fenouil  &  de 
periil ,  de  chacune  une  drachme,  d’é- 
pityme ,  des  fleurs  de  violetes  &  de 
ioucy  ,  une  pincée  de  chacune.  Fai. 
res  une  déco  dion  pour  trois  dofes. 
Ajoutant  à  chacune  une  once  de  fyrop 
de  pommes  compofé  ,  &  dans  la  der¬ 
nière,  s’il  eftneceflaire  ,  dilfolvez-y 
trois  drachmes  j  ou  demie  once  de 
confedion  d'hamec. 

Des  Apozcmes  pour  purger  les  profitez. 

Ces  apozérries  s’ordonnent  quand 
il  y  a  un  amas  de  ferofitez  dans  le  bas 
ventre  &dans  les  veines  ,  dans  l’hy- 
dropifie,  dans  une  mauvaife  indifpo- 
fition  de  tout  les  corps  ,  que  l’on 
nomme  cakexie.  Par  exemple. 

Prenez  des  racines  d’apy,de  brufe, 
de  fenouil  ,  une  once  de  chacune  i 
des  racines  de  panicaut ,  &  d’iris  de 
pays ,  de  chacune  fix  drachmes  :  des 
feuilles  d’agrimoine ,  de  polytric  ,  &c 
de  choux  marin,  une  poignée  decba- 


1 84  Part.I.  Des  A Itératifs .  Se&.lII. 
cune  :  de  polypode  de  chcne  concaf- 
fée,  &deféne  mondé  ,  de  chacun 
un  once  &  demie  ,  de  turbith  &  de 
racines  de  mechoacam  ,  trois  drach¬ 
mes  de  chacun  ;  de  graine  de  fenouil 
&  d’hyeble,une  drachme  &  demie  de 
chacune  des  fleurs  de  tamarife  & 
de  geneft ,  une  pincée  de  chacune. 
Faites  bouillir  le  tout  pour  trois  do- 
fes  ,  ajoutant  Si  chacune  un  once  de 
fyrop  derofes  pâles,deneufinfufions; 
ou  une  once  de  fuc  d’iris  de  pays  dé¬ 
puré  ,  Sc  que  l’on  aura  fait  un  peu 
bouillir  avec  du  fucre  j  ou  une  once 
de  fyrop  rofat  folutif ,  ou  autant  de 
celuy  de  fleurs  de  pefehier. 

On  peut  ajouter  dans  la  pre¬ 
mière  &  dernière  dofe  ,  fix  ou  huit 
grains  de  refine  de  jalap  ;  ou  bien 
dix  ou  douze  grains  de  poudre  de 
racine  de, jalap  ,  ou  demie  drachme, 
ou  une  drachme  de  tabletcs  de  diacar- 
iham. 

Des  Apoze'mes  pour  purger  quand  il  y  a 
mélange  à' humeur  s. 

L’ufage  de  ces  apozémes  cft  dans 


Chap.  I.  Des  Apoaémes purg.  i 
les  obftruébionsinveterées  des  vifceres 
avec  amas  d'humeurs  mêlées  enfemble, 
&  pour  la  préparation  des  humeurs 
qui  fe  doit  faire  pour  la  curation  de  la 
verole  ,  quand  le  bas  ventre  eft  com¬ 
me  farcy  d'impuretez.  Par  exemple. 

Prenez  des  racines  de  brufe  ,  & 
d’ache  ,  une  once  de  chacune  ;  d’é¬ 
corce  de  la  racine  de  capes  ,  de  frêne- 
&  de  tamarife ,  demie  once  de  chacu¬ 
ne  •,  des  feuilles  de  cicorée  avec  la 
racine  ,  de  tous  les  capillaires  ,  une 
poignée  de  chacune  ,  de  l'hellebore 
noir  préparé  avec  du  vinaigre  ,  trois 
drachmes  ;  du  polypode  de  chêne 
concafTc ,  &  de  féné  mondé  >  une 
once  &  demie  de  chacun  ;  d’agaric 
fraîchement  trochifqtié  &  d’hermo- 
dates ,  demie  once  de  chacucun  ;  de 
tutbith  gommeux  &  de  racines  de  me- 
choacam,  de  chacun  trois  drachmes, 
de  graine  de  fenouil  ,  d’apy  ,  &  de 
perfil ,  une  drachme  &  demie  de  cha¬ 
cune  ;  d’epithyme  &  de  fleurs  de 
violctes ,  de  bourrache  &  debuglofe, 
une  pincée  de  chacune: faites  bouillir 
le  tout  pour  trois  dofes  non  clarifiées, 
mais  pallées  plufieurs  fois.Vous  ajoîU 


1 8  6  Part.I.  Des  Alteratifs.  Se&.III. 
terez  dans  la  décoébion  trois  drach- 
mes  de  rhubarbe  qne  vous  aurez  fait 
infufer  dans  l’eau  de  cicorée  avec  du 
fantal  citrin  ,  &  que  vous  aurez  ex¬ 
primé  }  &  à  chaque  prife  de  cét  apo- 
zéme  vous ,  difloudrez  une  once  de 
fyrop  rofat  folutif,  ou  du  fyropdc  rô¬ 
les  pâles  de  neuf  infufions, qu’il  pren¬ 
dra  pendant  trois  matins,trois  heures 
auparavant  que  prendre  un  bouillon. 


CHAPITRE  II. 

Des  Bouillons  alteratifs  & 
purgatifs. 

LEs  bouillons  purgatifs  Ce  font 
quand  on  infulc  ,  &  on  fait  un 

fieu  bouillir  du  féné  dans  les  boüîl- 
ons  Amplement  alteratifs  dont  nous 
avons  parlé  dans  la  première  feélion  : 
on  y  dilîout  quelquefois  de  la  manne, 
ou  quclqu’ autre  elcétuairc  ;  dont  voi- 
cy-des  exemples. 

Prenez  du  féné  mondé  trois  drach¬ 
mes  ,  d’anis  &de  creme  de  tartre,  de 
chacun  demie  drachme ,  de  fuc  de  li- 


Ch.II.  Des  Bo'ùll.  ait.  & pnrg.  igy 
«ions  nouvellement  tiré ,  une  once. 
Lai  liez  les  infufer  pendant  demie  heu¬ 
re,  &  enfuite  bouillir  quelque  peu 
dans  un  bouillon  rafraichillant  que 
vous  preflerez,  &  que  vous  donnerez 
à  feptou  huit  heures  du  matin. 

Il  faut  prendre  garde  de  ne  métré 
point  dans  ces  bouillons  des  acides,& 
autres  chofes  aigres  ,  dans  les  mala¬ 
dies  de  la  poitrine  ,  comme  la  toux, 
crachement  de  fang  ,  &  autres  fem- 
blables. 

On  doit  aulïï  ordonuet  tin  bouil¬ 
lon  purgatif  dans  chaque  quatrième 
pvife  des  alteratifs ,  par  exemple. 

Prenez  trois  drachmes  de  féné  mon¬ 
dé  ,  d’anis  &  de  creme  de  tartre  de 
chacun  demie  drachme ,  faites-les  in¬ 
fufer  &  enfuite  un  peu  bouillir  dans 
chaque  quatrième  prife  du  bouillon 
alteratif ,  &  dans  la  huitième  prife 
l'on  y  dillbudra  une  once,  ou  une  on¬ 
ce  &  demie  de  manne  de  Calabre.Quc 
fi  l’humeur  prédominante  oblige  ,  & 
que  la  fièvre,  n'y  répugné  pas,  princi¬ 
palement  quand  il  raut  vuider  des  hu¬ 
meurs  grofliercs ,  pituiteufes  &  mé¬ 
lancoliques,  on  y  dilfo-ut  trois  drach- 


r88  Part.I.  Des  Alte{*tifs.  Se&.III. 
me  ,  ou  demie  once  de  l’ele&uaire  de 
citro  ,  ou  de  diacartham. 

Voicy  une  formule  d'un  bouillon 
purgatif  pour  la  curation  ou  précau¬ 
tion  dans  des  perfonnes  foibles  & 
maigres  ;  dans  les  maladies  chaudes 
de  la  poitrine  ,  la  toux ,  le  crache¬ 
ment  de  fang  ,  l'afthme  ,  la  difpoii- 
tion  àlaphthifie. 

Prenez  des  racines  de  bugle  &  de 
cicorée  ,  de  chacune  une  once  ;  des 
feuilles  de  cicorée  ,  de  pimpinelle, 
de  capillaire  ,  &  d’agrimoine  ,  une 
poignée  de  chacune.  Faites-les  boiiil- 
lir  avec  un  morceau  de  colet  de  veau, 
ou  de  mouton  ;  l’ayant  paflfé  vous  y 
ferez  un  peu  bouillir  ttois  drachmes 
defénénetoyé  ,  d’anis  &  de  creme  de 
tartre  ,  demiedrachme  de  chacun  ,  & 
en  fuite  l’ayant  pafïe  &  prelfc  vous 
diiroudrez  une  once  ,  ou  une  once  8c 
demie  de  manne. 


Chap.  III.  Des  Syrops  Mag.  i8<> 


CHAPITRE  III. 

Des  Syrops  Magijlraux. 

ON  fait  les  Syrops  Magiftraux,ou 
de  décodion  d’alteratifs ,  &  de 
purgatifs ,  ou  de  fuc  des  herbes  avec 
du  lucre  ,  en  les  faifant  bouillir,  juf- 
ques  à  la  confiftance  de  fyrop. 

On  fe  fert  des  décodions  d’alte- 
ratifs  dans  les  maladies  inveterées  du 
foye ,  de  la  rate ,  &  du  mefentere  , 
quand  on  a  dellein  de  purger  &  d’ou¬ 
vrir. 

On  employé  les  fucs  dans  les 
maladies  qui  dépendent  des  hy- 
pocondres ,  &  des  autres  indifpofi- 
tions  mélancoliques  caufées  par  l’a- 
trabile  ,  comme  les  cancers  ,  in, 
flammation  des  hypocondres  ,  le 
feorbut ,  quand  il  faut  humeder  & 
rafraichir  ;  &  en  céte  rencontre  les 
fucs  font  meilleurs,parce  qu’ils  abon* 
dent  plus  en  fels  qui  font  dans  les 
plantes,  que  les  décodions,  dans  lef- 
quelles  il  fc  rencontre  moins  de  fel 


i<) o  Part.I.  Des  AUeratifs , Sed.III. 
volatil  àraifon  du  feu  qui  en  a  fait  la 
dillipation. 

La  dofe  des  purgatifs  dans  ces  fy- 
l'ops  doit  être  trois  ou  quatre  fois 
plus  forte  que  dans  les  apozémes. 

On  y  ajoute  du  fucrc  ou  un  peu 
de  miel  avec  le  fucre  dans  les  indifpo- 
fitions  froides  des  poumons  ,  tant 
afin  qu’ils  fe  confervent  plus  long-* 
tcms ,  que  pour  les  rendre  plus  agréa-* 
blés  à  prendre. 

La  proportion  de  la  liqueur  au  fu- 
creou  au  miel  doit  être  double  }  ou 
triple  ;  fi  ,  par  exemple  il  y  a  trois  li¬ 
vres  de  liqueur  ,  il  faudra  métré  une 
livre  &  demie  de  fucre,  ou  félon  quel¬ 
ques-uns,  une  livre,  félon  que  l'on  le 
veut  faire  plus  ou  moins  épais,ou  que 
l’on  le  veut  plus  purgatif;car  plus  l’on 
y  mettra  de  fucre  ,  il  en  fera  moins 
purgatif,  &  il  échaufera davantage. 

La  dofe  eft  jufques  à  une  once  8C 
demie  ,  ou  deux  onces ,  félon  que  le 
fyrop  eft  plus  ou  moins  purgatif,  les 
humeurs  que  l'on  veut  vuider,  &  l’⬠
ge  du  malade. 

On  le  donne  avec  du  bouillon ,  oà 
Ton  aura  fait  cuire  des  herbes  félon 


l'intention  que  l'on  a  s6u  avec  du  pe¬ 
tit  lait  ,ou  a^ec  des  eaux  de  buglofe, 
ou  de  bourrache,  ou  autre  fembïable. 

L'ufage  de  ces  fyrops  eft  dans  les 
maladies  longues  du  foye ,  de  la  rate  > 
dans  les  indi (portions  des  hypocon- 
dres ,  toute  forte  de  mélancolie ,  dans 
les  maux  de  matrice  ,  des  poûmons, 
dans  les  fcorbutiques,dans  les  cancers, 
dans  lcfquels  apres  les  remedes  géné¬ 
raux  tant  preparans  que  purgatifs  , 
pendant  un  mois  ou  davantage, l’on  f& 
lert  de  boiiillons  alteratifs  ,  de  petit 
lait  d’anefle,  &  de  fix  en  fix  jours, ou 
de  huit  il  faut  purger  doucement  ;  ou 
parce  que  ces  fortes  de  maux  durent 
plufieurs  mois ,  ou  qu’étant  guéris  ils 
retournent  ;  on  purge  par  ces  fyrop» 
une  ou  deux  fois  le  mois. 

Voicy  un  exemple  d’un  fyrop  ma- 
giftral  fait  d’une  décoékion  qui  prépa¬ 
ré  &  purge  indifféremment  toutes  les 
humeurs. 

Prenez  des  racines  d’afperges  ,  de 
brufe  &  d’ache,  une  once  &  demie  de 
chacune  ;  d’écorce  de  racines  de  ca¬ 
ptes  ,  &  de- frêne,  de  chacune  une  on¬ 
ce  i  des  feuilles  de  tous  les  capillaires* 


1 9 1  Part.I.  Des  A Itératifs .  Sc&.III. 
d'agrimoine  ,  de  cicorée  avec  la  ra¬ 
cine,  une  poignée  de  chacune  ;  des 
fommitez  d’aiperges  &  d’houblons , 
demie  poignée  de  chacun  ;  de  graine 
d’ache  &  de  perfil  ,  demie  once  de 
chacune; des  fleurs  de  violetes  ,  de 
buglofc  Sc  de  bourrache  ,  deux  pin¬ 
cées  de  chacune.  Faites  boüillir  le 
tout ,  &  dans  deux  livres  Sc  demie  de 
la  coulature,infufez-y  &  faites  un  peu 
boiiillir  ,  félon  les  réglés  ordinaires, 
de  polypode  de  chêne  concalFé ,  & 
de  féné  mondé ,  trois  onces  de  cha¬ 
cun  ;  d'agaric  nouvellement  trochif- 
qué  >  d’hermodates  ,  &  du  turbit 
gommeux  ,  une  once  de  chacun  ,  de 
racines  de  mechoacam ,  demie  once  ; 
d’epithyme  ,  une  once  ;  de  canelle  & 
de  graine  de  fenouil  ,  une  drachme  & 
demie  de  chacun.  Faites-en  l’expreflîô 
jufques  à  une  livre  &  demie  ,  &  y 
dilfolvez  une  once  de  rhubarbe  infü- 
fée  dans  de  l’eau  de  cicorée  avec  du 
fantal  citrin  ;  une  livre  &  demi  de 
fucre  blanc.  Faites  un  fyrop  que  vous 
ferez  cuire  comme  il  faut. 

Le  fyrop  fuivant ,  cft  plus  propre 
quand  la  chaleur  prédomine. 

Prenez 


Chap.IH.  Des  Syrops  Mag, 

Prenez  des  racines  d’alperges  ,  de 
brufe  &  de  buglofe  ,  de  chacune 
deux  onces  i  des  feuilles  de  cicorée 
■8c  de  tous  les  capillaires,  une  poignée 
de  chacun  ;  de  reglilïe  ratilïee  ,  8c  de 
raifins  mondez ,  &  de  crème  de  tar¬ 
tre  ,  une  once  de  chacune  ;  des  fleurs 
de  violetes ,  de  bourrache ,  de  buglo¬ 
fe,  8c  de  cicorée,  deux  pincées  de  cha¬ 
cune.  Faites  bouillir  le  tout ,  &  dans 
deux  livres  de  la  coulature ,  infu- 
fez  -  y  ,  8c  faites  un  peu  bouillir  de 
polypode  concall’é  ,  &  de  féné  mon¬ 
dé  ,  trois  onces  de  chacun  ;  d’agaric 
fraîchement  trochifqué ,  &  des  her- 
modates ,  une  once  de  chacun  ;  de 
tartre  vitriolé  une  drachme  ;  dans 
l’expreflion  d’une  livre  &  demie  ,di£. 
folvez-y  une  once  de  rhubarbe  qui 
aura  infufé  dans  l’eau  d<*  cicorce avec 
du  fantal  citrin  ,  &  que  vous  expri¬ 
merez  :  ajoutez  -  y  fix  onces  de  l’eau 
de  neuf  infufions  de  rofes  pâles ,  & 
une  livre  &  demie  de  fucre  blanc , 
faites  -  les  cuire  en  la  confiftance  de 
fyrop. 

Voicy  un  fyrop  magiftral  fait  de 
fucs. 


I 


IP4  Part. T.  Des  Altérât  Ifs.  Se&.Iir. 

Prenez  deux  livres  des  lues  nouvel¬ 
lement  exprimez  &  dépurez  de  cico- 
rée  ,  des  deux  efpeces  de  buglofe, 
d'houblons  &  de  fumeterre  ;  du  fuc 
de  pommes  de  renetes  ,  &  des  neuf 
infuiîons  de  rofes  pâles ,  une  livre  de 
chacun  ;  de  féné  mondé  quatre  onces, 
de  polypode  de  chêne  concairé  ,  de 
graine  de  cartham  &  d’épithyme, 
deux  onces  de  chacun  ;  de  racines 
d’hellebore  noir  préparées  avec  le  vi¬ 
naigre  ,  une  once  &  demie  ;  d’agaric 
nouvellement  trochifqué ,  du  turbith 
&  de  racines  de  mechoacam  ,  deux 
onces  de  chacun  -,  de  tartre  vitriolé 
une  once,  de  gerofles,  &  de  gingem¬ 
bre  ,  de  chacun  une  drachme  ,  faites 
les  infufer  &  bouillir  le  tems  qu'il 
faut  :  dans  deux  livres  de  la  coulature, 
diflolvez  une  once  &  demie  de  rhu¬ 
barbe  qui  aura  infufée  avec  du  fantal 
citrin  dans  une  livre  des  lues ,  &  que 
vous  exprimerez  ;  ajoutez  -  y  vingt 
onces  de  fucre  blanc.  Faites -en  un 
fyrop. 

Le  fyrop  fui vanteft  très- bon  dans 
les  maladies  qui  ont  leur  caufe  dans 
les  hypocondres  ,  dans  les  amas  des 


Chap.III.  Des  Syrofs  Mag.  19- 
humeurs  bilieufes  brûlées  ,  dans  la 
phthifie  ,  crachement  de  fang,.&  au¬ 
tres  indifpofitions  -,  dans  lefquclles  il 
faut  purger  fouveut,&  quel’on  craint 
lin  remuement  d'humeurs  ,  principa¬ 
lement  dans  les  perfonnes  foibles , 
maigres,  &  qui  ont  les  vifeeres  échau- 
fez. 

Prenez  une  once  de  féné  mondé  , 
une  drachme  de  coriandrcjdemie  once 
de  rhubarbe  ,  une  drachme  de  fantal 
citrin  ,  &  vingt  onces  d’eau  de  cico- 
réc  ;  mettez-les  infufer  fur  les  cendres 
chaudes  pendant  fix  heures  ;  dans  la 
coulature  que  vous  aurez  preilee  dif- 
folvez  quatre  onces  de  moclc  de  caf- 
fe  nouvellement  extraite  ,  que  vous 
lairterez  encore  infufer  pendant  qua¬ 
tre  heures ,  aulïi  chaudement ,  en  re¬ 
muant  de  tems  en  tems  avec  une  cuil- 
liere  :  partez  &  exprimez  la,  &  enfui- 
te  vous  y  ajouterez  &  diiïoudrez  trois 
onces  de  manne  ,  &  quatre  onces  de 
fucre  blanc  ,  faites-les  fondre  à  petit 
feu  fans  bouillir  ,  en  remuant  fou- 
vent  avec  une  cuilliere  ,  faites  un  fy- 
rop  d’une  confiftence  telle  qu’elle  doit 
dtre. 


rit)é  Part.I.  Des  Altérât  ifs.  Seét.IIÏ. 

La  dofe  de  ce  fyrop  eft  jufqu’à 
deux  ou  trois  onces. 

Voicy  comme  on  fe  fert  de  ces 
fyrops  magiftraux. 

Prenez  deux  onces  du  fyrop  ma- 
giftral  cy -devant  ordonné  ,  (plus  ou 
moins  félon  l’âge,  la  nature  de  la 
maladie  ,  &  l’effet  déjà  reconnu  de 
la  compofition  )  diffolvcz  -  les  dans 
un  boüillon  rafraîchi  (Tant,  ou  dans 
du  petit  -  lait ,  ce  que  vous  jugerez 
qu’il  en  faut ,  que  le  malade  prendra 
le  matin.  Que  s’il  ne  purge  pas  affez, 
faites  un  peu  bouillir  dans  le  boüil¬ 
lon  ou  dans  le  petit-lait ,  deux  ou 
trois  drachmes  de  féné ,  8c  l’expref- 
fion  en  étant  faite,  vous  y  dillou- 
drez  le  fyrop  comme  nous  avons  déjà 
marque. 


Ch.1V.  De  la  Die't.  ait.  &purg. 


CHAPITRE  IV. 

De  la  Diète  alterative  &  pur* 
gative. 

LA  diète  ou  eft  alterative  &  fudo- 
rifique  ,  de  laquelle  nous  avons 
traité  dans  le  douzième  Chapitre  de 
la  fécondé  Sedion  ;  ou  elle  eft  aufli 
purgative ,  de  laquelle  nous  traiterons 
dans  ce  Chapitre. 

Céte  forte  de  diète  n’eft  autre  cho- 
fe  qu’une  décodion  qui  delTeche  ,  ôc 
qui  provoque  les  fueurs ,  &  qui  éva¬ 
cue  par  le  bas. 

Céte  décodion  fe  fait  de  fudorifî- 
ques  &  dans  la  même  dofe  que  nous 
avons  marqué  dans  la  fécondé  Sec¬ 
tion  ;  on  n'y  met  les  purgatifs  qu’eni 
petite  quantité  ,  &  quatre  fois  moins 
que  dans  les  apozéincs ,  parce  que 
les  forces  ne  pourroicnt  pas  fuporrer 
Une  fi  grande  évacuation  qui  fe  feroic 
par  le  bas ,  &  par  les  fueurs  en  même- 
tems. 

.  Le  tems  de  prendre  ces  décodions 


T5>8  Part.I.  Des  Altérât  ifs.  SeéUlI. 
cft  le  marin  à  fix  heures ,  pendant  dix 
oü  quinze  jours ,  fi  les  forces  le  per¬ 
mettent, &  que  le  mal  le  demande:  Au¬ 
trement  on  n’ordonne  céte  diète  pur¬ 
gative  que  pendant  les  cinq  ou  huit 
premiers  jours  ,  &  apres  ayant  ôté  les 
purgatifs  on  côtinuc  les  fudorifiques. 

On  fe  fert  de  céte  forte  de  diète 
dans  des  corps  cacochymes  &  forts  ; 
dans  les  maladies  froides  &  humides, 
du  cerveau ,  des  nerfs  ;  pour  ôter  les 
xeftes  d’une  apoplexie,  dans  la  goûte, 
l’afthme  venant  d’une  caufc  froide , 
dans  la  verole ,  &c.  Par  exemple  : 

Prenez  déracinés  de  fquinc  &  de 
falfepareille  »  une  once  &  demie  de 
chacune  ,  trois  livres  d’eau  de  fontai¬ 
ne.  Laificz  les  infufer  pendant  24. 
heures,  &c  cnfuite  faites-les  bouillir  à 
la  réduction  de  la  moitié,  en  ajoutant 
à  la  fin  de  polypodc  de  chêne  ,  &  de 
féné  ,  une  once  de  chacun  ;  de  tur- 
bith  ,  d’hermodates  ,  &  d'agaric 
nouvellement  trochifqué  deux  drach¬ 
mes  de  chacun  ,  de  graine  de  fenouil, 
une  drachme, de  canelle  demie  drach¬ 
me  ;  palfez  la  déco&ion,  &  le  malade 
en  prendra  tous  les  matins  &c. 


Ch.IV.  De  la Dlet.  ait.  &  purg.  1 9 p. 

Il  y  a  à  remarquer  qu’il  ne  faut  pas 
provoquer  les  fueurs  par  force  ,  mais 
feulement  couvrir  le  malade  des  cou¬ 
vertures  ordinaires  ,  afin  qvie  la  tran- 
fiidation  ou  l’expiration  en  foit  plus 
libre. 

Pendant  tou  le  tems  de  la  diète ,  il 
faut  fe  fervir  du  bouebet  fuivant. 

Prenez  deux  onces  de  falfepareille 
6c  huit  livres  d’eau  de  fontaine  ,  fai- 
tes-les  infufer  6c  bouillir  comme  il 
faut  }  l’ayant  pallé  >  le  malade  s’en 
fervira  pour  fa  boilfon  ordinaire. 

Il  faut  que  les  alteratifs  8c  les  éva- 
cuatifs  precedent  l’ufage  de  ces  diètes,, 
de  peur  que  les  matières  étant  comme 
fondues  ne  s’échaufent ,  ou  ne  fe  jén 
tent  fur  quelque  partie  foible  &  inca-, 
pable  de  les  foûtenir. 

On  fe  fert  de  cétc  dicte  purgative 
pour  ôter  les  reftes  d’une  apolexie* 
ou  d'un»  paralyfie  qui  luy  a  luccedé  , 
dant  laquelle  on  doit  faire  boüiUijj 
des  feuilles  de  betoine,  dcmelüfe,  de 
l'arthritique  6c  de  la  primevere  ,  de 
chacune  une  poignée  ;  en  prenant  gar¬ 
de  néanmoins  que  les  vifccres  ne  foient 
pas  échaufez.  ,  qui  en  céte  rencon- 
I  4 


fo'o  Part.T.  Des  Altertûfs.  Seft.TIT. 
rre  nous  obligent  d'y  métré  plutôt 
des  rafraichiiîans  pour  modérer  la 
chaleur. 


CHAPITRE  V. 

Des  Optâtes. 

L’Opiate  eft  un  médicament  de 
molle  confîftancc  ,  qui  n'eft  pas 
pourtant  liquide  ,  compofé  de  plu¬ 
sieurs  chofes ,  cbmmc  de  confervcs  , 
d'éleCtuaircs  ,  de  boudres ,  de  fyrops, 
&  autres  chofes  lemblablcs. 

L’ufage  des  opiates  eft  première¬ 
ment  pour  préparer  ,  &  pour  ouvrir 
dans  quelque  intempérie ,  &  obftruc- 
tion  des  vifeeres  ,  dans  une  fupref- 
fion  des  mois,  dans  les  pâles  couleurs, 
toutes  indifpofi lions  mélancoliques  , 
&  autres  femblables ,  ayant  pourtant 
fait  les  remèdes  généraux. 

Par  exemple  dans  une  indifpofltion 
chaude. 

Prenez  de  conferve  de  fleurs  de 
cicorée,  une  once ,  de  fafran  de  mais 
apéritif,  fix  drachmes  >  de  confection 


Chap.  V.  Des  0 fiat  es.  201 

de  hyacinthe ,  &  de  magiftere  de  tar¬ 
tre  ,  une  drachme  de  chacun ,  de  pou¬ 
dre  de  diarhodon ,  deux  fcrupules,  du 
fyrop  de  capillaire  ce  qu’il  en  faut 
pour  faire  une  opiate  ,  dont  on  en 
donnera  tous  les  matins  deux  drach¬ 
mes,  en  beuvant  enfuite  un  peu  d’eau 
de  cicorée  ,  &  fe  promenant  douce¬ 
ment  pendant  une  ou  deux  heures, 
&  après  trois  heures  vous  donnerez 
un  bouillon  fait  avec  des  herbes  ra- 
fraichiflantes ,  pendant  dix  ou  douze 
jours. 

Notez  qu’il  ne  faut  pas  ordonner 
des  Tels  lixiviaux ,  comme  d’abfynte, 
de  tamarife  ,  de  cicorée,  &  autres 
Semblables ,  quand  il  faut  métré  l’a¬ 
cier  ,  ou  autres  remedes  calybcz  dans 
l'opiate  car  ces  fortes  de  Sels  précipi¬ 
tent  tellement  l’acier,qu’il  n’y  demeu¬ 
re  que  la  partie  aftvingente. 

Dans  une  indifpofition ,  où  il  y  a 
mélange  de  froid  &  de  chaud  on  peut 
ordonner  l'opiate  Suivante. 

Prenez  des  con Serves  de  capillaire 
&  de  fleurs  de  bourrache, fix  drachmes 
de  chacune  ,  d'acier  préparé ,  une  on¬ 
ce  ;  de  confection  de  hyacinthe  &  de 


loi  Part.I  .Des  Altérât  if  s.  Seét.IIï. 
diarhodon  ,  de  chacun  une  drachme, 
de  l'efprit  de  t  artre  trois  drachmes;dc 
fyrop  de  capillaire  ,  ce  qu’il  en  faut 
pour  faire  une  opiate  ,  dont  vous  en 
donnerez  deux  drachmes  chaque 
matin. 

Voicy  une  opiate  aperitive  fans 
acier  quand  les  obftru&ions  commen¬ 
cent  ,  &  font  légères  ,  acompagnées 
d’une  fièvre  lente  ,  ayant  auparavant 
fait  les  remèdes  généraux. 

Prenez  une  once  de  conferve  de 
fleurs  de  cicorée,  demie  once  de  con¬ 
ferve  de  cynorhodon ,  de  confection 
de  hyacinte  ,  &  de  tartre  vitriolé  , 
quatre  fcrupules  de  chacun ,  de  fel  de 
frêne  ,  &  d’abfynte ,  demie  drachme 
de  chacun  ,  de  la  poudre  de  l'élcétuai- 
re  des  trois  fantaux  ,  deux  fcrupules , 
du  fyrop  de  cicorée  fimple ,  ce  qu’il 
en  faut  pour  former  une  opiate ,  dont 
vous  en  donnerez  deux  drachmes 
chaque  matin. 

Dans  les  obftruCtions  inveterées , 
on  peur  ajouter  dans  les  optâtes , 
une  drachme  &  demie  de  l’efprit  de 
gomme  ammoniaque  ,  ou  de  l’efprit 
volatil  du  fel  ammoniaque ,  julqu'à 


Chap.  V.  Des  Optâtes.  i0) 
trois  drachmes  :  &  autres  femblables 
remcdes  chymiques  dont  nous  avons 
parlë  dans  le  troifiéme  Chapitre  de 
la  première  fe&ion  en  traitant  des; 
Bouillons  apéritifs. 

Notez  qu’aprés  la  cinquième  >  ÔC 
dixiéme  dofc  de  l’opiate ,  il  faut  or¬ 
donner  un  remede  purgatif,  pour  vui- 
der  la  matière  qui  a  été  préparée  ;  otj 
mêler  céte  poudre  fuivante  dans  l’o¬ 
piate. 

Prenez  de  la  poudre  de  diacar- 
tham  ,  une  drachme  ,  un  fcrupule 
d’hiere  picre  ,  quatre  grains  de  dia- 
grede  ,  mêlez  céte  poudre  avec  deux 
drachmes  de  l’opiate  prefcrire  ,  que 
vous  donnerez  dans  la  cinquième  & 
dixiéme  prife. 

Les  opiates  s’ordonnent  aufli  quand 
il  faut  ouvrir  &  purger  en  même-temÿ, 
quand  la  matière  eft  groiliere,  &  le 
corps  robufte ,  dans  les  matières  des 
vifeeres ,  de  la  matrice ,  du  mefente- 
re  ,  avec  des  obftru&ions  inveterées. 
Par  exemple  dans  une  indifpofition 
chaude. 

Prenez  de  confcrve  de  fleurs  de 
«icoiée  une  once  >  du  fel  de  Murs.» 


104  Part.ï.  Des  Mterxtlfs.  Scéï.Iir. 
deux  drachmes ,  de  féné  mondé  ,  de 
rhubarbe  ,  &  d’agaric  nouvellement 
trochifqué ,  Une  drachme  &  demie  de 
chacun  -,  de  racine  de  mechoaeam,une 
drachme,  de  magiftere  de  tartre ,  deux 
fcrupules,  de  la  poudre  de  l’éleétuaire 
des  trois  fantayx ,  demie  drachme , 
avec  du  fyrop  roiat  folutif,  vous  ferez 
une  opiate  ,  dont  vous  en  donnerez 
deux  ou  trois  drachmes  pendant  dix 
jours. 

Voicy  une  opiate  dans  une  indif- 
pofition  caufée  par  une  matière  grof- 
fiere  &  opiniâtre  à  furmonter. 

Prenez  de  la  conferve  de  capillai- 
»c ,  &  d’acier  préparé  avec  le  foulphre 
fïx  drachmes  de  chacun  ,  de  gomme 
ammoniaque  fondue  dans  le  vinaigre, 
&  paflee  par  le  tamis ,  trois  drachmes, 
de  féné  mondé, d’agaric  nouvellement 
trochifqué  ,  8c  de  rhubarbe  ,  deux 
drachmes  de  chacun,  de  racine  de  me- 
choacam,&  de  jalap,de  chacune  demie 
drachme ,  de  la  poudre  de  diarhodon, 
&  des  fecules  de  brioine, demie  drach¬ 
me  de  chacun  ,  du  fyrop  de  pommes, 
compofe  ,  ce  qu'il  en  faut  pour  faire 
une  opiate,  dont  vous  en  donnerez. 


C  h  ap .  V.  Des  Opîafct.  i 
deux  drachmes ,  ou  trois  chaque  ma¬ 
tin  ,  pendant  dix  ou  douze  jours. 

Ou  bien  fervcz  -  vous  de  la  fui- 
Vante. 

Prenez  de  féné  mondé ,  de  rhu¬ 
barbe  ,  &  d'agaric  nouvellement  tro- 
chifqué  ,  trois  drachmes  de  chacun  ; 
des  hermodares,  &  de  racine  de  ja- 
lap,  de  chacun  une  drachme  &  demie; 
de  coriandre ,  &  de  graine  de  fenouil» 
de  chacun  une  drachme  ;  de  fel  de 
Mars  trois  drachmes,  de  miel  ce  qu'il 
en  faut  pour  faire  une  opiate  ,  donc 
vous  en  donnerez  trois  drachmes,  ob- 
fervant  les  réglés  comme  deflus. 

Notez  premièrement  que  l’on  au¬ 
gmente  ou  diminue  la  dofe  des 
chofes  ,  dont  on  compofe  l’opiate, 
félon  que  l'on  a  deffein  de  h  con¬ 
tinuer. 

Secondement  que  dans  l’ufage  de 
l'acier ,  il  faut  faire  un  peu  d’exercice 
aprc's  chaque  prife  afin  que  les  apéri¬ 
tifs  pénétrent  plus  avant,&  que  les  hu¬ 
meurs  comme  déjà  ébranlées  ,  cedent 
plus  promtement  à  la  vertu  du  remè¬ 
de.  Il  faut  que  les  perfonnes  robuftes 
fe  promènent  par  des  lieux  feabreux 


10(5  Part.I.  "Des  Alteratlfs.  Scd.ITI. 

&  difficiles  j  les  moins  robuftes ,  & 
les  plus  foibles  ,  par  des  plaines  ,  & 
des  chemins  égaux  ,  pendant  deux 
heures  ,  en  fe  repofant  de  rems  en 
teins  ,  de  peur  de  le  la  lier.  Trois  heu¬ 
res  après  avoir  pris  l’opiate  ,  il  faut 
boire  un  bouillon  où  il  y  ait  cuir 
des  herbes  aperitives ,  &  rafraic  h  if- 
fan  tes. 

Troifiémement  avant  l'ufagedc  l’a¬ 
cier  que  l’on  a  mis  dans  la  compofi- 
tion  de  l’opiate  ,  il  faut  avoir  fait  les 
remedes  généraux,  tant  pour  difpofer 
les  humeurs ,  que  pour  les  vuider  en 
partie  ;  pour  modérer  &  temperer  la 
chaleur  ,  s’il  y  en  a ,  &  afin  que  les 
humeurs  qui  ont  été  comme  fondues, 
&  fubtililées  par  la  force  de  l’acier , 
ne  fc  jétent  encore  plus  avant  dans  les 
parties  ocupées  par  les  obftruéHons  : 
qu'au  contraire  les  remedes  généraux 
ayant  été  fuffifâmment  faits,  les  hu¬ 
meurs  reliantes  dans  les  petites  vei- 
nes,&  dans  les  parties  les  plus  cachées 
font  atténuées ,  &  détergées  par  la 
-pefantcur  de  l’acier ,  &  par  la  force 
de  fon  fel  volatil ,  &  en  même- teins 
vuidçcs  pai  les  purgatifs, 


Chap.  V.  Des  Optâtes.  %oj 

Le  troifiéme  ufage  des  opiates 
eft  pour  rafraîchir,  &  épaiiïïr,  comme 
dans  une  toux  violente  &  opiniâtre 
dans  le  crachement  de  fang ,  perte  de 
mois  exceflive ,  tant  pour  une  entière 
curation,  que  par  précaution  après  les 
remedes  généraux.  Par  exemple  : 

prenez  de  conferve  de  rofes ,  &  de 
la  grande  confolide  ,  une  once  de 
chacune  :  de  confc&ion  de  hyacinte 
une  drachme,  de  perles  préparées ,  de 
corail  rouge ,  &  de  graine  de  plantin  > 
de  chacun  demie  drachme,  de  l’opiate 
de  laudanum,  un  fcrupule ,  &  avec  du 
fyrop  de  rofes  feches  compofez  une 
opiate  ,  dont  vous  en  donnerez  une 
drachme  ou  deux,  tous  les  foits,  en  fe 
couchant,  beuvant  par  deilus  un  verre 
d'eau  de  pavot  rouge,  &  de  pourpier. 
Ou  bien. 

Prenez  de  conferve  de  rofes  de 
Gènes ,  de  cynorhodon ,  &  du  grand 
fymphytum ,  flx  drachmes  de  cha¬ 
cune,  de  la  poudre  des  fleurs  de  pavot 
rouge ,  &  de  graine  de  pavot  blanc-, 
une  drachme  de  chacune,  de  la  pou¬ 
dre  du  bol  d'Armenie,demie  drachme, 
de  gomme  tragacant ,  &  de  graine  de 


lo2  Par.I.  Des  Alteratlfs.  Sed.III. 
guimauve ,  de  chacun  quatre  (crapu¬ 
les  j  faites  une  opiate  avec  du  fyrop 
de  rofes  feches  ,  dont  vous  en  donnc^ 
rez  deux  drachmes ,  trois  fois  le  jour , 
le  matin  ,  à  quatre  heures  du  foir ,  &c 
en  fe  couchant. 

Le  quatrième  ufage  des  opiates  eft 
pour  fortifier  ,  &  pour  ce  fujct  il 
faut  prendre  la  peine  de  lire  la  der¬ 
nière  partie  qui  traite  des  Corro¬ 
boratifs. 


CHAPITRE  VI. 

Des  Bolus. 

LE  Bolus  eft  un  médicament  à  la 
vérité  folide,  mais  pourtant  mol , 
ai n fi  apellé,  parce  que  l'on  l’avale  par 
morceaux. 

Les  bolus  fe  font  d’éleduaires  , 
de  pulpes  ,  de  conferves ,  de  pou¬ 
dres  ,  que  l’on  met  en  une  confiftance 
qui  fe  puille  avaler  fans  mâcher. 

On  en  compofe  pour  préparer, 
&  difpofer  les  humeurs  ,  comme  par 
«xemple  le  fuivant  qui  eft  apéritif. 


Chap.  V I.  Dés  Bolus.  ia$ 
&  par  confequent  propre  pour  les 
©bftruCtions  des  vifceres  ,  dans  la 
cakcxie  ,  fupreflion,  des  mois  ,  dans 
les  maladies  caufées  par  la  mélan¬ 
colie. 

Prenez  du  fel  de  Mars ,  fix  grains 
ou  huit ,  ou  dix,  de  conferve  de  fleurs 
de  cicorée  deux  drachmes.  Formcz- 
en  un  bolus,  que  vous  donnerez  pen-' 
dant  quinze  jours ,  entre-mélant  des 
purgatifs  en  tifane ,  de  cinq  en  cin<j 
jours ,  &  faifant  un  peu  d’exercice  » 
comme  quand  on  a  pris  l’acier  en 
opiate. 

Voicy  l’exemple  d’un  bolus  rafrai- 
chiflant,  &  corroboratif,  que  l’on 
Peut  donner  dans  les  fièvres ,  &  le 
lendemain  que  l’on  a  pris  un  pur¬ 
gatif. 

Prenez  de  conferve  de  rofes  ,  deux 
drachmes  ,  de  confection  de  h  y  acui¬ 
té,  demie  drachme,  de  fel  de  prunelle, 
&  de  la  poudre  de  l’cleCtuaire  des 
ttois  fantaux,  de  chacun  un  fcrupule. 

tout  cela  mêlé- enfemble ,  faites- en 
ün  bolus. 

Bolus  aftringcnr  pour  le  flux  de 
Ventre. 


210  Part.I.  Des  Alteratlfs.  Se&.III. 

Prenez  de  confcrve  de  rôles  ron¬ 
ges  ,  une  drachme  &  demie  ,  de  tro- 
chifqucs  de  coraux  ,  &  de  terre  figjl- 
léc ,  un  fcrupule  de  chacun  j  avec  du 
fyrop  de  grenades  ,  faites  -  en  un 
bol  us. 

En  voicy  un  autre  pour  apaifer  la 
douleur  dans  la  dyfenterie  ,  &  pour 
arrêter  tous  flux  de  fang,  &  pour  faire 
dormir  ,  dans  le  choiera  worbus  ,  8c 
tout  flux  de  ventre  caufé  par  la 
bile. 

-  Prenez  de  confervede  rofes  rouges, 
demie  drachme  ,  de  l'opiate  de  lauda¬ 
num  ,  deux  ou  trois  grains.  Faites-en 
un  bolus  pour  donner  à  l'heure  que 
l’on  jugera  à  propos  ,  le  matin  ou  le 
fbir. 

Ce  même  bolus  eft  aufli  très  -  bon 
dans  toute  forte  de  phrénefie,  &  dans 
la  manie ,  &  dans  toutes  les  maladies 
où  il  y  a  des  fymptomcs  qui  caufent  / 
une  alienation  d’cfprit. 

Il  faut  néanmoins  prendre  garde 
quand  on  ordonne  le  laudanum  aux 
cnfans ,  aux  vieillards,  &  à  ceux  qui 
font  extrêmement  foiblcs ,  de  ne  pas 
palfer  la  dofe  d'un  grain  ou  deux,  s’il' 


Chap.VII.  Des  Pilules,  ni 
elt  abfolumcnt  neceflaire  de  le  leur 
donner. 

On  fait  aufli  des  bolus  pour  d’au¬ 
tres  ufages ,  comme  pour  provoquer 
la  fueur  ,  &  les  urines. 

Il  y  a  aufli  des  bolus  pour  purger  ; 
'pour  ce  fujet  vous  verrez  le  Chapitre 
qui  traite  particulièrement  des  bolus 
purgatifs. 

Il  y  en  a  encor  qui  fortifient ,  pour 
cela  vous  confulterez  le  Chapitre  des. 
bolus  corroboratifs. 


CHAPITRE  VII. 

Des  Pilules. 

LEs  pilules  font  des  medicamens 
de  forme  folide  &  ronde,  que  l’on 
fait  tant  pour  préparer,  que  pour  pur¬ 
ger  &  fortifier. 

On  les  apelle  catapoties  ,  parce 

Î[ue  l’on  les  avale  entières.  Ce  qui  fe 
ait  ou  pour  cacher  le  mauvais  goût 
des  ingrediens  qui  les  compofent ,  ou 
afin  qu’elles  demeurent  plus  long- 
temsdans  l'eftomac,  quand  on  veuç 


i  1 1  Part.I.  Des  Alteratifs.  Se&.III. 
fortifier  *,  ou  afin  qu’elles  attirent  des 
parties  les  plus  éloignées ,  quand  il 
faut  purger  ;  ou  quand  il  y  a  de  l'eau 
ou  de  la  pituite  dans  le  bas  ventre. 

Les  pilules  fe  compofent  d’aperi- 
tifs ,  de  diurétiques  ,  de  purgatifs ,  Sc 
de  corroboratifs  ,  félon  la  diverjfité 
des  indications  qui  fe  prefentent  :  on 
incorpore  ces  poudres  ,  avec  du  fy- 
rop  ,  ou  du  miel ,  des  mucilages  ,  ou 
du  vin  cuit ,  afin  de  les  métré  plus 
facilement  en  maire. 

Les  pilules  font  deftinées  pour  plu- 
fieurs  ufages  premièrement  pour 
ouvrir  &  déboucher  dans  les  obftruc- 
tions  des  vifeeres  ,  dans  les  pâles 
couleurs  ,  dans  les  maladies  caufees 
par  l’humeur  mélancolique.  Par 
exemple. 

Prenez  de  l'acier  préparé  avec  le 
foulfre  ,  une  once  ;  de  la  poudre  de 
diarhodon ,  une  drachme,  avec  du  fy- 
rop  de  capillaire ,  formez  des  pilules, 
dont  ladofe  fera  une  drachme  pour 
prendre  chaque  matin  pendant  neuf 
jours  ,  beuvant  après  chaque  prife  de 
l’eau  de  buglofe  ,ou  de  cicorée,  ayant 
auparavant  fait  les  remèdes  gé- 


Châp.  VII.  T)es  Tildes.  2I  j 
néraux  ,  &  entremêlant  les  purgatifs, 
&même  à  la  fin. 

Ou  bien  celles-cy. 

Prenez  demie  once  d’acier  préparé, 
ou  deux  drachmes  de  fiel  de  Mars  ;  de 
gomme  ammoniaque  fondue  dans  le 
vinaigre, trois  drachmes  ;  d’alocs  lavé 
dans  l’eau  de  cicorée,  deux  drachmes; 
de  tartre  vitriolé  ,  quatre  fcrupules , 
avec  du  fyropde  capillaire  formez  des 
pilules  :  la  dofe  eft  jufques  à  deux 
scrupules. 

Les  fuivantes  font  bonnes  pour  les 
femmes  fujetes  aux  fufocations  de 
matrice  ,  pour  fe  preferver  de  ces  ac- 
cidens  : 

Prenez  de  gomme  ammoniaque  pre- 

Îarée  avec  le  vinaigre,  une  drachme; 

acier  préparé  avec  le  foulfre  ,  deux 
drachmes  ;  de  myrrhe  rouge  ,  &  de 
caftoreum,fix  grains  de  chacun  ;  demi 
fcrupulede  fafran  ;  d’efprit  volatil  de 
fel  armoniaque  ,  quinze  goûtes  ;  in¬ 
corporez  le  tout  avec  du  fyrop  de  car 
pillaire,formez  quarante  pilules,dont 
■vous  en  donnerez  quatre  en  fe  mét- 
*ant  au  lit  pendant  deux  ou  trois  jours 
chaque  femaine. 


i  14  Part.  I.  Des  Alteratifs.  Se&.III. 

Cclles-cy  font  propres  pour  faire 
uriner ,  chaifer  le  fable ,  &  déterger 
les  ulcérés  dans  la  gonorhée. 

Prenez  de  terebinthine  de  Venifc, 
&  de  vitriol  blanc,  une  once  &  demie 
de  chacun  ;  mélez-les  dans  un  .mor¬ 
tier  de  pierre  ,  en  les  broyant  jufques 
à  ce  qu'ils  foient  incorporez.  Formcz- 
en  des  pilules  de  la  gro fleur  d’un  pois; 
la  dofe  fera  d’une  ou  deux  drachmes 
pendant  fixou  huit  jours,  les  matins, 
trois  heures  auparavant  que  prendre 
un  bouillon. 

Secondement  pour  ouvrir  &  purger 
en  même  teins  dans  les  obftru&ions 
invétérées  des  vifcercs ,  dans  les  fiè¬ 
vres  quartes  ,  lacaitcxie  ,  la  fupref- 
fion  des  mois ,  &c.  quand  il  faut  en 
même  tems  préparer  &  vuider  les  hu¬ 
meurs.  Par  exemple. 

Prenez  une  once  d’acier  préparé 
avec  le  foulfre;d’alocs  lavé  dans  l’eau 
dccicorée  ,  de  féné  mondé  de  rhu¬ 
barbe  ,  &  d’agaric  nouvellement 
trochifqué,dcux  drachmes  de  chacun, 
de  gomme  ammoniaque  fondue  dans 
le  vinaigre  ,  &  paifée  par  le  tamis» 
trois  drachmes ,  de  fécule  debryoine» 


Chap.  VII.  T) es  Pilules. 

&  de  poudre  de  diarhodon  ,  de  cha¬ 
cun  demie  drachme  ;  de  fafran  demi 
fcrupule,  avec  de  l’oxymel  faites  une 
malle ,  dont  vous  en  donnerez  une 
drachme  pendant  huit  ou  neuf  jours, 
trois  heures  auparavant  que  prendre 
un  bouillon ,  fe  promenant  une  heure 
ou  deux. 

Ou  bien  celles -cy. 

Prenez  d'aloçs  préparé ,  de  gomme 
ammoniaque  fondue  dans  le  vinaigre 
&  paiïee  par  le  tamis  ,  trois  drach¬ 
mes  de  chacun  -,  de  féné  inondé  ,  de 
rhubarbe,  &  de  myrrhe  choifie  ,  une 
drachme  &  demie  de  chacun  j  demi 
fcrupule  de  fafran  :  faites  une  malle 
avec  l’oxymel  fquillitique,  dont  vous 
Çn  donnerez  deux  fcrupules  de  deux 
jours  lJun,  deux  heures  avant  que  di- 
ner. 

Pour  la  fufocationde  matrice. 

Prenez  de  l'a  (Ta  fœtida  ,  du  cafto- 
reum  ,  de  l’opiate  de  laudanum  deux 
grains  de  chacun.  Formez-cn  trois 
pilules  que  vous  donnerez  fur  le 
champ. 

Pour  arrêter  la  toux  quand  la  ma- 


ii<j  Part.I.  Des  A Itératifs .  Se&.III. 
tiere  eft  falée  Sc  fubtile,&  que  la  toux 
cft  continue. 

Prenez  une  drachme  de  fuc  de  re- 
gliilc  ,  demie  drachme  de  myrrhe, 
quinze  grains  de  l’opiate  de  lauda¬ 
num  ;  avec  du  fyrop  de  pavot  formez 
des  pilules ,  dont  vous  en  donnerez 
dix  grains  tous  les  foirs  à  l'heure  du 
fommeil. 

Pour  arrêter  dans  toute  forte  d« 
flux  de  fane  ,  &  à  la  fin  de  la  gono¬ 
rhée. 

Prenez  demie  drachme  des  pilules 
de  bdellium,des  trochifques  de  kara- 
bé,  &de  coraux  ,  un  fcrupule  de  cha¬ 
cun,  demie  drachme  de  maftic ,  avec 
du  fyrop  de  rofes  rouges  faites  des 
pilules ,  dont  la  dofe  fera  jufques  à 
demie  drachme. 

Il  y  a  des  pilules  Amplement  pur¬ 
gatives  dont  vous  verrez  des  exem¬ 
ples  dans  le  fixiéme  chapitre  de  la  fé¬ 
condé  partie ,  qui  traite  des  pilules 
purgatives. 


CHAPI 


Chap.  VIII.  Des  Pmdrts,  iî? 


CHAPITRE  VIII. 

Des  Poudres. 

ON  prépare  facilement  les  pou¬ 
dres  ,  lors  que  l’on  ordonne  de 
pulverifer  des  medicaraens  qui  ont  été 
fechez  ,  foit  que  l’on  prenne  des  mix¬ 
tes  fimples ,  ou  de$  végétaux  ,  ou  des 
minéraux. 

U  y  a  des  poudres  oui  fe  gardent 
toutes  préparées  dans  les  Boutiques „ 
que  l’on  nomme  officinales  ,  d’autres 
que  les  Médecins  ordonnent  félon  la 
diverfité  des  indications  ,  &  on  les 
apele  Magiftrales  ,  dont  les  ufages 
font  pour  l’intérieur,  ou  pour  Inté¬ 
rieur. 

Les  ufages  internes  font  première¬ 
ment  pour  préparer  ,  comme  dans 
les  obftruûions  invétérées  ,  dans  la 
*akexie  ,  les  pâles  coleurs.  La  pou¬ 
dre  fuivante  ,  apellée  la  poudre  ca- 
keftique  de  Quercetan  ,  eft  très 
Propre  pour  ces  maladies  i  en  voicy 
la  defeription. 

R 


J.  1 8  Part.  I.  Les  A Itératifs .  Se&.  IlT. 

Prenez  de  limaille  d’acier  calcine'e 
avec  le  foufre  ,  une  once  ;  de  fécules 
de  la  racine  d’aron  ,  une  drachme  & 
demie  ;  d'ambre  gris ,  douze  grains  ; 
de  l’eflcncede  coraux  &  de  magiftere 
de  perles,  de  chacun  quatre  fcrupules; 
du  fucrc  blanc  ce  qu’il  en  faut.  La 
dofe  eft  jufqucs  à  demie  drachme  que 
l’on  prend  le  matin  pendant  quelques 
jours. 

Ou  la  fui  vante. 

Prenez  d'acier  préparé  avec  le  fou¬ 
fre  ,  &  de  fucrc  blanc,  de  chacun  une 
once  ,  faites  une  pondre  de  laquelle 
vous  donnerez  une  drachme  &  demie 
tous  les  matins  pendant  dix  jours  , 
trois  heures  auparavant  que  prendre 
un  bouillon. 

Contre  les  fièvres  intermittantes. 

Prenez  du  diétam  ,  &  des  feuilles 
fechées  de  feordium  ,  deux  drachmes 
de  chacun  ;  de  graine  de  chardon  be- 
ny  ,  &  de  corne  de  cerf  préparée,  de 
chacun  une  drachme;  de  l’antimoine 
diaphonique, demie  drachme  ;  faites 
une  poudre  trcs*fubtile  ;  la  dofe  fera 
d’une  drachme  à  prendre  une  heure 
avant  l’acccz  ,  en  beuvant  par  dellus 


Chap.  VIII.  Des  Poudres,  xnj 
trois  onces  d'eau  de  chardon  béni- ou 
<le  fcabieufc ,  continuant  pendant  fix 
jours  ,  ayant  fait  les  remedes  géné¬ 
raux.  Ccte  poudre  n’eft  propre  que 
dans  un  corps  gras  &  humide  ,  non 
pas  maigre  &  lec. 

On  a  cherché  jufques  il  prefent 
arec  beaucoup  de  foin,&  inutilement, 
un  remedequi  arétât  les  fièvres  in¬ 
termittentes  ,  ou  les  déracinât  entiè¬ 
rement  ,  que  l’on  nomme  vulgaire¬ 
ment ,  un  chafle- fièvre.  La  Nature 
nous  en  a  découvert  un ,  par  les  heu- 
reufes  expériences  que  l’on  a  fait  dans 
ce  fiécle  ,  qui  eft  tiré  des  végétaux, 
tres-fimple,  bénin ,  point  malfaifant*, 
qui  s’accommode  à  tout  âge  ,  à  tout 
tempérament  ,  qui  jufques  à  prefent  a 
fait  des  merveilles  étant  donné  félon 
les  réglés  d’une  méthode  raifonnablc: 
il  arrête  comme  un  charme,  les  accez 
pendant  vingt- jours  ,  quelquefois 
pendant  un  mois  entier,  &  fouvent  il 
cteint  entièrement  la  fièvre.  C’eft  l’é¬ 
corce  d’un  certain  arbre  étranger,  qui 
tellemble  à  un  jeune  elyène  ,  qui  au 
goût  eft  amer,  &  a  quelque  chofe  d’a- 
ftringeant ,  on  l'apelle  china -china  : 


no  Part.I.  Des  ^4  Itératifs.  Sed.III. 
&  on  l'ordonne,  decéte  façon. 

Prenez  deux  drachmes  de  china  chi¬ 
na  mis  en  poudre,  faites-les  infùfer 
riede  dans  trois  onces  d'eau  de  fon¬ 
taine  ;  vous  donnerez  l’eau  &  Ja  pou¬ 
dre  long-tems  avant  l’accez  ,  n’ayant 
rien  pri?  trois  heures  auparavant, 
8c  ne  prenant  rien  de  trois  heures 
apres. 

L’infufion  fc  fait  un  peu  tiède  pen¬ 
dant  trois  heures  ,  plus  ou  moins, cela 
n’importe;  quelquefois  on  la  fait  dans 
Ju  vin. blanc  ,  ce  qu’il  ne  faut  pas 
pourtant  faire  ,  lors  que  les  vifeeres 
fie  les  humeuts  font  échaufez  ;  &  l’ex- 
perience  fait  voir  qu’il,  n’arréte  pas 
moins  la  fièvre  quand  on  le  met  in- 
fufer  dans  l'eau  commune, que  fi  on  le 
mettoit  dens  l'eau  de  cicoree  ,  de  fu- 
meterre ,  de  buglofe ,  ou  de  rofes,  ou 
que  fi  on  le  mèloit  avec  de  la  con- 
ferve  de  cicoree  ,  de  cynorhodon  , 
ou  avec  de  la  pulpe  d’une  pomme 
cuite.' 

Le  tems  de  l’ordonner  &  de  le 
prendre  eft  ou  libre ,  ou  forcé.  Dans 
la  curation  ordinaire  quand  il  n’y  a 
point  quelque  fâcheux  accident  qui 


Chap.  VIII.  Des  Poudres,  m 
prefle  ,  il  eftbon  de  préparer  le  côrps 
tant  par  les  alteratifs  que  par  les  pur-  » 
gatifs ,  avant  que  de  le  donner  :  mais 
lors  qu'il  y  a  lieu  de  craindre  que  les 
forces  ne  fe  diflipent  par  la  violence 
de  I’accez  ,  ou  par  la  malignité  des 
humeurs,  ou  enfin  par  quelque  étran¬ 
ge  fymptome  ,  il  ne  faut  pas  atten¬ 
dre  céte  exa&e  préparation  d’hu¬ 
meurs  ;  car  le  malade  paurroit  mou¬ 
rir  devant  ce  tems-là.  Nous  avons 
veu  dans  pluficurs  malades  que  la 
violence  de  la  fièvre  ,  l’abondance  Si 
la  malignité  des  humeurs  menaçoient 
d’une  mort  prochaine  ,  les  forces 
tant  du  cerveau  que  du  cœur  venant 
à  manquer  dans  les  accez  ,  ayant  pris 
une  ,  deux  ou  trois  foisde  cote  pou¬ 
dre,  que  les  accez  ,  Sc  toute  la  ma¬ 
lignité  de  la  fièvre  ont  beaucoup  di¬ 
minué,  n’ayant  nullement  ou  tres-peu 
vuidé  par  le  bas ,  à  raifon  du  peu  de 
tems  qu’il  y  avoir.  Mais  on  ne  fe  fert 
de  cére  méthode  irregulicre  que  quand 
les  forces  font  entièrement  ruinées  par 
la  grandeur  des  fymptomes,  ou  que 
les  malades  font  menacez  d’une  mort 
prochaine. 

K  5 


a  il  Part.I.  Des  Alteratifs.  Sedt.III. 

Il  faut  raifonner  de  la  même  façon 
du  rems  que  l’on  doit  prendre  céte 
poudre  ;  car  fouventelle  arrête  l’ac- 
cez  ,  fi  on  la  donne  dix-huit  ou  vingt 
heures  devant  le  commencement  du 
paroxyfme,  principalement  fi  on  ne 
la  donne  pas  une  fois  feulement,  mais 
trois  ou  quatre  fois  tout  de  fuite,  une 
fois  le  jour  longtems  avant  l’accez  , 
ou  le  commencement  du  redouble¬ 
ment  :  de  cête  façon  comme  par  plu- 
fieurs  coups  réitérez  ,  elle  détruit  Sc 
emporte  plus  afluréraent  la  fièvre ,  8c 
bien  fou  vent  empêche  la  rechute  -,  Sc 
pour  l'éviter  on  compofe  une  opiare 
de  lamême  poudre  avec  de  la  confcr- 
ve  de  fleurs  de  cicoréc  ou  de  cyno- 
rhodon ,  dont  le  malade  ufera  trois 
fois  dans  lafemaine,  ou  davantage, le 
matin  à  jeun ,  8c  les  jours  entredeux 
on  luy  donnera  un  lavement.  Mais 
s'il  n’y  a  pas  allez  d’intervalle  pour 
donner  céte  poudre  dans  le  tems  que 
l’on  fouhaitera  ,  comme  il  arrive 
fonvent  dans  les  fièvres  fubintrantes, 
8c  dans  la  double-tierce  continue  ,  il 
faut  choifir  le  tems  que  la  fièvre  cft 
moins  forte  >  &  fi  l’on  n’a  pas  encora 


Chap.  VIII.  Des  Poudres,  u. 5 
ce  choix  ,  &  que  tout  aille  de  mal  en 
pis ,  il  la  faut  donner  eu  quel  tems 
que  ce  fpit  duparoxyfme. 

La  ^ofe  de  céte  poudre  eft  de  deux 
drachmes  ;  pour  les  enfans  ,  félon  la 
force  de  leur  âge,jufques  à  une  drach¬ 
mes  demie  drachme,  &  lors  qu'il  la 
fautreiterer,il  fuffit  d’en  donner  deux 
Scrupules. 

Céte  poudre  eft  merveilleufe  con¬ 
tre  toutes  les  fièvres  intermittantes  , 
quotidienes,  tierces,  quartes  ;  comme 
aufli  dans  toutes  les  maladies  où  il  y  a 
une  confiderable  fermentation  d’hu¬ 
meurs  fubtiles ,  principalement  fi  elle 
retourne  périodiquement, comme  dans 
le  choiera  morbus  ,  dans  le  flux  de 
ventre  fymptomatique,  &  autres  fem- 
blables  ,  alors  on  la  donne  avec  de 
l'eau  rofe ,  ou  de  pourpier,  ou  que  s'il 
y  a  crainte  d’un  vomiflement  ,  on  la 
mêle  avec  de  la  conferve  de  rofes. 

Pource  que  c'eft  des  qualitcz  Sc  de 
le  façon  que  céte  poudre  opéré  ;  pre¬ 
mièrement  ,  entant  qu'elle  eft  amere 
au  goût ,  elle  eft  chaude  &  feche  ,  & 
de  parties  fubtiles  ,  par  le  moyen  des¬ 
quelles  elle  ouvre,  elle  atténue  £c  rc- 
,5  K  4 


ii4  Part.I.  Des  Alteratlfs.  Sect.ïir. 
loue,  &  en  remuant  par  un  mouve¬ 
ment  convenable, elle  précipité  le  fer¬ 
ment  de  la  pourriture:Et  entant  qu’el¬ 
le  a  de  la  ftyptidté,  elle  eft  un  peu 
aftrmgcante,  &  par  ainfi-eUc  bride  le 
mouvement  des  humeurs  ,  &  fortifie 
les  parties  ,  principalement  tclle-là 
où  eft  le  foyer  de  la  fiévrc;&  par  céte 
énergie  des  parties  hetcrogencs ,  elle 
arrête  mervéillcufemcnt  ces  boiiillon- 
nemens  des  fièvres  ,  ce  que  peut-être 
elle  ne  feroit  pas ,  fi  l’on  donnoit  for» 
cfprit  ,  fort  extrait ,  ou  Ion  huile. 

Secondement  on  voit  par  fes  ef¬ 
fets  que  la  façon  d’operer  de  céte 
poudre ,  eft  telle  ;  car  fi  ayant  donné 
la  poudre,  la  fièvre  celle  ,  &  qu’apres 
quelques  jours  ,  ou  même  longtems 
apres  ,  on  donne  un  purgatif,  la  four-J 
ce  de  la  fièvre  s  echaufc  ,  &  les  mou- 
vemens  de  la  fièvre  fe  renouvellent, 
l’empyreume  qui  avoir  été  comme  af- 
foupy  &  lié  par  le  charme  de  la  pou- 
tire  venant  à  s’émouvoir  de  nouveau. 
C’eft  pourquoy  il  ne  faut  purger 
qu’un  mois  apres,  faifant  donner  feu¬ 
lement  quelques  lavemens ,  &  gardeç 
un  régime  de  vivre. 


Chap.  VIII.  "Des  Poudres,  ny 
L’ufage  du  cafte  eu  boiiron  cft  fort 
ancien  chez  les  Arabes  &  les  Turcs  y 
&  maintenant  ailés  commun  aux  Eu¬ 
ropéens  -,  c'eft  une  forte  de  fève  Arabi¬ 
que  ,  que  ceux  du  pais  apellenr 
Ce  fruit  eÆcompofé  de  partiesdubti- 
les,  chaud  au  premier  degré,  &  fec  au 
fécond,  lequel  ayant  été  torréfié  dans 
une  pocle  comme  il  faut ,  &  mis  eu 

Poudre  ,  l'ayant  fait  bouillir  dans 
eau  jufqu'à-ce  qu’elle  en  ait  pris  la 
teinture,  l’humant  peu  à  peu  ,  il  fait 
des  merveilles  à  ce  que  l’on  dit  :  il 
dégage  les  efprits  qui  étoient  comme 
alloûpis  ,  il  les  purifie  &  les  rend  plus 
fubtils  ;  il  chalfc  les  vapeurs  &  les 
Vents ,  il  dcffeçhe  les  humiditez  du 
cerveau  ,  &  de  toute  l’habitude  du 
corps  :  C’eft  pourquoy  par  l’experien- 
ce  de  plufieurs  fameux  Auteurs,  il  efl: 
tres-bon  à  la  douleur  «de  tête ,  aux 
vertiges,  à  l’alToupillément  .aux  ca¬ 
tarrhes  ,  à  la  palpitation  du  cœur ,  à 
lafoiblclîedercf  cornac  ;  &  même  aux 
obftruébions  du  foye  ,  de  la  rate  &  de 
■la  matrice.  Mais  c’eft  la  difficulté  de 
fçavoir  la  façon  qu’il  opéré  ces  «effets  î 
h  c’eft  par  fou  fel  volatil  dont  il  abon- 


n6  Part.I.  Des  Alceratifs.  Scd.III. 
de  beaucoup  ;  il  eft  confiant  qu’il 
fortifie  l’eftomac  &c  le  cerveau  par 
ion  odeur  qu’il  a  en  foy,  quoy  qu’on 
le  garde  long-tems  ,  &  par  fon  fuc 
oléagineux  &  bal famique  qu’il  jeté. 
Mais  je  croirois  qu’il  eft  plus  propre 
aux  remperamens  froids  &  humides , 
ou  moins  chauds  ,  que  non  pas  aux 
perfonnes  maigres  &  atrabilaires ,  Sc 
quand  le  fang  eft  tout  converty  en 
ferofitez.  Yoicy  de  la  façon  qu’on  le 
pre'pàre. 

Prenez  de  la  poudre  de  cafte  ,  qui 
ait  été  bien  auparavant  fricafté ,  une 
cuillierée  ,  jettez  -  là  dans  dix  onces 
d'eau  bouillante  ,  faites -là  bouillir 
lentemenr  ,  en  remuant  fouvent  avec 
un  cuillicr  ,  jufqu’à  tant  que  l’eau 
en  ait  pris  la  teinture  ,  que  l’on  pren¬ 
dra  chaudement  à  jeun  avec  un  peu 
de  fiicre  trois  fois  la  Termine ,  l’hu- 
inant  peu  à  peu.  U  y  en  a  qui  avalent 
la  poudre  avec  la  liqueur  ,  pour  lors, 
il  faut  la  laill’cr  moins  bouillir. 

Mais  que  dirons-nous  de  céte  her¬ 
be  du  Japon  &  de  la  Chine  ,  qui  s’a- 
pelle  Tbe ,  dont  on  en  raporte  les  fa- 
cultez  fuivantes.  Elle  foulage  la  ticej 


CIup.  VIII  .Des  Poudres.  ll? 
&  empcche  que  l’on  ne  foie  acablé 
de  fommeil  ;  abat  les  vapeurs ,  forti¬ 
fie  l’eftomac ,  nétoye  les  reins  de  la 
pierre  &  du  fable  ,  guérit  la  douleur 
de  tête  ,  ôte  la  laffitude  ,  difïïpe  la 
fluxion  qui  tombe  fur  les  narines  ,1a 
difficulté  de  refpirer,  les  tranchées  de 
ventre ,  elle  échaufe  modérément ,  & 
en  refferrant  l’orifice  du  ventricule , 
elle  arrête  les  vapeurs  qui  s’élèvent 
pour  procurer  le  fommeil. 

On  fe  fertde  céte  herbe  en  pluficurs 
façons  :  Premièrement  en  fubftance, 
quand  étant  fechc  ,  on  en  donne  une 
demie  drachme  ,  ou  une  drachme  en¬ 
tière  dans  un  verre  d’eau  tiède.  Se¬ 
condement  ,  en  décodion  on  en  don¬ 
ne  jufqu’à  une  drachme  &  demie, en  y 
ajoutant  du  fucre,pour  la  prendre  avec 
plus  de  plaifir  ,  8c  on  la  boit  chaud. 
Troifiémement  en  la  diftillation  dans 
le  bain  marie  avec  les  eaux  apropriées. 
Quatrièmement, on  la  met  infufer  juA 
qu’à  une  once  &  demie  dans  ciuelque 
eau  cordiale,  ou  de  bon  vin  délicat , 
dont  on  en  prend  jufqu'à  trois  ou 
quatre  cuillierées  ,  en  y  ajoutant  un 
peu  de  fuçre,  Cinquièmement,  on  eu 


2 1 8  Part.I.  Des  Alteratifs.  Sed.îIT. 
lait  des  extraits ,  que  l'on  met  en  pi¬ 
lules  ,  la  dol'c  eft  jufqu’à  dix  grains. 
Sixièmement,  on  en  fait  des  parfums , 
de  la  même  façon  que  l'on  fe  fert  du 
tabac  dans. des  tuyaux  ou  pipes ,  pour 
les  maladies  froides  de  la  tête ,  de  la 
poitrine ,  &  pour  la  fluxion  qui  tom¬ 
be  fur  les  narines. 

Poudre  contre  les  vers  pour  les 
enfans. 

Prenez  de  la  graine  contre  les  vers 
demie  once,  de  fené  mondé  une  drach¬ 
me  8c  demie  j  de  coriandre, &  de  corne 
de  cerf  brûlée ,  un  fcrupule  &  demi  de 
chacun  ,  faites-en  une  poudre  ,  dont 
vous  en  donnerez  deux  fcrupules  ou 
une  drachme,  pendant  trois  matins. 

Contre  l’avortement. 

Prenez  une  drachme  de  grains  de 
kermcs  ;  de  fantal  rouge  &  de  racine 
de  tormentîlle  ,  demie  drachme  de 
chacun  ;  des  perles  8c  des  coraux 
préparez ,  un  fcrupule  de  chacun  ;  des 
•tabletes  perlées  ,  nommées  ,  mantes 
Çbrifii ,  deux  drachmes.  Faites  une 
poudre  de  tout  ,  dont  la  dofe  fêta 
juiqu'à  une  dem  e  drachme  que  l'on 
^rcadra  dans  un  œuf ,  le  marin. 


Chap.  VIII.  Des  poudres,  zzy 
Contre  la  pierre. 

Prenez  la  quantité  que  vous  vou¬ 
drez  de  pierres  qui  font  forties  des 
BeinSjOit  qui  ont  été  tirées  de  la  veille,. 
»iettez-les  en  poudre  très- fine,  & 
donnez -là,  ayant  fait  les  remedes  gé¬ 
néraux.  Céte  poudre  nétoye  la  pitui¬ 
te  mucilagineufe  qui  eftatachée  aux 
reins  &  à  la  veille ,  en  atire  le  fable  , 
&  brife  la  pierre.  Ou  bien , 

Prenez  du  fel  de  fèves ,  de  prunel¬ 
le,  &  de  crème  de  tartre,  une  drachme 
de  chacun,  faites-en  une  poudre  dont 
vous  en  donnerez  demie  drachme  ou 
ujie  trois  fois  la  femaine  à  jeun ,  avec 
un  peu  de  conferve  de  rofes ,  ou  un 
-eeuf.  Ou  bien , 

Prenez  des  yeux  d’écrevifles  pré¬ 
parez,  d’ambre  blanc,  &  de  crème  de 
tartre  ,  deux  drachmes  de  chacun  ;  de 
la  pierre  néphritique  préparée ,  une 
drachme  &  demie ,  des  clopoEtes  pré¬ 
parez  ,  deux  fcrupulcs ,  de  noix  muf- 
cade  demie  drachme.  Faites  une  pou¬ 
dre  du  tout ,  dont  la  dofe  eft  jufqu’à 
demie  drachme 

Les  féconds  ufages  internes  des  pou¬ 
dres,  c’eft  pour  purger,  voyez  la 


1  jo  Part.I.D«  Alteratifs.Sz&M\. 
conde  Partie  qui  traite  des  purgatifs. 

Troifiémcment ,  il  y  en  a  qui  forti¬ 
fient  ;  voyez  le  Chapitre  des  Cardia¬ 
ques  dans  cére  première  Partie  ,  &en 
la  troifiéme  le  Chapitre  des  Corro¬ 
boratifs. 

Les  ufages  externes  des  poudres , 
font  premièrement  pour  exfolier  les 
os.  Par  exemple. 

Prenez  des  racines  d’ariftoloche 
ronde ,  &  d'iris  de  Florence ,  un  feru- 
pulc  &  demi  de  chacune  ;  de  myrrhe 
&  d’alocs  ,  une  drachme  de  chacun, 
d'euphorbe  un  fcrupule.  Faites  une 
poudre  du  tout  ,  pour  métré  fur  l’os 
corrompu  ,  ou  carié.  Ou  bien  , 

Prenez  d’ariftoloche  ronde  ,  d’etv- 
phorbe  &  d’iris  de  Florence  ,  une" 
drachme  de  chacun  ;  de  fabine  feche, 
d'alun  brûlé,  &  de  mercure  prccipiré, 
un  fcrupule  de  chacun  ;  d’alocs  &  de 
myrrhe  ,  de  chacun  demie  drachme  , 
d'huile  de  gérofles ,  dix  goûtes.  Fai¬ 
tes  une  poudre  du  tout  pour  métré  fur 
l’os  carié ,  que  l’on  lavera  auparavant 
avec  de  l’eau  d’alun. 

Pour  confirmer  les  chairs  pourries 
&  déterger  dans  un  ulcéré  malin. 


Chap.  VIII.  Des  Poudres.  2  j  % 
Prenez  du  mercure  précipité  rouge, 
demie  once  :  reduifez  -  le  en  poudre 
donr  vous  en  mettrez  deux  fois  le  jour 
fur  l'ulcere.  Ou  bien  , 

Prenez  de  l’eau  de  feche  ,  de  fucre 
candy  &  de  tutie  préparée ,  de  cha¬ 
cun  un  fcrupule  ,  de  vitriol ,  demi 
fcrupule.  Ou  bien , 

Prenez  des  racines  d’ariftoloche 
ronde  &  de  gentiane  ,  deux  drachmes 
de  chacune  ,  de  myrrhe ,  d'aloës,  de 
plomb  brûlé  ,  &  de  tutie  préparée  de 
chacun  une  drachme.  Faites  une  pou¬ 
dre  du  tout  pour  métré  fur  l'ulcere. 

Pour  les  ulcérés  du  gozier  dans  la 
\crole  ,  &  antres  indifpofitionsoù  il 
y  a  de  la  malignité. 

Prenez  du  ioulfre  vif  demie  once  » 
de  myrrhe  rouge  ,  d’alun  faccarin  , 
deux  drachmes  de  chacun  ;  de  maftic 
&  d’encens  ,  de  chacun  une  drachme 
&  deux  fcrttpules.  Vous  mêlerez  une 
once  de  céte  poudre  avec  une  livre 
de  vin  blanc  fublimé.ou  camfré,  pour 
s’en  fervir  à  laver  l'ulcere. 

L’Alun  faccarin  fe  fait  d'alun  de 
roche ,  d'un  blanc  d’œuf  &  de  fucre 
mêlez  enfemble  ,8c  fechez. 


1 3  i  Part.I.  Des  Alteranfs.  Seét.IÏI. 

Le  vin  fublimé  fe  fait  de  dix  grains 
de  bon  fublimé  infufez  dans  une  livre 
de  vin  ,  que  l’on  fait  bouillir  fur  les 
cendres  chaudes  jufq.u’à  la  confomp- 
tion  de  la  troifiéme  partie.  Le  vin 
camfré  fc  fait  de  la  même  façon. 

Il  ne  faut  pas  ufer  de  ce  rernede 
quand  l’ulcere  eft  fcc,  ou  quand  l'hu¬ 
meur  eft  fubtile  &  acre  ,  &  le  corps 
chaud .,  fec  &  maigre  ,  mais  quand 
l'ulcere  abonde  en  fanies  pituiteufes, 
gluantes  &  épailles  :  dans  la  première 
circonftance  ,  il  eft  meilleur  d’em¬ 
ployer  les  eaux  un  peu  alumineufes 
ou  vitriolées  ,  ou  ferrées,  principale¬ 
ment  fi  elles  font  minérales. 

Pour  arrêter  le  fang. 

Prenez  d'alocs ,  de  myrrhe  &  de 
vitriol ,  une  drachme  &  demie  de 
chacun  -,  de  bol  d’ Arménie,  de  terre 
figillée  ,  &  de  fang  de  dragon  ,  une 
drachme  de  chacun.  Faites  une  pou¬ 
dre  du  tout  pour  métré  fur  la  partie 
d’où  fluc  le  fang. 

Ou  bien  , 

Prenez  d’encens,  d'alocs  ,  de  bol 
d’Armenie  &  de  poils  de  lièvre  cou¬ 
pez  très- menus  ,  de  chacun  une  égale 


Chap.  IX.  Des  Tabletes.  j 
partie  ;  incorporez-les  avec  un  bldnc 
d'œuf,  &  apliquez  -  les  fur  la  par¬ 
tie  bleflée.  Céte  poudre  eft  de 
Galien. 

La  poudre  de  fymparie. 

Prenez  du  vitriol  de  Venus ,  la 
quantité  que  vous  voudrez  expofez 
le  au  Soleil  pendant  tout  le  tems  que 
le  Soleil  eft  dans  le  figne  du  Lion ,, 
&  enfuite  métez  -  le  en  poudre  tres- 
fubtile. 


CHAPITRE  IX. 

Des  Tabletes. 

LEs  tabletes  fondus  médicament 
folide  compolé  de  poudre  &  de 
fucre  que  l’on  fait  fondre  dans  une 
liqueur  convenable  ,  &  que  l’on  fair 
cuire  jufqu’à  une  confiftance  qu’il 
puiffe  s'arrêter  pour  être  coupé  en  ta-. 
bletes  :  ce  mot  de  tabletes  vient  de  la 
forme  plate  &  égale  qu’elles  ont. 

La  proportion  de  la  poudre  &  du  fu¬ 
cre  ,  que  l’on  doit  garder  en  les  com- 
pofant ,  eft  qu’il  faut  qu’il  y  ait  une 


i}4  Part.I.,25«  ^Itératifs.  Se&.III. 
drachme  de  poudre  pour  chaque  once 
de  fucre. 

Il  eft  à  remarquer  qu’il  ne  faut  pas 
dilloudre  le  fucre  dans  une  liqueur 
qui  foit  aigre,  comme  le  fuc  de  li¬ 
mon  ,  car  il  ne  pourroit  pas  fe  pren¬ 
dre  ;  &  encore  beaucoup  moins  fi  on 
y  méloitlcs  efprits  acides  de  vitriol , 
de  foulfre  ,  ou  même  l'huile. 

Le  premier  ufage  des  tabletes  eft 
pour  préparer  dans  les  obftru&ions 
invétérées  ,  dans  les  fièvres  inter- 
mittantes ,  dans  la  mélancolie  ,  &c. 
Par  exemple. 

Prenez  demie  once  d’acier  préparé 
avec  le  foulfre:  de  confection  de  hya- 
cintc  ,  une  drachme  ;  d’ambre  gris 
On  demi  ferupujç,  quatre  onces  de 
fucre  fondu  ÔC  cuit  dans  l’eau  de  ci- 
coréc.  Formez  des  tablétcs  ,  donc 
vous  en  donnerez  deux  drachmes 
chaque  matin  pendant  dix  ou  quinze 
jours ,  en  beuvant  après  de  l’eau  de 
cicorée. 

Ou  bien , 

Prenez  du  fel  de  Mars,  trois  drach¬ 
mes  ;  de  canellc  ,  demie  drachme  * 
trois  onces  de  fucre  fondu  &  cuic 


Ch  ap.  I X.  Des  Tabletes.  a  $  j 
dans  Peau  de  cicorde  ;  faites  des  ta¬ 
bletes  dont  la  dofe  fera  jufqu’à  deux 
drachmes. 

Ou  bien  , 

Prenez,  du  magifterc  de  tartre,  trois 
drachmes  ;  d’efprit  de  gomme  ammo¬ 
niaque  ,  un  detnifcrupule  ;  quatre 
onces  de  fucre  fondu  &  cuit  dans 
quelque  eau  convenable  ,  la  dofe  eft: 
jufqu’à  une  drachme  &  demie,  pour 
prendre  chaque  matin. 

Pour  épaiflir  &  incrafler  une  flu¬ 
xion  fubtile  qui  tombe  du  cerveau. 

Prenez  du  lucre  rofat  en  tabletes  » 
quatre  onces ,  dont  le  malade  en  tien* 
dra  ibuvent  à  la  bouche. 

Ou  bien , 

Prenez  de  la  pulpe  de  la  racine  de 
reglifle ,  ou  de  guimauve ,  demie  on¬ 
ce  ;  de  la  poudre  de  l’éle&uaire  dia - 
nargaritum  filgidam  ,  &  d'amydon 
fait  fans  chaux,  de  chacun  une  drach¬ 
me  ;  du  fucre  fondu  &  cuit  dans  l’eau 
rofe  ,  quatre  onces  ;  formez  des  ta¬ 
bletes. 

Pour  l’afthme,  ou  courte-haleine. 

Prenez  de  pulpe  de  la  racine  de 
guimauve ,  Sc  du  grand  fymphy tura* 


x  j  6  Partil.  Des  Altérâtes.  Se6t.HI. 
deux  onces  ;  des  fleurs  de  foulfre 
une  drachme  i  des  fleurs  de  benjoin  ; 
un  fcrupule  ,  quatre  onces  de  fucre 
fondu  &  cnit  dans  l'eau  de  tuflilage. 
Faites* en  des  tabletes. 

.  Ou  bien  , 

Prenez  du  lait  ou  des  fleurs  de 
benjoin  ,  un  fcrupule  ;  quatre  onces 
de  fucre  fondu  &  cuit  dans  de  l’eau 
de  rofes  ou  de  lys.  Faites-en  des  ta- 
bletcs. 

.  Le  fécond  ufage  des  tabletes  eft 
pour  purger  -,  voyez  le  Chapitre  des 
tabletes  purgatives. 

Le  troificme  pour  fortifier  ,  voyez 
la  Sc&ion  des  Corroboratifs. 


117 


SECTION  IV. 

Des  Alteratifs  &  Corroboratifs 
externes. 


CHAPITRE  I. 

Des  Epitbémes. 

SjfePithéme  dans  toute  la  force  de 
^®fon  nom  fignifie  tour  médica¬ 
ment  que  l'on  aplique  au  dehors  ; 
néanmoins  proprement  parlant,  on  le 
prend  pour  Un  remede  qui  eft  deftiné 
pour  les  parties  nobles ,  pour  les  pré¬ 
parer  &  fortifier. 

Il  y  a  deux  fortes  d’épithemes ,  les 
équidés  &  les  folides. 

Les  liquidés  fe  compoient  d'eau,  ou 
décodions  convenables ,  foit  feu- 
lcs  >  foit  en  y  mêlant  les  conférions  . 
Poudres  ,  ou  éleduaires.  Pbur  faire 
pénétrer  on  y  ajoute  du  fuc  de  limons 


1 3  8  Part.I.  Des  Alteratlfs.  Se&.lV. 
ou  du  vinaigre  ,  ou  du  vin  ,  ou  qucl- 
qu’eau  fpiritueufe  ,  de  rofes ,  de  na- 
phe  ,  avec  cétc  proportion  que  pour 
chaque  livre  de  liqueur,  il  y  ait  deux 
drachmes  de  confection,  une  de  pou¬ 
dre  ,  &  une  once  &  demie  de  liqueur 
pour  faire  penetrer  ;  on  y  ajoute  du 
camfre  dans  les  maladies  chaudes  ,  SC 
du  fafran  dans  les  froides  jufqu’à 
quatre  grains.  On  les  aplique  tié- 
des  aux  parties  nobles  ,  &  quelques- 
fois  froids  fur  la  tête  ,  comme  dans 
la  manie. 

On  les  aplique  k  toute  heure  » 
quand  la  foiDlelle  des  forces  eft  pref- 
lante ,  ou  qu’il  y  a  quelque  caufe  qui 
diffipe  &  épuife  les  forces  d’abord. 
Quand  on  a  le  choix  ,  c’eft  principa¬ 
lement  le  matin  &  le  foir ,  dans  l’in- 
tervale  qu’il  y  a  de  la  prife  d’un 
bouillon  à  l’autre. 

Voicy  la  façon  de  les  apliquer  : 
on  prend  une  pièce  d'écarlate ,  ou 
qudqu’autre  greffe  toile  que  l’on 
trempe  dans  la  liqueur  de  l’épitheme» 
l’on  la  prelTe  un  peu  ,  &  on  l’apliqne 
fur  la  partie  :  on  le  renouvelle  quand 
il  ell  fec  ,  ou  qu’il  eft  trop  froid  ;  # 


Chap.  I.  Des  Epithimtt.  1 ?  ? 
on  continue  pendant  une  heure  deux 
fois  le  jour. 

Les  ufages  des  épithemes  font  pre¬ 
mièrement  pour  altérer  &  fortifier  le 
cœur  j  dans  les  fièvres  ,  où  il  y  a 
grande  chaleur  ,  &.  abatemenr  des 
forces.  Par  exemple. 

Prenez  des  eaux  de  buglofe ,  bour¬ 
rache  &  de  rofes  ,  de  chacune  trois 
onces  ;  de  fuc  de  limons  &  d’eau  na- 
phe ,  une  once  de  chacune  ;  de  cam¬ 
phre  trois  grains.  Faites  un  épitheme 

f'our  apliquer  tant  foit  peu  tiède  fur 
e  cœur ,  deux  fois  le  jour. 

Dans  la  fièvre  ardente  &  maligne. 
Prenez  des  eaux  de  feabieufe ,  de 
buglofe ,  de  bourrache ,  &  de  rofes  de 
chacune  trois  onces  ;  d’eau  de  fleurs 
d’orange  une  once  &  demie  ;  de  con¬ 
fection  d’alkermes  &  de  hyacinte» 
Une  drachme  de  chacune  ;  de  la  pou¬ 
dre  de  diamargaritum  froid  ,  deux 
fcrupules  ,•  de  camphre  &  de  fafran 
trois  grains  de  chacun. 

Après  Implication  des  épithemes , 
A  faut  froter  la  région  du  cœur  du 
lûtiment  cordial  qui  fuir. 

Prenez  de  confection  d’alkcrmcs  8c 


240  Part.1.  Des  A Itératifs .  SeCUV. 
de  hyacinte,  une  drachme  &  demie  de 
chacune  ;  du  Tue  de  limons ,  ou  de 
pommes ,  ce  qu’il  en  faut  pour  faire' 
un  Uniment  pour  mettre  fur  le  cœur 
après  Implication  des  épithemes. 

Dans  la  fièvre  maligne ,  il  faut  ufer 
du  Uniment  fuivanr. 

Prenez  une  drachme  &  demie  de 
confection  d’alkermes  ;  de  l’huile  de 
Scorpions  de  la  description  de  Mat- 
thiole,ce  qu’il  en  faut  pour  un  liniinét. 

Ou  bien  on  fait  une  inonCtion  de  la 
Seule  huile  de  Scorpions  de  Matthiole, 
ou  de  beaume  du  Pérou  ,  ou  des  deux 
mêlez  enfcmble  ;  ou  même  fans  Uni¬ 
ment,  on  aplique  un  épitheme  foli- 
de ,  dont  on  doimera  des  descriptions 
plus  bas. 

Quelquefois  après  les  épithemes 
on  aplique  un  pigeon  coupé  par  le 
milieu,  que  l’on  faupoudre,  quand  on 
veut,  d’une  drachme  de  poudre  de  lé- 
leCtuaire  de  diamargaritum  froid. 

Les  féconds  ufages  des  épithemes 
font  pour  rétablir  &  fortifier  les 
efprixs  dans  une  fyncope. 

Dans  un  accident  froid  ou  chaud, 
en  fe  fert  fur  le  champ  du  vin  feul , 
ou 


"Chap.  I.  Des  Epitbemes.  a.  41 
■on  l’on  y  mêle  de  la  thériaque  ou 
de  la  confection  alkermes  ,  que 
l'on  aplique  un  peu  chaud  £ur  le 
•cœur  ;  que  s'il  y  a  du  tems  d'en  pre- 

Îajrerun  autre ,  l’on  peut  ordonner  le 
divan  t. 

Prenez  des  eaux  de  feabieufe  ,  de 
melille  ,  &derofes  ,  de-chacune  trois 
onces d'eau  do  la  Reine  d’Hongrie, 
•demie  once  ,  de  confection  alker- 
>mes ,  &  de  hyacinthe ,  une  drachme 
de  chacune  ,  de  la  poudre  de  diam- 
■brc  y  deux  ücrupules  ,  de  fafran  cinq 
grains. 

Il  faut  éviter  le  mufe  ,  &  l’ambre 
-dans  les  femmes,  principalement  dans 
celles  qui  font  lujctes  aux  fufaca-. 
*ions  de  matciccu 

Troifiémement  pour  temperer  la 
•chaleur .,  &  la.fecherelfe  de  la  poitri¬ 
ne  dans  les  fièvres  fynoques  ,  &  ar¬ 
dentes  ,  ayant  auparavant  faigné  fuf- 
faramentjce  même  épitheme  eft  boa 
dans  la  fièvre  hétique. 

Prenez  d’orge  mondé  une  pincée, 
de  graine  de  melon,  de  concombre,  de 
courge  ,  de  citroüille,deux  drach- 
iIa£s  de  chacune  5  des  fleurs  de  wio- 
L 


i4i  Part.I.  Des  A Itératifs .  SeéUV. 
lctes ,  &  de  nénuphar  ,  une  pincée  de 
chacune.  Faites  bouillir  le  tour  ;  pre¬ 
nez  une  livre  de  la  coulature,à  laquel¬ 
le  vous  ajoûtcrez  deux  onces  d'huile 
d’amandes  douces.  Faites  un  èpithe- 
nie  pour  apliqucr  fur  la  poitrine  un 
peu  tiède,  deux  fois  le  jour  ;  apres 
vous  froterez  la  poitrine  d’huile  d'a¬ 
mandes  douces. 

Quatrièmement  pour  rafraichir  un 
foye  échaufé  ,  &  le  fortifier  >  foie 
que  la  fièvre  y  foit  ,  ou  non.  Par 
exemple. 

Prenez  des  eaux  de  cicorée  ,  de 
plantin ,  &  de  pourpier  ,  de  chacune 
trois  onces  ,  de  vinaigre  rofat  une 
once  &  demie  ;  de  la  poudre  de  l’elc- 
ftuaire  des  trois  fantaux ,  &  de  dia- 
rhodon  ,  de  chacune  une  drachme  > 
de  camphre  quatre  grains.  Faites  un 
épitheme  pour  apliquer  deux  fois  le 
jour  fur  le  foye. 

Ou  le  fuivant ,  en  déco&ion. 

Prenez  des  fcüilles  de  cicorée  ,  de 
pourpier  ,  de  violetes  ,  d'agrimoine  > 
&  de  plantin  ,  une  poignée  de  chacu¬ 
ne  ;  des  graines  de  melon,  de  concom¬ 
bres,  de  courge  ,  &  de  citrouille» 


Chap.  I.  Des  Epirhemet.  143 
deux  drachmes  de  chacune ,  de  fantal 
dtrin  ,  &  du  rouge  ,  de  chacun  une 
•drachme  &  demie  de  rofes  rouges,une 
pincée.  Faires  bouillir  le  rout,&  dans 
deux  liyresd^la  coulature  ,  vous 
ajoûtçrez  éïux  onces  de  vinaigre  ro¬ 
fat  ,  &  une*  drachme  &  demie  de  fel 
de  prunelle.  Faites  un  épitheme  pour 
le  foye. 

Dans  le  flux  des  hémorrhoides  , 
dans  la  cakexiccaufée'’par  une  caufc 
chaude,  le  foyeitant  foihle  ,  ayanr 
fait  les  remedes  généraux  on  peut 
apliquer  l'epitheme  fuifânt  fur  lc 
foye. 

Prenez  des  eaux  de  cicorée ,  d’a- 
grimoine ,  &  de  rofes  ,  de  chacune 
huit  onces  ;  faites-y  bouillir  du  fan¬ 
tal  rouge ,  Sc  citrin  coupez  en  pièces, 
de  chacun  une  once.  Ajoutez  à  fa  cou¬ 
lature  trois  onces  de  vinaigre  rofat , 
&  quatre  grains  de  camphre.  Faites 
un  épitheme  pour  apliquer  fur  la  ré¬ 
gion  du  foye. 

Apres  l'épi  thème,  fervez-vous  du 
Uniment  fuivant. 

Prenez  trois  onces  d’onguent  rofat 
de  Mcfué  ,  que  vous  laverez  dans 
L  z 


j  44  Parti.  Des  Mteraùfs.  Seél.IV. 
l’oxycrar  une  drachme  de  fucre  de 
Saturne  ,  avec  du  fuc  de  cicoréc  ,  ou 
de  plantin ,  faites  un  Uniment ,  dont 
vous  en  frotterez  la  région  du  foye, 
&  des  lombes  apres  Implication  de 
1  epitheme. 

Notez  qu’il  ne  faut  point  employer 
les  épithemes  qu’apres  les  remedes 
généraux  ,  de  peur  que  le  corps 
n’ayant  pas  été  vuidé,  l’on  ne  repouf¬ 
fe  davantage  les  humeurs  fur  les  par¬ 
ties  nobles ,  &  qu’elles  s’y  figent  en¬ 
core  plus. 

On  fait  auffi  des  épithemes  que 
l’on  aplique  aux  tefticules  pour  ra¬ 
fraîchir  les  parties  nobles  ,  comme 
dans  une  maladie  chaude  ,  tel  qu’eft 
le  délire  ,  la  phrcnéfie  ,  une  fièvre 
chaude,  &  l’hemorrhagie.  Par  exem¬ 
ple. 

Prenez  deux  livres  d’oxycrat,  trem¬ 
pez  des  linges  dedans  ,  que  vous 
apliquerez  froid  aux  tefticules.  Ou 
bien. 

Prenez  des  eaux  de  morelle  ,  de 
plantin ,  &  de  rofes  ,  trois  onces  de 
chacune  >  cinq  grains  de  camphre  i 
mêlez- les  pour  le  meme  ufage. 


Chap.  I.  Des  Epithemes.  24; 

Dans  une  maladie  froide  ,  dans 
U  fyncope  ,  la  fiévft  maligne  ,  les 
forces  fe  diflïpant,  Sc  autres  accidens 
où  toute  la  chaleur  du  coeur  femble 
être  éteinte  par  quelque  caufe  froi¬ 
de,  tant  interne  qu’externe  :  &  même 
quand  les  forces  font  beaucoup 
affaiblies  par  quelque  maladie  chau¬ 
de  ,  l’on  peut  employer  l’épitheme 
fuivant. 

Prenez  demie  livre  de  bon  vin  ,  & 
trois  drachmes  de  confe&ion  alker- 
mes.  Faites  un  épitheme  pour  apli- 
q«er  chaud  aux  tcfticulcs. 

Des  Epitheme  s  folides. 

i-oç  dpithemes  folides  fe  compo¬ 
sent  de  conletvts  w— je  COn_ 
ferions ,  de  poudres ,  &  de  fucs,  avec 
céte  proportion  que  pour  trois  onces 
de  conferve  ,  il  y  ait  deux  drachmes 
de  confe&ion  ,  une  drachme  de  pou¬ 
dre,  de  fuc,  d’ean,ou  de  fyrop,ce  qu’il 
en  faut. 

Cesépithemes  folides  s’apliqucnr 
*pres  les  liquides. 

L  3 


246  Part.I.  Des  Akeraùfs.  SeCt.IV. 

On  fe  fert  quelquefois  des  feuls 
épithemes  folides ,  quand  principale¬ 
ment  il  y  a  plus  grande  neceflité  de 
forti  fier  que  de  préparer. 

L’ufage  de  ces  épithemes  eft  pour 
rétablir  &  conferver  les  forces.  Par 
exemple. 

Prenez  de  confèrvc  dcrofes  ,  &  de 
buglofe  ,  de  chacune  une  once  &  de¬ 
mie  >  de  confection  alkermes  ,  & 
de  hyacinthe,  de  chacune  une  drach¬ 
me  ,  de  la  poudre  de  diamargaritum 
froid  ,  de  diarhodon,dçmic  drachme 
de  chacune  ,  avec  du  fyrop  de  pom¬ 
mes  ,  faites  un  épitheme  folide ,  pour 
apliquer  fur  le  cœur. 

Dans  la  lipothymie  ,  &  dans  la 
fyncope ,  &c.  , 

pr<.„P^  j - ../Uve  de  fleurs  de  ro¬ 

marin,  &  de  violetes,  de  chacune  une 
once  &  demie  ,  de  confection  al¬ 
kermes  ,  &  de  vieille  theriaque  ,  une 
drachme  dç  chacune  ,  de  poudre  de 
diambre  ,  demie  drachme  ,  avec  du 
vin  ou  d'eau  theriacle  ,  faites  un 
épitheme  pour  apliquer  fur  le  cœur. 

Pour  la  plevrefic,  fièvres  malignes* 
&  peftilentiellcs. 


Chap.I  I.  Des  Fomentations.  147 

Prenez  de  conferve  de  rofes  &  de 
fleurs  de  bourrache  ,  une  once  &  de¬ 
mie  de  chacune  ;  de  confedtion  al- 
kermes  une  drachme  &  demie  ;  de  la 
poudre  de  diamargaritum  froid  une 
drachme,avec  de  l’huyle  de  feorpions- 
faites  un  épitheme  folide  pour  le 
cœur. 

Contre  les  vers  où  il  y  a  vormlTc- 
ment ,  dans  les  enfans. 

Prenez  trois  onces  de  la  theriaque 
apellée  diatcjfaron  -,  de  la  poudre  de 
maftic  &  de  mente  fcche  ,  demie 
drachme  de  chacune  ,  avec  du  fyrop 
d'abfynthe  faites  un  épitheme  folide 
pour  métré  furie  nombril. 


CHAPITRE  M. 

Des  Fomentations. 

LEs  fomentations  font  un  remede 
liquide  ,  qui  s  aplique  à  diverles 
parties  ;  félon  ladiverfité  des  indica*- 
tions  qui  fc  prefentent. 

Elles  fe  coinpofcnt  de  décodions 
de  racines  &  d'herbes  propres  au^ 
L  4 


248’  Part.I.  Des  Jkeranfs.  Sett.lV. 
parties  malades  ;  oh  les  fait  auiïî  quel¬ 
quefois  d’oxycrar ,  défait,  d’huHeôc 
«Peair  &c. 

La  liqueur  dans  laquelle  on  fait  la 
décoékion  eft  ou  l’eau  fimple,  ou  l’eau 
&  le  vin  quand  il  faut  fortifier  j  ou  le 
lait  quand  il  faut  apaifer  la  douleur  -, 
ou  l’eau  de  forge  ,  ou  fimple  dan? 
laquelle  on  a  trempé  l’acier,  quand  il 
faut  rcfierrer.  Pour  penetrer  davan¬ 
tage  on  y  ajoûte  du  vinaigre,  dans  les 
maladies  chaudes  ,  &  du  vin  blanc 
dans  les  froides.  1 

En  été  on  fomente  avec  des  gros; 
linges  doubles  :  dans  les  autres  faiions 
avct  des  pièces  de  draps  de  laine 
blancs,  quelquefois  avec  des  éponges, 
ou  des  veflies  de  bœuf. 

On  fomente  une  ou  deux  fois  le 
jour ,  félon  la  neceflité  du  mal  ,  & 
que  le  malade  le  permet  ,  le  matin 
deux  heures  apres  avoir  pris  un  bouil¬ 
lon  ,  ou  bien  ,  d’abord  avoir  pris  un 
julcp,ou  la  dofe  d’un  apozéme  ;  le  foir 
avant  que  prendre  un  bouillon  ,  ou 
devant  que  fouper. 

Les  ufages  des  fomentations  font 
premièrement  pour  temperet  la  cha* 


Chap.  II.  Des  Fomentations.  149 
leur  des  vifeeres  8c  des  humeurs  qui 
font  dans  le  bas  ventre  ,  foit  qu’  il  y 
ait  fièvre  ou  non.  Par  exemple. 

Prenez  des  racines  d’oxylapathum 
deux  onces  ;  des  feuilles  de  mauve  & 
de  guimauve  ,  de  cicorée,  de  laitue  , 
de  violetes,  d’agrimoine,  une  poignée 
de  chacune  ;  de  graine  de  melon  ,  de 
concombre ,  de  courge  &  de  citrouil¬ 
le  ,  de  chacune  deux  drachmes  ;  de 
fan t al  citrin  coupé  bien  menu ,  demie 
once  ;  de  rofes  rouges  &  de  nymphée, 
une  pincée  de  chacune.  Faites  bouil¬ 
lir  le  tout  ;  dans  la  coulaturede  trois 
livres  >  ajoutez  quatre  onces  de  vi¬ 
naigre  rolat.  Eaites  des  fomentations 
par  tout  le  bas  ventre ,  avec  des  piè¬ 
ces  de  grolïe  toile ,  deux  fois  le  jour 
«m  peu  tiède,  pendant  une  heure. 

Secondement  pour  ramollir  ,  ra¬ 
fraîchir, ouvrir  8c  fortifier  qu  and  il  y  a 
dureté  &tenfion  dans  les  hypocondres 
avec  obftru&ions  >  ce  qui  arrive  pref- 
que  toujours  dans  les  fièvres  conti¬ 
nues  8c  iutermkantes,  &  dans  d’autres 
maladies  où  il  n’y  a  point  de  fièvre. 

Prenez  des  racines  de  guimauve  &  de 
kgathura  acutum, une  once  &  demie  ; 

L  J 


a  fo  Part.î.  Vef  Altnatifs.  Se&.IV. 
de  chacune  >  des  feuilles  de  mauve  8C 
guimauve,  de  violetes  ,  de  cicorée 
avec  la  racine  ,  de  capillaire  ,  &  d’a- 
grimoine,  une  poignée  de  chacune* 
de  graine  de  guimauve  &  de  lin  ,  une 
once  de  chacune  ;  de  fantal  citrin 
groflieremcnt  pulverifé,  demie  once 
de  rofes  rouges,  une  pincée.  Faites 
bouillir  le  tout  ;  dans  la  coulaturc  de  ' 
trois  livres  ajoûtcz  quatre  onces  de 
vinaigre  rofat.  Faites  des  fomenta¬ 
tions  pour  tout  le  bas  ventre. 

Notez  premièrement  que  dans  ces 
fortes  de  décodions  &  femblables ,  il 
y  faut  métré  des  fpecifiques  qui  for¬ 
tifient  ,  qui ,  fclon  la  penfée  de  Ga¬ 
lien  dans  un  livre  intitulé  ,  Le  petit 
Art ,  font  douez  d'une  fubftance  fpi- 
titueufe,  &  d’une  faculté  quelque  peu 
aftringentc  ,  pour  confervcr  le  tem¬ 
pérament  8c  la  force  des  patries ,  qui 
s’affoiblifTent  par  les  alteratifs  8c  la¬ 
xatifs.  Ces  fpecifiqoes  corroboratifs 
font ,  les  fantaux  curia  &  rouge ,  les 
rofes  ronges ,  l'abfynte ,  la  canelle ,  le 
fpica-nard  ,  8c  aurres  femblables.  il 
faut  employer  les  chaudsdans  les  in- 
difpohtions  chaudes,  &  les  froids  dans 
les  froides. 


Chap.  II.  Des  Fomentations,  i  j  i 

Notez  en  fécond  lieu,  qu’il  ne  faut 
ufer  des  fomentations,  qu’aprés  les  re- 
medes  généraux,autrcment  en  fondant 
les  humeurs,  elles  les  poufferoient  fur 
les  parties  déjà  embarraüées  d’obf- 
trudiions  &  d’amas  d’humeurs ,  ou 
rempliroient  le  ventre  de  vents  ,  lors 
que  les  humeurs  groflieres  étant  en 
trop  grande  quantité  ,  fe  fermentent 
fans  pouvoir  être  diffipées  parlatranf- 
piration  :  elles  caufcnt  aulïï  quelque¬ 
fois  la  fièvre  par  la  liquation  &  agita¬ 
tion  des  humeurs  qu’elles  procurent  ; 
c’eft  pour  cela  que  l’on  dit  communé¬ 
ment  &  avec  raifon,que  les  corps  caco¬ 
chymes  &  réplis  d’impurctez,  ne  doi¬ 
vent  point  être  baignez  ny  fomentez. 

La  fuivante  décoétion  peut  fervir 
dans  les  maladies ,  où  le  ventre  cft 
trop  libre ,  comme  dans  la  diarhéc , 
la  dyfenterie  ,  débord  de  bile  par  def- 
fus  &  par  delfous ,  perte  des  mois , 
flux  des  hémorroïdes ,  &c. 

Prenez  des  racines  de  biftorte  ,  de 
tormentille  ,  de  quinte  -  feuille ,  une 
once  de  chacune  :  des  feiiilles  de  ci- 
corée  avec  U  racine  ,  d'agrimoine  , 
de  plantin ,  de  prêle  >  de  malcte  de 


api  Part.I.  Des  ^Itératifs.  SeéhlV'. 
pafteur  ,  &  du  verbafcum,  une  poi¬ 
gnée  de  chacune  ;  de  fantal  rouge  , 
groflïérement  trituré  ,  une  once  ;  de 
rofes  rouges  &  de  balanftcs ,  de  cha¬ 
cun  une  pincée.  Faites  une  décottion 
pour  trois  livres ,  ajoûtanr  à  la  fin 
du  vin  rouge  &  de  vinaigre-  rofat  ,, 
trois  onces  de  chacun.  S’ils  y  a  flux 
die  fang  confiderable  ,  ou  la  fièvre,, 
ou  chaleur  des  vrfceres ,  il  n’y  faudra 
point  mettre  de  vin.. 

Quelquefois  avec  le  flux  de  ventre, 
ou  le  flux  de  fang,  comme  nous  avons 
remarqué  dans  le  Chapitre  des  Hyfte- 
riques ,  fl  y  a  des  embarras  dans  les 
hypocondres  avec  obltruftions  des 
viiccres,  alors  il  faut  joindre  les  dî- 
verfes  indications,*:  mêler  les  aftrin- 
gens  avec  les  émollitifs  &  les  apéri¬ 
tifs  ;  Sc  on  y  métra  plus  de  ceux 
dont  l'indication  eft  plus  preflante. 
Par  exemple.. 

Prenez  des  racines  d’ozeillc  ,  &  de 
qaihrefcüîlle ,  deux  onces  de  chacu¬ 
ne  :  des  feuilles  dé  mauve  ,  de  cico- 
rée  avec  la  racine  ,  die  prêle  &:  d'a- 
çrunoine ,  nne  poignée  de  chacune-' 
graine  de  pourpier  &  de  paliurt 


Chap.  1 1.  Des  Fomentations,  tj.j, 
«Te  chacune  trois  drachmes  ;  de  fantal 
rouge  une  once  :  de  rofes  rouges,  une 
demie  poignée.  Faites  bouillir  le  tour,, 
quand  vous  l'aurez  pâlie  ,  ajoutez-y- 
quatre  onces  de  vinaigre,  pour  fo- 
mcnrer  tout  le  bas  ventre. 

Quatrièmement  pour  ramolir  ,  & 
difcuter  dans  la  colique,  &  autres  ma¬ 
ladies  caufécs  par  les  ventofitez  ,  ou 
qui  naiflent  de  quelque  caufe  froide.. 
Par  exemple. 

Prenez  des  racines  de  guimauve,. 
Sc  du  jonc  aromatic ,  une  once 
demie  de  chacune  :  des  feuilles  de 
mauve  ,  de  calament ,  de  pouliot ,  de 
marjolaine,  &  défommitez  d'an  et  h,, 
une  poignée  de  chacune  ;  des  fleurs 
de  camomille ,  &  de  melilot,  une  pin¬ 
cée  de  chacune.  Faites  bouillît  le  roue 
dans  de  l'eau  de  fontaine,  ajourant 
fur  la  fin  quatre  onces  de  vin  Blanc», 
fervez  -  vous  de  la  coulature  pour  des¬ 
fomentations. 

Les  fomentations  qui  fe  font  pour 
la  plevrefie  ,  pour  la  douleur  des 
reins  ,  ou  de  quelqu’autre  partie ,  doi¬ 
vent  être  compofées  de  ramolliiifs  „ 
d^anodyns  ,  &  de  refolutifs. 


1/4  Part.I.  Des  Alteraùfs.  Se&.IV. 

Prenez  des  racines  de  guimauve  , 
&  de  lys  ,  une  once  de  chacune  ;  des 
feuilles  de  mauve  ,  &  de  guimauve , 
de  violetes  ;  de  pariétaire ,  une  poi¬ 
gnée  de  chacune  $  de  graine  de  lin  , 
&  de  fenugrec  ,  une  once  de  cha¬ 
cune  ;  des  fleurs  de  camomille  ,  & 
de  melilot ,  une  pincée  de  chacune. 
Faites  bouillir  le  tour ,  &  de  la  cou- 
lature  fomentez  -  en  le  côté  malade  , 
ou  les  lombes  ,  ou  quelqu’autre 
partie  malade  ,  chaud  ,  avec  des 
pièces  de  toile  ,  ou  une  veflîie  de 
bœuf,  deux  fois  le  jour.  Après  les 
fomentations  vous  noterez  le  côté 
d'huile  d’amandes  douces  ,  ou  de 
■quelqu’autre  Uniment  propre  au  mal, 
eu  y  métant  deflus  un  cataplâme, 
félon  que  l'on  jugera  être  necet- 
faire. 

Cinquièmement  ,  pour  fortifier 
l’eftomac ,  aiïbibly  par  quelque  in- 
difpofition  froide  ,  ou  mêlée.  Par 
exemple. 

Prenez  des  racines  de  fouchet ,  de 
jonc  aromatic  ,  une  once  &  demie  de 
chacune  :  des  feuilles  d’abfynte ,  de 
mente  ,  $c  de  marjolaine ,  de  chacune 


Chap.  1 1.  Des  Fomentations,  x  y  j 
«ne  poignée,  de  fpina-nard,  &  de  fan- 
tal  rouge  grofflerement  trituré  ,  -de 
chacun  demie  once  :  de  rofes  rouges, 
&  de  fleurs  de  jonc ,  de  chacun  une 
pincée.  Faites  bouillir  le  tour  dans 
égale  partie  d’eau  ,  Sc  de  vin  rouge  , 
de  la  coulature  tiède  vous  en  fomen¬ 
terez  la  région  ombilicale ,  deux  fois 
le  jour. 

Il  fam  prendre  garde  que  les  vi£ 
ceres  ne  foient  trop  échaufez  ;  car 
le  foye  repofe  fur  l’eftomac,  &  la 
rate  du  côté  gauche  en  eft  très- 
proche. 


Des  Embrocations „ 

Les  Embrocations  different  Je» 
fomentations ,  en  ce  qu’on  les  verfe 
d'en -Haut  fur  la  partie  malade  ;  quel¬ 
quefois  auffi  on  les  apliqne  comme 
les  fomentations. 

Les  ufages  des  embrocations  font 
pour  tempérer  la  chaleur  de  la  tête  , 
&  pour  faire  dormir  dans  les  fièvres 
ardentes ,  la  phrénefie  ,  la  manie  ,  & 
-dans  toute  forte  de  délire  confidera- 
ble.  Par  exemple. 


l $6  Part. T.  Des  A Itératifs .  Se&.rV. 

Prenez  des  feuilles  de  violetes ,  de 
laitue  ,  de  morelle  ,  &  de  betoine ,  de 
chacune  une  poignée  ;  de  graine  de 
guimauve ,  &  de  pavot  blanc  ,  trois 
drachmes  de  chacune  ;  des  fleurs  de 
violetes  ,  &  de  nimphée ,  une  pincée 
de  chacune.  Faites  bouillir  le  tout, 
de  la  coulature  vous  en  fomenterez  le 
devant  de  la  tête  ,  deux  fois  le  jour 
ayant  auparavant  rafé  les  cheveux  : 
ou  bien  fervez  -  vous  du  feu.1  oxy- 
erar. 

Dans  l’apoplexie  ,  &  autres  mala*- 
dies  accompagnées  d’allbupiflément, 
caufées  par  une  matière  froide  : 

Prenez  des  racines  de  zedoaire  ,  St 
d’iris  de  Florence,  une  once  de  cha¬ 
cune  rdes  feuilles  de  betoine,  de  fau- 
ge  ,  de  romarin  ,  &  de  marjolaine,  de 
chacune  une  poignée  ,  de  bayes  de 
laurier ,  une  once  &  demie;  de  fleurs 
de  ftecade ,  une  pincée.  Faites  bouillir 
le  tout  dans  une  égale  portion  d’eau  , 
&  de  vinaigre,  rervez-vous  de  la 
coulature  pour  des  fomentations,  que 
vous  ferez  avec  des  éponges,  ou  de» 
linges  ,  ayant  auparavant  fait  les  te - 
modes  généraux- 


CTiap.  ïî.  Des  Fomentations'.  ïf? 

On  peut  ajouter  icy  ces  fortes  de 
fomentations  qu’on  nomme  feches» 
qui  fe  font  avec  des  fachets  où  l'oit 
met  des  herbes,  &  autres  chofes  aro¬ 
matiques  convenables  ,  on  les  met 
tremper  dans  le  vin  rouge,  ou  dan» 
quelqu’autre  liqueur. 

L'itfage  eftdans  le  flux  de  ventre» 
dans  le  débord  de  bile ,  dans  la  dy  fen- 
terie  ,  quand  les  forces  des  parties 
naturelles  fe  diffipent. 

Prenez  des  racines  de  fouchet  ,  & 
de  jonc  aromatique  ,  une  poignée  de 
chacun ,  de  canelle,  dé  noix  mufeade, 
&  de  gerofles,  deux  drachmes  de  cha¬ 
cun  ,  de  rofes  rouges ,  trois  pincées. 
Joutes  deux  fachets  piquez  ;  &  faites- 
les  tremper  dans  bon  «,*n  .  &  ap- 

^-165  tiédes  alternativement  fur 
iril ,  le  matin  &  le  foir ,  pen¬ 
dant  une  heure. 

Des  Lotions. 

Les  Lotions  font  de  certaines  fo¬ 
mentations  ,  qui  fe  compofent  diver- 
fement ,  félon  les  diverfes  parties ,  & 
ks  indications  que  l'on  x. 


1  j  8  Part.I.  Des  Alteratifs.  Se&.IV. 

Premièrement  pour  les  ulcérés ,  la 
teigne  ,  &  les  poux  de  la  tête. 

Prenez  des  racines  d’iris  de  Flo¬ 
rence,  &  d'aunée,  deux  onces  de  cha¬ 
cune  ;  des  feuilles  d'abfynte,de  fauge, 
de  betoine  ,  &  d'auronne  ,  une  poi¬ 
gnée  de  chacune ,  de  graine  de  vigne 
lauvage  ,  d’ortie  ,  &  de  foulfre  vif, 
de  chacun  demi  once  -,  des  fommitez, 
de  petite  centaurée ,  &  de  ftœchade , 
de  chacune  une  pincée.  Faites  bouillir 
le  tout  dans  une  égale  potion  d’eau , 
&  de  vin  rouge ,  ou  dans  une  leflive 
de  farment  :  Servez -vous  de  lacou- 
lature  pour  en  laver  la  tête  chaud 
le  matin  ;  fcchez  -  là  enfuite  ,  &.la 
frotez  de  quelque  onguent  propre  au 

Hui.  r  ./■  . 

secondement ,  pour  Fortifier  les 
pieds,  dans  la  cakexie,  la  goûte ,  &c. 

Prenez  des  feüillcs  de  fauge  ,  de 
romarin  ,  &  d'abfynte  ,  de  chacune 
une  poignée  ;  des  fleurs  de  fauge ,  & 
de  rofes,  de  chacune  une  poignée,  de 
fel  &  d'alun  ,  de  chacun  demie  once. 
Faites  bouillir  le  tout  dans  de  l'eau , 
&  du  vin  pour  laver  les  pieds  le  ma¬ 
tin  &  le  foir. 


Chap.  III.  Du  Bain  ,  &c.  25^ 

Troihémement ,  pour  faire  dormir 
dans  le  délire  >  dans  la  phrénefic, 
où  les  veilles  font  exceflïves ,  &c. 
Et  même  pour  ceux  qui  fc  portcnc 
bien. 

Prenez  des  feuilles  de  mauve  ,  de 
violetes  ,  de  laitue  ,  &  de  morellc  , 
une  poignée  de  chacune  ;  de  têtes 
de  pavot  blanc  ,  une  poignée  & 
demie  ,  des  fleurs  de  nymphée ,  une 
demie  poignée.  Faites  -  les  bouillir 
dans  l'oxycrat.  Lavez  -  en  les  pieds 
le  matin  ,  &  le  foit  à  l'heure  du 
fommeil. 


CHAPITRE  III. 

Du  Bain  ,  &  du  demy-Bain . 


LE  bain  efl:  une  immciflon  de  tout 
le  corps ,  dépuis  la  tête  en  bas  , 
dans  quelque  liqueur  que  ce  foit. 

Il  y  a  deux  fortes  de  bains ,  le  fim* 
pie  ,  &  le  compofé. 

Le  bain  fimple  fe  fait  de  feule  eau 
tiède ,  ou  d'huile  feule ,  ou  de  lait ,  ou 
d’eau  &  d'huile. 


l5o  Part  .l.Des  Altérât  ifs.  Se&.lV. 

On  fc  fert  du  bain  d’eau  douce 
froide  pour  rafraîchir  tout  le  corps  , 
&  relferrer  ,  &  rafermir  la  peau  ,  & 
les  pores.  On  employé  le  bain  d’eau 
tiède  pour  humeéter  les  corps  mai¬ 
gres  &  fecs  ,  &  les  vailleaux  qui 
croient  retirez  ,  atirer  les  humeurs  à 
la  peau  ,  &  pour  refaire  ceux  qui  font 
atteints  de  la  fièvre  hétique  ,  ou  qui 
font  fatiguez  d’un  long  chemin. 

On  prépare  aufli  des  bains  d’eau 
de  la  mer,  pour  delfecher ,  &  difliper 
les  humeurs  qui  font  difperfées  par 
toute  l’habitude  du  corps  ,  pour  ra¬ 
fermir  la  peau  ,  &  fortifier  les  join¬ 
tures. 

Ceux  qui  fe  préparent  avec  de 
l’huile  feule ,  ou  d'huile  ,  on  , 
font  pour  apaifer  les  douleurs  de  coli¬ 
que  .  *;de  reins ,  quand  il  n’y  a  point 
d'inflammation  .  pour  relâcher  la 
peau ,  &  ramolir  tout  le  corps,  princi¬ 
palement  dans  les  convulfions. 

On  en  fait  de  lait  pour  humeéter 
encore  davantage  quand  le  corps  eft 
extrémément  fec ,  &  atenué. 

Quelquefois  en  la  place  du  bain 
on  K  fert  de  la  grape  encore  échau^ 


Ch  ap.  T 1 1.  Du  Bain  ,  &c.  t 
fée  du  vin  pour  fondre ,  &  refoudre 
les  humeurs  qui  font  dans  toute  l'ha¬ 
bitude  du  corps,  &  dans  les  jointures, 
8c  pour  fortiner  encore  davantage  les 
parties  externes  quand  elles  font  dé¬ 
livrées  des  humeurs  excrementiciett- 
fes  qui  les  acabl  oient. 

Les  bains  chauds  naturels  font 
pour  les  maladies  froides  ,  lefquels 
ielon  le  divers  mélange  des  métaux, 
8c  autres  minéraux  participent  de  di¬ 
vers  Tels  ,  &  efprits  ,  &  par  céte  rai- 
fon  font  ues-bons  à  plufieurs  indif. 
pofitions. 

Les  bains  compofez  fe  font  de  dé- 
.coétions  de  racines,  d’herbes,  de  grai¬ 
nes  de  fleurs  ;  &  quelquefois  de  fel, 
de  foulfrc  ,  &  d’alun  ,  quand  on 
veut  faire  des  bains  qui  aprochent 
des  naturels. 

Les  racines  ,  &  les  graines  s’or¬ 
donnent  à  livres  ,  &  à  onces  ;  les 
herbes  à  faifeeaux  ,  les  fleurs  à  poi¬ 
gnées  ,  &  les  minéraux  à  livres ,  &  k 
onces. 

Le  tems  pour  entrer  dans  le  bain  f 
c'eft  le  matin  &  le  foir ,  ou  bien  le 
*datin  feulement,  ou  lcfoir,devantlcs 


1<>1  Part.l.  "Des  Alteratifs.  Scâ.IV. 
tépas ,  évitant  le  grand  froid  ,  &  les 
chaleurs  exceflives  ;  il  faut  que  la 
conco&ion  des  viandes  /bit  faite  ,  & 
que  la  nature  fe  foir  déchargée  des 
excremens  tant  du  ventre  que  de  la 
ve/ïie  :  Le  bain  doit  être  tiède  en 
entrant ,  de  peur  que  par  fa  chaleur 
il  n’échaufe  trop  ,  ou  que  par  fa  froi¬ 
deur  ,  il  ne  caufe  des  friffons ,  il  ne 
ferme  les  pores  ,  &  empêche  la  pé¬ 
nétration  du  bain,  Ôc  la  rranfpiration 
des  excremens  fuligineux. 

On  prend  le  bain  pendant  l'efpace 
d’une  heure  plus  ou  moins ,  félon  que 
les  forces  le  permétent  ,  &  que  le 
corps  le  peut  iouffrir.  Après  le  bain  > 
il  faut  elluyer  le  malade  ,  fie  qu'il  de¬ 
meure  en  répos.  Auparavant  que  d'y 
entrer,  ou  du  moins  demie  heure  après 
en  être  forty  ,  il  eff  bon  de  donnet  ï 
ceux  qui  font  maigres ,  extenuez ,  ôc 
foibles,  un  bouillon  rafraichilfant.dtf 
lait ,  ou  du  petit-lait,  ou  un  orge  paf- 
fé.  Le  bain  eft  contraire  aux  affamez. 
Il  le  faut  continuer  pendant  trois 
jours ,  fi  on  fe  baigne  deux  fois  le 
jour  ;  ou  pendant  fix  ou  huit ,  fi  une 
fois  feulement.  On  doit  obfcrver  tou- 


C  h  ap.  1 1 1.  Du  Bain  ,  &c .  x 
tes  ccs  précautions,rant  dans  les  bains 
fimples  que  compofcz.  Quelquefois 
en  entrant  dans  le  bain  on  donne  une 
prife  de  tifane  laxative ,  ou  quel- 

3u’autrc  purgatif  ,  principalement 
ans  les  maladies' mélancoliques  qui 
ont  leur  fiégc  dans  les  hypocondres  , 
dans  les  indifpofitions  hyfteriques,  & 
dans  des  corps  échaufez  ,  &  maigres. 
Soit  que  l’on  ordonne  les  bains  par 
précaution ,  ou  pour  une  entière  co¬ 
tation  ,  il  faut  avoir  fait  les  remedes 
généraux  pour  ôter  les  embarras ,  8c 
les  obftruftions  ,  les  durerez ,  &  ten¬ 
ions  des  vifeeres  ;  de  peur  que  les 
humeurs  étant  fondues  par  la  chaleur 
du  bain  ,  ou  devenues  trop  coulantes, 
te  atenuées ,  ou  rcpoufTées  au  dedans 
par  le  froid >  elles  ne  fe  jétent  fur 
Quelques  parties  foiblcs  >  ou  déjà  in- 
difpofées. 

Les  ufages  des  bains  font  premie- 
tement  pour  rafraîchir ,  &  humeéler, 
«pîand  les  vifeeres  font  échaufez  , 
P°ur  abatre  la  chaleur  des  reins,  dans 
la  difficulté  d'furinç ,  &  dans  la  fièvre 
«étique.  Par  exemple. 

Prenez  des  feuilles  de  violetcs ,  de 


i &4  'Patt.ï.  Des  Alteraùfs.  SeftJV. 
laitue  ,  de  mauve,  de  cicorée  ,  des 
deux  efpeces  de  buglofe ,  un  faifceau 
de  chacune  *  d’amandes  douces  ba¬ 
illes  dans  un  mortier,  &  mi  Tes  dans 
un  fachet ,  demie  livre  ;  des  fleurs  de 
violetes ,  &  de  nymphée,  une  poigne'c 
•de  chacune.  Faites  bouillir  le  tour 
dans  de  l’eau  de  fontaine  ,  ou  de  ri¬ 
vière  pour  un  bain,  dans  lequel  tiède 
le  malade  entrera  le  matin  à  fept 
Jieures  ,  &  le  foir  à  quatre ,  &  il  con- 
linuera  pendant  trois  jours,  plus  ou 
•moins  (elon  la  neccflité. 

Apres  que  le  malade  eft.forty  du 
tain  ,  il  le  faut  froter  d’un  Uniment 
■rafraichilfant  propr  e  la  maIadie,ou 
k  la  partie  indifpofée. 

Secondement ,  pour  refTerrer  dans 
le  flux  e-xceflif  de  fang  des  hémor¬ 
roïdes  ,  dans  les  pertes  de  mois ,  Sc 
le  flux  de  ventre,  ayant  auparavant 
fait  les  remedes  généraux. 

Prenet  des  racines  de  -biftorre  ,  SC 
de  la  grande  confoUde,  une  livre  de 
chacune  -,  des  feuilles  de  plantin  ,  de 
cyprez  ,  de  renoiiée ,  de  pain  de  co¬ 
cu  ,  &  de  prèle ,  de  chacune  une  pot 
gnçe  £c  demie  j  d’écorpe  de 


Chap.  I I  I.  Du  Bain  ,  &c.  ify 
Je  balaulles  ,  &  d’alun  ,  de  chacun 
une  poignée  8c  demie  ;  de  rofes  rouges, 
deux  poignées.  Faites  bouillir  le  tout 
dans  de  l’eau  de  fontaine  ;  à  la  fin 
vous  y  ajouterez  demie  livre  de  vi¬ 
naigre  rofat. 

Troifiémement  pour  delPechcr  dans 
la  paralyfie,  fi  on  n’a  pas  la  commo¬ 
dité  des  bains  naturels. 

Prenez  deux  livres  de  fel  commun, 
de  foulfrc  ,  &c  d'alun  ,  une  livre  de 
chacun  ;  des  feuilles  de  pouliot ,  de 
fauge  >  de  charriepyte  ,  d’hyfope  ,  & 
de  romarin  ,  un  faifeeau  de  chacune  , 
des  fleurs  de  ftecade  ,  de  romarin ,  & 
de  fauge  ,  deux  poignées  de  chacu¬ 
ne.  Faites  bouillir  le  tout  dans  l'eau 
«joûtant  à  la  fin  trois  livres  de  via 
fQuge  ,  pour  un  bain. 

Des  Demi-bains. 

On  apelle  demi  -  bain  quand  le 
^alade  n’a  de  l’eau  que  dépuis  l’ori- 
«ce  de  l’eftomac ,  jufqu’au  milieu  des 
euilfes. 

P«ifqu’il  faut  une  moindre  quan- 
Cc  de  liqueur  pour  le  demi -bain  que 
M 


t66  Part.I.  Des  si  Itérât  ifs.  Seft.IV. 
pour  le  bain  entier ,  aulïi  il  faut  beau¬ 
coup  moins  de  racines  ,  &  d'herbes  ) 
le  demi-bain  n'étant  pas  fimple ,  mais 
compofé. 

Les  ufages  du  demi-bain,  font  pre¬ 
mièrement  pour  corriger  la  chaleur , 
&  la  fecherefle  des  vilceres. 

Prenez  des  feuilles  de  cicorée ,  des 
deux  efpeces  de  buglofe ,  avec  les  ra¬ 
cines  ,  de  laitue ,  &  de  fumeterre ,  de 
chacune  une  poignée  >  d'amandes 
douces  batues  dans  un  mortier,  demie 
livre  ,  des  fleurs  de  nymphee ,  &  de 
rofes  ,  deux  poignées  de  chacune. 
Faites  bouillir  le  tout  dans  de  l'eau 
de  fontaine ,  ajoutant  à  la  fin  fix  on¬ 
ces  de  vinaigre  rofat ,  pour  un  demi1* 
bain. 

Secondement  pour  la  douleur  ,  & 
colique  des  reins ,  la  fupreffion  d'uri¬ 
ne  ,  &c.  Par  exemple. 

Prenez  des  racines  de  guimauve',  & 
de  lys ,  de  chacune  demie  livre  j  des 
feuilles  de  mauve ,  de  pariétaire  ,'de 
violetes  ,  de  barule  ,  &  de  réfors ,  de 
chacune  trois  poignées ,  de  graine  de 
lin,  de  perfil,  &  de  fenouil  >  det»< 
onces  de  chacune.  Faites  bouillir  ^ 


Chap.  I  V.  Des  Etuves,  ig 7 
tout  dans  l’eau  de  fontaine  pour  un 
demi  -  bain.  On  y  peut  ajouter  de 
l’huile  d'olives  ,ou  du  vin  blanc  juf- 
qu'à  une  livre  &  demie. 

Troiiiémemenr  pour  faire  venir  les 
mois. 

Prenez  des  feiiilles  de  mauve  ,  de 

f  uimauve ,  de  pariétaire  ,  d’armoife, 
e  valériane  ,  trois  poignées  de  cha¬ 
cune  ;  de  graine  de  lin  &  de  fefely  , 
de  chacune  trois  onces  ;  de  fabine  & 
de  diéfcam,  trois  poignées  de  chacun  ; 
fleurs  de  'chamepyte&  des  fommitez 
de  millepertuis ,  une  poignée  de  cha¬ 
cune.  Faites  bouillir  le  tout  pour  un 
demi-bain. 


CH  A  P  I  T  R  E  I  V, 

Des  Etuves : 

PAr  les  étuves  on  entend  une  cer¬ 
taine  façon  de  fuer  qui  fc  fait  par 
l’aide  d'une  vapeur  chaude  &  féche  , 
ou  chaude  &  humide  qui  échaufe  le 
Malade  &  le  provoque  i  fuer. 

On  fait  fuer  de  pluficurs  façons 
dans  les  étuves. 


M  i 


16  8  Part.T.  Des  Alteratifs.  Se&.IV. 

Premièrement ,  ou  dans  les  bains 
chauds  par  le  moyen  d’une  vapeur 
tres-chaude  qui  ouvre  les  pores ,  & 
qui  attire  les  humeurs  qui  font  dif- 
perfées  par  toute  l’habitude  du  corps. 
Céte  façon  de  fuer  eft  tres-bonne  aux 
maladies  froides  de  la  tête  ,  des  nerfs , 
aux  mal  habituez  ,  que  l’on  nomme 
cakeûiqucs ,  aux  gouteux  ,  &c. 

Secondement ,  en  métant  le  mala¬ 
de  dans  une  cuve  fous  un  pavillon, 
que  l’on  échaufe  par  une  vapeur  qui 
s’élève  de  dix  ou  douze  cailloux  ran¬ 
gez  dans  céte  cuve  ,  lcfquels  étans 
rougis  on  verlè  deftus  quelque  dé- 
coéltion  d’herbes  ,  qui  font  diapho¬ 
niques  ,  ou  bien  on  jéte  dans  céte 
décoétion,  qui  doit  être  dans  la  cuve, 
ces  cailloux  rougis. 

Troifiémement ,  ou  dans  l’archer, 
ou  ce  qui  eft  plus  commode ,  dans 
céte  forte  de  bocte  faite  de  bois  'SC 
de  carton  ,  dans  laquelle  on  fait 
mc'tre  le  malade  ,  ayant  pourtant 
la  tête  dehors  ,  y  étant  allis  on 
l’envelope  tout ,  excepté  la  tête  qu’il 
fort  fouvçnt ,  pour  pouvoir  mieux 
rcfpirer  &  prendre  un  peu  d’air } 


Cllap.  I V.  Des  Etuves.  x6<y 
on  met  dedans  un  pot  ou  terri¬ 
ne  pleine  d'eau  de  vie  à  laquelle 
on  met  le  feu  ,  &  par  la  vapeur  de 
céte  eau ,  les  pores  de  la  peau  s’ou¬ 
vrent. 

On  Ce  fert  de  céte  façon  de  fucr 
dans  les  maladies  déjà  énoncées,  dans 
le  rhumatifme  ,  dans  la  verole.  Dans 
céte  derniere  quelquefois  on  provo¬ 
que  les  fucurs,  même  avec  le  cinabre. 
Ce  que  l'on  ne  doit  faire  qu’aprés 
les  remedes  généraux  &  particuliers , 
ayafu  par  plulieurs  fois  purgé  !•  ma¬ 
lade. 

Ces  fortes  de  remedes  comme  ils 
font  très  -  propres  dans  les  maladies 
froides  ,  &  aux  perfonnes  grades  , 
aulli  ils  font  contraires  aux  tempera- 
tnens  chauds  ôc  fecs.  On  employé 
aulli  quelquefois  ce  même  remede 
pour  quelque  partie  feulement ,  com¬ 
me  dans  une  longue  fciatique,oudans 
U  douleur  inveterée  de  quelque  par¬ 
tie  :  Dans  ce  cas  on  met  la  partie  ma¬ 
lade  dans  quelque  petite  cuve  ,  ou 
quelque  machine  de  bois  faite  en  mo¬ 
de  d’arc  ;  on  la  couvre  bien,  &  par 
les  vapeurs  de  l'cfprit  de  vin  ,  ou  de 
M  j 


îyo  Part.I.  Des  Alteratïfs.  Se&.IV. 
quelque  ddco&ion  diaphonique,  ou 
de  vinaigre  dans  lequel  on  aura  Jeté 
un  caillou  rougi ,  on  l'a  fait  fuer. 


CHAPITRE  V. 

Des  Parfums. 

LE  parfum  eft  un  médicament  fec 
ou  humide  qui  par  la  force  de  la 
chaleur  ou  du  feu  jere  des  odeurs  pro¬ 
pres  à  diverfes  maladies. 

Il  y  a  des  parfums  fecs >  &  d'autres 
humides. 

Les  fecs  fe  font  de  poudres  aro¬ 
matiques  ;  que  fi  on  les  incorpore 
avec  quelque  gomme  ,  on  en  forme 
des  trochifques. 

L’ufage  de  ces  parfums  eft  premiè¬ 
rement  pour  fortifier  Pc  préparer  dans 
une  intempérie  froide  &  humide  du 
cerveau ,  dans  le  catarrhe ,  &c.  Pac 
exemple. 

Prenez  deux  drachmes  de  ladan  ». 
de  ftyrax  ,  de  jonc  aromatique ,  une 
drachme  &  demie  de  chacun ;dc  ben¬ 
join  d'encens,  &  de  bois  d'aloes  > 


Chap.V.  Des  Parfums,  tyi 
tïois  drachmes  de  chacun  ;  d’ambre 
&  de  mufe  ,  deux  grains  de  chacun. 
Faites  une  poudre  que  vous  jéterez 
fur  des  charbons  ardens  pour  parfu¬ 
mer  les  couvertures  de  la  tête  du  ma¬ 
lade  3  &  qui  en  atirera  aufli  les  va- 

f>eurs  par  le  nez  &  par  la  bouche ,  en 
e  metant  au  lit.  Si  on  veut  former 
des  trochifques  ,  vous  incorporerez 
céte  poudre  avec  de  la  gomme  de 
tragacant  que  vous  aurez  fait  fondre 
dans  l'eau  rofe  ;  on  fe  fert  de  ces  tro¬ 
chifques  comme  de  la  pojudre. 

Quand  on  fait  ces  parfums  pour 
les  femmes ,  il  c/r  faut  ôter  le  mufe 
&  l’ambre.' 

Secondement  ,  pour  de^echcr  les 
nlceres  veroliques  de  la  bouche  &  du 
gozicr. 

Prenez  du  ftyrax  ,  de  myrrhe  Sc 
d’encens  mâle,deux  drachmes  de  cha¬ 
cun  ;  de  benjoin  trois  drachmes  ;  de 
cinabre  une  drachme ,  avec  des  muci¬ 
lages  de  gomme  de  tragacant ,  faites 
des  trochifques,  jétez-en  un  fur  le9 
charbons  ardens  dont  le  malade  en 
recevra  la  fumée  par  la  bouche. 
Troifiémement  pour  faire  fuer  dans 
M  4 


171  Part.I.  Des  Alteratifs.  Se£fclV. 
l'archet ,  ou  dans  le  pavillon  ,  cônv 
me  nous  avons  dit  dans  le  Chapitre, 
précédant ,  pour  la  curation  de  la. 
verole. 

Prenez  une  once  8c  demie  de  cina¬ 
bre,  de  ftyrax,  8c  de  myrrhe  calamite* 
«ne  drachme  de  chacune  ;  de  refine.- 
de  pin ,  deux  drachmes,  de  terebinthi-' 
ne  ce  qu’il  en  faut  pour  former  des- 
trochilques ,  pour  un  parfum. 

On  fait  aum  des  parfums  de  cafto- 
rec ,  de  plumes  de  perdrix,  de  papier* 
d'alfa  puante ,  feuls  ou  mêlez  ,  pouc 
prefenrer  au  nez  dans  les  fufocations 
de  matrice. 

Les  parfums  humides  ne  font  qu’u¬ 
ne  vapeur  de  quelque  liqueur,  comme 
de  vinaigre ,  de  vin ,  d'eau  rofe,  d’eau 
naphe  ,  que  l’on  fait  échaufcr  dans 
un  pot. 

.  Dans  les  indifpofitions  de  matrice 
on  reçoit  ces  parfums  par  une  chaire 
percée  ,  ou  un  entonnoir  :  dans  les. 
maux  d'oreille  par  un  tuyau  fait  en 
forme  d'entonnoir. 

On  s’en  fert  pour  arrêter  les  mois , 
ou  pour  les  procurer  ;  dans  la  dyien- 
terie  ,  ils  fe  font  d’aftringens  ;  dans  la. 


^  Chap.  VI.  Dm  Oxyrhoâ'ms.  173 
décente  du  fondement ,  pour  arrêter 
hémorroïdes  ,  &  en  apaifet  les 
douleurs ,  à  quoy  le  parfum  fuivant 
fera  bon. 

Prenez  des  feuilles  de  pain  de  cocu  , 
&  de  racines  de  porreau  ,  une  poignée 
de  chacun,  de  graine  de  lin  une  once* 
Faites-les  boüiflir  dans  l’eau  dont  vous 
en  recevrez  la  vapeur  tiède  par  le  bas 
dans  une  chaire  percée. 


CHAPITRE  VI.  » 

Des  Oxyrhodins. 

OXyrhodin  dans  toute  la  force  de 
fon  nom  fignifie  un  médicament 
compofé  de  vinaigre  &  de  rofes  :  mais 
communément  on  le  prend  pour  un 
médicament  qui  s’aplique  à  la  tête, 
au  front  &  au  col. 

Les  oxyrhodins  fe  compoTent- 
d’huile  rofat  &  de  vinaigre ,  obfer- 
Vant  cére  proportion  que  pour  trois 
-Opçes  d’huile ,  il  y  ait  une  once  de 
Vinaigre  rofat. 

Qa  s  en  £crr  premièrement  dans  les 

M  5 


Z74  Part.!.  Des  Alteratifs.  SeCt.IV. 
fièvres ,  dans  la  douleur  de  tête,  dans 
le  délire  ,  ou  qui  foir  actuellement , 
ou  pour  le  prévenir,  dans  la  lérar- 
gie  ,  dans  cctç  forte  d'alToupifiement 
que  l'on  nomme  Coma  veillant  ,  & 
autres  fcmblables  maladies  ,  où  le 
cerveau  eft  extrêmement  e'chaufé. 
Par  exemple. 

Prenez  quatre  onces  d’huile  rofat , 
une  once  &  demie  de  vinaigre  rofat  ; 
faites-en  un  oxyrhodin  pour  métré 
tiède  fur  te  devant  de  la  tête,  qui  aura 
été  auparavant  rafé  ,  &  au  front,, 
avec  des  étoupes  de  chanvre ,  deux 
&  trois  fois ,  tant  le  jour  que  la  nuit. 

Au  lieu  d’huile  roiàt  on  peut  pren¬ 
dre  celuy  de  violetcs  ,  de  nymphée> 
©u  de  pavot. 

Ou  bien  , 

Prenez  trois  ©nets  d’huile  rofat». 
«T eau  roft  6c  de  plantin  une  once  d© 
chacune  ;  de  vinaigre  rofat ,  une  once 
3c  demie  'r  pour  faire  un  oxyrhodin 
«p*e  vous  apliquerez  comme  deflus. 

11  faut  les  change©  quand  ils  s'é- 
cfeaufenr  ,  on  quand  ils  fe  rafroidif- 
4ènt ,  par  ftx  ou  fept  fois. 

Les  remèdes  généraux  doivent  avoir 


Chap.  VIT .  Des  Frontaux.  i7j 
précédé  ;  car  il  ne  faut  pas  apliquer 
des  topiques  repercuflifs  ;  le  corps 
étant  encor  tout  plein  d’impuretez. 
Quand  il  y  a  inflammation ,  il  ne  faut 
pas  continuer  outre  le  premier  tems 
&  le  commencement  du  fécond  ;  car 
alors  il  faut  mêler  des  refolutifs  avec 
les  repercuflifs  ,  comme  eft  l’huile  de 
camomille. 

Secondement  ,  les  oxyrhodins 
s’ordonnent  dans  la  diarhée  &  dans 
ladyfenterie  quand  il  y  a  une  grande 
chaleur,  ou  inflammation  entière  :  on 
les  aplique  tiédes  depuis  le  nombril 
juqu’à  l’extremité  du  bas  ventre, 
avec  des  étonpes. 


CHAPITRE  VIL 

Des  Frontaux. 

LEs  frontaux  font  un  remede  topi¬ 
que  qui  s’aplique  au  front  Ample¬ 
ment  ,  fans  froter. 

Ils  fe  compofent  d'herbes  ,  &  de 
fleurs  bacucs  &  trempées  dans  le  vi- 
^gre  j  ou  d'onguens ,  de  poudres , 


Part.I.  Des  ^Itératifs.  Se&.JV. 
d'eau  rofe  ,  de  blanc  d'œuf ,  de  vinair 
gre  rofat ,  &  d’autres  femblables  :  on 
les  inet  entre  deux  linges ,  &  on  les 
aplique  au  front  &  aux  tempes. 

Les  uftges  des  frontaux  font  pre¬ 
mièrement  pour  arrêter  l’hémorragie, 
&  les  fluxions  qui  tombent  fur  les 
oreilles  &  fur  les  yeux.  Par  exem¬ 
ple. 

Prenez  de  poudre  de  bol  d’Armenie 
de  rofes  ,  &  de  terre  figillée  ,  une 
drachme  de  chacune  ;  de  maftic  de¬ 
mie  drachme  ;  de  foie  farine  ,  quatre 
fcrupules  ;  bâtez  le  tout  avec  un  blanc 
d'œuf  de  d’eau  rofe ,  métez-le  fur  des 
troupes  ,  faites  un  frontal  pour  apli«- 
quer  au  front  &  aux  tempes. 

Secondement  pour  apaifer  la  doub¬ 
leur  de  tête.  Par  exemple. 

Prenez  des  feuilles  de  laitue  &  de 
violetes  ;  de  chacune  demie  poignée  ; 
deux  onces  de  pulpe  de  courge  j  cou¬ 
pez  &  hachez  -  les ,  métez  -  les  enffe 
deux  linges  pour  apliquer  au  front  SC 
aux  tempes. 

Troihémement  pour  faire  dormir. 

On  fait  communément  un  frontal 
*vec  uu  blauc  d'œuf  batu.a.vec  l’e*ur 


Chap. VII.  DesTrotnanx.  îyy 
rofe  &  le  vinaigre  rofat ,  que  l’on  met 
fur  des  étoupes. 

Ou  bien  dans  les  fièvres  où  il  y  a. 
des  veilles  exceflives ,  &  des  délires  „ 
quand  il. faut  les  faire  plus  forrs. 

Prenez  des  feuilles  de  lairué ,  de 
nymphée  ,  &  de  jufquiame  ,  une 
poignée  de  chacune  y  de  grains  d’é** 
carlate  une  drachme  -,  batez-les  dan9 
un  mortier  avec  de  l’eau  rofe  &  d» 
vinaigre  rofat  &.  en  faites  un. 
frontal. 

Ou  le  fuivanr. 

Prenez  une  once  de  conferve  dè- 
rofes  ;  d’onguent  populeum ,  demie 
once  ;  de  la  poudre  pour  repofer  de  la 
defeription  de  Nicolas  ,.une  drachme* 
de  grains  d’écarlate  demie  drachme  -, 
mêlez  le  tout  avec  un  blauc  d’œuf 
que  l’on  aura  bâta  avec  de  l'eau  rofe,. 
&  faites  un  frontal  pour  apliquer  ail 
front  &  aux  tempes ,  que  l’on  renoua 
vellcra  tous  les.  loirs. 


T78  Part.I.  Des  Alteratifs.  Sed.IV. 


CHAPITRE  VIII. 

Des  faim  de  rofes. 

ON  s’ en  fert  dans  la  diarée ,  dans 
la  dyfenterie,  dans  le  vomilfe- 
ment  &  dans  toure  diflipation  des  par¬ 
ties  qui  fervent  à  la  nourriture  de  tout 
le  corps ,  apres  les  remedes  généraux. 

On  aplique  avec  heureux  fuccez 
fur  tout  le  bas  ventre  un  pain  de  ro¬ 
fes,  que  l’on  aura  fait  tremper  dans  le 
vin  rouge  ,  on  dans  une  indifpofition 
chaude  dans  une  égale  quantité  d’eau 
rofe  &  de  vinaigre  ,  en  métant  par 
deflus  quelque  poudre  apropriée.  Par 
exemple. 

Prenez  de  poudre  d’encens,de  maf- 
ftic  ,  de  rofes  ,  de  corail  rouge  ,  une 
drachme  de  chacun  ;  faupoudrez  -  en 
un  pain  de  rofes  qui  aura  trempé  dans 
l'eau  rofe,  avec  une  troifiéme partie 
de  vinaigre  ,  ou  dans  du  vinaigre  r o~ 
fat ,  de  l’eau  rofe  &  du  vin ,  en  égale 
portion  ,  ponr  apliquer  chaudemenc 
fur  le  bas  ventre. 


Chap.  IX.  Des  Ltmmenr. 

Il  y  faut  lai  (Ter  pendant  deux  ou 
trois  heures ,  apres  quoy  on  frote  la 
partie  avec  quelque  huile  ou  Uniment 
convenable..  On  aplique  les  pains  de- 
rofes  une  ou  deux  fois  pair  jour,  félon 
que  l’on  Le  juge  à  propos. 


CHAPITRE  IX. 

Des  Lirimens. 

LEs  Linimens  ont  une  confiftance 
qui  eft  entre  l’huile  &  l’onguent 
ils  font  plus  épais  que  l'huile,  &  plus, 
liquides  que  l’onguent. 

Us  fe  compofent  d’huiles,  de  graif. 
fès ,  de  beurre ,  de  poudres ,  de  moë- 
les  ,  &  d’onguens.  La  proportion 
que  l’on  doit  garder ,  eft  que  fur  deux 
parties  d'huile  >  il  y  en  ait  une  de 
graifles,  ou  de  beurre,  &  une  drachme 
de  poudre. 

La  dofe  de  tout  le  liniment  eft 
jufqu’à  quatre  onces,,  plus  ou  moins, 
félon  la  grandeur  de  la  partie  malade. 
On  n’y  met  point  de  cke,  parce  qu’el¬ 
le  ferme  les  pores. 


1 S  O  Part.ï.  Des  Alteraùfs.  Se&.lV. 

Les  ufages  des  linimens  font  pre¬ 
mièrement  pour  rafraîchir  ,&.apaifec 
la  douleur  dans  les  parties  extrême¬ 
ment  échaufées.  Par  exemple. 

Prenez  de  l’onguent  rolat ,  &  du 
cerat  rafraichiffant  de  Galien  ,  l’un 
&  l’autre  lavez  dans  l’o'xycrat  ,  de 
chacun  une  once  ,  de  felde  Saturne^ 
une  drachme  ,  du  fuc  d’endive ,  ce 
qu’il  en  faut  pour  un  Uniment. 

Il  faut  froter  la  partie  échauféc,  ou 
enflammée ,  en  Hyver  tiède  ,  &  ai 
Etc  froid. 

Secondement  pour  adoucir,  &  mo¬ 
dérer  quand  il  y  atenfion  à  la  poi¬ 
trine,  comme  dans  l’inflammation  des 
pdûmons  ,  dans  la  plévrefie  ,  dans  la 
toux  ,  on  ne  fe  fert  que  d’huile  d’a¬ 
mandes  douces  pour  les  linimens  de 
la  poitrinei 

Dans  une  indifpofltion  froide ,  ou 
mélec  de  la  poitrine. 

Prenez  de  l’huile  de  camomille, 
&  de  lys  ,  une  once  de  chacune  :■ 
d’onguent  pc&oral  ,  ou  du  beurre 
frais,  demie  once.  Faites-en  un  li- 
niment  pour  toute  la  poitrine.  Ou- 
bien , 


Chap.  IX.  De!  Linlmeht.  2^ 

Prenez  d’huile  de  camomille,  deux. 
Q’ices,  d’onguent  d’althæa,  une  oiice.. 
faites  un  Uniment  pour  froter  tiède 
*e  côté  malade. 

Troifiémement  pour  rafraîchit,  re- 
’âcher  ,  &  adoucir  la  douleur  des- 
reins,  lorfqu’H  n'y  a  point  de  fièvre. 

Prenez  une  once  d’onguent  d’al- 
ïhaea ,  d’huile  de  feorpions  de  Mat- 
jhiole  ,  une  diachme  &  demie,  d’huit 
*e  de  lys ,  ce  qu’il  en  faut  pour  faire- 
Uu  Uniment  ,  dont  011  frotera  les- 

fombes. 

Quatrièmement  pour  refouire ,  & 
fortifier  dans  la  paralyfie  ,  &  dans  lat 
convulfion.  Par  exemple. 

Prenez  d’onguent  mattiat,  une  on- 
Ce  j  de  thetiaque  vieille ,  trois  drach¬ 
mes  ,  du  ftyrax  liquidé  ,  &  d’eau  de 
'le>  deux  drachmes  de  chacun,  d’hui- 
c  de  rue  y  ce  qu'il  en  faut  pour  faire- 
*?n  Uniment ,.  dont  on  frotera  l’épine 
,u  dos ,  &  les  parties  qui  font  para¬ 
lytiques. 

On  fe  peut  fervir  pour  le  meme 
fojet  du  heaume  de  Guidon. 

Cinquièmement  pour  apaifer  lea 
°ulcurs  des  hémorroïdes  ,  &  cm 


*8  J.  Part.!.  Des  Alteratlfs,  Se&.IV. 
diflîpcr  les  tumeurs.  Par  exemple. 

Prenez  deux  onces  d’onguent  rofar, 
lavé  dans  l’eau  rofe  ,  deux  drachmes 
de  mercure  crud  ;  mêlez  le  tout ,  SC 
en  faites  un  Uniment. 


CHAPITRE  X. 

Des  Onguent. 

LEs  Onguens  font  un  remede  to¬ 
pique  qui  fe  compofent  d’huile  , 
de  graifle  ,  de  moelle ,  de  refîne ,  de 
poudre ,  de  cire  ,  &  autres  chofei 
femblablcs ,  que  l’on  réduit  à  une 
confiftance  plus  ferme  que  le  Uni¬ 
ment. 

La  proportion  des  ingrediens  » 
qu’il  faut  garder ,  cft  que  pour  une 
once  d’huile ,  il  y  ait  une  quatrie'me 

rartie  de  poudre ,  &  de  cire  :  pouf 
ordinaire  on  ne  limite  pas  la  quanti' 
té  de  la  cire  ,  mais  on  la  laide  à  la 
prudence  de  l’Artifte. 

Il  n’y  a  que  l’onguent  nutritif,  qU* 
fe  fait  fans  cire ,  &  fans  feu. 

La  dofe  de  tout  l’onguent  cft  juf- 


Chap.  X.  Des  Onguem. 

*1**^  trois  ou  fix  onces  ,  ou  une- 
«vre  :  félon  la  grandeur  de  la  partie 
qu'on  doit  oindre.  Quelques-uns  mê- 
J*nt  des  fucs  aux  huiles ,  &  les  font 
“Oüillir  enfeinble ,  jufqu’à  la  con^ 
*°mption  des  fucs. 

Il  y  a  des  onguens  ofKcinaux,qu’or* 
garde  tout  préparez  dans  les  Bouti¬ 
ques  j  comme  l’onguent  rofat ,  le  po-  ' 
puleum  ,  l’althteà ,  defquels  on  fe  fert 
ou  feuls>  ou  mêlez  enfemble. 

D’autres  que  l’on  nomme  magis¬ 
traux  ,  que  les  Médecins  ordon- 
^nt  fur  le  champ  :  qui  ont  plufieur» 

•fages. 

Premièrement  pour  ramollir  ,  Sc 
Jcfoudre  les  tumeurs  dures  ,  6c  apai- 
^r  les  douleurs  qui  nairtent  dé 
Quelque  caufè  froide.  Par  exem¬ 
ple. 

Prenez  d’onguent  d’althaea  >  ou  du 
«*folutif  ,  ttne  once  de  chacun ,  d’on- 
8ucnt  d’Agripa ,  &  de  canard  >  demie 
®nce  de  chacun  -,  mêlez  le  tout ,  &  en 
aitcs  un  onguent. 

,  Onguent  nutritif  pour  les  dartres 
^  la  peau ,  pour  les  petits  ulcérés , 

**  legcres  inflammations. 


i.$4  Part.T.  Des  Alteratlfs.  Scd.lV. 

Prenez  fie  la  lythargc  d'or  réduite- 
en  poudre  tres-fine  ,  la  quantité  que 
tous  voudrez  >  d'huile  rofat ,  &  de 
Vinaigre ,  de  chacun  autant  que  la 
lytharge  batuc  dans  un  mortier  er» 
pourra  con fumer  ,  &  qu’elle  ait  une 
coniîftance  raifonnable. 

En  place  du  vinaigre  quand  il  faut 
plus  rafraîchir  que  dellecher  ,  l’on 
nourrit  la  lytharge  avec  l’eau  rofe  ot» 
de  plantin, 

.  Secondement  pour  la  gale  ,  &  lcs> 
demangeaifons.  Par  exemple.  • 

Prenez  du  foulfre  en  poudre ,  que 
vous  laverez  &  abreuverez  avec  du 
fuc  de  limon ,  une  onee  ;  de  graille  de 
pourceau ,  ou  de  beurre  frais  ,  une 
once  &  demie  ,  de  fcl  commun  une 
drachme.  Faires-c»  un  onguent  pour 
s’en  oindre  le  loir  quand  on  fe  métra- 
ait  lit. 

Troi  fié  moment  pour  faire  venir  la 
Cilivation  ,  dans  La  curation  de  la 
vérole. 

Prenez  quatre  onces  de  bon  mer¬ 
cure,  que  vous  aurez  éteint  avec  de 
la  térebinthine ,  ou  de  la  falive  ,  de 
graille  de  pourceau  une  livre  »  d’on^ 


Chap.  X.  Des  Onguent. 
guent  martiat  ,  une  once  ;  d'huile  de 
camomille  ,  une  quantité  fuffi  Tante, 
faites  en  un  onguent  pour  en  frotter 
les  extremitez  ,  les  féiïes ,  &  l’épine 
du  dos. 

On  rendra  ce't  onguent  plus  fort, 
fi  on  augmente  la  quantité  du  mer* 
cure ,  jufques  à  fix  onces  pour  une  li* 
Vrede  graille.  Et  encore  plus  fort, 
fi  on  en  met  jufques  à  huit  onces. 
Que  fi  on  met  une  égale  quantité  de 
mercure  &  de  graille  l'onguent  en  fe¬ 
ra  tres-violent. 

Pour  les  perfonnes  délicates  ,  & 
Maigres  ,  &  qui  ont  la  facilité  à  cra* 
cher  ,  on  met  la  moindre  dofe  du  mer* 
®u»e  ;  pour  les  plus  robuftes ,  on  met 
«  proportion  les  dofes  que  nous  avons 
Marqué.  Quelquefois  on  commence 
Par  la  plus  petite  dofe  du  mercure, 
^  apres  on  l'augmente  quand  ou 
que  la  falivation  vient  lente¬ 
ment. 

Le  rems  propre  pour  faire  ces 
fri&ions ,  c'eft  le  Printems,  &  l'Au- 
tomne.  On  les  fait  le  matin  à  fix  heu- 
Jcs.  Dans  les  perfonnes  foibles  ,  il 
4ut  donner  un  bouillon  auparavant  ; 


Part.ï.  Des  j4heratifs.ScSt.lv. 
ou  immediatementapres  avoir  pris  un 
verre  de  bouclier  fait  avec  la  fqui- 
ne ,  commençant  les  frictions  par  les 
pieds  »  &  finiflant  par  en  haut.  Ces 
fri&ions  générales  fe  font  rarement 
deux  fois  le  jour ,  fi  ce  n’efl:  aux  per- 
fonnes  robuftes.  Mais  celles  qui  Te 
font  à  quelque  partie  feulement  ,  fe 
doit  être  le  foir  ,  &  à  fes  extremitez, 
afin  d'aider  les  premières  friétions , 
en  procurer  les  effets ,  &  que  la  na¬ 
ture  fe  vuide  plutôt  par  les  falivai 
xions. 

Gn  continue  ces  fri&ions  pen¬ 
dant  trois,  quatre,  ou  cinq  jours,  juf- 
ques  à  ce  que  le  flux  de  bouche  vien- 
•ne  jque  fi,quand  il  commence  à  venir, 
il  neft  pas  allez  copieux  ,  il  faut  lé 
faire  avancer  par  des  friétions  parti¬ 
culières  le  matin  ,  &  le  foir  à  quatre 
heures. 

Dans  les  perfonnes  grattes  ,  d’ui» 
tempérament  pituiteux  ,  &  dans  ceux 
où  l'on  craint  une  foiblptte  de  nerfs,U 
faut  ajoûter  aux  onguens  demie  once 
de  ftyrax  liquide. 

Quelquefois  quand  le  flux  de  bou¬ 
che  commence,  on  celle  les  friétionS/ 


Chap.  X.  Des  Onguent.  *87 
principalement  dans  des  corps  dcli- 
cats,  &  foiblcs  }  car  on  ne  les  doit 
Pas  continuer  lî  long-tcms ,  quand  le 
flux  de  bouche  vient  aifement,  parce 
que  les  mouvemens  de  la  Nature  bien 
r«glez  ,  font  foibles  au  commence* 
ment,  &  s’augmentent  à  la  fuite  ;  c’eft 
pour  ce  fujet  qu’on  celle  les  frittions 
Pendant  un  jour  ou  deux  :  que  fi 
dans  ce  tems  il  fernble  que  la  Nature 
f°it  languiifante  ,  &  qu’elle  s’oublie 
de  fe décharger  pat  le  flux  débouché, 
*1  faut  renouveler  les  frittions  tout 
autant  de  tems  que  l’én  le  jugera  à 
propos. 

On  connoit  que  le  flux  de  bouche 
(  quieft  lacrife  de  la  verole  )  doit 
arriver  bien  tôt  ,  quajid  le  malade  fp 
plaint  d’une  grande  lalfitude  ,  il  y  a 
inflammation  de  bouche ,  &  dçs  gen¬ 
cives  ,  des  tumeurs ,  &  des  petits  uL> 
ccres  dans  la  bouche. 

Apres  la  frittion,  il  faut  cnyeloper 
malade  de  draps  chauds  ,  le  mettre 
enfui  te  au  lit, &  le  laifler  bien  couvert 
pendant  une  heure. 

Notez  que  fi  le  malade  fuë  beau¬ 
coup  ,  il  ne  le  faut  pas  acabler  dp 


2t 8  8  Part. T.  Des  A Itératifs .  Scdt.IV. 
couvertures,  mais  en  métré  feulement 
pour  faciliter  une  plus  abondante 
tranfpiration  ,  &  pour  faire  penetrer 
davantage  l'onguent.  On  laide  le 
malade  en  cét  état  pendant  une  heu¬ 
re  plus  ou  moins  ,  félon  fes  for¬ 
ces  i  apres  cela  il  le  faut  elfuyer  ,  SC 
luy  donner  un  bouillon  une  heure 
apres. 

Pendant  tout  le  t-ems  des  friéHons» 
il  faut  nourrir  le  malade  avec  de 
bons  -bouillons, &  des  panadesrquand 
le  flux  de  bouche  s’aproche  ,  il  ne 
kiy  faut  donner  que  des  bouillons» 
&  quand  la  nature  eft  beaucoup 
travaillée  ,  ou  que  la  fièvre  cil  vio¬ 
lente. 

Il  furvient  quelquefois  des  fympto- 
mes  qui  empêchent  le  flux  de  bou- 
che,comme  la  fièvre,  les  convul fions» 
l'efquinancie,  la  (ufocation,une  fueur 
trop  copicufe  ,  le  flux  de  ventre  >  * 
raiion  de  la  grande  chaleur  des  hu¬ 
meurs  ,  &  de  leur  agitation  qui  fe 
jétent  fur  plufieurs  parties  ,  la  nature 
ne  pouvant  pas  régler  fon  mouve¬ 
ment  à  la  bouche  ,  parce  qu'elle  eft 
acablée  ,&  trop  irritée  :  Alors  il n® 


Chap.-X.  Des  Onguent. 
faut  pas  s'opiniâtrer  aux  frictions , 
mais  félon  la  prudence  du  Médecin, 
il  faut  faigner  ou  purger  ,  ou  même 
faire  l'un  &  l'autre  ,  ou  arrêter  le  flux 
de  ventre  par  des  lavfcmens  dcterfifs , 
&  anodyns.  Ayant  calmé  ce  defor- 
dre  ,  fi  le  flux  de  bouche  ne  vient 
point  ,  il  faut  recommencer  les  fri¬ 
ttions  ,  fi  elles  n'ont  pas  etc  fuffi  (an¬ 
tes  ,  Sc  que  les  forces  les  pui  fient  fu- 
porter. 

Il  faut  que  le  malade  demeure  dans 
les  mêmes  draps  ,  Si  le  jour  ,  &  la 
nuit  pendant  fix  ou  huit  jours  ,  afin 
de  ne  point  détourner  le  flux  de  bou¬ 
che  ,  fi  ce  n'eft  que  la  violence  de  la 
fièvre  ,  une  fueur  abondante  ,  ou  un 
flux  de  ventre  ,  ou  quelqu’ autre  con- 
fiderable  fymptome  oblige  de  chan¬ 
ger.  Quand  les  fueurs ,  5 c  le  flux  de 
Ventre  qui  furvienent  font  confidera- 
•hles ,  il  faut  donner  quelque  relâche, 
de  laifler  quelques  jours  d’intervalc 
<ntre  les  friétions  ,  afin  que  la  na¬ 
ture  puifle  prendre  fa  première  route, 
de  qu’elle  cefle  de  porter  les  humeurs 
*ux  endroits  où  il  ne  faut  pas.  Dans 
lequel  tems  il  faut  arrêter  ce  mou- 

N 


*9°  Part.I.  Des  AU  natifs.  Se&.IV. 
vtment  d'humeurs  par  les  lavemens» 
&  les  autres  remèdes  qui  auront  été  . 
indiquez. 

Avant  que  de  venir  aux  fri&ions, 
il  faut  préparer  les  humeurs  :  On 
avoir  coutume  autrefois  de  commenr 
cer  par  la  faignée,  de  purger  par  apo- 
zémes  ,  Scde  faire  une  diete  iudorifi- 
que  pendant  vingt  ou  trente  jours  , 
quelques-uns  y  ajoûtoiét  les  friétions 
de  mercure.  L’cxpcrience  a  fait  con- 
n  ûtre  à  prefent  qu'il  eft  plus  alluré 
pour  déraciner  entièrement  laverole> 
8c  procurer  le  flux  de  bouche ,  fi  l’on 
faigne  le  malade  une  ,  deux  ,  ou  trois 
fois  félon  la  quantité  du  fang  ,  &  les 
forces  ,  entremêlant  des  purgations 
faites  premièrement  de  féné,  de  calle, 
de  manne,ou  de  confe&iomd'hamech, 
8c  du  fyrop  rofat  folutif  :  enfuite  on 
purgera  avec  le  mercure  ,  &  le  pré¬ 
cipité  blanc  ,  le  diagrede  ,  8c  autres 
femblables  purgatifs  ;  on  ufera enfui* 
d^  bouillons  apéritifs ,  &  rafraichif' 
fans,  8c  des  bains  pendant  quinze oU 
vingt  jours  ;  Enfin  pour  dernier 
mede  qui  emporte  entièrement  la  vé¬ 
role  ,  on  employcra  les  fii&ions 
mercure. 


Chap.  X.  Des  Onguent.  ipt 

Il  faut  obfcrver  que  s'il  y  a  quel¬ 
ques  autres  indifpofitios  compliquées 
avec  la  verole,  ce  qui  arrive  aiTés 
fouvcnt ,  comme  des  obftru&ions  des 
vifceres ,  8c  amas  d'humeurs,  une  fiè¬ 
vre  continue  ,  ou  intermitante ,  la 
toux  ,  une  maigreur  confiderable  ,  il 
faut  ôter  auparavant  ces  maladies ,  & 
«es  incotnmoditcz  par  des  remedes 
propres ,  &  convenables,  fans  oublier 
d'y  ajouter  des  fpecifiques  contre  la 
vérole.  Et  les  ayant  totalement  guc- 
ties ,  ou  du  moins  beaucoup  dimi¬ 
nuées  ,  il  faudra  procéder  méthodi¬ 
quement  à  la  curation  de  la  verole. 

Il  faut  lailler  fluer  la  bouche  pen¬ 
dant  trente ,  ou  du  moins  vingt  jours, 
&  enfuite  purger  le  malade ,  aupara¬ 
vant  que  de  le  faigner ,  fi  on  le  juge 
neceflaire.  S'il  refte  quelque  intem¬ 
périe  chaude  des  vifcercs ,  on  don¬ 
nera  des  bouillons  rafraîchiflans  ,  8c 
°n  fera  prendre  le  bain  ;  que  s'il  y  a 
fctandc  maigreur ,  on  fera  ufer  du  lait 
d'anefle. 


N  t 


îy  i  Part.I.  Des  Æterat'tfs.  Sc&.lV., 


CHAPITRE  XI. 

Des  Cerats. 

CE  mot  de  Cerat  vient  de  celuy 
de  cire  ;  c’eft  un  rcmede  qui  eft 
d’une  conilftance  entre  l’emplâtre ,  8c 
l'onguent. 

Les  Cerats  fe  font  d’onguens ,  8c 
en  y  ajoutant  de  la  cire  on  leur  donne 
un  peu  plus  de  corps  ;  ou  d’emplâtres, 
"~avec  des  huiles  on  les  rend  plus 
mois ,  ou  bien  on  les  compofe  d’huile, 
de  poudre ,  &  de  cire. 

La  proportion  des  ingrediens ,  cil 
que  pour  une  once  d'huile  ,  il  y  ait 
une  drachme  &  demie  de  poudre  ,  8C 
demie  once  de  cire. 

Le  cerat  rafraichiflant  de  Galien, 
&  le  cerat  fantalin  font  plutôt  des 
onguens  ,  que  des  cerats. 

Les  ufages  des  Cerats  font  pre¬ 
mièrement  ,  lorfque  la  partie  malade 
ne  peut  pas  fouffrir  la  dureté  ,  •&  pc- 
fanteur  d’un  emplâtre. 

Secondement  pour  ramollir  ,  re¬ 
foudre  ,  8c  reflerrer  ,  jamais  pot)C 
ïafraichir  ,  parce  qu’ils  dchattft0* 


Chap.  Xi .  î)es  Cerats.  a<jj 
ancrant  les  vapeurs. 

Le  cerat  fuivant  cil  fouveraîn  pour 
Jes  playes  de  la  tête  ,  les  contufions , 
&  les  fraétures  du  crâne. 

Prenez  deux  onces  de  l’emplâtre  de 
hetoiné,  d’huile  rofat  ce  qu’il  en  faut 
Pour  faire  un  cerat  que  l’on  apliqucra 
*ur  la  partie  malade. 

Pour  les  duretez  de  rate. 

Prenez  de  gomme  ammoniaque 
que  l’on  fera  dilloudre  dans  le  vinai¬ 
gre  ,  &  qu’on  aura  paflee  par  le  tamis, 
une  once  -,  d’huile  de  câpres,  de  lys,  &c 
rie  cire  ce  qu’il  en  faut  pour  faire  un 
cerat  qu’on  métra  fur  la  partie  deux 
fois  le  jour. 

Dans  la  lienterie&dyfenteria,  &rc. 

Prenez  de  poudre  de  maftic ,  de  bol 
d’ Arménie ,  de  l'acacia  ,  &  du  fang 
de  dragon  ,  une  drachme  &  demie  de 
chacun  ,  deux  onces  d'huile  de  coins  »'■ 
de  la  cire  ,  ce  qu’il  en  faut  pour  faire 
un  cerat.  Ou  bien  , 

Prenez  deux  onces  de  l’emplâtre 
pour  l’eftomac  ,  d’huile  de  coins ,  ce 
rpr’il  en  faut  pour  faire  un  cerat,  dont 
^°us  en  froterez  tout  le  bas  ventre , 
deux  ou  trois  fois  par  jour. 

N  3 


154  Par.I.  Des  Altérât  ifs.  SeéMV. 


CHAPITRE  XII. 

Des  Emplâtres. 

CE  mot  d’emplâtre  tire  Ton  origine 
de  fon  effet  ,  parce  qu’il  ferme 
te  bouche  les  porcs  ;  c’eft  un  remede 
qui  eft  plus  épais  &  plus  gluant  que 
le  cerar,  &  qui  étant  apliqné  fur  la 
peau  s’y  atache  plus  fortement.^ 

Les  emplâtres  fe  différencient  en 
ceux  qu’on  garde  compofcz  dans  les 
Boutiques  des  Apoticaires  ,  qui  fe 
nomment  Officinaux  ;  &  en  ceux  que 
les  Médecins  ordonnent  fur  le  champ, 
félon  les  diverfes  indications ,  on  les 
apclle  Magiftraux. 

On  les  compofe  des  matières  qu’on 
emprunte  des  minéraux, des  végétaux 
&  des  animaux  ,  que  l’on  incorpore 
avec  des  huiles  ,  ou  de  la  refine, 
graiffe,  gomme,  cerats,  &  autres  cho- 
fes  fcmblables.La  p;  :  portion  que  l'on 
doit  garder  en  les  compofant ,  eft  que 
pour  une  once  d’huile,  il  y  ait  fix 
drachmes  de  poudre,  &  une  once  & 


Chap.  XII.  "Des  Emplâtres.  1 9  y 
demie  de  cire.Si  on  y  mec  des  graines, 
elles  tiennent  lieu  de  la  moitié  de  la 
quantité  des  huiles  ,  de  forte  qu'une 
once  de  graille  vaut  demie  once  d’hui¬ 
le.  Et  parce  que  fouvent  on  ne  peut 
juftement  déterminer  la  quantité  de 
l’huile  &  de  la  cire ,  on  la  lailTc  à  la 
prudence  de  l'Apoticaire  &  de  l'Ar- 
tifte.  On  y  mêle  quelquefois  des  em¬ 
plâtres  des  Boutiques  ,  félon  les  di¬ 
vers  delfeins  que  l'on  a. 

Leurs  ufages  font  quand  il  faut  for¬ 
tement  ramollir,  aglutiner,  meurir,  di¬ 
gérer  &  cuire,  car  en  bouchât  les  pores 
delà  peau,  ils  échaufent  bcaucoup,dé- 
fechent,  fondent  &  atirem  au  déhors. 

L’emplâtre  fuivant  eft  bon  pour  pur¬ 
ger  les  ulcérés  malins  Sc  cancrcux  , 
&  pour  les  cicatrifer. 

Prenez  trois  onces  d’huile  oti  vous 
aurez  fait  bouillir  de  la  limaille  de 
plomb  ;  de  refine  &de  gomme  éle- 
We,trois  onces  de  chacune  •,  du  plomb 
auquel  il  y  ait  la  moitié  de  mercure 
que  vous  ferez  fondre  ,  &  qu’aprés 
Vous  métrez  en  poudre ,  demie  otice  ; 
de  ccrufe  lavée ,  de  tutlne  préparée , 
&  de  la  pierre  calatuinaire  ,  deux 

N  4 


i<)&  Part.I.  Des  Alteraùfs.  Sc&.IV. 
drachmes  de  chacune  ;  de  cire  jaune 
fondue  &  lavée  dans  l’eau  de  forge , 
une  livre.  Mêlez  le  tout  pour  faire  un 
emplâtre. 

Pour  diminuer  la  rate  enflée. 

Prenez  de  la  racine  de  concombre 
d’ane  ,  cuite  ,  petrie  &  pallee  par  le 
tamis  »  trois  onces  ,de  gomme  ammo¬ 
niaque  fondue  dans  le  vinaigre,  deux 
onces, de  galbanum  &  de  fagapenum  r 
demie  once  de  chacun  ,  d’huile  de  c⬠
pres  &  de  cire  ce  qu’il  en  faut  pour 
■aire  un  emplâtre. 


CHAPITRE  XIII. 

Des  Cataplâmes. 

LEs  Cataplâmes  fe  compofent  de 
racines  ,  de  feuilles ,  de  graines , 
êc  de  fleurs ,  dans  la  même  dofe  que 
pour  les  fomentations.  On  les  fait 
bouillir  jufqu’à  -  ce  qu'ils  foient  ré¬ 
duits  comme  en  pâte  ;  on  les  bat  dans 
un  mortier  ,  &  on  les  pafle  par  un  ta¬ 
mis  :  on  y  ajoute  des  poudres,  ou  trois 
ou  quatre  onces  de  farine,  d’huiles  ou 


Chnp.  XIII.  Des  Cataplàmes.  j.97 
de  graille  jufqu’à  trois  ou  quatre 
onces. 

On  en  fait  de  croûte  de  pain  rôtie 
&  trempée  dans  le  vin.,  jetant  pat 
deflus  quelque  poudre  cordiale  juf¬ 
qu’à  une  ou  deux  drachmes. 

Ils  fe  font  audl  de  mie  de  pain 
trempée  ou  un  peu  bouillie  dans  le 
lait ,  y  ajoutant  des  jaunes  d'œuf,  du 
fafran,  &  quelquefois  d’huile  rofat. 

On  en  fait  allez  fouvent  de  fruits , 
comme  de  coins  cuits  fous  la  cendre , 
que  l’on  bat  dans  un  mortier ,  &  que 
lJon  pafle  enfuite  par  un  tamis  ,  y 
ajoutant  des  poudres  convenables  ,& 
du  vin  ,  s’il  eft  necefl’aire. 

Les  cataplâmes  ont  plulîeurs  ufa- 
ges. 

Premièrement  ,  pour  apaifer  les 
douleurs  dans  le  mouvement  des  flu¬ 
xions  chaudes,  ou  des  inflammations, 
d’où  il  a  pris  le  nom  d’anodyn.  Par 
exemple. 

Prenez  demie  livre  de  mie  de  pain 
blanc  ,  du  lait ,  de  chacun  ce  qu’il  en 
faut.Faites-les  bouillir  jufqu’à  la  con- 
fiftance  de  bouillie  ,  y  ajourant  deux 
jaunes  d’œuf, &  un  fcrupule  de  fafran, 

N  s 


2 9  8  Part.I.  D es  Akeratif s.  Seél.IV. 

On  y  peut  aufli  ajouter  deux  pom¬ 
mes  cuites ,  ayant  ôté  l’écorce  &  Ici 
grains. 

Quand  la  douleur  prefle  beaucoup, 
apliquez  le  fuivant. 

Prenez  une  poignée  de  jufquiame  ; 
de  graine  de  laitue  fie  de  pavot  blanc, 
demie  once  de  chacune  -,  de  fleurs  de 
camomille  une  pincée.  Faites  bouillir 
le  tout  dans  du  lait  de  chèvre,  fie 
après  l’avoir  batu  fie  parte  par  un  ta¬ 
mis  ,  vous  y  ajouterez  deux  jaunes 
d'œuf,  fie  un  fcrupule  de  fafran. 

Ces  cataplâmes  s'apliquent  aux 
hémorroïdes ,  aux  jointures  fie  aux 
autres  parties  j  excepté  dans  la  plé- 
vrefic  ,  fie  aux  émonûoires,  où  il  faut 
arirer  la  matière  au  déhors ,  on  mêle 
avec  les  anodynsdes  émollians  fie  des 
refolutifs. 

Secondement ,  pour  arrêter  la  flu¬ 
xion  dans  le  commencement  des  in¬ 
flammations.  Par  exemple. 

Prenez  des  feuilles  de  planrin,  d’o- 
zeille  fie  de  joubarbe,  de  chacune  un® 
poignéèjdcs  balauftcs,fie  de  rofes  rou¬ 
ges  ,  de  chacune  une  poignée.  F ai  tel¬ 
les  bouillir  dans  l’oxycrat  >  batez-les» 


Chap.  XIII.  Des  Cataplàmet.  199 
&  paflez-les  ;  ajoûtez-y  deux  onces 
de  rarine  d’orge  ,  &  une  once  d’huile 
rofat.  Faites  un  cataplâme. 

Si  la  douleur  preile  il  faut  mêler  ce 
cataplâme  avec  le  cataplâme  anodyn 
qui  a  cté  décrit  cy-delfus ,  y  ajoûtant 
une  once  d’onguent  populeum. 

Pour  rabatre  l'acrimonie  de  l’hu¬ 
meur  dans  le  charbon  ,  &  dans  toutes 
les  tumeurs  malignes. &  enflammées, 
on  peut  faire  le  cataplâme  fuivant. 

Prenez  des  feuilles  de  planrin  & 
d’ozeille,  deux  poignées,  de  chacune  ; 
du  pain  bis  quatre  onces  ;  de  farine 
de  lentille  deux  onces.  Faites  -  les 
bouillir  dans  l'oxymel ,  &  faites  un 
cataplâme. 

Ou  bien , 

Prenez  de  grenade  douce-aigre,  ou 
douce,  la  quantité  que  vous  voudrez, 
faites -la  bouillir  dans  le  vinaigre, 
batez-là,&  en  faites  un  cataplâme  que 
vous  changerez  de  quatre  en  quatre 
heures. 

Si  au  milieu  du  charbon  ou  de  l’hu¬ 
meur  il  y  a  quelque  pullule  noire,  il  y 
faut  apliquer  un  cautere  ,  &  /cari  fier 
les  parties  d’alentour ,  &  après  métré 


JOO  Part.I .Des  A Itératifs .  Se&.IV. 
deflus  le  cataplâme. 

Dans  l’augment  de  l’inflammation 
pour  diminuer  la  fluxion ,  5c  refoudre- 
legerement ,  on  peut  fe  fervir  du  ca¬ 
taplâme  fuivant. 

Prenez  trois  poignées  de  feuilles 
de  fleurs  de  planrin  ;  des  fleurs  de  ca¬ 
momille  ,  melilot ,  5c  des  fommitez 
d'aneth  ,  de  chacune  demie  poignée. 
Faites-les  bouillir  :  &  les  ayant  ba- 
tuëi  ajoûtez-y  de  farine  de  graine  de 
lin  &  d’orge ,  deux  onces  de  chacune  y 
d'huile  de  camomille  demie  once. 
Faites  un  cataplâme. 

Ou  bien  , 

Prenez  de  farine  d'orge  &  de  len¬ 
tilles  ,  trois  onces  de  chacune,  faitcr- 
Ics  cuire  dans  l’oxycrat  jufqu’à  la 
confiftancede  bouillie  »  ajourant  à  la 
fin  une  once  5^  demie  de  beurre  frais, 
&  une  once  d’huile  rofar. 

Quatrièmement  pour  faire  avancer 
la  fupuration  dans  la  plévrefie  ,  ou 
quand  l'inflammation  eft  dans  fa  plu* 
grande  vigueur.  Par  exemple. 

Prenez  des  racines  de  guimauve  St 
de  lys  ,  deux  onces  de  chacune  ;  des 
feuilles  de  guimauve,  de  mauve ,  de 


Chap.  XIII.  Des  Cataplamt.  jet 
vïoleces ,  &  de  pariétaire  ,  une  poi¬ 
gnée  de  chacune;  de  graine  de  lin  Sc 
de  fenugree  ,  une  once  de  chacune  ; 
de  figues  grades, douze  ;des  fleursde 
camomille  &  de  melilot ,  une  pincée 
de  chacune.  Faites-les  cuire  ,  &  les 
ayant  batues  &  padees  ,  ajoôtez-y 
d’onguent  de  althxa  &  de  beurre  fans 
fel  ,  une  once  &  demie  de  chacun  ; 
d'huile  de  camomille  deux  onces ,  & 
un  fcrupule  de  fafran. 

Cinquièmement  dans  un  abate- 
mentdes  forces  ,  foiblede  d’eftomac». 
grand  vomidement ,  Sec. 

Prenez  de  la  poudre  de  mailic ,  de 
rofes  rouges ,  de  canelle ,  &  de  gero- 
rofles ,  demie  drachme  de  chacun 
faupoudrez  -  en  une  croûte  de  pain 
rôtie ,  qui  aura  trempée  dans  du  vin 
pur  ,  ou  dans  une  égale  portion  de 
vin  rouge  ,  Se  de  vinaigre  ,  que  vous 
métrez  chaude  fur  le  nombril. 

Sixièmement  dans  le  flux  de  ven¬ 
tre,  la  dyfenterie  ,  débôrd  de  bile  par 
dédits  »  Se  par  dedous ,  &  le  vomide-* 
ment. 

Prenez  quatre  coins  cuits  fous  la  cen¬ 
dre  i-ou  dans  du  fort  vinaigre  ,  batex. 


;oi  Part.!.  Des  Altérât  ifs.  Scct.1V. 
les  8c  les  palTcz  :  ajoutez-y  de  la  pou¬ 
dre  de  maftic ,  de  corail  rouge  ,  8c 
de  fantal  rouge  ,  de  grains  de  kermes, 
de  chacun  demie  drachme.  Faites  un 
cataplâme. 

Dans  le  vomiffement  &  le  débord 
de  bile  par  delfus  8c  par  deiTous. 

Prenez  quatre  onces  de  levain  qui 
foit  aigre  &  fort,  métez-lcs  tremper 
dans  de  fort  vinaigre  &  de  fuc  de  men¬ 
the,  ajoûtez-y  une  drachme  de  poudre 
de  menthe  fcche.  Faites  un  cataplâme 
que  vous  métrezvfur  le  nombril. 


CHAPITRE  XIV. 

Des  Vefualoircs, 

LEs  Veficatoires  font  un  remede 
topique  ,  lequel  étant  mis  fur  la 
peau ,  éleve  des  veflïes  fur  l'épiderme 
8c  y  atire  des  ferofitez. 

On  lescompofedeplufieurschofcs  ; 
mais  ils  fe  préparent  plus  facilement 
&avcc  plus  d’utilité  ou  d’un  emplâtre 
vcficatoire  feul ,  ou  en  y  ajoûtant  de 
la  poudre  de  cantharides  -,  ou  ils  fc 


Chap.XIV.  Des  Veficatoires.  303 
font  de  levain  &  de  cantharides  pré¬ 
parées  ,  c’eft  à  dire  auxquelles  on  aura 
ôté  la  tête  &  les  ailes. 

Les  fm-api  fines  &  les  phenigmes  fe 
faifoient  autrefois  de  pulpe  de  figues 
&  de  moutarde  ,  mais  à  prefent  ils  ne 
font  plus  en  ufage ,  les  veficatoires 
dont  on  fe  fert  maintenant  font  beau¬ 
coup  plus  d  efer. 

Leurs  ufages  font  pour  atirer  des 
humeurs  à  la  peau  ,  les  vuider,  en  fai¬ 
re  larévulfion&la  dérivation  dans  les 
maladies  foporeufes,  dans  un  catarrhe 
qui  tombe  fur  la  poitrine,  les  yeux,les 
oreilles, les  dens  &c.  dans  les  douleurs 
invétérées  des  jointures ,  de  la  feiati- 
que  dans  les  exoftofes  veroliques,  &c. 

Dans  les  maladies  de  la  tête  on  les 
aplique  fur  les  vertèbres  du  col  ;  dans 
les  maladies  des  yeux  derrière  les 
oreilles ,  &c.  Dans  d’autres  accidcns 
on  les  met  fur  la  partie  malade.  Il  y  a 
des  Auteurs  qui  veulent  qu’il  eft  bon 
de  les  métré  aux  poignets  dans  les 
fièvres  malignes. 

La  quantité  des  veficatoires  fe 
régie  félon  l’âge  du  malade  ,  & 
la  grandeur  de  la  partie  malade  fur 


$c>4  Part.I.  Des  Alteratifs.  Se&.IV, 
laquelle  on  les  aplique. 

On  fe  fert  dans  les  enfans  de  l’em¬ 
plâtre  veficatoire  feul  ,  ou  quand  il 
n'eft  pas  neceflaire  d’un  plus  violent. 
Par  exemple. 

Prenez  deux  ou  trois  drachmes  de 
l’emplâtre  veficatoire  ,  malaxez  -  les 
avec  de  fort  vinaigre ,  &  en  faites  un 
veficatoire. 

Ou  bien  de  l’emplâtre  veficatoire 
&  de  la  poudre  de  cantharides  ;  quand 
on  le  veut  faire  plus  violent.  Par 
exemple. 

Prenez  trois  drachmes  de  l’emplâ« 
tre  veficatoire ,  de  la  poudre  des  can¬ 
tharides  préparées  ,  quatre  grains,, 
avec  du  fort  vinaigre  ou  de  l’eau  de 
vie  ,  faites  un  veficatoire  pour  apli- 
quer  aux  vertèbres  du  col. 

Ou  bien , 

Prenez  trois  drachmes  de  l’empl⬠
tre  de  gommes ,  de  poudre  de  cantha¬ 
rides  demi  fcrupulc  ,  avec  du  fort  vi¬ 
naigre  faites  un  veficatoire. 

Ôn  en  fait  de  levain  &  de  cantha¬ 
rides.  Par  exemple. 

Prenez  des  cantharides  préparées 
une  drachme ,  de  yieL  levain  pétri  S* 


Cfiap.&IV.  “Des  Veficatoires.  3  of • 
ramolli  avec  de  fort  vinaigre  ,ce  qu'il 
en  faur.  Faires  un  veficatoire  pour 
apliquer  aux  vertebres  du  col. 

Dans  l’apoplexie  &  autres  maladies 
foporeufes ,  on  les  apliqne  derrière 
les  oreilles.  Par  exemple. 

Prenez  demie  once  de  l’emplâtre 
v.eficatoire  ,  un  fcrupule  de  cantha¬ 
rides  préparées ,  avec  du  fort  vinaigre 
faites .  deux  emplâtres  en  forme  de 
demi-lune  que  vous  apliquerez  der¬ 
rière  les  oreilles. 

On  laide  les  veficatoires  fur  la’par- 
tle  jufqu’à-ce  qu'ils  ayent  excité  plu- 
fieur  veflies  ,  ce  qui  arrive  quelque¬ 
fois  dans  une  heure  ;  d’autrefois  ils  ne 
font  leurs  effets  que  dans  trois ,  qua¬ 
tre  ,  ou  fix  heures. 

Ayant  ôté  les  veficatoires  il  faut 
°uvrir  les  veflies  ,  &  métré  deffus  de 
feuilles  de  bettes  que  l’on  change 
d’heure  en  heure ,  principalement  en 
dté.  S’il  furvient  une  inflammation,  il 
faudra  oindre  les  parties  enflammées 
d'onguent  rofat  &  de  blanc  de  Rhafis 
lavez  dans  l’eau  de  plantin  ;  fi  la  gan¬ 
grené  arrive,  il  faut  faire  des  feari  fi  ca¬ 
tion  s  &  les  laver  avec  l'eau  de  vie  r  îic 


|0<>  Part.I.  Des  Alteratifs.  'Scd.lV. 
enfaite  y  apliquer  le  cataplâme  que 
nous  avons  décrie  cy-delfus. 

Il  ne  faut  point  venir  aux  vefica- 
toires  qu’aprés  les  évacuations  uni- 
verfelles.  Dans  l’apoplexie  on  les 
aplique  d’abord  apres  la  purgation , 
ou  la  faignée. 


CHAPITRE  XIII. 

Des  Dropaces. 

LEs  Dropaces  font  un  emplâtre  qui 
fe  fait  de  poix  ,  ils  fe  font  aullî 
quelquefois  en  mode  de  cataplâme. 

Voicy  comme  ils  fe  font.  Faites 
fondre  de  la  poix  ,  ajoûtez-y  un  peu 
d'huile,  que  s’il  eft  neceffaire,  on  y 
peut  métré  du  poivre ,  de  l’euphorbe  , 
du  caftorée ,  du  foulfre  ,  de  cendres 
de  farment ,  de  falpétre  &c. 
t  On  les  aplique  chauds,  ayant  aupa¬ 
ravant  rafé  les  poils ,  &  on  1';  r  ache 
devant  qu’il  foit  rafroidy  ,  on  le  rc- 
c haufe  6c  on  le  raplique  jufquV  tant 
que  la  partie  devienne  rouge. 

Les  ufages  des  dropaces  font  pour 


Chap.  XIII.  Des  Droptces.  307 
attirer  les  humeurs  en  dehors ,  &  les 
ïefoudre. 

Prenez  de  poix  navale  ou  de  Bour¬ 
gogne  ,  une  once  8c  demie  ;  de  pyrc- 
ihre  Sc  de  graine  de  crellon  ,  deux 
drachmes  de  chacun  ;  d’huile  commu¬ 
ne  trois  drachmes  :  faites-les  fondre, 
dtcndez-les  fur  la  peau,  formez-enun 
dropace  qu’on  apliquera  fur  la  peau , 
ayant  auparavant  rafé  le  poil  ,  &  ou 
l'ôtera  auparavant  qu’il  foit  froid  , 
ce  que  l’on  continuera  jufqu’à  tant 
que  la  partie  s’enfle  un  peu. 

Secondement  pour  corriger  les  in¬ 
tempéries  froides ,  &  pour  rapcller  la 
chaleur  fur  la  partie  rafroidie.  Par 
exemple. 

Prenez  de  poix  refine  ,  de  gomme 
ammoniaque  difloute  dans  l’eau  de 
vie  ,  une  once  de  chacune ,  de  poi¬ 
vre  &  de  foulfre  vif,  de  chacun  une 
drachme  ,•  d'huile  de  pétrole  demie 
once  ,  faites  un  dropace. 

Troifiémement  pour  reparer  la 
tnaigrcur  du  bras ,  ou  de  la  cuifle. 
Par  exemple. 

Prenez  quatre  onces  de  poix  nava- 

»  fix  drachmes  d’huile.  Faites  -  lc9 


$68  Part.î.  Des  Altérât  Ifs.  5eA.IV. 
fôndre  &  en  faites  un  dropace. 

Quelquefois  au  lieu  des  veficatoi- 
rcs ,  on  employé  feulement  la  poix  de 
Bourgogne ,  que  l’on  étend  fur  de  la 
peau  >  &  on  l'aplique  aux  vertebres 
du  col  ,  oit  entre  les  deux  épaujes. 
Elle  atire  les  feroficez  de  la  tête  & 
des  parties  internes. 


SECONDE  PARTIE. 


Des  E'VMuàtifs. 

A  caufe  de  la  maladie  qui  exccde 
dtyggf»  quantité  indique  les  évacua¬ 
tions  ;  lefang  ,  la  faignée ,  les  humeurs  , 
la  purgation  ,  qui  eft  ou  univerfelle  y  ou 
particulière. 

L‘ univerfelle  eft  celle  qui  vuide  forte¬ 
ment  une  région  du  corps  ,  &  les  autres 
par  une  certaine  fuite  ;  elle  fe  fait  ou  par 
le  bat,  &  on  la  nomme  purgative  ;  ou  par 
levomiJfernent,&  on  l’apelle  émetique ;  ou 
par  les  fueurs  ,  &  elle  eft  dite  diaphon¬ 
ique. 

L‘ évacuation  particulière  eft  peur 
quelque  partie  feulement.  Le  cerveau  fe 
fiïide  par  les  narines  ,  ce  que  l’on fait  par 
le  moyen  des  errhines  ,  &  des  fternutatoi- 
res.  fe  poumon  &  la  poitrine  par  les  bé- 
ehiques.  L’eftomac  par  les  vomitifs.  La 
partie  gibbeufe  du  foye  par  les  diurcti- 
ques  ;  La  convexe  &  les  inteftins  pq? 


jio  Part.II.  Des  Evacuaùfs.  Se&.T. 
les  purgatifs  :  la  matrice  par  lesf  in j tes¬ 
tions  &  les  pejfaires. 


SECTION  PREMIERE. 


Des  Evacuai  ifs  généraux  }  &  pre¬ 
mièrement  de  ceux  qui  pur¬ 
gent  par  le  bas. 

îâffip  A  purgation,  dans  le  fens  qu'on 
la  prend  icy,  eft  une  évacuation 
qui  fe  fait  par  le  bas  par  l'ayde  d'un 
purgatif.On  ne  purge  que  les  humeurs 
excrementicieufes  qui  font  contrai¬ 
res  à  la  Nature,  foit  par  leur  quantité, 
fbit  par  le  vice  de  leur  fubftance. 

Les  remedes  qui  procurent  céte 
évacuation  fe  nomment  cathartiques» 
ou  purgatifs  ,  qui  fe  divifent  premiè¬ 
rement  félon  leur  façon  5c  la  force 
d'operer  ;  fecondement  félon  l’humeur 
qu’on  doit  vuider. 


De  la  première  différence  les  un* 
font  bénins  ,  qui  purgent  doucement 
la  première  région  du  corps  ;  fans 
lcfqucls  on  comprend  les  émolliens  » 
lés  de'terfifs ,  Si  les  aftringens.  Il  y  4 


Part.  II.  Des  Evacuatifs.  Scét.  I.  3  u 
d'autres  purgatifs  ,  que  les  Anciens 
Oommoient  éledifs,ou  éradicatifs,qui 
étirent  fortement  les  humeurs  non 
feulement  des  premières  voyes  ,  mais 
au(Ii  des^  autres  régions  du  corps  j 
d'où  s'enfuit  que  la  purgation  fecon- 
fidere  ou  comme  entière  8c  éleétive* 
°u  comme  minorât! ve,  ou  enfin  corn- 
tue  épicraftique.' 

Selon  l’humeur  qu’on  doit  vuider,!es 
Uns  font  colagogues,qui  fontdeftinez 
pour  purger  labilejles  autres  phlcgma- 
gogues,qui  vuident  la  pituite;d’autres 
tuelanagoguesjqui  évacuent  la  mélan¬ 
colie, d’autres  hydragogues  qui  purgée 
les  ferofitez  ;  &  les  mêlez  qui  évacuée 
en  même  tems  pluficurs  humeurs. 

On  n’a  pas  pu  découvrir  julques 
a  prefent  comment  eft-ce  que  les  pur-, 
gatifs  opèrent.  Quelques-uns  veulent 
que  ce  foit  par  une  maligne  qualité 
qui  corromp  les  humeurs  qui  font 
dans  les  vai (féaux  ,  &  qui  étant  cor- 
rompuës  les  vuide  ;  c’cft  dequoy 
Galien  fe  moque.  D’autres  veulent 
que  ce  foit  par  une  antipathie  qui 
tft  entre  le  purgatif  &  les  humeurs  i 
%iis  fe  fervir  çlc  ce  terme  ,  c'eft  fa;- 


5 1  z  Part.IL  Des  Evacuatifs.  SeCt.l.' 
re  voit  fon  ignorance.  Les  uns  l’atri- 
buant  à  une  vertu  femblable  à  celle  de 
l'aimant  $  à  une  forme  celefte  ,  (elon 
les  Arabes  ;  à  une  irritation  ,  à  une 
rcflemblance  de  fubftance  ,  par  la¬ 
quelle  ,  félon  Hippocrate  &  Galien, 
Èc  tant  d'autres  Auteurs  qui  font  dans 
ce  fentiment,  l'attra&ion  élective  des 
humeurs  fe  fait.  Mais  à  quoy  bon 
icy  avancer  la  pierre  d’aimant  ,  qui 
perd  toute  la  force  qu’elle  a  d’atti-* 
rer  lors  qu'on  la  frotte  de  quelque 
e fprit  acide  ou  d’ail  ,  &  dont  les  po- 
jes  font  trops  grands  pour  communi¬ 
quer  directement  fes  qualitez.A  quoy 
bon  céte  forme  fabuleufe  i  Céte  irri¬ 
tation  laquelle  feule  ne  peut  rien  :  ou 
Ccte.reifemblance,  qui  ne  fe  rencontre 
n y.  dans  le  tempérament ,  ny  dans  1* 
fubftance  des  purgatifs.  La  rhubarbe» 
l’Ellébore  &c.  attirent  les  ferofitez  , 
la  bile  &  les  autres  impuierez  (de  la 
pituite  &  de  la  mélancolie  péle-méle» 
quoyque  groftieres  &  gluantes,  par  Ifi 
moyen  de  leur  fcl  volatil  &  fubtij 
qui  eft  dégagé  dol»  grande  quantité 
a’excremens. 

Pour  nogs,nous  aifurons  que  la  pur* 


Part.II.  Det  Evacuaùfs.  Se&.T.  jtj 
gation  Te  fait  par  l’irritation  du  purga¬ 
tif,  par  l’cxpulfion  que  fait  la  nature, 
&  par  la  fermentation  des  humeurs. 

Le  purgatif  par  la  fubtilité  de  fes 
parties,  pénétre,  agite  &  fond  les  hu¬ 
meurs  ;  par  fon  acrimonie  ,  il  ouvre 
les  vaiffeaux  &  les  conduits  ;  par  fon 
odeur  puante  &  défagréable  il  altéré 
tellement  les  parties ,  qii’clles  tâchent 
autant  qu’il  leur  eft  poüible  de  s’en 
défaire  ,  &  chaflcnt  par  l'aide  du  pur¬ 
gatif  qui  les  preflé  à  fortir  ,  les  hu¬ 
meurs  déjà  agitées. 

La  nature  pouife  déhors ,  par  l'cn- 
tremife  de  la  faculté  cxpultricc  qui 
o'èt  autre  chofc  que  la  faculté  motive 
des  fibres  à  raifon  de  l'irritation  qu'ils 
tellement.  Mais  de  fçavoir  comment 
elle  peut  fentir  cétc  irritation  ,c'eft  une 
ehofe  allés  embrouillée  j  car  fentir 
ü‘apartient  qu’à  la  faculté  animale, 
il  faut  pourtant  établir  un  fen riment 
Naturel  qui  le  dîftingue  de  l’animal  i 
car  les  fibres  n’étans  pas  dans  un  mon¬ 
ument  continuel  ,  mais  quelquefois 
knt  dans  le  repos  ,  il  faut  qu’il  y  ait 
quelque  chofc  qui  les  détermine  pour 
*e  mouvoir  :  Et  il  eft  ncceflaire  quelles 
O 


$»4  P  art  AJ .  Vf  s  Evacuât  Ifs.  Seét.T. 
le  fcntent  ;  cîmt  comment  pourroienr- 
elles  être  excitées  à  fe  mouvoir ,  iï  el¬ 
les  ne  Tellement  pas  ce  qui  les  y  exci¬ 
te.  Je  fcay  que  plufieurs  expliquent 
céte  difficulté  par  l’exemple  de  la  mé¬ 
canique  ,  pat  lequel  il  cft  confiant 
que  les  fibres  des  membranes  &  des 
mufcles  dans  les  animaux  morts ,  SC 
même  l'embrÿon,qui  n’a  encore  poinc 
de  fentiment  animal ,  fe  relTerre  ,  fans 
aucun  fentiment ,  fi  on  verfe  dellus 
quelque  liqueur  acre ,  ou  autre  chofe 
qui  pique.  Il  n’en  cft  pourtant  pas  de 
meme  du  mouvement  naturel  ;  car 
dans  celuy  -  là  il  n'y  a  que  la  feule 
contraction  qui  fe  fait  par  les  chofes 
acides  &  aftringentes ,  &  par  le  froid 
qui  condenfé,  Sc  même  auflî  par  le 
relâchement  des  parties  retirées.  Mais 
le  naturel  cft  compofé  de  contra&ion 
Sc  d’impulfion  ,  par  laquelle  les  par¬ 
ties  chaftcnt  ce  qui  les  fâche  &  les 
incommode.  Ce  n’eft  pas  icy  le  lieu 
de  traiter  plus  amplement  de  céte 
matière. 

Au  mouvement  du  purgatif  &  de  la 
rature, il  faut  ajouter  la  fermentation 
des  humeurs  ;  car  quand  les  partie* 


Chap.  t.  Des  Supofuoires.  ? 
'■héterogenées  du  purgatif  &  des  hu¬ 
meurs  s'unifient  enfemble,il  Te  fait  un 
bouillonnement  &  un  combat,  qui  eft 
fuivi  d’une  réparation ,  précipitation, 
ouverture  des  vai fléaux  ,  &  d’une  ex- 

fulfion  qui  fe  fait  par  l’enrremife  de 
irritation  des  parties  qui  fe  groflîf- 
fent  &  s’enflent  pour  chaflcr  ces  cx- 
■cremens.  ' 

La  matière  des  remcdes  purgatifs 
s’ordonne  fous  divcrfes  formules , 
'tomme  font  les  fupofitoires,  lesclyf- 
tcres ,  les  potions  ,  les  bolus,  les  pou¬ 
dres  &  les  pilules. 


CHAPITRE  I. 

Des  Supùfitoires. 

LTs  Supofitoires  font  un  remede  de 
forme  folide,  ronde  &  un  peu  lon¬ 
gue  que  l’on  met  dans  le  fondement. 
Les  Anciens  les  faifoient  en  mode  de 
gros  glands,  &  c’eft  pour  ce  fujet  que 
l’on  les  nomme  balanus ,  ou  glatis. 

Les  fupofltoircs  font  ou  Amples 
compofez. 


O  z 


3 1 6  Part.Il.  Des  Evacuarifs.  Seét.I. 

Les  fimples  fe  font  de  racine  ou  de 
tige  de  bette,  de  choux,  de  pourreaux, 
de  bougie  frôlée  d'huile  ;  de  favon 
blanc  ,  011  de  miel  fcul  cuit  jufqu’à 
ce  qu’il  foit  endurcy. 

Les  ufages  des  fupo'fitoires  iimples 
font  principalement  pour  les  qtfans , 
&  pour  ceux  qui  font  déjà  avancez  en 
âge  ,  aüfquels  un  fimplc  fupofitoire 
fuffit. 

Les  compofez  fc  font  de  miel ,  de 
fcl  gemme ,  ou  du  commun  ,  de  tro- 
chifques  alhandal,  de  diagrede ,  du  fel 
armoniac  ,  de  nitre  &c. 

Leurs  ufages  font  premièrement 
pour  réveiller  la  faculté  expultticc  qui 
femblc  s’être  oubliée  de  la  fondlion. 
Secondement  pour  faire  vuider  les  la- 
vemens  que  l’on  garde  trop  longtems. 
Troifiémcmcnt  pour  ne  pas  abatre  les 
forces  qui  font  déjà  foibles  ,  &  pour 
ceux  qui  ne  reçoivent  les  lavemens 
qu’avec  quelque  honte.  Quatrième¬ 
ment  dans  les  affe&ions  foporeufes  où 
il  faurque  le  ventre  foit  toujours  libre. 

Les  fupofitoires  fimples  fc  font  de 
miel  écumé  8c  cuit  comme  il  faut  > 
y  ajoutant ,  s’il  eft  neceiïaire ,  un  peu 
de  fel. 


Chip.  I.  Des  Supofltoîres.  jt 7 

Voicy  comme  on  fait  les  compcu 
fez. 

Prenez  deux  onces  de  miel  écume , 
de  fcl  gemme  une  drachme  &  demie  ; 
faites-les  bouillir  enfemble ,  8c  en  fai' 
tes  des  fupofitoires. 

Le  fupofitoire  fuivant  cft  plus  fort 
pour  les  maladies  foporeufes. 

Prenez  d'hiere  picrc  ,  8c  de  ici 
gemme  ,  demie  drachme  de  chacun  ; 
de  diagrede  ,  quatre  grains ,  du  miel 
ce  qu’il  en  faut  pour  faire  des  fupoii* 
toircs.  Ou  bien. 

Prenez  des  trochifqucs  alhandal 
&  de  diagrede,  de  chacun  demie  fcrU- 
pule ,  de  fel  gemme  demie  drachme  , 
avec  du  miel  écume  &  cnit  fixités  des 
fupoiitoircs. 

Dans  les  douleurs  8c  flux  des  he-» 
toorroïdes ,  8c  dans  toute  chaleur  du 
fondement  ,  il  ne  faut  pas  employer 
de  remedes  trop  ficres,  ou  qui  irritent 
tant  foit  peu  :  dans  quelle  occafîon  il 
faut  plutôt  fc  fervir  de  lénitifs,  8c  qui 
aHonpiflent  la  douleur ,  y  ajoutant  de 
l'opium ,  fx  on  le  juge  à  propos.  Par 
exemple. 

Prenez  des  mucilages  de  graine  de 

O  3 


$iS  Parr.II.  DvEvacuattft.Seâ.h 
pfyllium  &  de  coins ,  extraits  avec 
l'eau  rofè,  deux  onces  ;  d’onguent  po- 
puleum  demie  once ,  un  jaune  d’œuf  : 
mclez-les  &  les  métez  avec  du  coton 
dans  le  fondemenr. 

Quand  la  douleur  du  fondementfft 
«aufée  par  quelque  inflammation,  ou 
par  quelque  fluxion  d’un  humeur  acre, 
comme  dans  la  douleur  des  hémorroï¬ 
des,  on  y  peut  ajouter  demie  drachme 
d'opium ,  &  quatre  grains  de  lafran  , 
s’il  y  a  grande  douleur. 

Pour  reflerrcr  le  mufclc  du  fonde¬ 
ment  relâché. 

Prenez  deux  drachmes  de  jnaftic  : 
de  fan  g  de  dragon  ,  de  bol  d’Arme- 
rie,  Sc  de  peudre  de  rofts  rouges ,  de 
chacun  demie  drachme,  de  mucilages 
de  coins  tirez  avec  de  l’eau  de  planu'n 
ce  qu'il  en  faut ,  pour  faire  comme 
une  forte  d’onguent,  Sc  avec  un  lin^e- 
fin  Sc  ufé  ,  vous  en  ferez  un  fupolî- 
toire  que  vous  tremperez  dans  cét 
onguent ,  &  que  vous  métrez  dans  le 
fondemenr. 

Pour  déterger  l’ulcerc  ,  on  mé¬ 
tra  delfus  du  miel  rofat  avec  d** 
coton. 


Ghap.  1 1.  Des  Lavement.  jjp 
Pour  deil’echer  ,  &  confolider. 
Prenez  de  poudre  d’encens  ,  de 
tttaftic  ,  &  de  rofcs ,  deux  drachmes 
de  chacun  ,  &  avec  du  fuc  de  plan-» 
tin  ,  &  de  blanc  d’œuf  ,  faites  un 
onguent. 


CHAPITRE  II. 

Des  Lavement. 

UN  Clyftere  cft  toute  forte  de  lî*’ 
queur  que  l’on  verfe  avec  une 
fyringue  dans  les  inteftins  par  le  fon- 
demenr. 

*•'  Les  Clyfteres  fecompofent  de  plu- 
fieurs  chofes  ,  félon  les  divers  buts 
Rue  l’on  a  ,  de  décodions  ,  d’eaux,  de 
Lies ,  d’huiles ,  de  graiffe  fondue  ,  è.ï 
lait ,  Je  petit-lait  ,  de  bouillons  ,  Sec. 
On  y  dilfoûtdes  chofes  qui  fatisfont 
aux  indications,  &  qui  n’empêchent 
pas  la  fluidité. 

La  quantité  de  la  liqueur  ,  &  des 
chofes  qu’on  y  diiîoût  ell  diverfe, 
jelon  Page  ,  la  grandeur  du  corps  ,  & 
la  nature  de  la  maladie.  Pour  les  en- 
O  4 


3  io  Part.ïl.  Des  Evtcuatîfs.  Se&.I. 
fans  ,  jufqu’k  fix  onces  ;  pour  ceux 
qui  font  un  peu  plus  avancez  jufqu’a 
dix  onces ,  pour  les  plus  grands ,  juf- 
qu'à  une  livre,  ou  une  livre  &  demie, 
&  on  ne  patfe  pas  plus  outre.  Quand 
on  ordonne  les  lavemcns  pour  les 
maladies  de  la  veffie  ,  des  reins  ,  des 
inteflins ,  ou  de  la  matrice  ,  la  quan¬ 
tité  de  la  liqueur  doit  être  moindre  > 
de  crainte  de  pred’er  trop  ces  parties  > 
&  c’ét  pour  cela  que  l'on  ne  paffe  pas 
une  livre.  On  y  difloûtauffi  quelque 
opiate ,  du  miel ,  des  huiles ,  &  on  ne 
doit  pas  exceder  quatre  ou  fix  on¬ 
ces.  Les  lavemcns  fe  doivent  donner 
tiédes; 

Quand  la  douleur  ou  la  fufoca- 
tion  prcflcnt  ,  on  les  donne  k  toute 
heurt  ;  que  fi  on  a  le  choix  ,  le  rems 
le  plus  commode  c'ét  le  matin  ;  la 
nature  ayant  coutume  de  fe  vuider 
d’ellc-mêmc  en  ce  tems-là  ;  fi  on  les 
donne  après  les  répas ,  ce  fera  trois  ou 
quatre  heures  apres, pour  ne  point  in¬ 
terrompre  la  concoéfion  ;  fi  c'ét  après 
avoir  pris  un  bouillon  ,  une  ou  deux 
heures  après.  Dans  les  perfonnes  fai¬ 
bles  ,  Ôc  abatucs ,  il  faut  avoir  pri* 


Chap.  II.  Des  Lavemnts.  311 
auparavant  quelque  nourriture.  Dans 
les  fièvres  intermitantes  ,  ou  dans  les 
redoublemens ,  ce  fera  dans  l'inter- 
million  ,  ou  lorfque  la  fièvre  dimi- 
nuè  ,  &  jamais  dans  le  commence¬ 
ment  de  l'âccez  ;  car  par  l'agitation 
<jes  humeurs  qu'il  caufcroit  ,  il  le 
feroit  avancer  devant  Ton  teins  ordi¬ 
naire. 

Les  Lavcmens  font  ou  fimples  » 
quand  il  faut  fatisfaire  à  une  feule  in¬ 
dication  ;  ou  compofcz,  fi  l'on  a  plu¬ 
sieurs  buts. 

*  Les  fimples  font  ou  purgatifs  ,  ou 
alteratifs  ,ou  corroboratifs.  Les  corn- 
pofez  font  en  même-rems  alteratifs  , 
&  purgatifs ,  ou  alteratifs  ,  &c  corro¬ 
boratifs  ,  frc. 

Leurs  ufages  font  plufieurs. 

Premièrement  pour  ramolir,  8c  htt- 
tnefter,  quand  les  excremens  font  en¬ 
durcis  ,  dans  ceux  qui  font  ordinaire¬ 
ment  conftipez.  Par  exemple. 

Prenez  des  feuilles  de  mauve,  &  de 
guimauve,  de  violeies,de  pariétaire* 
de  mercuriale ,  de  betes  ,  une  poignée 
de  chacune  ;  de  figues  grafles  ,  une 
douzaine ,  de  fon  demie  poignée  ,  de 
O  S 


yn  Pan.Il.  Des  Kvacuatifs.Seët.f. 
graine  de  lin ,  &  de  fenouil ,  demie- 
once  de  chacune  ,  ou  en  Eté  on  mec 
de  graine  de  melon,  de  concombre,  de 
courge ,  &  de  citrouille,,  deux  drach¬ 
mes  de  chacune ,  de  fleurs  de  violetes» 
deux  pincées.  Faces  bouillir  le  tout  „ 
&  prenez  une  livre  ,  ou  une  livre  6c 
demie  de  la  coulature ,  dans  laquelle 
vous  dill'oudrez  deux  onces  de  mieL 
yiolat ,  &  autant  d’huile  de  lys  ,  6c 
demie  drachme  de  fel.  Faites  un  la¬ 
vement  pour  donner  dans  une  heure 
commode ,  &c. 

Secondement  pour  rafraîchir  ,  6c 
humeéter.  On  fe  fert  foavent  de  ces- 
lavemens  dans  les  fièvres  continues  , 
ardentes ,  &  colliquatives  ,  dans  les 
grandes  chaleurs ,  &  inflammations 
des  inteftins  ,  &  des  vifccres ,  après- 
avoir  fait  forcir  les  gros  eacremens  par 
le  moyen  des  lavemens  rafraichilfans, 
Sc  purgatifs.  Par  exemple. 

Prenez  des  feuilles  de  rrtauve  ,  de 
violetes,  de  laitue  ,  de  cicorée  ,  d’en¬ 
dive  ,  des  deux  fortes  de  buglofc  ,  de 
chacune  une  poignée  ;  de  graine  de 
melon,  de  concombre ,  de  courge  ,  SC 
de  ctrioüillc,,de  chacune  crois  dradb- 


Chap.  1 1.  Des  Lavement.  3 1  $ 
mes ,  huit  pruneaux,  d'orge  entier,  de 
fleurs  de  violetes  ,  &  denymphée,  de 
chacune  une  poignée.  Faites  bouillir 
le  tout  dans  de  l’eau  de  fontaine,  ou 
d'oxycrat.  Vous  donnerez  une  livre 
de  la  coulature  feule  en  lavement,  ou 
s'il  eft  nece (Taire  de  lâcher,  dilTolvcz- 
y  une  once  &  demie  de  cafle ,  une 
once  de  miel  violât ,  &  nne  drachme 
de  fel  de  prunelle. 

Il  n’y  Faut  pas  ajouter  d'huile  ,  ny 
autre  chofe  oleagineufe  ,  parce  qu’ils 
s'enflamment  facilement, ce  qu’il  faut 
obferver  dans  les  autres  lavemens  que 
l’on  ordonne  dans  les  fiéVres,  on  pour 
une  intempérie  chaude  des  vifcéres , 
&  des  inteftins.  Par  exemple. 

Prenez  du  petit-lait  de  chèvre  une 
livre ,  de  miel  violât ,  &  de  fucrt 
rouge  ,  une  once  de  chacun.  Faites 
Un  lavement. 

Dans  les  pallions  hylleriques  qui 
dépendent  d’une  caufe  chaude ,  ayant 
auparavant  donné  des  clyfteres  laxa¬ 
tifs  ,  on  en  donne  un  d’une  'f ivre 
d’oxycrat. 

Troiflémement  pour  rafraichîr,  ra~ 
»olir,ôc  purger  dans  les  conftipationi* 


3, 14  Parr.ll.  Des  Evacuatlfs.  Seél.I. 
de  ventre ,  dans  les  fièvres ,  &c.  Paiî 
exemple. 

Prenez  des  racines  ,  &  feuilles  de 
guimauve  ,  des  feuilles  de  mauve ,  de 
violctes  ,  de  parieraire,  de  cicorée,  & 
de  laitue, une  poignée  de  chacune;une 
demie  poignée  de  fem  ,  de  giaine  de 
melon ,  de  concombre  >  de  courge ,  & 
de  citrouille,  de  chacune  deux  drach¬ 
mes  ;  &  lorsqu'il  n’y  a  point  de  fié* 
vie,  demie  once  de  graine  de  fenouil, 
d’orge  entier,  &  de  fleurs  de  violetes , 
une  pincée  de  chacun.  Faites  bouillir 
le  tout ,  &  dans  une  livre  &  demie  de 
la  cou!  arure  vous  dilfoudrez  -  une 
once  de  bon  catholicon  ,  de  miel  de 
mercuriale ,  ou  de  violetes,  deux  on¬ 
ces.  Faites  un  lavement ,  que  vous 
donnerez  à  une  heure  commode. 

Dans  ceux  qui  font  difficiles  à 
émouvoir,  ajoûtez-y  de  catholicon, & 
de  diaprunum  fimple,ou  de  caflè,avec 
le  fucre ,  de  chacun  fix  drachmes. 

Dans  les  femmes  qui  font  fujetes  à 
la  fufocation  de  matrice  ,  il  ne  faut 
point  métré  de  miel ,  ny  autre  chofe 
douce  dans  les  lavemens  ,  &  à  leur 
place  vous  y  fubltiiuerez  de  catholi" 


Chap.  1 1.  Des  Lavement,  j  zy 
con ,  &  de  diaprunum  (impie ,  de  cha¬ 
cun  fix  drachmes  ,  ou  une  once  ,  & 
demie  de  catholicon. 

Quand  il  faut  plus  fortement  ré¬ 
veiller  la  faculté  expultrice  ,  dilTol- 
vez  -  y  de  catholicon  ,  &  de  l’hiere 
Simple  de  Galien  ,  fix  drachmes  de 
chacun  ,  ou  demie  once  ,  &  une  once 
&  demie  de  miel  mercurial. 

On  fait  quelquefois  bouillir  dans 
la  décoétion  trois  drachmes,ou  demie 
°nce  de  féné  ,  &  on  l’ordonne  après 
}es  herbes,  &  les  graines.  Néanmoins 
il  faut  prendre  garde  qaie  les  hypo- 
condres  ne  foient  échaufez  ,  ou  qu’il 
n’y  ait  quelque  inflammation, &  pour 
lors  il  ne  faut  point  fe  fervir  d’aucune 
compofition  chaude  ,  comme  font  les 
opiates  purgatives* 

Aflez  fouvent  lorfqu’il  n’y  a  point 
de  fièvre  ,  ou  meme  dans  les  fièvres 
caufées  pat  la  pituite ,  on  dilToût  dans 
les  lavemens  de  catholicon  ,  8c  de 
diaphenic  ,  ou  de  diaprunum  com- 
pofé  ,  fix  drachmes  de.  chacun. 

On  n’y  mer  point  d’huiles ,  parce 
^ue  par  leur  lenteur, elles  diminuentla 
force  des  purgatifs. 


Part.II.  Des  Evacuatifs.  Sedlr.T, 

Aux  petfonnes  délicates ,  &  qui 
font  fenfibles  à  la  moindre  chofe,  aux¬ 
quelles  les  lavemens  tant  foit  peu 
acres  donnent  des  tranchées ,  &  qui 
font  fujetes  au  flux  de  ventre  ,  on  ne 
doit  donner  que  des  lavemens  lenitifs, 
déterfifs,&  qui  purgent  tant  foit  peu  , 
prenant  garde  d'y  rien  métré  qui  foit 
acre.  Par  exemple. 

Prenez  des  feuilles  de  guimauve  r 
de  mauve  ,  de  violetes  ,  de  cicoréer 
de  laitue  ,  une  poignée  de  chacune , 
de  fon  bien  palFé,  demie  once ,  d’orge 
entier  ,  &  de  fleurs  de  violetes  ,  &c 
de  nymphée  ,  une  pincée  de  cha¬ 
cune.  Faites  une  décoétion  du  tour , 
&  dans  une  livre  de  la  coulature  * 
délayez  -  y  une  demie  once  ,  ou  fi* 
drachmes  de  bon  catholicon  ,  une 
©nce  &  demie  de  miel  rofat ,  pour 
faire  un  dyftere. 

Quatrièmement  l’ufagc  des  clyfte* 
rcs  eft  dans  les  maladies  foporeu- 
fe«  ,  pour  réveiller  la  faculté  aflou*- 
pie  ,  &  pouç/faire  révulfion-  Pat 
exemple. 

Prenez  des  ftüilles  de  guimauve*- 
de  mercuriale,  de  bette,  de  pariétaire  r 


Chap.  T  I.  Des  Lavement. 
dliyilôpc  ,  de  calament ,  &  de  fauger 
de  chacune  une  poignée  ;  de  graine 
de  fenouil,  &  d’ammi ,  demie  once  de 
chacun  ,  de  féné  une  once  -,  des  fleurs- 
de  camomille  ,  8c  de  melilot ,  une 
pincée  de  chacun.  Faites  une  décoc¬ 
tion  ,  à  une  livre  de  la  coulature  r 
vous  y  dilfoudrez  de  catholicon ,  8c 
de  diaphenic  ,  une  once  de  chacun  * 
de  miel  mercurial  trois  onces.  Faites 
clyftere. 

A  la  place  du  fénc  ,  on  y  peut- 
*aire  boiiillir  d’agaric,  &  de  pulpe 
de  colokinthe  ,  deux  drachmes  de 
chacun. 


Dan*  ces  fortes  de  lavemens  on  n’y 
difloût  point  d’huile  ,  parce  que  par 
leur  lenteur  ,  comme  on  a  de'ja  re¬ 
marqué,  ils  diminuent  la  force  des 
purgatifs  :  &  on  ne  s’en  fert  que 
lors  qu'on  adeflcin  d’amolir  ,  8c  d’a¬ 
doucir. 


Apre's  que  ce  lavement  aura  été 
donné ,  lï  on  ne  le  rend  pas ,  on  dif- 
foudra  dans  une  livre  de  la  même  dé- 


*°&ion  quatre  onces  devin  émetique, 
de  une  once  de  diaphenic. 
Cinquièmement ,  pour  dilïipcr  les 


ji8  Part.II.  Des  EvACuaùfs. Se&.I. 
vents  dans  les  douleurs  de  colique  > 
&  autres  indifpofmons  venans  d'une 
caufe  froide ,  on  pourra  fe  fervir  du 
clyftere  fuivant. 

Prenez  des  racines  de  guimauve  , 
de  mauve,  de  calament ,  d'hyllope  , 
d’origan,  &  deTauge,  une  poignée  de 
chacune,  de  graine  de  lin, de  fenoiiil , 
&  d’anis ,  trois  drachmes  de  chacune, 
des  figues  gralTes  une  douzaine  ,  des 
fleurs  de  camomille,  &  de  melilor, 
une  pincée  de  chacune.  Faites  cuire 
le  tout  ,  &  vous  diflbudrez  dans  une 
livre  de  la  coulature  une  once  &  de¬ 
mie  de  diaphenic  ,  ou  de  bencdiéte 
laxative  ,  &  deux  onces  de  miel  mer- 
curial.  Ou  bien. 

Prenez  une  livre  de  la  déco&ion 
cy-deflus  ordonnée  ,  diflolvez-y  une 
once  d'hiere  picre  de  Galien ,  deux 
onces  de  vin  émetique  ,  pour  un  la¬ 
vement. 

Dans  une  indifpofition  chaude  ,  SC 
une  colique  bilieufe,  il  faut  fc  fervir 
d’un  lavement  lénitif ,  rafraîchi  flanr, 
&  dc'terfif,  comme  on  l’a  ordonné  cy- 
dcllus ,  ou  vous  en  ferez  un  de  boüil" 
Ion  de  tripes ,  ou  d'oxycrat ,  ou  de 


Chap.  1 1.  Des  Lavement. 
tait,  ayant  pourtant  donné  d'autres 
tavemens  émolliens  ,  rafraichiflans , 
&  purgatifs ,  par  lefquels  il  faut  com¬ 
mencer  ,  pour  vuidcr  les  excremens  , 
&  dégager  les  parties. 

Prenez  des  racines ,  &  des  feuilles 
Je  guimauve ,  une  poignée,  des  feüil- 
tas  de  mauve,  de  violetes,  de  parié¬ 
taire  ,  &  de  laitue  ,  de  chacune  une 
Poignée ,  de  reglifle  concaiïcc ,  demie 
°nce ,  une  douzaine  de  grains  de  rai- 
fins  mondez  de  leurs  pépins ,  d'orge 
cnrier ,  &  des  fleurs  de  camomille  , 
t»ie  pincée  de  chacun.  Faites  bouillir 
ta  tout  ,  &  dans  une  livre  de  la  coti- 
tature,  dilïolvcz  -  y  de  catholicon, 
&  de  cafle  ,  flx  drachmes  de  cha¬ 
cun  ,  de  miel  rofat  une  once  &  de¬ 
mie  ,  &  un  jaune  d'œuf.  Faites  un 
dyftere. 

Dans  la  douleur  néphritique. 

Prenez  des  racines  de  guimauve, 
&  de  lys ,  une  once  de  chacune  ,  des 
taiiilles  de  guimauve,  de  mauve  ,  de 
Pwietaire  ,dc  violetes,  de  branque-ur- 
”ne,  &  d’agrimoine,  de  chacune  une 
poignée  j  de  graine  de  lin,  St  de  fenu- 
8rcc  ,  de  chacune  une  once  ;  une  dou- 


3  30  Part.II.  Va  Evacuatifs.  Se&.L 
zaine  de  figues  grades ,  des  fleurs  de 
camomille ,  &  de  melilot  une  pincée 
de  chacune.  Faites  cuire  le  tout ,  8t 
dans  une  livre  de  la  coulature  ,  diilol- 
vez-y  de  catholicon,  8c  de  diaphenic, 
une  once  de  chacun ,  de  miel  violât  , 
&  d’huile  de  lys ,  une  once  8c  de¬ 
mie  de  chacun.  Si  la  fièvre  y  eft ,  ou 
la  conftitution  grêle  ,  8c  bilieufe ,  8c 
dans  toute  autre  conftitution  qui  dé- 
pend  d’une  caufe  chaude ,  en  la  pla¬ 
ce  du  diaphenic  ,  dilfolvcz  -  y  de  U 
caire  ,  du  lcnitif ,  ou  du  diaprunun» 
Ample. 

Dans  les  autres  Iavemens,  délayez- 
y  une  once  de  catholicon,  de  térebirt- 
thine  dilToûte  avec  un  jaune  d’œuf» 
8c  d'huile  de  fcorpions  Ample ,  une 
Once  de  chacun.  Quelquefois  on  y 
ajoute  quatre  onces  de  vin  émetique» 
avec  une  once  de  catholicon. 

Dans  les  fufocations  de  matrice 
provenantes  d’une  caufe  froide ,  ort 
peut  fe  fervir  du  lavement  fuivant. 

Prenez  des  racines  ,  &  des  feuille» 
de  guimauve,une  poignée, des  feuilles 
de  pariétaire  ,  de  violctes ,  de  laitue» 
ic  de  morclle  ,  une  poignée  de  cha.- 


Cliap.  II.  Des  Lavement.  33, 
cwne,des  feuilles  d’armoife  demie  poi¬ 
gnée  5  de  fon  &  de  fleurs  de  camomil- 
*e  »  Une  poignée  de  chacun.  Faites 
®°üillir  le  tout  dans  l'oxycrat.  Dans 
®ne  livre  de  la  coulature  dilfolvez  de 
cacholicon  Sc  de  diaprunum  fimple , 
nne  once  de  chacun  ,  ou  autant  de 
diaphenic  ,  une  once  Sc  demie  d'huile 
de  inc,  Sc  quatre  grains  de  caftorée. 

Pour  la  même  iudifpofition  venant 
d'une  caufe  chaude  ,  on  peut  fe  fervit 
du  clyftere  fuivant. 

Prenez  une  poignée  de  racine  Sc 
d-s  feuilles  de  guimauve  ;  des  feuilles 
de  violetes  ,de  pariétaire,  de  joubar¬ 
be  Sc  de  laitue,  une  poignée  de  chacu- 
Ue  >  d’armoile  demie  poignée  ;  de  fon 
&  de  ffeurs  de  camomille  ,  une  poi¬ 
gnée  de  chacun  :  faites  bouillir  le  tout 
dans  l’oxycrat  :  dans  une  livre  de  U 
coiilatuic  ,  vous  di (foudre z  decatho- 
**con  Sc  de  diaprunum  Ihnple  ,  une 
°nce  de  chacun. 

.  H  faut  éviter  le  miel ,  le  lait  ,  Sc 
toute  chofe  douce  qui  caufent  des 
uiouvemcns  de  matrice. 

Septièmement  contre  les  vers  quand 
•a  fièvre  y  eft  ou  non  ,  dans  les  enfans 


$  j  z  Part.II.  Des  Evacmttlfs.  Seél.I. 
il  faut  leur  donner  des  clyfteres  adott- 
cilfans  ,  purgatifs ,  &  qui  atirent  les 
vers.  Par  exemple. 

Prenez  des  feiiilles  de  mauve  &  de 
violetes ,  demie  poignée  de  chacune; 
de  rcgliire  concaflèe  >  demie  once; 
huit  figues  grades  ;  de  raifins  mondez 
nnc  once  ;  d’orge  entier ,  une  pincée. 
Faites  bouillir  le  tout,  &  dans  fîx  ou 
dix  onces  de  céte  déco&ion,  diflblvez 
deux  ou  trois  drachmes  de  catholi- 
con,  de  miel  rofat  demie  once,  Si  un 
jaune  d'œuf. 

Ayant  vuidé  les  excremens  par  ces 
lavemens  réitérés  autant  de  fois  qu’on 
l’aura  jugé  à  propos ,  il  faut  venir  à 
d’autres  compofez  de  lait  ;  dont  pour¬ 
tant  on  ne  fe  fervira  pas  quand  la  fiè¬ 
vre  y  eft  caufée  par  la  vermine  ;  ou 
qu’il  y  a  crainte  de  quelques  mouvl- 
mens  épileptiques  ,  parce  que  le  lait 
fe  corrompt  facilement ,  dont  il  mon' 
te  des  vapeurs  acres  au  cerveau. 

Prenez  demie  livre  de  lait  de  ché*  « 
vre,  dillblvez-y  fix  drachmes  de  miel 
rofat ,  &  un  jaune  d’œuf.  Faites  un 
lavement. 

Pour  les  enfans  qui  font  un  peu 


Chap.  1 1.  Des  Lavemens.  3  3  3 
plus  avancez  en  âge  vous  y  métrez 
•leux  ou  trois  drachmes  de  catholicon, 
&  une  once  de  miel  rofat. 

S’il  y  a  un  flux  de  ventre  &  la 
fièvre , 

Prenez  une  pincée  d’orge  entier,  de 
rcglille  deux  drachmes; une  once  de 
r^ifins  nétoyez  de  leurs  pépins ,  une 
Pincée  de  rôles  rouges.  Faites  boüil- 
jlr  le  tout ,  &  dans  nx  onces  de  la  cou¬ 
pure  diilolvcz-y  de  lucre  rouge  &  de 
^icl  rofat,  fix  drachmes  de  chacun,  & 
Un  jaune  d'œuf,  pour  un  lavement. 

Ou  bien , 

Prenez  demie  livre  de  lait  de  chèvre, 
”c  rofes  rouges  demie  poignée.  Faites 
*Jnc  décodion,  ajoûtez  à  la  coulature 
116  miel  &  de  fucre  rouge  ,  demie  on- 
Cc  de  chacun  ,  &  un  jaune  d'œuf. 

Huitièmement  pour  déterger  & 
adoucir  l’acrimonie  des  humeurs  dans 
*adiarhée  bilieufe  ,  la  dyfenterie  ,  & 
^‘bord  de  bile  par  delTiis  &  par  def- 

,  Prenez  une  pincée  d'orge  entier, 
^mic  poignée  de  fon  ,  de  reglifle 
^  de  raifins ,  demie  once  de  cha- 
CUn  >  de  graine  da  melon  ,  de  con- 


.  j  54  Part.II.  Des  Evacuatïfs.  Se&.I. 
comb  re,de  courge  &  de  ci  troü  il  le  d  eu  X 
drachmes  de  chacun  ;  de  rôles  rouges 
une  pincée.Faites  bouillir  le  tout  dans 
de  l'eau  de  fontaine  ,  ou  de  petit-lair» 
dans  dix  onces  de  la  coulature  vous 
di (Poudrez  une  once  &  demie  de  miel 
rofat,  &  une  once  de  fucre  rouge  ,  Si 
un  jaune  d’œuf.  Ou  bien  , 

Prenez  dix  onces  de  lait  de  chèvre, 
ou  une  livre,  dilTolvez-y  de  fucre  rou¬ 
ge  &  de  fuc  de  plantin,  de  chacun  une 
once ,  &  un  jaune  d'œuf.  Ou  bien. 

Prenez  demie  livre  ou  dix  once* 
d’une  émulfion  faite  avec  les  aman¬ 
des  douces ,  &  les  quatre  grandes  fe- 
mences  froides  ,  dans  Peau  d’orge  / 
-dilïolvcz  -  y  une  once  de  miel  rofat/ 
&  un  jaune  d’œuf. 

Pour  rabatre  davantage  l'acrimonie 
de  la  bile,  on  peut  dclloudre  dans  ceS 
derniers  lavemens  deux  onces  de  m11' 
cilage  de  graine  de  coins  &  de  l'herbe 
aux  puces,  extrait  dans  l'eau  rofe. 

Quand  le  flux  de  ventre  per fevete* 
8c  que  la  force  naturelle  des  intefi»nS 
fe  perd ,  ou  que  quand  dans  un 
hémorroïdal ,  ou  des  mois  ,  il 
£n  même-rems  rafraîchir ,  détergef* 


CTiap.  1 1.  Des  La-mmens.  j  j  j 
adoucir  &  un  peu  reflerrer ,  leclyfterc 
Vivant  peut  fatisfaire  à  toutes  ces 
indications. 

Prenez  des  feuilles  de  laitue  ,  de 
plantin  ,  de  pourpier ,  de  maLette  de 
Pafteur  ,  de  chacune  une  poignée  ; 
d'orge  entier  &  de  fon  ,  une  pincée  de 
cHacun  ;  de  reglifle&  de  raifins,demie 
°nce  de  chacun  ;  de  rofes  rouges  une 
Pincée.  Faites  bouillir  le  tout  dans  de 
l’eau  de  fontaine ,  ou  dans  une  décoc¬ 
tion  d’une  tête  &  d’un  ventre  de 
•touton,  ou  dans  du  lait  calybé.  Dans 
dix  onces  de  la  coulature  vous  diflou- 
drez  ,  du  miel  rofar  &  du  fyrop  de 
rofes  feches ,  une  once  de  chacun  ,  & 
ün  jaune  d’œuf. 


Quand  il  y  a  fi  grande  foiblcfle,que 
lc  malade  ne  peut  pas  garder  toute  la 
quantité  du  lavement ,  il  le  faut  reïte- 
5er  ^  diverfes  fois  de  quatre  en  quatre 
jjeurcs  ;  ce  que  l’on  Fera  aufii  quand 
numeur  eftextrémément  acre, ou  que 
iulcerc  des  inteftins  cft  beaucoup  fale. 

Quelquefois  en  même-rems  il  faut 
^tisiaire  à  plufieurs  indications ,  à 
Ravoir  de  rafraichir,  d’évacucr,de  dé- 
**rSer  &  de  reflerrer ,  comme  dans  la 


3  3  6  Part.U«£>£*  Evacuatlfs,  Scét.I. 
diarhce ,  dyfenterie  ,  flux  des  hémor¬ 
roïdes,  &  perte  de  mois,  quand  en  mê¬ 
me  -  tems  les  excremens  pechent  en 
quantité  &  en  qualité  dans  les  intes¬ 
tins.  A  quoy  ce  lavement  pourra  Servir. 

Prenez  des  feuilles  de  cicorée  ,  de 
mauve  ,  de  violetes ,  de  plantin  ,  de 
bourfe  de  pafteur  &  de  renoiiée ,  une 
poignéç  de  chacune  ;  de  reglilSe  ratiT- 
féc,  demie  once  ;  une  douzaine  de  rai- 
fins  >  d'orge  entier  &  de  rofes  rouges , 
une  pincee  de  chacun.  Faites  bouillir 
le  tout ,  &  dans  une  livre  de  la  coula- 
ture  diflolvez  demie  once  de  catholi- 
con  fin  ,  une  once  de  miel  violât  ,  ÔC 
un  jaune  d’œuf. 

Neuvièmement  pour  reflerrer  dans 
le  flux  de  ventre  ,  la  dyfenterie,  perte 
de  mois  ,  après  avoir  Suffisamment 
évacué  &  detergé  les  humeurs. 

Prenez  des  racines  de  la  grande 
confolide  ,  "Une  once  -,  des  feuilles  de 
plantin  ,  de  bouillon  blanc  ,  de  prête 
de  la  petite  corrigiole,  &  de  renoiiée, 
une  poignée  de  chacun  \  de  graine  de 
plantin,  &  de  pourpier,trois  drachmes 
de  chacune  ;  des  balauftes  &  de  rofes 
rouges ,  de  chacune  une  pincée.  F*1' 


Chap.  1 1.  Des  tuvemens.  3  3  7 
tes  bouillir  letout  dans  de  l’eau  ferrée, 
ou  dans  de  l’eau  &  du  lait  ferrez. Dans 
dix  onces  de  lacoiilature  dilfolvez  de 
miel  &  de  fucrc  de  rofes, fix  drachmes 
de  chacun  ,  &  un  jaune  d’œuf. 

On  peut  diffoudre  dans  ce  lavement 
félon  la  diverfitc  des  indications  ,  du 
fyrop  de  rofes  fecheS  &  du  lue  de' 
plamin ,  une  once  de  chacun.  Ou  du 
mucilage  de  graine  de  coins  ,  &  de 
l’herbe  aux  puces  ,  tirez  dans  l’eau 
rofe  ,  jufques  à  deux  onces.  Ou  de 
conferve  de  rofes  di (Toute  dans  l’eau 
de  plantin  ,  jufques  à  demie  once,  ou 
Une  once. 

Quand  il  faut  fermer  &  cicatrifer 
*  ulcéré,  on  ajoute  dans  ceclyfterc  du 
fui  f  de  bouc  jufques  à  une  once,  qu’on 
dillbut  dans  du  lue  de  plantin. 

On  y  dilTout  quelquefois  pour  la 
même  fin  les  poudres  d’amydon  ,  de 
Somme  Arabique ,  de  maftic  ,  de  bol 
d’ Arménie, jufques  à  deux  drachmes. 

Il  arrive  allez  Couvait  que  Ton' ne 
Peut  pas  garder  long  rems  ces  lavc- 
jUtns  à  raifon  de  la  violence  de  la  dou- 
.'Ur ,  ou  d’une  grande  foiblelTe  des 
lnteftins,pour  cela  on  partagera  la  de- 
I» 


$}8  Part.II.  DesEv<*CHAnfs.  Scd.I. 
codion  pour  deux  injedions ,  afin  de 
pouvoir  faire  en  pluficurs  fois,  ce  que 
le  peu  de  rems  qu'on  a  gardé  de  lave¬ 
ment  n’a  pas  pû  achever. 

Dixiémement  on  fait  des  clyfteres 
pour  nourrir  &  pour  fortifier, premiè¬ 
rement  quand  la  force  de  l'eftomac  fe 
dilïïpe  ;  Secondement  quand  le  mala¬ 
de  ne  peut  ny  prendre  ,  ny  retenir  au¬ 
cune  nourriturejtroifiémement  quand 
il  faut  réparer  les  forces  dilfipées.  Par 
exemple. 

Prenez  fix  ou  huit  onces  de  bouil¬ 
lon  de  chairs ,  ajoûtez-y  une  once  SC 
demie  de  fucre  ,  &  un  jaune  d’œuf» 
Sc  faites  un  clyftere. 

Ou  bien  , 

Prenez  fix  onces  de  lair,  une  once 
de  fucre  rouge  ,  &  un  jaune  d’œuf» 
pour  un  lavement. 

S’il  y  a  fièvre ,  il  faut  faire  bouilli 
des  herbes  rafraichi liantes  dans  1e 
bouillon  dont  vous  ferez  un  clyftere 
de  la  façon  que  nous  avons  mar- 
que. 

On  en  fait  aufli  d’orges  ,  de  laic 
d’amandes, de  lait  &  de  miel,  de  bo'dil" 
Ion  de  poulet  &  d’orge  pâlie. 


Chap. III.  Des  Votions pttrg,  $ 
Auparavant  que  de  venir  à  l'ufage 
de  ces  lavemens ,  il  faut  avoir  netoyc 
le  ventre  de  tous  excremens  ,  de  peur 
que  par  leur  mélange  ,  ils  ne  fe  cor¬ 
rompent,  &  ne  fa  (lent  point  d’effet. 

Il  faut  obferver  un  tems  propre  & 
<ommode  pour  les  donner  ,  qui  eft 
l'heure  du  dîné  ou  du  foupé  ,  ou  que 
le  malade  commence  à  s’endormir  , 
afin  qu'il  les  retienne  plus  longtems  ; 
de  c'eft  pour  cela  qu’on  en  donne  en 
petite  quantité  ,  mais  au(E  plus  fou¬ 
lent  dans  le  jour. 


CHAPITRE  III. 

Des  Potions  purgatives. 

LA  potion  purgative  eft  un  médi¬ 
cament  liquide  qui  fe  fait  de  dc- 
coétion  ,  ou  d’infufton  ,  ou  en  diflol- 
vant  divers  purgatifs,  feuls,  ou  joints 
«nfemble. 

La  purgation  eft  toujours  meilleure 
Cn  forme  liquide  &  de  potion  ,  qu'en 
aucune  autre  ,  dans  desindifpofitions 
chaudes ,  dans  les  obftna étions  ,  & 
P  i 


340  Part.  II.  Des  Evstctiatifs.  Seéhï. 
quand  il  faut  que  le,  re„mede  opéré 
promtement  parce  qu'elle  échaufe 
moins ,  pénétré  &  vuidc  plutôt. 

Dans  céte  forme  de  purger  comme 
dans  toute  autre  ,  il  faut  difpofer  le 
corps  en  rendant  les  voyes;  libres  ;  il 
faut  aufll  préparer  les.  humeurs  par  les 
elyfteres  &  les  altcratifs  :  Si  le  malade 
fc  plaint  de  quelques  douleurs,  il  faut 
y  remédier  auparavant  ;  (i  le  corps  8c 
les  humeurs  font  échaufez  ;  on  y 

(pourvoira  auparavant,  par  la  faignée, 
es  fomentations ,  par  les  bouillons 
altcratifs  &  rafraichiflans  ,  enfin  on 
fera  quelque  legere  évacuation  par 
le  moyen  des  lavemens. 

Apres  que  la  purgation  eft  prife  on 
permet  un  léger  fcmmeil,  à  ceux  prin¬ 
cipalement  qui  ont  l’eftcmac  foible, 
ou  qui  vomi  lient  facilement.  Il  ne 
faut  pas  dormir  quand  le  purgatif 
commence  à  faire  fon  effet  ,  qui  eft 
deux  heures  apres  :  On  doit  demeurer 
en  repos ,  de  peur  de  s'échaufer  par 
trop  de  mouvement.  Trois  heures 
apres  il  faut  prendre  un  bouillon  ^ 
demi-fait,  afin  que  le  mcdicament,s’il 
cftdouxne  fc  convcrtilfe  en  nourritu* 


Chap.  III.  Des  Potions  purg.  541 
rc,  ou  que  s’il  eft  violent,  il  n’échanfe 
ttop,&  en  vuidât,il  11’épuife  les  forces. 

La  potion  purgative ,  comme  nous 
avons  déjà  dit  au  commencement  de 
Ce  chapitre  ,  fe  fait  ou  par  décoékion 
ou  infuiîon  ,  ou  en  dilfolvant  les  p’ut1- 
gatifs  fculs  ,  ou  mis  érifemble. 

La  décotffcion  fe  fait  quand  on  fait 
bouillir  trois  drachmes  ou  demie  once 
de  féné,  de  tamarins,  ou  du  polvpode 
^e  chêne,  jufques  à  demie  once  ,  dans 
^ne  décoétion  rafraichiffante  ou  pe- 
^orale,  ou  dans  du  petit-lait,  y  ajoû- 
tant  demie  drachme  d’anis  ou  de  co¬ 
riandre  prenaré.qui  font  lescorré&iff 

du  féné. 

On  préparé  l’infufton  quand  le  féné, 
*e  rhubarbe  ,  l’agafic,  avec  leurs  cor- 
teéli fs  fc  mettent  enfemble  qu  (épa¬ 
rgnent  dans  quelque  liqueur.  En  été 
l  ûifufion  fe  fait  à  froid  ,  ou  tiède  >  en 
Lyvcrà  chaud. 

La  liqueur  dans  laquelle  fe  fait  l’in - 
*ufion,  eft  ou  l’eau  limplc,  ou  une  dé¬ 
coction, ou  un  bouillon  rafraîchi  (fan r, 
°u  quelque  eau  diftilée. 

Notez  qu’il  eft  meilleur  de  faire  l’in- 
‘Ufîon  dans  l’eau  de  fontaineou  qu -1* 

P  3 


34*  Part-  H.  T>ts  EvAcutu'ifs.  Sctft.F. 
qu’autre  diftilée ,  que  dans  une  déco¬ 
ction  de  pluAcurs  herbes ,  parce  que 
la  liqueur  des  Amples  que  l'on  lait 
bouillir  étant  pteflëe  n'a  reçu  qu’une 
legere  fubftâce,qui  enfuite  ne  peut  pas 
recevoir  la  vertu  des  Amples  purgatifs 
qui  confifte  dans  une  foible  fubftance* 
On  ajoute  fou  vent  dansl'infu/ïondu 
fuc  de  limons  fraîchement  exprimé, 
du  fel  de  prunelle  ,  &  de  creme  de 
tartre, quand  on  veut  temperer  la  cha¬ 
leur  des  purgatifs  ,  &  en  attirer  plus, 
fortement  la  teinture  :  car  tous  les 
acides  font  très  propres  pour  tirer  la 
^teinture  d’un  Ample  purgatif. 

Six  ou  huit  onces  de  liqueur  fuAfent 
pour  chaque  dofe. 

Les  potions  purgatives  fe  compo- 
fent  fouvent  de  décoétion  &  de  diflo- 
lurion;oud’infuAon  &de  dilTolution; 
ou  de  déceélion,  d’infu  Aon  Sc  de  dif- 
iolution  ,  dont  nous  donnerons  des 
exemples  dans  la  fuite,  fui  vaut  la  dif¬ 
férence  des  humeurs ,  félon  lefquelles 
il  y  a  des  potions  colagogucsdeitiuécs 
pour  purger  la  bile;d’autres  phlegma- 
gogues,pour  vuider  la  pituite  ;  d'au- 
tres  melanagogues  pour  évacuer  1* 


Chap.  III.  DA  Votions purjr.  3  43 
mélancolie  ;  d’autres  hydragogues 
pour  les  ferofitez  ;  d’autres  panchy- 
magogucs  qui  purgent  univerfelle- 
ment  toutes  les  humeurs.  Et  dans 
chacune  de  ces  potions  on  y  met  les 
purgatifs  ou  bénins  on  violens  ,  que 
l’on  emprunte  de  la  lifte  des  remedes 
purgatifs. 

Obfervez  qu’il  arrive  rarement 
qu’une  feule  humeur  excede,ou  qu’un 
mul  remede  vuide  une  feule  humeur; 
&  c’eft  pour  cela  que  quand  on  donne 
quelque  formule  d’un  fimple  colago- 
gue  ,  par  exemple  ,  il  eft  principale¬ 
ment  deftiné  quand  la  bile  excede  ent 
plus  grande  quantité, &  les  autres  hu- 
meurs moins,  ou  médiocrement, Se  que 
l’on  connoit  qu’à  raifon de  leur  fluidité 
ils  céderont  facilement  à  ce  medica- 
mët.On  peut  raifonner  de  la  façon  des 
phlegmagogues  8c  des  melanagogues, 
mfquels  vuidantles  humeurs  plus  gro- 
ffieres,attirent  aulll  les  plus  lubtilcs. 

S'il  fe  trouve  quelque  Critique  qui 
ccjéte  les  décodions  8c  les  autres 
chofes  que  l’on  employé  pour  le  men- 
ftruc  des  purgatifs  ,  aptiyc  fur  ctte 
rai(on  ,  que  tout  ce  que  l’on  y  mec 
P  4 


3  44  Pat  t.Ib  Des  Evâcuatifs.  Sert.!, 
remplir  les  pores  de  Peau,  laquelle  en- 
fuite  par  ce  moyen  eft  incapable  de 
produire  aucun  etfet  des  purgatifs 
que  l’on  a  fait  infufer  dedans.  Qu’il 
prenne  garde  fi  toutes  ces  chofes  ne 
font  pas  neceffaires  pour  temperer  la 
chaleur  8c  la  fechercfle  des  parties» 
des  humeurs ,  8c  du  purgatif  ?  El  mê¬ 
me  ne  faur-H  pas  quelquefois  com¬ 
battre  la  caufcdu  ma!,foit  qu’elle  foit 
chaude  ou  froide,  par  un'medicament 
purgatif  8c  alteratif  en  même  tems  î 
Outre  qu’une  eau  qui  a  pris  la  teinture 
d’un  fel  tout  autant  qu’elle  a  voulu, 
ne  puiNelle  pas  encor  recevoir  celle 
de  quelques  autres  de  diverfe  nature, 
comme  l’experience  fait  voir  du  fel 
commun  ,  du  nitre  ,  de  l’alun  ,  8c 
de  l’armoniac.  Quelques-uns  s’ima¬ 
ginent  des  porcs  de  diverfe  figure 
dans  l'eau,  pour  recevoir  les  particu¬ 
les  des  Tels  de  diverfe  nature.  On 
prouve  néanmoins  que  ces  pores  ont 
etc  inventez  à  plailît  ,  premièrement 
par  l’eau  même  ,  qui  eft  un  corps 
continu  8c  fluide  ;  dans  lequel  il  n’y 
a  rien  qui  empêche  qu’une  partie  ne 
s'unifie  immédiatement  à  l’autre.  Se- 


Chap.  III.  Des  Potions  purg.  34; 
condement ,  fi  ccs  potes  font  naturel¬ 
lement  dans  l'eau  ,  font  -  ils  vuides  ? 
point  du  tout  ;  que  s’ils  font  remplis, 
cft-cc  du  feu  ,  de  l’air,  ou  de  la  terre  ? 
ce  qui  ne  fe  peut  pas  foû  tenir  ;  car 
la  terre  décendroit  ,  &  l’air  monre- 
roit.  Que  fi  à  raifon  de  l’épai  fleur  de 
l'eau  ,  ces  elemens  font  comme  arrê¬ 
tez  ,  l’eau  n'aura  pas  naturellement 
des  porcs ,  mais  ce  fera  par  une  divi- 
fion  de  fcs  particules  qui  aura  été 
faite  par  d’autres  particules  qui  y  fe- 
ron  mêlées. 

Il  faut  donc  conclure  que  des  fub- 
ftances  tenues  qui  ont  été  exprimées 
par  l’infufion  ,  la  décoétion  ,  ou  la 
diflolution,penetrent  &  fendent  l’eau, 
&  quelquefois  en  fi  grande  quanti¬ 
té  ,  qu’elle  ne  les  peut  pas  fuporter, 
c’eft  pourquoy  une  partie  va  au  fonds 
de  1‘  eaiijce  qu’on  obfcrve  dans  les  po¬ 
tions  purgatives,  les  émulfions,le  vin 
cnit  ,  la  biere  ,  dans  le  fuc  de  limons 
&  des  herbes  »  car  les  parties  les  plus 
groflrcres  ayant  été  feparées  des  plus 
fubtilcs  ,  par  la  fermentation  ,  font 
précipitées  &  vont  à  fonds. 


5  4<S  Part.1T.  Des  Evacuatifs.  SeéE.  L. 

D«  Potions  Colagogues. 

La  potion  fui  vante  purge  douce- 
nient  la  brie  ;  elle  cft  propre  à  toute 
repletion  caufée  par  céte  humeur, 
aux  fiéves  tierces  ,  intermitantes  8c 
continues ,  &c. 

Prenez  deux  drachmes  de  féné  ;  d’a- 
nis  demie  drachme ,  de  pulpe  de  cafle. 
nouvellement  extraite  ,  fix  drachmes», 
ou  une  once  ;  demie  drachme  de  fel  de 
tartre.  Faites-les  infufer,&  legeremenr 
bouillit  dans  de  l’eau  de  cicorée  ,  ou 
dans  une  décodion  rafraîchi  liante.. 
Dans  l’expreflion  pour  une  dofe  dif- 
folvez-y  une  once  ou  dix  drachmes, 
ou  une  once  &  demiff  de  manne  &  une 
once  de  fyrop  de  fleurs  de  péchier  , 
faites  une  potion  que  vous  donnerez 
le  matin  ,  trois  heures  devant  que 
prendre  un  bouillon ,  obfervant  le  ré¬ 
gime  de  vivre  que  l'on  doit  garder  ce 
jour-là.  Ou  bien, 

Prenez  demie  once  de  tamarins,  de 
cicorée  avec  les  feuilles  &  la  racine, 
une  poignée  ;  faites  les  boiiillir  ;  dans 
la  coulature  faites  infufer  deux  drach¬ 
mes  de  féné  avec  de  l’anis.une  drachme 
de  rhubarbe  avec  du  fantal  citrin.Daus 


Chap.III.  Des  Votions  purg.  $47 
Pexpreffion  vous  dilfoudrez  une  once 
&  demie  de  manne  ,  8c  une  once  de 
fyrop  rofat  de  neuf  infufions.Ou  bien. 

Prenez  des  feuilles  de  cicorée,  d’o- 
zeille  ,  &  de  capillaire ,  une  poignée., 
de  chacune  ;  demie  once  de  tamarins  ; 
d’orge  entier,  &  de  fleurs  de  violetcs* 
une  pincée  de  chacun.  Faires  -  les 
bouillir,  &  dans  la  coulature  métez-y 
infufer  trois  drachmes  de  féné»  demie, 
drachme  d’anis  ,  une  drachme  de  fel 
de  prunelle  ,  &  une  once  de  fuc  de 
limons  ftaichement  prefTé.  Diflblvez- 
dans  Pexpreflion  ,  une  once  ,  ou  dix 
drachmes  ;  ou  une  once  &  demie  de 
manne ,  &  une  once  de  fyrop  rofat 
folutif. 

Quelques-uns  en  place  de  la  manne 
•dïllblvent  de  lacafle,  ou  du  diapru- 
num  Ample  ,  ou  du  catholicum  fin. 
jufqu’à  hx  drachmes.  Mais  les  per- 
fonnes  délicates  abhorrent  ces  fortes 
d'opiates  qui  rendent  les  potions  trop 
épaifles  ;  il  eft  plus  à  propos  de  les 
métré  dans  l’infufion. 

Il  faut  éviter  les  chofes  douces  dans 
les  femmes  qui  font  fujetes  aux  paf- 
60ns  hyfteriquesjcomme  nous  dirons 


348  Part. II.  Evacuatifs.  Se&.I. 
dans  fon  lieu.  Quand  il  y  a  des  eaux 
croupiflantes  &  qui  font  mêlées  avec 
la  bile  dans  le  bas  ventre ,  au  lieu  du 
fyrop  rofat ,  on  y  peut  fubftitucr  une 
once  j  ou  une  once  &  demie  de  fyrop 
de  neufinfufions  de  rofes  pâles  :  Et 
meme  quand  il  n’y  a  point  de  fie'vre  , 
pour  atirer  plus  fortement  les  eaux  , 
on  y  peut  ajouter  un  demi  fcrupule 
ou  fix  grains  de  poudre  de  racine  de 
jalap  ,  ou  de  fa  refine  :  principale¬ 
ment  quand  il  y  a  de  la  calfc  dans  la 
potion. 

Quand  les  vifeeres  fdnt  éc  h  au  fez  , 
&  en  été  ,  on  peut  faire  l'infufion 
dans  le  petit-lait ,  pourveu  qu’il  foie 
bien  dépuré. 

Les  potions  fuivantes  font  propres 
pour  purger  plus  fortement  la  bile , 
dans  les  fièvres  intermitantes  bâtar¬ 
des  ,  dans  la  jauni  lie ,  dans  lçs  fièvres 
continues ,  à  la  fin  ,  pour  éviter  une 
rechute  ,  dans  ceux  qui  font  robuftes* 
qui  ne  font  pas  maigres ,  fie  qui  ont 
les  vifeeres  échaufez. 

Prenez  trois  drachmes  de  féné  né- 
rove  de  fes  bûches ,  demie  drachme 
d’unis ,  fix  drachmes  de  carte  nouvel- 


Chap.  III.  Des  Potions  purg.  $49 
lenient  extraite ,  &  une  drachme  de 
crème  de  tartre.  Faites-les  infuferdans 
Une  fuffifante  quantité  de  décoétion, 
de  cicorée.  Dillolvez  dans  l’exprcf- 
fion  trois  drachmes ,  ou  demie  once 
de  diaprunum  compofé  ,  ou  de  l’é- 
leétuaire  de  fuc  de  rofes ,  &  une  once 
de  fyrop  rofat  folurif. 

Ou  bien , 

Prenez  de  feuilles  de  cicorée ,  d'a- 
grimoine,  &  d’ozcillc,  une  poignée  de 
chacune;  de  tamarins,  demie  once  > 
de  fleurs  de  violetes  ,  une  pincée. 
Faites  -  les  boiiillir.  Mércz  infufer 
dans  la  coulature  ,  trois  drachmes  de 
féné,  demie  drachme  d’anis  ;  de  rhu¬ 
barbe  avec  du  fantal  citrin  ,  &  du  fel 
de  prunelle,  de  chacun  une  drachme. 
Diflolvcz  dans  l'exprefllon  ,  de  ca- 
tholicon  double  &  de  l’éle&uaire  de 
■Aie  de  rofes ,  de  chacun  trois  drach¬ 
mes,  8c  une  once  de  fyrop  de  fleurs 
de  péchicr. 

Des  Potions  Pblcgmagoguet. 

La  potion  fuivante  purge  douce¬ 
ment  les  humeurs  pituiteufes  qui  font 
dans  la  première  région  du  corps  : 
«lie  eft  Les- propre  dans  toute  caco- 


5  jo  Part.II.  Des  Evacudtîfs.  Seél.ï. 
chymie  pituiteufe,  &  dans  les  fièvres 

6  maladies  caufées  par  céte  humeur. 

Prenez  des  Feuilles  d'agrimoine,  de 

capillaires  ,  &  de  betoine  ,  une  poi¬ 
gnée  de  chacune  -,  des  lommitez  d’ab- 
lynte  ,  une  pincée.  Faites-les  boüil- 
lir  ;  &  dans  la  coulature  pour  une  dofe 
mctez  infulér  trois  drachmes  de  fené 
avec  un  peu  d’anis  ;  de  rhubarbe  avec 
du  fantal  ckrin,  une  drachme.  DifToI- 
vez  dans  l'exprelïïon,  fix  drachmes  de 
catholicon  double  ,  &  une  once  de 
fyrop  rofat  compofé.  On  peut  encor 
diflbudre  dans  l’éxprelïlon  demie 
drachme  de  poudre  de  diacartham  : 
ou  bien  en  la  place  des  fufdits,  de  ca¬ 
tholicon  double  ,  &  de  l’éle&uaire 
de  citro  ,  de  chacun  trois  drachmes. 

Voie  y  une  autre  potion  pour  pur¬ 
ger  plus  fortement  la  pituite- 

Prenez  des  feuilles  d’agrimoine,de 
capillaires ,  de  pimpinelle  &  de  betoi- 
ne ,  une  poignée  de  chacune  ;  des 
fommitez  de  fcordiutn ,  une  pincée  ». 
faites  bouillir  le  tout.  Métez  infufer 
dans  la  coulature  pour  une  prife,  tr ois- 
drachmes  de  féné,avec  un  peu  d'anis  î 
d’agaric  trochifqué ,  &  de  racine  dt 


Chap.III.  Des  Votions  purg. 
mechoacam,  une  drachme  de  chacun, 
du  gingembre, un  fcrupule.  Dillolvez 
dans  l'expreffion  de  l'éleètuaire  de 
diacartham  ,  ou  de  diaphenic  ,  trois 
drachmes,  ou  demie  once,  &  une  once 
de  fyrop  rofat  compoftv 

En  la  place  du  diacartham  ,  ou  du 
diaphenic,  on  y  peut  dilloudre  de 
diaphenic  ,  &  de  catholicon,  de  cha- 
cun  trois  drachmes. 

La  potion  fuivante  eft  pour  l’apo- 
plexie  ,  &  autres  maladies  foporeufes, 
qui  décendenc  d'une  caufc  froide. 

Prenez  trois  drachmes  de  féné,avec 
un  peu  d’anis  ,  d’agaric  trochifqué  , 
&  de  turbith  qui  foit  gommeux  ,  une 
drachme  de  chacun ,  de  canelle  demie 
fcrupule.  Faites-les  infufer,  &  un  peu 
bouillir  dans  l'eau  de  betoine.  Diuol- 
dans  l’expreffion  ,  une  once  de 
l'éle&uaire  de  diacartham. 

Des  potions  meUnagognes. 

Céte  potion  purge  doucement  la 
"'élancolic  dans  les  fièvres  quartes, 
dans  les  maladies  qui  ont  leur  fiège 
dans  les  hypocondrcs ,  &  dans  toute 


j  y  i  Part.II.  Des  Evacuaùfs.  Se£t.I. 
cacochymie  cauléc  par  l'humeur  mé¬ 
lancolique. 

Il  faut  noter  qu’il  y  aplufieurs  for¬ 
tes  de  mélancolie  ;  celle  qui  eft  pro¬ 
duite  par  une  bile  brûlée  ,  &  des  au¬ 
tres  humeurs  parla  même  voye  d’a- 
duftion  ,  fe  purge  avec  une  potion 
compofée  de  féné,  de  cafte,  de  manne, 
de  fyrop  rofat ,  comme  eft  celle  que 
nous  avons  décrite  pour  exemple, pour 
purger  doucement  la  bile,ou  avec  une 
tifane  laxative  ,  comme  nous  dirons 
dans  la  fuite  ;  ou  avec  une  infufion  de 
féné,  &  de  catîc  faite  dans  le  petit-lait 
qui  foit  bien  dépuré. 

Prenez  trois  drachmes  de  féné  ,  de 
coriandre  préparé,  demie  drachme,  de 
cafte  nouvellement  extraite  ,  une  on¬ 
ce  ,  de  fel  de  prunelle  ,  une  drachme. 
Faites  -  les  infufer  dans  le  petit  -  lait 
bien  dépuré  ,  ou  dans  fix  ou  huit 
onces  d’eau  de  buglofe  ,  &  de  ci' 
corée. 

Si  la  maladie  eftcaufée  par  un  ex¬ 
erçaient  mélancolique  ,  qui  eft  une 
humeur  froide  &  leche  ,  la  polio*1 
fuivante  fe  peur  ordonner. 

Prenez  de  polypode  de  chcne  cou- 


Chap.  III.  Des  Potions purg.  3  j  3 
Cafle ,  demie  once  ;  des  feuilles  de  bu- 
"^lole  ,  de  fumeterre  ,  8c  de  ceterac, 
‘fe chacune  une  poignée*  d'épithyme, 
J»"e  pincée.  Faites-les  bouillir,  &  dans 
|a  coularure  pour  une  prife  ,  métez-y 
jufufer  trois  drachmes  de  féné ,  demie 
drachme  d’anis,une  drachme  de  crème 
tartre  ,  difloute  dans  le  lue  de  li¬ 
mons.  Diflolvez  dans  l’expreflion  fix 
drachmes  de  catholicon  double  ,  8c 
ime  once  de  fyrop  de  pommes  com- 

En  place  du  catholicon  quand  il 
necedaire  de  purger  plus  forte¬ 
ment  ,  ayant  auparavant  préparé  les 
humeurs  après  la  première  potion , 
°n  peut  y  dilïbudre  de  catholicon 
"°uble  ,  8c  de  l’élc&uaire  de  citro  ,  de 
ehacun  trois  drachmes, ou  trois  drach¬ 
mes  de  catholicon  ,  8c  deux  drach¬ 
mes  de  confection  hamcc.  On  peut 
Jufli  métré  dans  l’infufion  avec  le 
®né ,  fix  drachmes ,  ou  une  once  dê 

calTV. 

On  fait  encore  une  potion  plus 
°rtc  ,  fi  dans  la  derniere  décoétion  , 
&  infufion  que  nous  avons  ordonnée, 
0,1  diiloût  de  la  confeûion  hamec. 


î  j4  Part. II.  Des  Evacttatîfi.  Scét.ï. 
ou  de  l’élcékuaire  de  citro ,  en  plu? 
grande  dofe  ,  par  exemple  ,  jufqu’àl 
cinq  ou  fix  drachmes. 

Des  Potions  hyàragogues. 

La  potion  hydragogue  fuivante 
purge  doucement  les  ferofitez  ,  dans 
toute  forte  de  maladie  caufée  par  céte 
humeur  ,  &  devant ,  6c  après  l'ufage 
des  eaux  minérales. 

Prenez  une  poignée  de  feuilles  de 
cicorée ,  6c  demie  once  de  tamarins. 
Faites-les  boiiillir,&  dans  la  coul attire 
métez-y  infufer  une  drachme  &  demie 
de  féné  ,  demie  drachme  de  graine 
contre  les  vers ,  6c  fix  drachmes  de 
cafl’e  nouvellement  extraite.Diflolve* 
dans  l’expreflion  une  once  6c  demie  de 
fyrop  de  rofes  pâles  de  neuf  in  fa¬ 
nons  ,  6c  demi  fcrupule  de  poudre 
de  racine  de  jalap. 

Dans  l'hydropifie  venant  d’un* 
caufc  chaude ,  6c  dans  tovue  cacochy' 
mie  caufée  par  les  féroiitez. 

Prenez  demie  once  de  racine  de 
brufe  ,  des  feuilles  de  cicorée  ,  # 
d'hyeble,  de  chacune  demie  poignée» 


Chap.III.  Des  Potions  purg.  jjj- 
«uit  grains  de  raifins  mondez  de  leurs 
Pepins.  Faites -les  boiiillir.  Métez 
^tufer  dans  lacoulature,  trois  drach¬ 
mes  de  féné  ,  de  coriandre  préparé  , 
&  de  fel  de  tartre ,  de  chacun  demie 
drachme.  Diflolvez  dans  l’expreffion 
de  manne  ,  &  du  fyrop  de  l’infufion 
de  rofes  pâles ,  de  chacun  une  once 
&  demie  ,  de  poudre  de  racine  de 
i*dap  ,  demi  fctupule.  Ou  bien  , 

Prenez  une  once  &  demie  de  m  m- 
ne  de  Calabre  ,  diiTolvez-làdans  trois 
0r>ces  de  fuc  d'iris  de  pais. 

La  potion  fuivante  purge  plus  for¬ 
tement  les  férofitez  dans  l’hydropi- 
&  autres  maladies  eau  fées  par  des 
impuretez  fereufes  ,  acompagnées 
d’obftruébions. 

Prenez  des  racines  d’ache,  &  d’iris 
de  pais ,  de  chacune  demie  once  ,  des 
‘eüilles  d'agrimoine  ,  &  de  cererac , 
de  chacune  demie  poignée, de  graine 
d’hyeblc  ,  une  drachme  ,  de  grains  de 
tailins  mondez,  huit  ;  faites  bouillir 
*e  tout,  &  faites  infuler  dans  la  coula¬ 
nte  trois  drachmes  de  féné  ,  demie 
drachme  d’anis,  une  drachme  de  raci¬ 
ne  de  méchoacam,  de  canelle,  &  d’ef- 


3  y  Part.II.  Des  Evacuât  'fs.  Sc&.ï. 
prit  de  tartre  ,  de  chacun  demi  l'cru- 
pulc.  Dilfolvcz  dans  l'exprcflion  trois 
drachmes, ou  demie  once  dcl’éleèkuai- 
re  de  diacartham,&nnc  once  de  fyrop 
de  rofes  pâles  de  neuf  infuiio.is. 

Des  Potions  quand  U  y  a  mélange 
d’humeurs. 

Quand  la  pituite ,  &  la  bile  excé¬ 
dent  enfemble,  ce  qui  arrive  fouvent 
dans  les  fièvres  iutermitantes,  dans  J * 
léthargie  ,  le  Corna  veillant  ,  &  autres 
accidens  acompagnez  de  fièvre  ,  otf 
fans  fièvre. 

Si  la  bile  prédomine. 

Prenez  des  feuilles  de  cicorée  > 
d'agrimoine  ,  &  de  pimpinellc ,  de 
chacune  une  poignée ,  demie  once  de 
tamarins  ,  d’orge  entier  ,  &  de  fleurs 
de  violetes  ,  une  pincée  de  chacun* 
Faites-les  bouillir  ;  &  métez  infufcr 
dans  la  coulaturc  trois  drachmes  de 
féné  ,  demie  drachme  d’anis ,  de  rh**' 
barbe,  avec  le  fantal  citrin,  &  de  crè¬ 
me  de  tartre  ,  une  drachme  de  ch»' 
cun.  Didolvcz  dans  l’exprcflion  ,  une 
once ,  ou  une  once  &  demie  de  mao- 


C hap.  III .  Des  Potions purg.  3  j  7 
Uc  ,  &  une  once  de  fyrop  rolac  com- 
pofé. 

On  y  peut  difloudre  au  lieu  de  la 
manne  ,  fi  on  veut  un  peu  plus  for¬ 
tement  purger,  de  l'éleétuaire  de  citro, 
°u  du  diaprunum  compofé ,  jufqu’à 
trois  drachmes  ,  ou  demie  once  , 
°u  du  catholicon  Rouble  ,  &  de  dia- 
prunum  compofé  ,  de  chacun  trois 
drachmes. 

Quand  la  pituite  excede  la  bile , 
°n  peut  diiïoudre  demie  once  de  l’é- 
^eûuaire  de  diacartham  ,  ou  de  dia- 
phenic  ,  ou  de  diacartham ,  &  de 
catholicon  double ,  deux  drachmes 
de  chacun. 

Quelquefois  la  bile  pèche  avec  la 
mélancolie  ,  comme  dans  les  fièvres 
partes, après  la  fin  des  continucs,une 
partie  des  humeurs  bilieufes  s’étanc 
changée  par  aduftion  en  mélancolie  ; 
ciuand  la  bile  abonde  fur  la  mélanco- 
'c  >  ajoûtez  dans  la  precedente  infu- 
*t°n  flx  drachmes  de  calîe  nouvelle- 
IîJc,1t  extraite  ,  &  à  l’expreilion  ,  de 
Garnie,  &  de  fyrop  de  pommes  com- 
P°fd  ,  une  once  de  chacun. 

Si  les  humeurs  font  trop  grofîicrcs. 


3  y  S  Part.II.  Des  Evatuatifs.  Se&.I. 

&c  même  fi  la  mélancolie  prédomine  » 
au  lieu  de  manne ,  dirt'olvez-y  du  dia- 
prunum  compofé,  &  de  confection 
hamcc  ,  de  chacun  deux  ou  trois 
drachmes. 

Notez  que  fi  dans  ces  humeurs  ,  il 
y  refte  quelques  vertiges  de  chaleilr  à 
caufe  de  l’aduftion,  &  que  les  vifeeres 
foient  échaufez,  il  faut  s’abrtenir  des 
purgatifs  trop  chauds,  &  fe  fervif 
feulement  d’une  infufion  de  féné  ,  en 
forme  de  tifane  laxative  ,  ou  de  féné, 
•&  de  carte  ,  avec  du  fel  de  prunelle  , 
■&  du  fuc  de  limons. 

Quand  la  pituite ,  &la  mélancolie 
excédent  enlemble,  que  l’une  ou  l’au¬ 
tre  prédomine ,  il  faudra  mêler  les 
opiares  que  nous  avons  citées  cy-  def- 
fus  pour  l'une,  &  pour  l’autre  en  par¬ 
ticulier. 

Des  Votions  fanchymag(ygncs  pour 
tnfcmble  toutes^  les  humeurs. 

S’il  faut  purger  doucement  ces  hu¬ 
meurs  contenu^  dans  la  première  ré¬ 
gion  ,  il  faudra  fe  fervir  de  quelques- 
uns  de  ces  purgatifs  décrits  dans  1* 
«itre  des  Colagogues. 


C hap.  III .  Des  Potions  purg.  $  j  y 

Que  s’il  les  faut  vuider  des  au¬ 
tres  régions  ,  dans  des  corps  ro- 
buftes  acablez  d’une  quantité  d’hu¬ 
meurs  ,  fervez-vous  de  la  potion  fui- 
vante. 

Prenez  des  feuilles  de  cicorée  ,  de 
capillaire,  &  d'agrimoine,  de  chacune 
«ne  poignée,  de  tamarins,demie  once, 
des  fleurs  de  bourrache,  de  buglofc , 
&  de  violetes  ,  une  pincée  de  chacu¬ 
ne  :  faites-les  boüillir,&  dans  la  cou- 
lature  ,  métez-y  infufer  deux  drach¬ 
mes  de  féné,  avec  un  peu  d’anis,une 
drachme  de  rhubarbe,  avec  du  fantal 
citrin ,  &  demi  fcrupule  de  canelle. 
Vous  difloudrez  dans  l’expreflion,  de 
catholicon ,  &  de  diaphenic  ,  de  cha¬ 
cun  trois  drachmes ,  &  une  once  de 
lyrop  rofat  folutif. 

On  peut  métré  en  place  du  dia¬ 
phenic  ,  du  diaprunum  compofé  ,  ou 
de  l'éleduaire  de  fuc  de  rôles ,  ob¬ 
servant  la  même  dofe. 

Des  Potions  particulières. 

Dans  le  flux  de  ventre  ,  la  dyfen- 
*etie ,  débord  de  bile ,  &c. 


$6o  Parr.ll.  Des  Evacuatif.  Seét.ï. 

Prenez  demie  once  de  tamarins;  des 
feüiiles  de  pourpier  ,  &  de  plantin? 
une  poignée  de  chacune, de  rofes  rou¬ 
ges  ,  une  pincée.  Faites  bouillir  le 
roue ,  &  dans  le  coulât ure  métez  in- 
fu'er  une  drachme  de  rhubarbe ,  demi 
fcrupule  de  fantal  citrin ,  de  myroba- 
lans  citrins ,  frotez  avec  d’huile  d’a¬ 
mandes  douces  ,  une  drachme.  Vous 
dilloudrez  dans  l'expreffion  une  once 
de  lyrop  rofat  folutif. 

Que  fi  à  raifon  de  la  quantité  de 
la  matière ,  il  faille  un  peu  plus  for¬ 
tement  purger ,  difiblvcz  -  y  demie 
once  de  catlrolicon  ,  ou  de  tryphera 
pcrfica. 

Notez  qu’il  arrive  fouvent  qu’avec 
la  diarhée,  &  la  dyfcnterie  ,  &  autres 
defordres  du  bas  ventre  ,  il  y  a  dans 
les  vifeeres  des  intempéries  compli' 
quées  d’obftruétions  ;  dans  ccîcas  les 
trop  aftringens  font  dangereux  ;  c’eft 
pour  cela  qu’alors  il  faut  mêler  aux 
aftringens,  &  corroboratifs  des  apé¬ 
ritifs  ,  &  des  deterfifs ,  Si  donner  de 
tems  en  tems  le  purgatif  que  nous 
venons  d’ordonner  ,  auquel  on  peut 
ajouter  une  drachme  de  lené,&  demie 

drachme 


Chap.  III.  Des  Votions  purp.  3  61 
drachme  de  crème  de  tartre,  fi  les  hu¬ 
meurs  font  grofiîeres. 

■  Dans  les  maladies  de  la  poitrine  , 
Pour  putger  les  femmes  enceintes,  & 
*es  petfonnes  âgées. 

Prenez  des  feuilles  de  cicorée  ,  de 
capillaire  ,  &  de  phnpinelle,  une  poi¬ 
gnée  de  chacune,  demi  once  de  tama¬ 
rins  ,  de  reglille  ratifiée,  &  conciliée, 
une  drachmc;d’orge  entier,&  de  fleurs 
de  violetes  ,  de  chacun  une  pincée, 
faites  bouillir  le  tout  ,  &  métez  in- 
‘ufer  dans  la  coulature  deux  drachmes 
de  féné  ,  avec  un  peu  d’anis  ,  une 
drachme  de  rhubarbe  ,  avec  du  fantai 
citrin.  Vous  difloudrez  dans  l'expref- 
**°n  de  manne  ,  &  de  fyrop  de  fleurs 
de  péchier  une  once  de  chacun. 

Pour  ceux  qui  crachent  le  fang, 
faut  diminuer  la  quantité  du  fé- 
’Jc  >  &  il  fuffit  fi  l'on  y  en  met  une 
drachme. 

Pour  les  femmes  fujetes  aux  fufo- 
H Cations  de  matrice,qui  procèdent  d’u- 
^  caufe  chaude,  apres  le  paroxyfme, 
°u  dans  le  tems  que  l'on  donne  des  re¬ 
ndes  de  précaution,  la  potion  fui- 
Vatite  peut  avoir  lieu. 


jÆi  Part.U.  Des  Evacuatifs.  Sc&.I. 

Prenez  demie  once  de  tamarins,  une 
poignée  de  feuilles  de  cicorée  ,  de 
petit  abfynthe  ,  &  de  fleurs  de  pef- 
chier,de  chacune  une  pincée.  Faites 
bouillir  le  tout ,  &  dans  la  coulature 
vous  métrez  infufer  deux  ou  trois 
drachmes  de  féné,  demie  drachme  de 
graine  contre  les  vers  ,  de  rhubarbe, 
avec  du  fantal  citrin  ,  &  de  crème  de 
tartre ,  une  drachme  de  chacun.  Dans 
l'cxprcfllon  vous  difloudrez  du  fyrop 
de  neuf  infufions  de  rofes  pâles  ,  une 
once. 

Pour  celles  qui  font  plus  difficiles  ^ 
purger, on  peut  y  difloudre  demie  on¬ 
ce  de  catholicon  double  ,  ou  bien  en 
métré  une  once  dans  l’infufîon.  Que 
s’il  n’y  a  point  quelque  refte  de  cha¬ 
leur  ,  dans  un  corps  robufte  &  plein» 
en  place  du  catholicon  dans  la  dil- 
folution,  jufques  à  trois  drachmes  de 
diacartham,  ou  de  diaphenic  ,  ou  de 
diaprunum  compofé  :  ou  apres  l’e*'  i 
preflîon  y  diffoudre  de  catholicon  ( 
double  ,  &  de  l’ele&uaire  de  citr 9  > 
trois  drachmes  de  chacun  ,  du  fyr°P 
de  neuf  infufions  de  rofes  pâles ,  ullC 
once. 


■Chap.  III.  Des  Votions  purg.  j  tîj 

<^uand  les  humeurs  font  brûlées , 
&  mélancoliques ,  il  les  faut  premiè¬ 
rement  vuider  avec  le  purgatif  que 
nous  avons  décrit  cy-deflus  ;  &  en¬ 
suite  pendant  tout  le  tems  que  l’on  eft 
dans  l’ufage  des  alteratifs  internes , 
&  des  topiques ,  il  ne  faut  que  don¬ 
ner  fouvent  la  tifane  laxative. 

Des  Potions  purgatives  pour  les 
enfant. 

On  donne  k  ceux  qui  viennent  de 
naître  du  miel  rofat ,  ou  du  fyrop  ro- 
fatrdépuis  demie  once,  jufqu’à  une 
ûnce. 

Pour  ceux  de  fix  mois ,  &  plus. 

Prenez  une  drachme  de  féné  ,  de 
graine  contre  les  vers  ,  un  Ictupule , 
faites  -  les  infufer  dans  de  l'eau  de  ci' 
^orée  ,  dans  l’cxpreïïïon  ,  jufqu'à 
deux  onces ,  dillblvcz-y  une  once  de 
fyrop  rofat  folutif ,  ou  de  fyrop  de 
cJcoréc  compofé.  Faites  une  petite  po- 
n°n  ,  <^uc  vous  donnerez  deux  heu- 
ÏCs  apres ,  &  devant ,  qu’il  prenne  1* 

lnarnmclle. 

Pour  ceux  de  deux  ans. 


3  64  Part.ll.  Des  Evacuatifs.  SeéhI. 

Prenez  de  féné  ,  &  de  rhubarbe  , 
une  drachme  de  chacun  ;  de  canclle 
demi  fcrupule  ;  faites  -  les  infufer 
dans  l'eau  de  cicorée ,  dans  l’expref» 
lion  jufqu’à  trois  onces,  dilfolvez-y 
du  fyrop  rofat  compofé ,  une  once. 

Pour  ceux  qui  font  plus  grands  & 
qui  ont  des  vers. 

Prenez  de  fe'né  &  de  rhubarbe ,  une 
drachme  de  chacun  ;  de  graine  con¬ 
tre  les  vers  &  de  fantal  citrin,de  cha¬ 
cun  demi  fcrupule.  Faites-lcs  infufer 
dans  l’eau  de  pourpier  j  dans  l’expref- 
lion  jufqu’k  trois  ou  quatre  onces  dif- 
folvcz-y  une  once  de  fyrop  rofat  fo- 
lutif  ou  de  fleurs  de  péchier. 

On  y  ajoûte  quelquefois  r  pourveu 
que  l’enfant  ne  foit  pas  araqué  des 
vers  ,  pour  purger  plus  amplement»  • 
trois  drachmes  ,  ou  demie  oncede 
manne. 

Quelquefois  pour  ceux  qui  font 
robuftes  &  qui  {ont  atteins  du  haut 
mal ,  ou  qu’il  y  a  à  craindre  quelque 
fufocation  par  une  abondance  d’hu¬ 
meur  ,  on  ordonne  ainfi  les  potions 
purgatives.  #  ' 

Prenez  une  drachme  de  fe'né,  demie 


Chap.lII.  Des  Votions  pur  g.  365 
drachme  de  graine  contre  les  vers.  Fai¬ 
tes -les  infufer  dans  l’eau  de  cicorce 
ou  de  betoine.  Dans  l'cxprcflîon  de 
deux  ou  trois  onces  diflolvez  de  vin 
cmctique,  Sc  de  fyrop  de  fleurs  de  pê- 
chier  ,  de  chacun  demie  once. 

En  place  du  vin  émetique  on  y  peut 
difl’oudre  une  drachme  ou  deux  de 
l’éle&uaire  de  diacartham  ,  félon 
1  âge  Se  les  forces. 

Il  faut  prendre  garde  que  dans  les 
mouvemens  convulfifs,il  n’y  ait  quel¬ 
que  inflammation  dans  le  cerveau,  ce 
qui  arrive  fouvent.  Car  alors  apres 
la  faignée  Sc  les  vcntoufes ,  il  ne  faut 
pas  un  violent  purgatif ,  mais  doux 
Si  bénin  ,  de  crainte  que  les  humeurs 
agitées  n’augmentent  l’inflammation 
&  les  mouvemens  épileptiques. 

De  la  Tifane  laxative ,  vulgairement 
apellée  royale. 

Céte  tifane  fe  fait  de  deux  ou  trois 
drachmes  de  féné  avec  fon  correctif 
infufez  dans  un  ou  deux  verres  d'eau, 
félon  que  l’on  veut  une  ou  deux  dofes 
pour  prendre  le  même  jour ,  le  matin 
*  fix  heures  5c  à  dix,  ayant  pris  un 


$.6 6  Part.ïl.  Des  Ev/icuatifs.  Seét.l. 
bouillon  à  huit,  entre  les  deux  prifes  j- 
ou  bien  fi  les  forces  &  le  bon  eftomac 
le  permétcnt ,  on  prendra  la  première 
dofe  à  cinq  heures  ,  &  la  fécondé  à 
lept,  &  le  bouillon  à  neuf. 

On  ajoute  avec  le  féné  du  fuc  de 
limon  nouvellement  exprimé  ,  ou  de 
l’efprit  de  vitriol ,  ou  de  foulfre ,  ou 
de  crème  ou  fel  de  tartre,  félon  les  di¬ 
vers  delTeins  que  l’on  a  :  la  quantité 
des  acides  fe  détermine  à  une  legere 
&  agréable  aigreur. 

L’infufion  le  fait  en  été  à  froid,  en 
hyver  à  chaud  ,  ayant  fait  un  peu 
bouillir  le  féné  devant  ou  après  L’in- 
fo  fion. 

Céte  tifane  eft  propre  pour  les  per- 
fonnes  délicates,  chaudes,  maigres,  &C 
pour  ceux  qui  l’aiment,  ou  qu’il  eft  ne- 
celfairc  de  vuider  plutôt  en  plulteur* 
fois ,  que  par  un  feul  remède  :  elle  eft 
atiflï  bonne  dans  les  maladies  qui  dé¬ 
pendent  de  la  bile  &  d’une  mélancolie 
brûlée  ,  lorfqu’il  faut  évacuer  douce¬ 
ment  les  humeurs  fans  agitation  ;  # 
enfin  pour  ôter  entièrement  les  refteS 
des  fièvres  tiérccs  intermitantes,  con¬ 
tinues  &  malignes. 


Chap.III.  Des  Potions purg.  367 

Notez  que  s'il  y  a  quantité  d’hu¬ 
meurs  groflieres  compares  ,  &  avec 
beaucoup  d’obftruéHons  ,  la  tifane 
eft  un  rcmede  tro£  foible ,  principa»- 
lcment  au  commencement  de  la  cu¬ 
ration  -,  c’eft  pourquoy  il  faut  premiè¬ 
rement  purger  plus  amplement  le  ma¬ 
lade  avec  les  remedes  propres  que  nous 
avons  déjà  ordonnez. 

Ayant  donc  ôté  la  plus  grande 
partie  des  humeurs ,  les  ti  fanes  laxa¬ 
tives  réitérées  de  rems  en  tems  feront 
tres-à  propos  en  ufage. 

La  tifane  fuivante  qui  eft  fiqaple 
pourra  fervir  dans-  les  rencontres  que 
nous  venons  de  nommer. 

Prenez  deux  ou  trois  drachmes  de 
fené ,  demie  drachme  d’anis  ;  métez- 
les  infufer  dans  deux  verres  d'eau  avec 
du  fuede  limons  nouvellement  prellé, 
jufqu’à  une  agréable  aigreur,  pendant 
une  nuit  à  froid  en  été ,  &  en  hy  ver 
à  chaud.  Prcllez  -  là  ,  &  prenez  un 
verre  dans  le  tems  8c  de  la  façon  que 
•nous  avons  marqué. 

On  peut  faire  une  tifane  tres-agréa- 
ble  pour  une  prife  feulement  de  ccte 


3  68  Part.II.  Des  EvacMtifs.  Sedt.ï. 

Prenez  deux  drachmes  de  féné  , de¬ 
mie  drachme  de  coriandre  préparé  > 
«ne  poignée  de  feuilles  de  pimpinellc 
coupée  bien  menu:  métez-les  infufer 
dans  l'eau  de  fontaine  avec  du  fuc  de 
limon  fraîchement  preffe,  jufqu’à  une 
agréable  aigreur  :  pafTez,&  preflez-là» 
èc  en  donnez  huit  onces.  Ou  bien. 

Prenez  trois  drachmes  de  tamarins, 
deux  ou  trois  drachmes  de  féné ,  une 
drachme  de  regliiïeconcairée  ,  d’anis 
&  de  crème  de  tartre  ,  demie  drachme 
de  chacun  :  Faites-les  infufer  dans 
de  l’eau  de  fontaine.  Paffez  l’infufion» 
&  prelTez  le  refte  :  vous  en  donnerez 
huit  onces. 

Quand  il  y  a  quantité  de  bile,  on  y 
peut  faire  infufer  une  drachme  de  rhu¬ 
barbe  avec  du  fantal  citrin. 

Des  mêmes  purgatifs  &  rafraichif- 
fans  on  en  peut  faire  une  tifane  pour 
deux  prifes ,  augmentant  la  quantité 
de  l’eau  pour  l’infufion. 

Dans  le  progrez  des  fièvres  tierces 
intermitantes  on  peut  fe  fervir  de  U 
tifane  fuivante. 

Prenez  demie  once  de  polypode  £c 
chêne  concalfé ,  trois  drachmes  de  fe- 


Chap.  III.  Des  Votions pwg.  3  69 
né  j  demie  drachme  de  graine  contre 
les  vers ,  une  pincée  de  Commuez  de 
Petit  abfynte.  Faites-les  infufer  dans 
l'eau  de  fontaine  ,  y  ajoutant  du  fuc 
de  limon  ce  qu’il  en  faut  pour  une 
agréable  acidité  ,•  l’infufion  fe  doit 
faire  à  chaud  ,  fi  l’air  n’eft  extraor¬ 
dinairement  chaud.  Paflez  la  liqueur, 
exprimez  le  marc  ,  vous  en  donnerez 
huit  onces  le  matin  trois  heures  de¬ 
vant  un  bouillon ,  &  les  reïterez  Cou¬ 
vent  ,  donnant  entre  deux  des  altera- 
tifs  internes  &  topiques.  On  peut 
faire  l’infufion  dans  du  petit-lait  très- 
bien  dépuré. 

Dans  les  maladies  caufées  par  la. 
mélancolie  ,  &  les  vifceres  étant 
échaufez  ;  on  peut  ajouter  à  céte  tî  fa¬ 
ne  demie  poignée  de  fumeterre,  ou  de 
cicoréc,  coupée  bien  menu. 

Des  potions  avec  le  vin  émetique. 

Bien  que  tout  émetique  purge  par  le 
vomi(Tement,néanmoîns  le  vin  qu’om 
Homme  émetique  >  purge  par  le  bas 
quand  on  le  mêle  avec  un  purgatif 
plus  fort  ,  ou  qui  cft  en  plus  grande 


370  Part.lï.  Des  Evacuatifs.SeÙ.f, 
quantité.  On  le  met  dans  une  teinta- 
re  de  fcné  ,  par  le  moyen  de  laquelle 
il  purge  plus  copieufement  parles  (el¬ 
les  que  par  le  vomiirement.  C’eft  une 
choie  lurprenante  ,  que  le  plus  fort 
fuive  le  mouvement  du  plus  foible  ? 
Eft-ce  parce  que  la  faculté  vomitive 
qui  eft  dans  l'antimoine  qui  copfifte 
«fans  un  foulfre  volatil  &  acre  ,  eft. 
un  peu  rabatue  par  céte  teinture,  d’otu 
il  arrive  que  de  vomitif  qu'il  eft  ,  il 
dévient  purgatif  par  les  Telles.  Il  eft 
confiant  que  l'antimoine  ayant  un  peu 
perdu  de  lon  acrimonie,d'émetique  eft 
rendu  purgatif,  &  céte  même  acrimo¬ 
nie  étant  encor  atfbiblie  »  de  purgatif, 
il  devient  diaphonique  ;  ce  qui  fe 
voit  aufli  dans  le  nitre  ,  &  dans  plu- 
fleurs  autres.  Le  feu  en  dilîipant  ce . 
qu’il  y  a  de  fubtil  &  d’acre,  l’eau  e»! 
adouciftant ,  en  atirant ,  ou  en  éten¬ 
dant  :  les  chofes  huilctifés  &  refmeu- 
fes  en  émoullént ,  diminuent ,  &  mê¬ 
me  changent  quelquefois  la  force  des 
purgatifs  qui  évacuent  par  le  haut  86 
par  le  bas.  Mais  il  n’y  a  rien  qui  tenir 
pcreouquiatFoiblifte  tant  l’acrimonie 
du  fel  purgatif,  que  l’acide  -,  dont.)*- 


Chap.  III.  Des  Votions purg.  ?7I  - 
choc  avec  le  Talé  fait  naître  une  cha¬ 
leur  &  un  combat  par  lequel  ce  qu'il 
y  avoit  auparavant  de  plus  fort  &  de 
plus  violent  eft  adoucy ,  ou  quelque¬ 
fois  changé.  L’hellebore ,  l’efule  ,  le 
granum  Cnidium  fe  préparent  &  s’a- 
douciiTentavec  le  vinaigre  :  l’antimoi¬ 
ne  ne  s’adoucit  pas  feulement  par  le 
vinaigre,  mais  même  dévient  aftrin- 
gent  ;  la  gutte-gomme  avec  le  vitriol, 
d’émetique  fe  change  en  un  purgatif 
beaucoup  plus  doux  :  les  Indiens 
ôtent  la  violence  à  l’euphorbe  avec 
le  fuc  de  pourpier  ,  &  Quercetan  en 
fait  des  pilules  fudorifiques  ayant 
domté  fa  violence  par  l’efprit  de  vi¬ 
triol.  Galien  au  Livre  de  la  compofition  • 
des  rnedicamcns  félon  les  genres,  enfeigne 
qu'il  faut  corriger  l’acrimonie  des  mé- 
dicamcns  que  l’on  emprunte  des  mé¬ 
taux  avec  le  vinaigre  les  vins  qui, 
tiennent  de  l’aigreur.  Tant  il  eft  vray 
que  les  acides  font  ennemis  des  tels  des. 
purgatifs  ,  de  forte  ou  qu'ils  les  aba¬ 
ttait  ,ou  qu'ils  les  détruifent  entière¬ 
ment.  Et  ce  n’eft  pour  d'autre  raifoiv 
■«pi’il  arrive  que  ceux  qui  ont  la  fièvre 


?7  i  Part.II.  T)ei  Evacuât  if  s.  Seét.I. 
ladies  dont  les  caufes  font  dans  les  hy- 
pocondres  ,  font  difficiles  à  être  vui- 
dées.  par  les  purgatifs,pendant  que  cé- 
te  humeur  terreftre  ,  acide  8c  acre  fe 
fermente  ,  fi  ce  n’eft  que  la  force  des 
purgatifs  fe  diffipe  par  les  acides  qui 
s’échaufenr.  Il  nefertrien  de  dire  que 
tandis  que  l’on  fait  bouillir  l’antimoi¬ 
ne,  les  efprits  acides  du  foulfre  &:  du 
vitriol,  &  femblables  acides  changent 
fa  vertu  toute  defïïcative&diaphorc- 
tique  qu’elle  eft, en  une  violente  &  ex¬ 
traordinaire  purgative  &  émetiquei 
Car  on  répond  à  cela  que  l’antimoine 
n’a  pas  bien  été  ouvert  alors  ,  ny  la 
malignité  de  fon  foulfre  n’a  pas  été 
tout-à-fait  diffipée  par  la  calcination 
6c  la  détonation  avec  le  fel  de  nitre  , 
comme  dans  le  fafran  de  Mars ,  dans 
lequel  le  peu  qui  refte  de  foulfre  de¬ 
meure  corrigé  par  les  parties  fixes  de 
fon  fel. 

Levin  émetiquefecompofcde  ver- 
te  ou  de  régulé  d’antimoine, de  fafran» 
des  métaux  ,  ou  de  magnefe  opaline  » 
6c  de  vin  blanc.  Voicy  la  façon  die 
le  préparer  félon  les  plus  celcbt** 
Chytniftes» 


C  hap.  ni.  Des  Potions  pur  g.  $  7  5 

Prenez  de  bon  antimoine,  &  de  Tel 
de  nitre  pur,de  chacun  parrics  égales  : 
broyez-lcs  fé  parement ,  &c  après  mê- 
lez-les  comme  il  faut  :  métez-les  dans 
un  creufet  ,  ou  dans  uii  mortier  de 
fonte ,  mérez-y  le  feu  ,  &  remuez-les 
fouvent  avec  une  fpatule  de  fer  rou- 
gie  ,  jufqu’à  tant  que  le  feu  n’y  foie 
plus  ;  ayant  ôté  la  limaille,  broyez  le 
fefte  &  lavez-le  fouvent  avec  de  l’eau 
tiède.  L'Antimoine  ainfi  préparé  s’a- 
pclle  le  fafran  de  Mars  ,  ou  le  foye 
d’ Antimoine ,  à  caufe  de  fa  couleur 
qui  reflemble  au  foye. 

Il  y  a  un  autre  antimoine  tres-bon 
qui  a  de  longues  lames»  tres-cl  aires  & 
ttanfparantes. 

On  le  brûle  plus  commodément , 
fi  on  jéte  la  matière  à  diverfes  fois,&  à 
la  prcmiere,avec  un  charbon  ardent  ou 
Un  fer  rouge  vous  allumez  la  matière; 

Prenez  une  once  de  fafran  des  mé¬ 
taux  préparé  de  la  façon  que  nous 
venons  de  dire  ,une  livre  &  demie  de 
k°n  vin  blanc,  ou  deux  livres,  raétez* 
les  infufer  pendant  vingt-quatre  heu* 
tc*  dans  une  phiole  bien  bouchée  ;  8c 
8*tdez-le  pour  le  befoin. 


£74  Part.il.  Des  Evacuatlfs.  Se&.l. 

Son  ufage  eft  dans  l’apoplexie  ,  & 
autres  maladies  ioporeufes.  Par  exem¬ 
ple- 

Prenez  trois  drachmes  de  féné  ;  de¬ 
mie  drachme  d’anis ,  faites-les  bouil¬ 
lir  dans  l’eau  de  betoine  :  prellez-les» 
prenez-en  quatre  onces  ,  dans  lcT- 
quelles  vous  difloudrez  deux  onces 
de  vin  émetique. 

Quelques  -  uns  le  donnent  jufqu’à 
trois  ou  quatre  onces ,  &  le  double 
même  aux  perfonnes  robuftes,  grades 
&  remplies. 

On  le  mêle  quelquefois  avec  le 
diacartham.  Par  exemple. 

Prenez  quatre  onces  de  teinture  de 
féné  ,  demie  once  de  vin  émetique,  S& 
une  drachme  de  poudre  de  diacarthâ»' 

S’il  opéré  lentement  ny  affés  co¬ 
pieu  fement  ,  il  faut  donner  la  poudre 
d’algarot ,  qui  eft  le  mercure  de  vie  r 
duquel  nous  parlerons  dans  le  Chapi¬ 
tre  des  poudres  purgatives. 

Le  remede  luivant  fe  donne 
•heureufement  dans  les  fièvres  cont*j 
nues,  malignes,  intermitantes,  quand 
la  matière  trop  abondante  menace  d* 
fegortcràla  tête  où  clic  caufe  laph^ 


Chap.  1 1 1.  Des  Potions  purg.  y/f 
toefie,  ou  quelque  afloupirtement  :  Et 
quand  la  nature  acablée  par  l’abon¬ 
dance  des  humeurs  &  de  leur  rnalignr 
qualité  fucombe  ,  &  eft  proche  de  la 
mort ,  eft  fouvent  •  rétablie  dans  fon; 
Premier  état  par  le  même  remede. 

Prenez  deux  drachmes  de  féné,  avec' 
Un  peu  d’anis,infufez-les  dans  l’eau  de 
fontaine,  &  les  faites  un  peu  bouillir^ 
les  ayant  exprimées  prenez  en  huit 
oncesjdans  Icfquelles  vous  dirt’oudrez 
deux  onces  de  vin  émetique.  Ou  bien. 
Prenez  demie  once  de  tamarins  ;  de 
feuilles  de  cicorée,  de  laitue  ,  &  d’o- 
zeille,de  chacune  demie  poignée.Fai- 
tes-les  bouillir  :  métez  infufer  dans  la 
eoulature  deux  drachmes  de  fe'né,  de¬ 
mie  drachme  de  graine  contre  les  vers,- 
&  une  once  de  carte  nouvellement  ex¬ 
traite.  Vous  difloudrez  dans  l’expref- 
fion,trois  drachmes  ou  demie  once, ou 
fix  drachmes,ouuneoncede  vin  éme¬ 
tique  ,  comme  on  le  jugera  neceflaire 
Par  l’abondance  des  humeurs,  la  cont 
titution  forte,  par  les  vifeeres  plus  ou^ 
moins  échaufez  ,  &  enfin  par  l’âge. 

Il  faut  que  le  Médecin  agirte  pru¬ 
demment  dans  l’ufage  de  ce  remede.:- 


$7<S  PartJl.  Des  Evacuât  ifs.  Seét.T. 
car  il  tue  d’abord  s’il  y  a  des  inflamma¬ 
tions  confiderables  dans  les  parties 
internes  ;  &  encore  plus ,  fi  le  mal 
eft  encor  dans  fon  augment,  &  que  la 
fluxion  continué  fur  ces  parties  ;  caf 
alors  il  y  a  à  craindre  une  mortifica¬ 
tion  de  la  partie  enflammée.  De  mê¬ 
me,  s’il  y  a  phrenefie,inflammation  du 
poumon  ,  ou  quelqu’ autre  inflamma¬ 
tion  des  vifccres ,  la  matière  qui  eft 
atachée  aux  pores  n’obéit  pas ,  mais 
s'éfarouche  davantage ,  &  travaille  à 
la  gangrène  ;  alors  il  faut  plutôt  ufer 
des  alteratifs  &  des  évacuatifs ,  par  la 
faignée  ,  les  ventoufes ,  les  fangfues, 
que  de  purgatifs  par  le  bas.  Il  faut 
donc  donner  le  vin  émetique ,  la 
matière  étant  encore  dans  le  mou¬ 
vement  après  plufieurs  faignées  du 
bras  &  du  pied  ;  en  forte  qu’il  n’y  ait 
pas  lieu  de  craindre  que  les  veines 
étant  encore  pleines  de  fang  &  de  fé- 
rofitez  bilieufes,ils  ne  fe  jétent  fur  le* 
parties  échaufées  ;  &  afin  que  s’il  refte 
quelque  portion  de  matière  qui  foit  fi¬ 
gée  ,  elle  foit  en  petite  quantité, pouf 
la  refolution  de  laquelle  la  feule  natu¬ 
re  puilîe  fuffire,  ayant  été  délivrée  de 


Chap.  III.  Des  Potions parg.  377 
ce  qui  l’acabloit  par  le  fecours  de  ce 
temede.  On  a  donc  befoin  en  cccy 
d’un  fage  confeil ,  &  ce  n’eft  pas  fans 
fujet  que  l’on  doit  avoir  de  l’horreur 
pour  l’abus  d’un  tel  remedc,  puifqu’il 
y  a  lieu  même  de  craindre  quand  on 
en  ufe  à  propos. 

Dans  ces  Portes  d'hydropifie  qu’on 
nomme  afcitc  &  anafarque  ,  prin¬ 
cipalement  quand  elles  procèdent 
d’une  caufe  froide  ,  il  fait  vuider  une 
grande  quantité  d’impuretez  :  on 
le  donne  de  la  façon  que  nous  avons 
déjà  marqué  ,  ou  bien  de  la  fui- 
vante. 

Prenez  quatre  onces  de  teinture  de 
lené  ,  de  manne  &  de  vin  cmetique 
Une  once  de  chacun. 

Dans  la  préparation  du  fafran  des 
métaux  ,  il  faut  prendre  garde  quand 
on  le  brîile ,  à  fa  vapeur  mlphureufe , 
car  elle  eft  venimeufe. 

L’édulcoration  s'en  fait  quand  on  le 
lave  dans  l’eau  ,  pour  en  tirer  les  par¬ 
ties  fixées  du  nitre,  en  filtrant  trois  ou 
quatre  fois  l’eau  ,  &  après  le  laiflant, 
afin  que  la  matière  fe  lèche  d’elle-mê¬ 
me.  On  connoît  qu’il  eft  ailes  édul- 


57  8  Part.II.  Des  Evacumfs.  S’e&.I. 
core  fi  en  le  métant  fur  la  langue  il 
n’a  point  d’acrimonie. 

Pour  regler  la  dofe  du  fafran  des 
métaux  à  la  quantité  du  vin  ,  on  ne 
peut  pas  errer  dans  une  grande  dofe  > 
parce  que  fi  par  exemple  on  met  deux 
onces  de  fafran  des  métaux  dans  une 
livre  devin  blanc  ,  le  vin  n’en  tirera 
pas  davantage  de  teinture ,  que  fi  on 
n’y  en  avoit  mis  qu’une  once. 


CHAPITRE  IV. 

Des  Bolui  purgatifs. 

LEs  Bolus  purgatifs  font  un  médi¬ 
cament,  folidc  à  la  vérité  ,  mais 
mol  ,  fait  de  purgatifs  fimples  oU 
compofez. 

On  fe  fert  des  bolus  purgatifs,  pre¬ 
mièrement  quand  les  médicamcns 
dont  nous  nous  voulons  fervir  pour 

Ser,  font  trop  défagréablcs,  parce 
s  font  la  potion  trop  ép^iife, com¬ 
me  le  catholicon  &  la  calTe  ;  ou  parce 
qu’ils  font  beaucoup  amers.  Seconde¬ 
ment  quand  on  veut  purger  des  ma- 


Chap.  IV.  Des  Bolus  purg.  3  79 
Jades  qui  vomiflent  facilement. 

Ces  bolus  ont  plufieurs  ufages. 

Premièrement  pour  purger  douce¬ 
ment  la  bile  dans  les  maladies  chau¬ 
des  du  foye  8c  de  la  rate  ,  &  ceux  qui 
font  fli jets  à  la  colique  renale  8c  à  la 
pierre.  Par  exemple. 

Prenez  une  once  de  cafle  nouvelle¬ 
ment  extraite ,  de  rhubarbe  en  poudre 
&  de  fel  de  prunelle,  une  drachme  de 
chacun  ,  avec  un  peu  de  lucre  ;  faites 
un  bolus,  que  l’on  prendra  deux  heu¬ 
res  devant  un  bouillon. 

Dans  la  gonorhée  on  peut  ajouter 
à  ce  bolus  un  fcrupule  ou  vingt-cinq 
grains  de  mercure  dulcifié. 

Secondement  pour  purger,  la  bile 
qui  eft  mêlée  avec  des  humeurs  grof- 
fiercs ,  dans  les  fièvres  longues  inter- 
mitantes  ,  dans  la  colique  néphriti- 
que ,  & c. 

Prenez  de  catholicon  double  & 
de  diaphenic  ,  de  chacun  cinq  drach¬ 
mes  ;  de  crème  de  tartre  une  drach¬ 
me  ,  avec  un  peu  de  fufcre  :  faites  un 
bolus. 

Troifiémemenr,  pour  atircr  les  fé- 
*ofitez  dans  la  goutte ,  rhumatiime  * 


380  Part.II.  Des  Evaeuatifs.  Se&.I. 
maladies  veneriennes.  Pat  exemple. 

Prenez  du  mercure  dulcifié ,  vingt 
grains  ;  du  diagrede ,  quatre  grains  > 
de  la  poudte  de  racines  de  jalap  > 
demi  lcrupule  ;  de  cafife  nouvelle¬ 
ment  extraite  ,  demie  once  ,  avec  du 
fyrop  violât  &  un  peu  de  lucre  :  fai¬ 
tes  un  bolus. 

Dans  l'hydropifie  &  autres  mala¬ 
dies  où  il  faut  vuidcr  les  grands  amas 
d’eaux. 

Prenez  de  gutte-gomme  ,  quatre 
grains  >  de  mercure  doux  dix  grains  > 
de  poudre  de  jalap  >  demi  fcrupule, 
avec  de  la  conferve  de  rofes  :  faites» 
un  bolus ,  que  l'on  prendra  de  quatre 
en  quatre  jours  pendant  quinze  ou 
vingt  jours  ,  prenant  dans  les  autres 
jours  des  bouillons  alteratifs  avec  des 
racines  de  brufc  ,  d’iris  de  pays ,  d’a- 
grimoine ,  de  ccterac  ,  de  cicore'e  > 
&c. 

Si  ce  bolus  ne  purge  pas  ailes , 
y  faut  ajouter  quatre  grains  de  dia* 
grede. 

Pour  ceux  qui  ne  font  pas  beaucoup 
avancez  en  âge, ou  pour  les  vieillards» 
atteins  des  mêmes  maladies. 


Clup.  V.  Des  Poudres  purg.  381 
Prenez  deux  grains  de  gutte- 
gomme ,  de  mercure  dulcifié,  quinze 
grains ,  de  poudre  de  racine  de  jalap , 
demi  fcrupule ,  avec  un  peu  de  con¬ 
serve  de  rofes  5  faites  un  bolus  ,  ou 
prenez  la  poudre  feule  ,  avec  une 
euilliercc  de  panade. 


CHAPITRE  V. 

Les  Poudres  purgatives. 

LEs  Poudres  purgatives  fe  font  de 
fimples  qui  ont  la  faculté  de  pur¬ 
ger  ,  &  qui  font  les  plus  agréables  au 
goût ,  y  ajoutant  leurs  corre&ifs  6c 
&  du  fucre. 

On  les  prend  avec  du  bouillon,  ou 
dans  quelqu’autre  liqueur  apropriée  , 
°ü  on  les  mcle  dans  deux  ou  trois 
cüillierccs  de  panade. 

11  s’en  faut  fervir  rarement  &  avec 
circonfpeûion  dans  des  maladies 
'fiaudes  ,  &  lorfque  les  vifeeres  font 
®cKaufez,  parce  que  les  purgatifs  pris 
jn  fubftance  échaufent ,  6c  fondent 
^  humeurs ,  &  irritent  beaucoup. 


j  8  i  Part  .II.  Des  Evacuatifs.  Se&.I. 

Leurs  ufages  font  dans  les  maladies 
longues  qui  dépendent  de  la  bile, dans 
les  vomiiî'emens  périodiques ,  &  pour 
ceux  qui  font  menacez  d’hydropifie. 

Prenez  une  drachme  de  rhubarbe 
en  poudre,  demie  drachme  de  crème 
de  tartre  -,  mêlez  -  les,  &  vous  don¬ 
nerez  céte  poudre  dans  un  bouillon 
rafraichiflant ,  de  cinq  en  cinq  jours» 
ou  trois,  fois  le  mois. 

Dans  les  indifpofitions  pituiteu- 
fes  foie  pour  précaution  ,  ou  curation 
après  les  remedes  généraux. 

Prenez  demie  drachme  de  turbith 
choifi ,  une  drachme  de  crème  de  tar¬ 
tre  ,  demi  fcrupule  de  diagrede  ,  dix 
grains  de  canelle  ,  ajoûtez-y  un  peu 
de  fucre  &  faites  une  poudre.  La  dofe 
■cil  dépuis  une  drachme  jufqu’à  qua¬ 
tre  fcrupules. 

Dans  les  indifpofitions  rhumati- 
ques ,  arthritiques ,  &  veneriennes. 

Prenez  demi  fcrupulc  de  racine  de 
jalap  ;  quatorze  grains  de  mercure 
dulcifié  ;  de  diagrede  &  de  crème  de  ' 
tartre,  de  chacun  fix  grains.  Faites 
une  poudre ,  que  l’on  prendra  avec 
une  cuillierée  de  panade. 


’Chap .V.  Des  Poudres purg.  j  83 

Pour  vuiderlcs  eaux  dans  l'hydro- 
pifie  afcire. 

Prenez  quatre  grains  de  gutte- 
gomme  ,  un  fcrupufc  de  mercure  dul¬ 
cifié  ;  de  la  poudre  de  la  racine  de  ja¬ 
lap  &  de  diagrede  ,  de  chacun  Cix 
grains.  Faites  une  poudre  que  l’on 
Prendra  avec  une  cuillierce  de  panade. 

Prenez  de  mercure  de  vie  ,  &  de 
gutte-gomme,  de  chacun  trois  grains; 
de  poudre  de  racine  de  jalap  &  de 
diagrede  ,  quatre  grains  de  chacun, 
faites  une  poudre. 

La  poudre  fuivante  hydragogue  eft 
fort  recommandée  pourl'hydropifie. 

Prenez  de  féné  ,  de  turbith  gom¬ 
meux  ,  &  d'hermodates  ,  de  graine 
d’hyeble  ,  de  racine  de  jalap  &  de 
inechoacam,  demie  drachme  de  cha¬ 
cun  ;  de  crème  de  tartre  une  drachme, 
de  gutte-gomme  quinze  grains  ;  de  la 
poudre  de  diambre  ,  &  de  diarhodon 
de  de  graine  de  fenouil,  un  demi  fcru- 
pule  de  chacun  ;  de  fucre  candy  une 
drachme  &  demie.  Faites  une  poudre 
du  tout  ,  dont  vous  en  métrez  deux 
drachmes  infufer  pendant  la  nuit  dans 
^'atre  onces  de  vinc  blanc, donnez  les 


384  Part.  II.  Des Evacuatifs.  Seét.I. 
matin  le  vin  &  la  poudre  de  cinq  en 
cinq  jours  ayant  fait  les  remedcs  gé¬ 
néraux. 

La  poudre  Cornachine. 

Prenez  d’ Antimoine  diaphonique 
huit  grains  ;  de  diagrede  préparé  avec 
le  fouphre  ,  un  demi  fcrupule  ,  un 
fcrupule  de  creme  de  tartre.  Faites 
une  poudre  pour  prendre  avec  une 
cuillieréc  de  panade. 

On  peut  augmenter  la  dofe  de  l’an¬ 
timoine  ,  félon  la  penfée  de  l'Auteur» 
jufques  à  quinze  grains  ,  le  diagrede 
jufques  à  vingt  ,  de  creme  de  tartre 
deux  fcrupules. 

L’Aureur  de  céte  poudre  luy  don¬ 
ne  tant  de  vertu,  qu’il  prétend  qu’elle 
faire  des  merveilles  dans  routes  les 
maladies  qui  font  caufées  par  les  ex- 
cremens,  dont  il  en  a  compofé  un  Li¬ 
vre  entier. 

De  céte  poudre  &  du  mercure  de 
vie  on  peut  préparer  une  poudre  tres- 
utile  pour  l’hydropifie,  pour  l’apople¬ 
xie  ,  quand  les  autres  remedes  opè¬ 
rent  trop  lentement ,  ou  moins  qu’il 
ne  faut. 

Prenez  quatre  grains  de  mercure  de 
vie# 


Chap.VI.  Des  Pilules  purg.  3  H  r 
vie  ,  quatre  grains  de  diagrede  pré¬ 
paré  la  vapeur  de  foulfre  ,  demi 
îcrupule ,  d’antimoine  diaphonique 
huit  grains  ,  de  crcme  de  tartre  un 
fcrupule.  Faites  une  poudre. 

U  faut  prendre  garde  que  tes  vifoe- 
tes  ne  foient  chauds  &  fecs,  &  que  le* 
humeurs  ne  foient  plutôt  brûlées  que 
pituiteufes  ,  car  alors  les  remedes 
chauds  &  iècs  caufcroïcnt  des  inflam¬ 
mations  ,  ou  des  autres  tumeurs. 


CHAPITRE  VI. 


Des  Pilules  purgatives. 

L  Es  Pilules  purgatives  fe  compo- 
fent  de-diverfes  efpeceS  de  Amples 
purgatifs  amers  >  actes  &  de  maUvaife 
^detir  vy  ajodtanf  ce  qui  leur  fert  de 
y^hicûle1,  Sf  l&s  chofes  qui  avancent 
’eur  operation ,  ou  corrigent  les  mau- 
^ifes  qualitcz  ,  &  confervent  leur 
'°>'nie. 

1  Hy  a-des  pilules  OfKcifiales  qui  -fe 
confervent  toutes  préparées  dans  les 
“étiques'  comthc  dés  Voecies ,  d’a- 
R 


Part.TI.  Des  Evacuatifs.  Se£t.l. 
garic  ,  arthritiques  ,  &c. 

D’autres  Magiftralcs  que  les  Mé¬ 
decins  ont  coutume  d’ordonner  félon 
les  diverses  indications  ,  que  l’on 
nomme  communément  Ufueles,  parce 
que  l’on  en  ufe  fréquemment.  On 
doit  métré  dans  leur  conipofition  deJ 
chofes  qui  en  petite  quantité  font  un 
grand  effer. 

Leur  dofe  eft  d’une  drachme ,  juf- 
qu’à  quatre  fcrupuLcs. 

On  doit  prendre  les  pilules  qui 
purgent  fortement  ,  après  le  pre¬ 
mier  fommeil  ,  afin  que  la  chaleur 
étant  retirée  &  reflerrée  au  dedans  » 
die  furmonte  plus  facilement  leur 
folidité  ,  8c  en  avance  l’operation* 
Mais  pour  ce  qui  eft  de  celles  qu* 
purgent  médiocrement  ,  c’eft  ai- 
fez  fi  on  les  prend  à  quatre  oU 
cinq  heures.  U  ne  faut,  pas  dor¬ 
mir  quand  elles  commencent  à  ope' 
rer.  On  les  prend  quelquefois  in* 
mediatement  devant  un  leger  foUp« 
comme  celles  qui  font  pour  l’eft®' 
mac  ,  ou  pour  lâcher  feulement 
ventre. 

On  fe  fert  des  pilules  quand  les  m*' 


Chap.VI .  Des  Pibtlespttrg.  3S7 
-lades  ont  de  l’averfion  pour  les  medi- 
•camens  liquides  ,  ou  pour  les  folides, 
qui  font  d'une  grofTcur  exceffive.  Se¬ 
condement  quand  l’eftomac  eft  rem- 
ply  d'humeurs  pituiteufes.  Troifié- 
mcment  quand  on  veut  atirerles  hu¬ 
meurs  de  l’eftomac  des  parties  les  plus 
éloignées.  Leur  ufage  eft  principale¬ 
ment  dans  les  maladies  froides ,  &  en 
hyver,oudans  les  invetcréestEnétéon 
n’en  ufe  point  du  tout  ;  car  tout  médi¬ 
cament  qui  purge  en  fubftance  pris  en 
petite  quantité ,  eft  acre  &  chaud. 

Les  pilules  fuivantes  attirent  forte¬ 
ment  les  humeurs  du  cerveau  ,  &  des 
autres  parties  dans  une  cacochymie 
pituiteufcjfercufe,  fimple  ou  melée. 
Prenez  de  la  mafte  des  pilules  coccies 
&d’agaric,dechacunedemie  drachme, 
des  trochifques  alhandal  ,  de  diagre- 
de  ,  de  chacun  quatre  grains ,  d'huile 
d’anis  tirée  chymiquement  ,  quatre 
goutes.Formezcinq  pilules  pour  pren¬ 
dre  apres  le  premier  fommeil.  AulTi 
félon  les  diverfes  maladies  on  préparé 
des  pilules  des  autres  officinales,  com¬ 
me  pour  la  goutte,  de  la  malle  des  pi¬ 
lles  arthritiques ,  &  d’hermodates  7 
R  z 


3 S 8  Part.ll.  Des  Evacuatlfs.  Seéfc.I. 
pour  les  maladies  froides  de  Peftomac, 
des  ftomachiques  ,  de  hiere  ,  &  d'a- 
loes  :  pour  purger  la  bile>des  dorées  : 
pour  la  mélancolie  ,  des  grandes  féti¬ 
des  ,  &  de  la  pierre  lazuli  ;  pour  les 
maladies  des  yeux  de  celles  que  l'on 
nomme  lucis  majores  ;  pour  les  lon¬ 
gues  fièvres ,  des  aggregarives  ,  que 
pour  ce  fujet  onapellc  polycreftes. 

De  plufieurs  des  pilules  que  nous 
venons  de  nommer  ,  on  fait  quelque¬ 
fois  une  malle  ufuelle  pour  les  mala¬ 
dies  longues,  pour  laparalyfie,  rrem- 
blement  ,  engourdi  iTement ,  convul- 
fîon  ,  provenans  d’une  caufe  froide 
fercufe  ,  avec  une  intempérie  froide 
&  humide  du  cerveau. 

Prenez  de  la  malTe  des  pilules  coc- 
cies,&  d’agaric,une  drachme  &  demie 
de  chacune  ;  d'hermodates  &  d'agre- 
gatives ,  demie  drachme  de  chacune  ; 
de  gutte-gomme  corrigée  avec  l’efprit 
de  vitriol  &  de  diagrede, demie  drach¬ 
me  de  chacun  ;  de  Mercure  dulcifié 
une  drachme;dc  la  poudre  dediamo£ 
chi  un  fcrupule  ;  avec  du  fyrop  de 
ftccade ,  formez  une  pilule.  La  dofe 
eft  de  deux  fcrupules,  ou  une  drachme 


Chap.  VI.  Des  Pilules  purg.  389 
pour  prendre  de  grand  matin. 

Pour  précaution  de  la  paillon  hyf- 
terique  dans  les  femmes  gradés  8c 
froides. 

Prenez  de  la  marte  des  pilules 
fetides  ,  deux  fcrupules  ;  des  tro- 
chifques  alhandal  ,  cinq  grains , 
de  caftoreum  ,  deux  grains.  Faites 
cinq  pilules  ,  pour  prendre  après  le 
premier  fommeil. 

Pour  vuider  les  fero  lirez  dans  les 
maladies  arthritiques  ,  rhûmatifmes , 
hydropifies ,  maux  veneriens. 

Prenez  de  gutte-gomme,  ou  de  fon 
magiftere ,  quatre  grains  ;  de  mercure 
doux ,  un  fcrupule ,  de  diagrede,  cinq 
grains ,  avec  des  mucilages  de  gomme 
tragacant  formez  Trois ,  quatre  ,  ou 
cinq  pilules. 

Prenez  de  la  mafle  des  pilules  fine 
ejuibus ,  demie  drachme  ;  de  diagrede 
pre'parée  avec  de  la  fleur  de  foulfre , 
quatre  grains  ,  du  mercure  dulcifié 
vingt  grains.  Faites  cinq  pilules. 

Les  fuivantes  font  polycreftes  & 
antiveneriennes. 

Prenez  des  maires  des  pilules  coc- 
cies,  demie  drachme ,  de  mercure  dul- 

R  3 


WO  Part.II.  Des  Evacuatifs.  Se&.ïi 
eifié  quinze  grains,de  précipite  blanc»- 
cinq  grains  ,  avec  quelques  goûtes  de 
fyrop  rofat-,  formez  quatre  ou  cinq 
pilules. 

Pilules  ufuelles nommées  angéli¬ 
ques. 

Prenez  deux  onces  de  fuc  de  rofes 
pâles ,  des  lues  dépurez  de  buglofe , 
de  bourrache  ,  de  fumeterre  ,  &  des 
fommitez  d’hyeble  »  de  chacun  deux, 
drachmes ,  de  rhubarbe  demie  drach¬ 
me,  de  fantal  citrin,  demi  fcrupule. 
Laill'ez  -  les  infufer  pendant  quatre 
jours, après  une  forte  ex preflîon, ajou¬ 
tez  -  y  quatre  onces  d'aloës  fucotrin 
réduit  en  poudre  tres-fubiile.  Mêlez- 
les ,  &  cxpofez‘les  au  Soleil ,  en  les 
remuant  fouvent  avec  la  fpatule,  juf- 
qu’à-ce  qu'elles  ayent  laconfiftance 
de  pilules ,  dont  la  dofe  eft  d'un  fcru¬ 
pule  ,  julqu'à demie  drachme ,  demie 
heure  devant  le  fonper ,  une  fois  la 
femaine ,  ou  trois  fois  le  mois. 

Dans  les  maladies  qui  dépendent 
d'une  matière  craife ,  mucilagineufe  > 
&  tartareufe,  avec  des  obftruûions» 
&:  amas  d'humeurs  ;  d’où  naiifent 
quelquefois  des  fufocation* ,  des  ver- 


Chap.  V I.  Des  Pilules purg.  39* 
tiges  ,  épilepfies ,  douleurs  de  tOter 
foiblelTe  d'eftomac  ,  apres  les  remè¬ 
des  généraux  ,  &  l’ufage  des  eaux  mi¬ 
nérales  j  les  pilules  fuiv  antes  anti- 
hydropiques  font  fort  recomman¬ 
dées. 

Prenez  d’alocs  fucotrin ,  lavé  trois 
ou  quatre  fois  avec  du  fuc  de  lofes*, 
trois  onces  *,  de  féné  mondé  ,  de  rhu¬ 
barbe  choific ,  8c  d'agaric  rrochifqué, 
une  drachme  8c  demie  de  clfacun  ;  du 
diagrede  préparé  ,  avec  le  foulfre,  &c 
des  trochifques  alhandal ,  de  chacun 
demie  drachme  ,  de  fel  d’abfynthe , 
&  de  poudre  de  diarhodon  ,  de  cha¬ 
cun  un  fcrupule  &  demi ,  avec  du 
fyrop  de  rofes  pâles  ,  formez-en  une 
marte  de  pilules  ,  dont  vous  en  don¬ 
nerez  demie  drachme  ,ou  une  drach¬ 
me  le  matin  ,  trois  heures  devant  un 
bouillon ,  une  fois  la  femaine  ,  ou 
trois  fois  le  mois. 

Il  faut  éviter  l'aloës  ,  &c  tous  les 
remèdes  où  il  entre ,  dans  ceux  qui 
font  fujets  aux  hémorroïdes  ,  &c  à 
la  perte  des  mois  j  car  l’aloës  a  cc- 
te  faculté  d’ouvrir  les  orifices  des 
veines. . 

R  4 


î«)i  Part.II.  Des  Evacuât  Ifs.  Seét.î. 

Voicy  des  pilules  pour  une  dofe , 
pour  le  meme  fujet. 

Prenez  de  rhubarbe  en  poudre  ,  8C 
de  poudre  d'hiere  picre ,  de  chacun 
demie  drachme ,  de  canelle,de  m allie» 
fix  grains  de  chacun  ,  de  diagrede,  SC 
de  fei  de  tartre  ,  de  chacun  quatre 
grains  ,  avec  du  fyrop  rofat  folutif» 
formez  trois  pilules  ,  pour  prendre 
matin. 


CHAPITRE  VIL 

Des  purgatifs  Chymigues, 

NOus  décrirons  dans  ce  Chapitre 
les  remedes  ch  y  iniques  qui  fonc 
fréquemment  enufage,defquels  feuls, 
ou  mêlez  avec  d'autres ,  félon  la  di.-- 
verfité  des  indications  »  on  peut  pré¬ 
parer  un  remede  purgatif,  en  forme 
de  poudre,  bo-lus.,  extrait,  &  pilu¬ 
les  ,  &c. 

On  marque  icy  la  dofe  de  ces  pur¬ 
gatifs, comme  fi  on  lesdonnoir  feuls; 
on  la  réglé  plus  particulièrement , 
félon  les  forces ,  l'âge  ,  la  quantité  * 


Chap.VIÏ.  Des  Purgatifs Chynt.  393 
&  la  qualité  des  humeurs  ;  Sc  félon 
qu’on  les  mêle  avec  plufieurs  ou  peu 
d’autres  purgatifs. 

L’extrait  de  féné  d’une  demie 
drachme  à  une  drachme. 

L’extrait  de  rhubarbe,  depuis  un 
fcrupule  à  une  drachme. 

Ces  deux  extraits  purgent  dou¬ 
cement  la  mélancolie  ,  8c  les  féro- 
fitez. 

La  teinture  de  féné  ,  ou  de 
rhubarbe  ,  jufqu'à  deux  ou  trois 
cuillierées  feule  ,  pour  les  petits  en- 
fans  ;  ou  on  les  dilfoût  dans  les  pur¬ 
gatifs  ,  que  nous  avons  décrits  cy~ 
delHis. 

L’extrait  de  mechoacam  ,  jufqu’à 
demie  drachme  ,  ou  une  drachme  ; 
il  purge  la  mélancolie  ,  6c  les  féro- 
fitez. 

L’extrait  des  myrobalans ,  jufqu’à 
demie  drachme ,  ou  une  drachme  ;  on 
le  prend  avec  un  médicament  aftrin- 
gent  8c  purgatif,  ou.  feul  pour  le  flux 
de  ventre. 

L’extrait  de  jalap  ,  8c  fa  refîne  , 
depuis  fix  grains ,  jufqu’à  demi  feru- 
pule. 


394  Part.II.  Des  Evacuatifi.  SèéF.K 

Le  magiftere  de  jalap  ,  depuis  dix 
grains  ,  jufqu’à  dix-huit.  La  verti*" 
purgative  du  jalap  eft  dans  fa  refine  f 
c’eft  pour  cela  que  l'on  s'en  doit  plu¬ 
tôt  fcrvir,  ou  en  fubftance ,  ou  en  ex¬ 
trait,  ou  eu  magiftere,  qu’en  infufion, 
ou  décoétion  ,  parce  que  les  chofes 
aqucufes  ne  dillolvcnt  pas  les  grades, 
Sc  les  rcfineufes.  Il  purge  doucement 
les  férofitcz. 

L’extrait  d’éfule,de  demie  drachme 
à  une  drachme,  fait  le  meme  effet. 

L'extrait  d’hellebore  noir ,  jufqu'à 
demi  fcrupule,  ou  un  fcrupule.  il 
purge  les  férofitcz ,  Si  les  humeurs 
groflieres,  principalement  les  mélan¬ 
coliques  ;  afin  qu’il  purge  plus  com¬ 
modément,  il  faut  le  mêler  avec  d'au¬ 
tres  purgatifs  qui  vuidant  par  le  bas 
luy  otent  fa  force  émetique. 

L’extrait  d’agaric,  jufqu’à  un  fcru¬ 
pule  ,  ou  demie  drachme  :  il  vuide  la 
pituite ,  &  la  bile. 

L’extrait  de  diacartham  ,  jufqu’à 
demie  drachme,  ou  une  drachme,  pro- 
duu  le  même  effet. 

Les  trochifques  alhandal  ,  depuis 
fix  grains ,  jufqu’à  dix.  On  les  roôle" 


Chap.VII.  Des  Purgatifs  Chym.  $  95 
avec  d'autres  purgatifs  dans  des  bolus, 
poudres ,  &  pilules. 

L’euphorbe  corrigé  ,  ou  l’extraie 
d’euphorbe ,  jufqu’à  dix  ou  quinze 
grains  purge  fortement  les  féroiitez» 

&  la  pituite. 

La  gutte-gomme  corrigée  avecl’ef- 
piit  de  vitriol ,  ou  de  tartre  ;  car  ainfi, 
elle  perd  toute  la  force  qu’il  a  de  faire  : 
vomir. 

Voicy  comme  on  la  corrige. 

Prenez  de  gutte-gomme  la  quantité 
que  vous  voudrez  ,  dilïolvez-là  avec 
l’elprit  de  vitriol ,  que  vous  ôterez 
enfuite  par  inclination,  vous  ferez  fe- 
cher  doucement  le  refidu  :  que  ft  l’on 
fait  cela  trois  fois ,  elle  fera  tres-bicn  . 
corrigée.  La  dofe  eft  de  demi  feru- 
pule  ,  jufqu’à  un  fcrupule  »  pour  les 
hydropiques,  galeux,  paralytiques, &  : 
autres  maladies  caufées  par  une  pi¬ 
tuite  ,  ou féroiitez  ,  feules  ou  mêlées  . 
avec  les  autres  humeurs.il  arrive  quel¬ 
quefois  que  la  gutte-gomme  ne  peut  : 
pas  fe  fecher  quand  on  l'abreuve  une 
ou  deux  fois  d’acide  de  vitriol,  ou  de 
foulfre  ;  alors  il  y  faudra  mêler  de 
l’eau  qui  attire  les  acides  ,  lefquck. 


396  Part.IL  Des  Evacuatifs.  Se&.I. 
étant  otez  ,  toute  la  malle  fe  feche 
facilement  apres. 

L’extrait ,  le  magiftere ,  &  la  refine 
de  feammonée  ,  jufqu’à  demi  feru- 
pule ,  ou  quinze  grains. 

La  feammonée  vitriolée  d’Hart- 
man  ,  lelon  Schroder  ,  dépuis  dix 
grains  jufqu’à  vingt. 

L’extrait  benedift,  d’un  demi  feru* 
pulc  ,  jufqu’à  un.  Tous  ces  extrairs 
purgent  les  humeurs  bilieufes  les 
groffieres  ,  &  mucilagineufes. 

L’extrait  catholique  de  Francfort , 
dé  puis  un  fcrupule  ,  jnfqu’à  deux  >- 
purge  doucement  toutes  les  humeurs 
enfcmble. 

L’extrait  catholique  de  Sennert. 

L’extrait  panchymagogue  d’Hartz 
Hian  ,  de  Crollius  ,  de  Qtiercetan ,  de 
Schroder ,  &  de  Glafer  ,  depuis  un 
fcrupule ,  jufqu'à  deux. 

L’extrait  hydragogue,  dépuis  demie 
drachme,  jufqu’à  une. 

La  poudre  panch  ymagogne  de  Salas» 
&  de  Qtiercetan  purge  les  humeuss- 
lereufes  , bilieufes,. &  pituirenfes  (ans 
incommodité.  La  dofe  eft  de  demie 
drachme ,  jufqu’à  une. 


Chap.VlI.  Des  Purgatifs  Chym.  397- 

La  poudre  panchymagogue  de 
C^uercetan. 

Tous  ces  remedcs  fe  trouvent  pré¬ 
parez  dans  plufieurs  Boutiques  :  & 
leurs  dcfcri  prions  chez  des  Auteurs, 
particuliers ,  &  chez  Schroder. 

Le  verre  d’antimoine  corrigé,  pur¬ 
gatif,  fe  donne  depuis  trois  grains, 
jufqu'à  cinq. 

Le  précipité  ronge  fixé  ;  de  trois 
grains ,  jufqu’à  fix. 

Le  turbith  minerai  ,  dépuis  trois 
grains  ,  jufqu’à  cinq.  On  le  donne 
en  poudre ,  en  bolus  ou  pilules,  &c- 
Il  fert  dans  les  rhumatifmes  ,  hydro¬ 
pi  fies  ,  goûtes ,  verole ,  gale ,  deman- 
geaifon ,  Se  les  fièvres  malignes. 

Le  mercure  blanc  précipité  ,  de 
quatre  grains,  jufqu’à  fix.  LamarqiBe 
d’nn  bon  précipité  eft  que  fi  on  en 
frote  rudement  une  piece  d’or  ,  elle 
lie  blanchir  point ,  comme  il  arrive 
par  le  fcul  attouchement  du  mercure. 
On  le  donne  avec  les  pilules ,  en  bo¬ 
lus  ,  en  poudre  ,  ou  avec  demie  once 
de  confection  hameerdans  la  ve- 
role  ,  6c  La  ladrerie ,  ou  avec  L’extrait 
fui  vaut. 


55^8  Pàrt.II.  Des  Evdcttatifs.  SeéLI. 

Prenez  une  once  de  pulpe  de  co- 
lokinthe,  d’agaric  blanc  ,  d’hcllebore 
noir,  &  de  jalap,une  drachme  de  cha¬ 
cun  ,  coupez  le  tout  de  gros  en  gros, 
Sc  métez-le  infufer  avec  cinq  onces 
d’efprit  de  vin  reétifié.  Lai  liez  -  eu 
faire  la  digeftion  dans  une  cornue 
longue,pendant  quatorze  jours. Après  • 
exprimez  le  menftruë  par  la  manche 
d’hippocras ,  ajoutez  à  la  coulature 
demie  drachme  de  diagrede. 

Le  précipité  verd  dépuis  deux  grains, 
jufqu’à  huit.  On  l’eftime  pour  un 
fpecifîque  dans  la  gonorhée  virulen¬ 
te  ,  qu’il  emporte  lorfqu’elle  eft  dans 
l’excez  ,  &  qu’il  fait  avancer  quand 
elle  ne  fluc  pas  ailes ,  en  en  conti* 
ruant  l’ufage ,  jufqu’à-ce  qu’elle  ne 
ftuë  plus. 

Le  Mercure  fuhlimé  doux  ,  dé  puis 
un  fcrupule,  jufqu’à  demie  drachme. 
Il  y  a  des  Artiftes  qui  fubliment  le  > 
mercure  ,  jufqu’à  fix  fois  ;  mais  une 
fublimation  li  fouvent  reïterée  ,  luy 
ote  entièrement  toute  fa  vertu  put' 
gative  ,  une  troifiéme  fublimation 
fuflfit  :  &  même  fi  dans  la  fécondé 
fublimation  on  le  trouve  pur  &c  i «û* 


Ghap.VII.  Des  Turgatifs  CJiym.  $  9>. 
pide  ,  il  ne  faut  pas  palier  outre. 

Le  mercure  de  vie  ,  depuis  quatre 
grains,  jufqu’à  fix.  On  le  nomme 
suffi  la  poudre  d' Algarot ,  &  d’autres 
l’apellent  l’Aigle  blanche:. on  entend 
néanmoins  ordinairement  par  l’Aigle 
blanche  le  mercure  fublimé. 

Mais  parce  que  le  mercure  de  vie 
purge  violemment  par  le  voirrflle-  - 
ment ,  lee  Médecins  étant  en  peine , 
&  travaillais  pour  luy  ôter  fa  force 
émétique ,  &  pour  corriger  fa  violen- 
lence ,  préparent  de  céte  forte  le  mer¬ 
cure  de  vie  corrigé. . 

Prenez  du  mercure  dé  vie,quevous 
échauferez  dans  une  phiole  à  feu  de 
fable ,  jufqu’à-ce  qu’il  commence  à 
rougir  ,  enfuitc  titez-le  fouvent  avec 
l’cfprit  de  vin  ,  de  céte  façon  il  purge 
commodément  par  le  bas, dépuis  qua¬ 
tre  grains  ,  jufqu’à  hx  ou  huit. 

Toutes  ces  préparations  fe  trou¬ 
vent  dans  Crollius ,  Sennert ,  Schro- 
der ,  Glafer-,  Sylvius ,  Zuvelfer  ,  Le* 
teery ,  &.autres. 


400  Part.II.  Des  Evetcuatifs.  Scd.I. 


CHAPITRE  VIII. 

Des  Emetiques. 

LEs  emetiques  ou  vomitifs  font 
des  medicamens  qui  étant  in¬ 
commodes  à  l’eftomac  ,  purgent  pat 
la  bouche. 

Il  ne  faut  pas  croire  que  côte  fa¬ 
culté,  que  l'on  nomme  fpecifique,  pat 
laquelle  un  remede  vomitif  chaife  les 
humeurs  par  le  vhaut,confifte  dans  une 
certaine  propriété  ,  par  laquelle  il 
poulfe  en  haut  quelque  humeur  parti¬ 
culière, ou  toutes  enfemble  ;  car  il  pro- 
duit  cét  effet  par  un  fel  volatil  tics- 
acre  ,  qui  irrite  beaucoup  les  fibres  dï» 
ventricule, renverfe  toute  fon  cccono- 
mie,&  oblige  que  les  fibres  étant  une 
fois  refTerrez  fe  déchargent  de  ce  qu* 
les  incommode ,  dépuis  le  fonds ,  ju-f- 
qu’à  l’orifice  fuperieur,  par  la  voye 
la  plus  proche  ,  &  la  plps  courte* 
L’exemple  d’une  fangfue  fur  laquelle 
on  met  un  grain  de  Tel,  fait  voir  1* 
façon  de  la  contta&ion  de  ces  fibre5' 


Chap.  VIII.  Des  Emeriques.  4c rï 
Secondement  parce  qu’il  agite  les  hu¬ 
meurs  ,  quand  les  parties  héteroge- 
ndes  fe  choquent  enfemblc  ,  dont  les 
Plus  tenues,  &  les  plus  volatiles  étant 
Souvent  mêlées  avec  les  plus  grolïie- 
*es  fe  portent  en  haut  ;  &  il  arrive 
Quelquefois  en  même-tems  une  éva¬ 
cuation  par  le  bas  ,  quand  dans  céte 
fermentation ,  les  plus  groflieres  font 
précipitées. 

Les  vomilïemens  ne  tiennent  pas 
feulement  lieu-de  purgation  particu¬ 
lière,  mais  auffid’nne  univerfelle;  car 
fi  l’émetique  eft  doux  ,  il  vuide  l'efto- 
tnac  ;  fr  un  peu  plus  fort  ,  il  vuide 
au(Iî  les  parties  voifines  -,  que  s’il  eifc 
violent ,  il  purge  tout  le  corps.. 

Les  émetiques  font  établis  pour 
trois  fins. 

Premièrement  pour  l’évacuation. 

Secondement  pour  la  révulfion. 

Troifiémcment  pour  la  dériva¬ 
tion. 

L’ufage  des  vomitifs  eft  pour  tou¬ 
tes  les  maladies  qui  viennent  des  inv- 
puretez  de  l’cftomac ,  &  des  viteeres. 
JJ  s  font  très  -  bons  dans  le  dégoût  > 
t’envie  de  vomir  ,  la  jauniffe  ,  la  ca- 


4oi  Part.II.  Des  Evacuât  if  s.  Se&.T. 
kexie  ,  douleur  de  tête ,  vertige  par 
fympathic  ,  fièvres  intermitantes  au: 
commencement  de  l’accez  ,  à  caufe 
que  la  matière  qui  fait  la  fièvre  eft 
alors  dans  le  mouvement  ;  dans  l’ul- 
cere  des  reins ,  &  de  la  veflie. 

Le  tems  propre  pour  donner  les  vo¬ 
mitifs  ,  eft  quand  le  malade  a  envie’ 
de  vomir,  &  qu’il  s’éforce,  fans  pour" 
tant  pouvoir  vomir. 

Notez  que  fi  céte  envie  de  vo¬ 
mir  eft  fymptomatique  à  raifon  d’u¬ 
ne  grande  quantité  d’humeurs ,  une-" 
grande  chaleur ,  &  mouvement  des 
humeurs ,  il  ne  faut  pas  les  atircr  en 
haut  ;  mais  plutôt  les  faire  fortir  par 
les  relies,  pour  éviter  une  plus  grande 
agitation  des  humeurs ,  &  enfuirc  la’ 
fièvre  ,  principalement  fi  le  tems  de 
la  crifc  s’aproche,  &  alors  il  ne  faut 
point  interrompre  le  mouvement  de 
la  nature. 

Les  émetiques  font  propres  à  ce*< 
qui  vomiflent  facilement ,  &  aux  per' 
ionnes  maigres  ;  ils  font  contraires  à 
ceux  qui  ont  la  poitrine  foible  # 
étroite ,  qui  font  fujets  à  la  roux» 
&aux  phthifiques.  Ils  nuifent  auÆ 


Chap.  VIII.  Des  Emetlques.  4^5 
au*  mélancoliques ,  aux  vertiges,  à  la. 
«atarade  idiopatique,  8c  aux  pallions 
hyfteriques. 

.  Les  remedes  qui  font  vomir  dif- 
'Crent  en  la  façon  d’operet  ;  car  les 
Ur>s  opèrent  par  la  feule  quantité 
*îu<on  les  prend  ;  les  autres  par  leur 
Qualité  fâcheufe  &  incommode  ;  les 
Autres  par  une  vertu  particulière  ,  8c 
spécifique  de  toute  leur  fubftance  : 
dJoù  il  arrive  qu'il  y  a  des  vomi¬ 
tifs  bénins ,  d’autres  médiocres ,  & 
d  autres  violens.  Les  doux  8c  bénins 
font  ceux  qui  ou  en  ramoli  liant  ou 
jichant  i'eftomac  ,  principalement 
^orifice  fuperieur  ,  en  abatent  les 
forces  ,  8c  l'orconomie ,  co  mme  tou- 
chofes  grades,  &  l’eau  tiède  ;  ou 
‘lui  par  leur  poids ,  &  pefanteur  exci- 
tCr>t  la  faculté  cxpultrice  •,  ou  en  rel⬠
chant,  &  apefantilfant,  comme  l’huî- 
le  commune  ,  jufqu’à  fix  ou  huit 
°Uccs.  Par  exemple. 

Prenez  fépt,  ou  huit ,  ou  dix  onces 
d’eau  tiède,  félon  l’âge  &  la  force  de 
*  Cornac,  d’huile  ou  de  beurre  ,  deux 
®uces,  mêlez-les ,  que  le  malade  pren¬ 
dra  en  un  trait ,  8c  après  un  quart 


404  Part.il.  Des  Evacuatlfs.  Seft.I. 
d'heure  qu’il  s'excite  à  vomir  en  mé- 
tant  les  doigts  le  plus  avant  qu’il 
pourra  au  gozicr  ,  ou  avec  une  pluifl* 
engraillêe  d’huile. 

L’hydromel,  l’eau  d’orge,  le  bouil¬ 
lon  gras  &  autres  femblables  chofes» 
prifes  en  grande  quantité,  font  la  mê¬ 
me  choie. 

Ou  bien  , 

Prenez  une  once  de  racines  de  ré¬ 
fort  ;  de  graine  d’aroche  de  jardins 
trois  drachmes ,  des  feuilles  de  gen¬ 
tiane  8c  d’ancth  ,  de  chacune  une  pin¬ 
cée.  Faites  bouillir  le  tout  dans  l’enU 
d’orge,ou  dans  l’hydromel.  Dans  huit 
ou  dix  onces  de  lacoulature  dilFolveï 
deux  ou  trois  onces  d’huile  commu¬ 
ne  ,  faites  un  vomitif. 

Un  vomitif  médiocre  fe  fait  de 
chofes  qui  par  leur  qualité  mordicatt* 
te  irritent  l’eftomac  ,  &  en  détergeant 
&  incifant  les  humeurs  les  difpofent 
à  être  vuidées.  Par  exemple. 

Prenez  trois  drachmes  de  racine  d® 
cabaret,  une  drachme  d’agaric  blanc  » 
deux  drachmes  de  graine  d’ortie,  un® 
pincée  de  fleurs  de  geneft.  Faites 
bouillir  le  tout  dans  de  l'eau  d’orge* 


Chap.  VII.  Des  Emétiques.  405* 
Oans  huit  ou  dix  onces  de  la  coula- 
ture  diifolvez  deux  onces  d’oxymel 
IjUitique,  fi  c’eft  pour  une  indilpofi- 
lion  froide  ;  ou  deux  onces  de  lyrop 
accteux  pour  un  vomitif. 

Un  émetique  violent  fe  compo- 
*5  de  chofes  qui  par  leur  faculjé 
jacheufe  troublent  confiderablement 
l’tftomac  &  le  renverfenr.  Par  exem¬ 
ple. 

Prenez  une  drachme  &  demie  d'hel- 
lebore  blanc  ,  une  demie  once  de  ré¬ 
silié  concalféemne  drachme  &  demie 
de  graine  d’hieblc  ,  &  un  fcrupule  de 
canelle.  Faites  bouillir  le  tout  dans 
de  l'huile  &  de  l'eau  :  donnez  huit 
°nces  de  la  coulature. 

Ou  bien, 

,  Prenez  demie  drachme  de  vitriol 
blanc  préparé  ,  difiolvez-le4ans  huit 
Gllces  d’eau  commune,  ou  d'orge. 

,  Que  fi  l'on  veut  fe  fervir  des  reme¬ 
ts  chymiques. 

Prenez  demi  fcrupule  de  fel  de  vi- 
frl°l,  dilFolvez-le  dans  trois  onces  de 
eau  ou  de  bouillon. 

On  le  peut  donner  aulïï  fans  danger 
*üx  en  fan  s.  On  en  peut  augmenter  la 


406  Part. II.  Des  Evacttatifs.  Seét.L 
dofe  pour  ceux  qui  font  plus  avance* 
en  âge  julques  à  quinze  grains ,  ou  à 
un  icrupule. 

Le  vitriol  blanc  vomitif  fait  le  mê¬ 
me  effet,  depuis  un  fcrupule  jufques  à 
une  drachme.  On  le  donne  avec  du 
vin,  du  bouillon  ,  ou  quelqu’autre  li¬ 
queur  :  il  opéré  doucement  &  heureU- 
lemcnt  dans  les  fièvres  ,  comme  aulfi 
dans  toute  impureté  de  l’eftomac,danJ 
la  vermine,  &c. 

Prenez  deux  onces  de  vinémetiqiie# 
donnez  le  ou  feul,  ou  le  mêlant  avec 
de  l’eau  d’orge ,  ou  du  bouillon.  O# 
bien, 

Prenez  quatre  grains  de  mercure  de 
vie  ,  deux  drachmes  de  conferve  de 
rofes  ;  mêles  les  enfemble  en  formc 
de  bolus. 

L’antimoine  rouge  fixe,  donné  jul¬ 
ques  à  quatre  grains  fait  le  même  ef¬ 
fet. 

Les  fleurs  de  régulé  d’antimoine» 
données  dépuis  .quatre  jufques  à  1>* 
grains.  L’huile  ou  le  beurre  d’anti¬ 
moine  jufques  à  demi  fcrupule  ou  u)l 
fcrupule,  lcul ,  ou  dans  un  boiiillon  > 
ou  d’eau  d’orge  jufques  à  deux  onces* 


Chap.VIII.  Des  Emetiques.  407 

11  eft  bon  dans  les  fièvres  tierces, 
longues  8c  quartes, au  commencement 
de  l’accez  ,  ayant  préparé  auparavant 
comme  il  faut ,  le  corps. 

L’infufion  de  verre  d’antimoine 
avec  du  vin  depuis  un  fcrupule  juf- 
qu'à  quatre  fcrupules. 

Il  faut  prepdre  garde  de  ne  pas  ufer 
trop  imprudemment  des  antimonia- 
ques  ,  qui  ne  font  bons  que  dans  le* 
maladies  opiniâtres ,  8c  dans  des  corps 
robuftes. 

Auparavant  que  d’ordonner  les 
tmetiques  ,  il  faut  avoir  préparé  le 
corps  par  les  alteratifs ,  &  purgatifs, 
&  laignées,  pour  diminuer  la  quantité 
des  humeurs,  &  les  rendre  fluides  ;  & 
afin  que  les  plus  groflieres  qui  doivent 
dtre  vuidées  par  le  bas ,  ne  foient  pas 
portées  en  haut ,  avec  grand  travail 
&c  fatigue  d»  malade. 


408  Part.ll.  Des  Evacuatifs.  Se&.I. 


CHAPITRE  IX. 

Des  Dinre  tiques. 

LEs  Diurétiques  font  des  rcmedes 
qui  par  une  vertu  particulière  pur¬ 
gent  les  férolitez  par  les  urines. 

Les  parties  propres  à  vuider  ces  hu¬ 
meurs  aqueules  font  la  partie  gibeu- 
fe  du  foye  ,  les  reins,  &  la  veme  ,  1» 
matrice ,  &  tout  le  genre  veneux. 

Il  y  a  des  diurétiques  proprement 
&  improprement  tels.Les  diurétiques 
proprement  dits  four  chaüds  &  fecs  ait 
troifiéme  degré  ,  iefquels  étant  douez 
d’une  fubftance  tenue  ,  s’infinuent  fa¬ 
cilement  dans  les  veines  ,  fondent  les 
humeurs  &  le  fang  ,  &  ainli  feparent 
lesférofirez  ;  d’où  il  arrive  qu’ils  paf* 
fent  facilement  par  les  reins,  &  fe  vui- 
dent  par  les  urines. 

Les  diurétiques  que  l’on  nomme 
improprement  tels  ,  ont  une  legere 
vertu  d'ouvrir ,  d’atenuer  ,  &  de  dc- 
terger  ,  &  font  fimplement  uriner ,  fe* 
Ion  Galien  au  quatrième  &  cinquième 
chapitre 


Chap.IX.  DesViuretujuet.  409 
chapitre  des  fmples  ;  &  ils  font  mé¬ 
diocrement  froids  ,  ou  legeremenc 
chauds. 

L’ufage  des  diurétiques  médiocre, 
ment  rafraichiflans ,  eft  dans  les  fiè¬ 
vres  continues  &  intermitantes ,  dans 
les  obftrudtions  des  vifeeres  &  des 
vailTeaux  avec  une  intempérie  chaude, 
dans  les  maladies  qui  ont  leur  fiége 
dans  les  hypocondres ,  &  autres  in- 
difpofitions  mélancoliques,  des  reins, 
de  laveffie ,  &  de  la  matrice. 

Si  nous  confultons  la  Chymie,  dans 
les  fimples  qui  font  véritablement 
diurétiques  ,  il  y  a  du  fel  volatil ,  ou 
ün  acide  volatil  par  le  moyen  duquel 
ils  dilfolvent  les  lérofitez  qui  font  mê¬ 
lées  avec  le  fang&  les  autres  humeurs, 
&  qui  eft  arreté  par  les  parties  les 
plus  grollieres  j  de  la  même  façon  que 
nous  voyons  que  le  lait  qui  bouc 
lombe  en  petit-lait  quand  on  y  ajoute 
Quelque  liqueur  aigre.  Les  (erofitez 
üe  font  pas  feulement  feparéesdu  fan  g, 
*^ais  encore  les  parties  excrementi- 
c>eufes  falines,groflleres  &  terreftres, 
'Inifont  portées  avec  lesferofitez.  il 
confiant  que  les  medicamcns  qui 


4io  Part.II.  Des  El/acuatifs.  Sed.I. 
abondent  en  Tel  ,  &  en  acide  volatil 
font  uriner  ,  que  l'on  emprunte  des 
minéraux  un  peu  acides  ,  des  efprits, 
teintures  ,  &  Tels  de  tartre,  de  terc- 
binthine  ,  de  nitre  ,  d’armoniac ,  &c. 
foit  qu'ils  agi flent  immédiatement  fur 
le  fang  ,  en  le  diflolvant ,  foit  qu’ils 
ictabliifent ,  augmentent ,  ou  fubli- 
ment  le  levain  acide  &  lixivial  qui  eit 
dans  les  reins  ,  par  le  moyen  duquel 
les  férofitez  font  feparées  du  fang ,  &C 
font  précipitées  par  les  tuyaux  dans  la 
baffine.  Tout  ce  qui  lâche  la  fubitan- 
ce  des  reins  des  conduits  lymphati¬ 
ques,  &  qui  élargit  les  voyes  établies 
par  Bellinus ,  provoque  à  uriner SC 
par  confequent  ces  fimples  doivent 
être  nommez  diuretiques,bien  qu’im- 
proprement  ;  il  les  faut  mêler  avec  les 
proprement  diurétiques  ,  afin  que  le 
fang  fe  change  en  férofitez  ,  &  qU® 
les  conduits  qui  les  doivent  recevoir 
foienr  ouverts  &  libres.  Ce  qui  fe  fait 
tout  autrement  dans  le  flux  d’urine» 
qui  eft  une  indifpofition  contraire,  ou 
il  faut  lesràfraichir,  incrafler,  Sc  tafi- 
diocrement  reflerrer,  afin  que  la  ma»c 
du  fang  &  les  parties  qui  font  deiti- 


Chap.  IX.  Des  Diurétiques.  t 
«ces  j>our  les  routes  de  l'urine  qui 
dans  céte  forte  de  maladie  font  trop 
relâchées,  foient  rétablies  &  fortifiées 
■dans  leur  premier  état. 

Pour  les  diurétiques  plus  temperez, 
voyez  les  Chapitres  des  Emuffions, 
des  Décodions,  des  Bouillons  apéri¬ 
tifs  &  temperez,  &  des  Néphritiques; 
dans  lefquels  on  peut  dilfoudre  quel¬ 
ques-uns  des  remedes  Chymiques  que 
nous  avons  citez  dans  ces  mêmes  cha¬ 
pitres  ,  entre  lefquels  les  fuivans  font 
plus  appropriez. 

L’efprit  de  fel,  ou  de  vitriol,  ou  de 
foulfrc  jufques  à  dix  gouttes. 

Le  crème  de  tartre  calybé,jufqu’à 
demie  drachme. 

L’efprit  de  tartre  vitriolé  ,  jufqu’à 
demi  fcrupule. 

La  teinture  ,  ou  l’acide  de  tartre, 
jufqu’à  demie  drachme. 

La  teinture  de  fel  de  nitre  jufqu'à 
tin  fcrupule. 

Le  cryftal  de  fel  de  nitre  jufqu’à 
t*»  fcrupule. 

L’efprit  urinai  de  fel  armoniac  jüf- 
HU’à  huit  ou  dix  gouttes. 

S  a 


4ii  Part. II.  Des  Evacuatïfs.  Sed.I. 

L’efprit  de  vitriol  doux  ,  jufqu’à 
deux  fcrupules. 

L’efprit  de  terebinthine,  jufqu’à 
fix  ,  huit ,  ou  dix  goûtes. 

Le  fel  de  racines  de  fèves,  d’ambre, 
de  terebinthine  ,  de  fcorpions  jufqu’à 
fix  grains  ou  demi  fcrupule. 

Bien  que  la  plupart  de  ces  remedes 
foient  chauds ,  neanmoins  ils  rafrai- 
chiifent  par  accident  ,  parce  qu'ils 
vuident  la  matière  qui  eft  chaude,  ôc 
qu’ils  font  les  véhicules  des  apéritifs 
rafraichifTans. 

On  peut  icy  ajouter  les  eaux  miné¬ 
rales  >  nitreufes,  vitriolées,  calybées, 
dont  l’ufage  ,  après  les  remedes  géné¬ 
raux  évacuatifs  &  alteratifs  faits  com¬ 
me  il  faut ,  font  des  merveilles  pour 
corriger  les  intempéries  chaudes  des 
vifceres ,  ouvrir  les  obftruébions,  ate- 
nuer  ,  détetger  les  humeurs  groflïe- 
res  &  gluantes ,  &  les  vuider  par  les 
u  ines. 

Les  diurétiques  chauds  font  pro¬ 
pres  aux  maladies  qui  viennent  d’un« 
taufe  froide. 

Ces  diurétiques  fe  compofent  eu 


Chap.  I X.  Des  Diurétiques.  4 1 3 
forme  de  décodion  ,  comme  nous 
avons  dit  dans  le  Chapitre  des  Né- 
phritiques  apéritifs,  y  ajoutant  quel¬ 
ques-uns  des  remedes  chymiques  que 
nous  avons  notez  dans  le  même  en¬ 
droit. 

Quand  il  faut  fur  le  champ  prépa¬ 
rer  quelque  diurétique  dans  les  (u- 
preflions  d’urine  ,pourveu  qu’elles  11e 
foient  pas  caufées  par  quelque  in¬ 
flammation  ,  on  les  donne  en  Juleps, 
comme  s’enfuit. 

Prenez  des  eaux  de  gramen  &  de 
cerfeuil,  de  chacune  trois  onces,  d’ef- 
prit  de  fel  de  nirre,demi  fcrupule  ;  de 
fel  dJambre ,  cinq  grains ,  de  fyrop  de 
capillaire  une  once.  Faites  un  Julep. 

Ou  bien  , 

Prenez  d'eau  de  tronc  de  fèves  & 
de  fleurs  de  mauve,  deux  onces  &  de- 
hiie,de  chacune, d’efprit  de  terebinthi- 
11e  quatre  goûtes ,  ou  d’efprit  volatil 
de  fel  armoniac  ,  dix  goûtes.  Au  dé¬ 
faut  de  ces  eaux  ,  on  peut  fe  fervir  de 
l'eau  ou  de  la  décodion  de  mauve, 
de  pariétaire  ,  de  gramen  ,  &c. 

Il  faiut  remarquer  qu’on  n’ordonne 
pas  les  diuretiques  dans  ceux  qui  font 
S  J 


414  Part.  II.  Des  Evacuât  Ifs.  Se&.T. 
labides,  amaigris,  quand  les  conduits 
de  l’urine  font  exnlcerez  ouenflamez, 
quand  les  parties  honteufes  ,  ou  la 
matrice  font  indifpofêes  ,  la  veflle 
remplie,  les  conduits  bouchez ,  quand 
il  y  a  encor  beaucoup  de  matière  ,  ou 
que  l’eftomac  ,  ou  les  inteftins  font 
remplis  d’impuretez  ,  de  peur  que  les 
humeurs  étant  fondues  par  les  diuré¬ 
tiques  ,  ne  foient  portées  aux  parties 
bouchées,  &  par  ainfi  que  les  obftru- 
étions  ne  s’augmentent.  C’eft  pour  ce 
fujet  qu’il  faut  auparavant  préparer 
le  corps  par  les  alteratifs&  purgatifs* 


CHAPITRE  X. 

Des  Diapbor niques. 

LA  necefïïté  de  la  rranfpiration  eft 
de  telle  importance  pour  la  con- 
fervation  de  la  vie  ,  que  Sanétorius 
examinant  la  chofe  avec  une  grande 
exa&itude  ,  a  pris  garde  que  c’étolt: 
une  évacuation  plus  copieufe  que  tou¬ 
tes  les  autres  qui  nous  font  fenfibles» 
prifes  enfemble.  Que  fi  céte  tranfpH 


Chap.  X.  Des  Diaphoniques.  415 
ration  a  tant  de  force  que  de  tranfpor- 
ter  par  les  pores  des  parties  &  par  les 
arteres  dans  toute  l’habitude  du  corps 
une  quantité  confiderablc  d’ordures 
volatiles  &  groflieres  qu’elle  re¬ 
porte  au  dedans  par  le  moyen  des  vei¬ 
nes  le  fang  receu  avec  l’air  pour  la  cir¬ 
culation  éc  pour  rafraîchir  ;  que  n’y 
a-t-il  pas  à  craindre  de  fa  privation,  en 
arrêtant  dans  les  vaill'eaux  les  vapeurs 
échaufées,&  empêchant  le  rafraîchit 
fement  de  l'air ,  caufe  fi  fouvent  une 
chaleur  &une  pourriture  dans  les  hu¬ 
meurs  -,  &  il  ne  fe  forme  prefque  ja¬ 
mais  aucune  fièvre  qui  diminue  ou 
qui  celle  entièrement ,  fans  fucur  ou 
fans  une  libre  tranfpiration. 

Il  n’y  a  pas  lieu  4|4’é tonner  en  cela, 
puifque  l’évacuatid^qui  fe  fait  par  la 
fueur,  foit  par  l’éfort  «e  la  Nature, ou 
par  l’ayde  de  l’Art ,  non  feulement  de 
toute  l’habitude  du  corps ,  mais  auflï 
des  vaifleaux  &  des  vifeeres ,  &  de  la 
plus  intime  région  du  corps ,  dilloût 
tout  acide  volatil ,  &  tontes  les  au¬ 
tres  particules  des  humeurs  qui  font 
capables  de  refolution  ,  en  eau  ou  en 
Vapeurs  par  les  vaiffeaux  dédiez  à  la. 


416  Part.II.  Des  Evacuatifs.  Seét.I. 
refpiration  ,  &  par  les  foûpiraux  des 
parties  internes  &  de  la  peau. 

Les  medicamens  qui  provoquent 
les  fueurs ,  s’apellent  diaphoniques, 
dont  la  force  &  la  façon  d’agir  fe  con- 
noit  en  ce  que  ceux  qui  ont  latranfpi- 
ration  libre  ,  &  firent  facilement,  qui 
ont  le  fang  fubtil  ,  beaucoup  féreux, 
qui  circule  facilement,  &  les  pores  de 
tout  le  corps  ouverts,  comme  font  les 
fanguins  fc  les  bilieux  ,  principale¬ 
ment  en  été.  De  même  les  diaphore- 
liques  doivent  avoir  la  force  d’ate- 
nuer,  de  fondre  ,  &  par  confequent 
de  produire  dans  le  fang  une  plus 
abondante  fermentation  &  circula¬ 
tion  ,  &  de  porter  aux  pores  de  la 
peau  les  parties  volatiles  des  humeurs 
qui  font  féparées  ,  qui  ouvrent  en 
raréfiant. 

C’eft  pour  cela  que  les  medicamens 
diaphoretiques  font  ceux  qui  ouvrent 
les  pores ,  qui  atirent  les  humeurs  du 
centre  à  la  circonférence  ,  &  qui  vtti" 
dent  infenfiblement  ou  fenfiblement. 

Ceux  qui  provoquent  les  fueurs  fen¬ 
il  blement  fe  nomment  hydrotiejues ,  ott 
fudorifiques >  defquels  nous  avons  parle 


Chap.  X.  Des  Diaphoniques.  417 
dans  le  treziémc  Chapitre  de  la  pre¬ 
mière  Partie. 

Ceux  qui  font  fuer  infenfiblement, 
s’apcllent  Amplement  diaphoretiques , 
qui  aident  au  panchant  &  aux  élorts 
de  la  Nature  qui  tâche  de  fe  dégager 
par  céte  évacuation  ,  ou  en  ouvrant 
les  pores  font  forrit  ce  qu’il  y  a  de 
plus  fubtil  dans  les  humeurs. 

Leurs  ufages  font  premièrement 
dans  les  fièvres  malignes,  pcftilentiel- 
les,  verole ,  rougeole  ,  &  autres  mala¬ 
dies  dans  lefquelles  il  faut  provoquer 
les  fueurs  ,  principalement  fi  la  Natu¬ 
re  femble  prendre  céte  route  ,  ce  que 
l’on  connoit  par  les  puftulcs  &  autres 
marques  rouges  qui  paroifl'ent  fut  la 
peau  ,  &  par  les  fueurs.  Nous  en 
avons  donné  des  exemples  en  forme 
de  Juleps  &  d’émulfions  dans  le  pre¬ 
mier  &  quatrième  Chapitre  de  la  pre¬ 
mière  Partie. 

En  forme  de  décodions ,  dans  le 
quatrième  Chapitre  de  la  fécondé 
Partie  ,  &  dans  le  cinquième  ,  de  la 
première  Partie  qui  traite  des  Cardia¬ 
ques  dans  les  maladies  provenansd’u. 
ne  caufe  chaude. 

S  S 


4i  8  Parr.II.  Des  Evacuanfs.  Se<£t.T, 

Secondement  dans  toutes  les  fiè¬ 
vres,  &  autres  accidens  où  il  y  a  obfi- 
tru&ions  des  pores  de  la  peau  ,  où  il 
faut  dilïiper  les  humeurs  du  centre  à 
la  circonférence  ,  dans  les  jours  criti¬ 
ques  ,  quand  on  voit  que  la  Nature 
cil  difpofée  aux  Tueurs  ;  ou  pour  luy 
aider ,  quand  elle  agit  lentement  ÔC 
foiblement.  Par  exemple. 

Prenez  des  eaux  de  chardon  béni  r 
de  feabieufe ,  &  de  pavot  rouge  de 
chacune  deux  onces  ;  de  fel  de  char¬ 
don  béni ,  ou  de  feabieufe  &  de  con- 
fedion  de  hyacinthe  de  chacun  ,  un 
fcrupule  ,  de  fyrop  de  capillaire  une 
©nce  r  faites  un  julep.  Ou  bien  , 

Prenez  fix  onces  de  chardon  béni , 
d’efprit  de  nitre ,  &de  bezoard  mine¬ 
rai  ,  de  chacun  demi  fcrupule  ;  de 
fyrop  de  limons ,  une  once. 

On  y  peut  fubftituer  les  fuivans.. 

D’efprit  de  fel  doux  ,  jufqif  à  un 
fcrupule. 

D’efprit  de  tartre  jufqu’à  dcflii- 
fcrupule» 

De  la  véritable  pierre  bézoarriquer 
jfufqu’à  quatre  ou  cinq  grains. 

De  la  poudre  bézoartique  animal > 


Chap.  X.  Des Diaphor  etiques.  41 9 
jufqu’à  demi  fcrupule,  ou  quinze 
grains. 

La  poudre  fpiritale  ,  8c  autres  que 
nous  avons  notez  en  parlant  des  Ju- 
lcps  8c  des  Cardiaques. 

Troifiémement  dans  le  fcorbur ,  8c 
les  maladies  qui  ont  leur  caufe  dans 
les  hypocondres.  Par  exemple. 

Prenez  d'eau  de  chardon  béni ,  & 
de  fumcterre,  de  chacune  deux  onces 
8c  demie  ,  de  Tel  de  l'herbe  aux  cuil- 
liers ,  demie  drachme.Faites  un  Julep. 

On  y  peur  fubftituer  du  Tel  de  cer¬ 
feuil  ,  de  fcabieufe,  de  tnelille,  de  fu- 
meterre  ,  de  creffon  de  jardin ,  de  be- 
cabungue,  jufqu’à  demie  drachme. 

Du  lel  fixe  ou  du  tartre,des  mêmes 
Herbes ,  jufqu’à  un  fcrupule. 

Notez  premièrement  qu'il  faut  ôter 
auparavant  la  plénitude  par  la  faignce», 
&  la  purgation ,  tout  autant  que  l’on 
le  jugera  neceflaire  ;  félon  le  fenti- 
ment  de  Galien  dans  l'onxje'me  livre  de 
fa  méthode  ,  chapitre  neuvième-,  de  peur 
que  les  humeurs  étant  fondues  8c  ate- 
nuées  ne  Client  portées  plus  avant», 
8c  n’augmentent  les  obftruétions ,  8c 
ne  foient  emportées  en  trop  grande 


4io  Parr.II.  Des  Evacuatifs.  Seét.I. 
grande  quantité  par  route  l'habitude 
du  corps ,  ou  que  ne  pouvant  être 
dilfipées  que  tres-difficilement ,  elles 
ne  pourriirenr. 

Notez  fecondement  qu’il  faut  choi- 
fîr  les  diaphoretiques  qui  ayent  quel¬ 
que  raporr  avec  la  maladie  :  &  il  ne  le 
faut  pas  contenter  de  les  donner  une 
fois ,  mais  il  les  faut  réitérer  tout  au¬ 
tant  de  fois  qu'il  fera  neceftaire  ,  de 
crainte  que  la  matière  &  la  caille  du 
mal  ne  toit  plutôt  agitée  que  vuidée. 

Notez  en  troifiéme  lieu  ,  qu'il  ne 
faut  pas  donner  les  diaphoretiques 
qui  foient  trop  chauds ,  quand  la  fiè¬ 
vre  eft  acompagnée  d’une  chaleur  ex¬ 
traordinaire  ,  &  qu’il  n'y  a  point  de 
malignité. 

Norez  en  quatrième  lieu  que  le 
tems  propre  pour  donner  les  diapho¬ 
retiques  eft  quand  la  matière  eft  dans 
le  mouvement ,  &  que  la  Nature  fem- 
ble  prendre  céte  route  :  dans  ceux 
principalement  qui  naturellcmenC 
tranfpirent  facilement  &  beaucoup. 
Dans  les  fièvres  continués  ,  ayant  ôté 
par  lesévacuatifs  la  plus  grande  partie 
«les  humeurs ,  afin  que  le  corps  tranf- 


Chap.  X.  Des  Diaphoretiques.  41  1 
pire  avec-  plus  de  facilité  ,  &  qu’il  fe 
aifpofe  aux  fueurs  ,  principalement 
quand  il  y  a  quelque  malignité ,  dont 
les  impuretez  fe  portent  d’elles-mêmes 
à  la  fupeLficie  du  corps  »  pendant  que 
la  Nature  chafle  au  déhors  les  parties 
féreufes  de  la  malfe  du  fang  par  une 
enchymofe  ,  &  un  regorgement  des 
urines.  Dans  les  fièvres  intermitan- 
tes ,  au  commencement  ou  à  la  fin  de 
l’acccz  qui  eft  le  tems  auquel  la  ma¬ 
tière  eft  dans  le  mouvement  :  parce 
qu’au  commencement  la  matière  qui 
caufe  la  fièvre  eft  chafi'ée  par  force  de 
fon  fîége  par  un  mouvement  contrai¬ 
re  j  &  à  la  fin  on  la  poulie  facilement 
où  elle  fe  porte  d’ elle-même. 

Notez  en  dernier  lieu  qu’il  faut 
prendre  garde  de  ne  pas  trop  ufer  des 
diaphoniques  ,  quand  le  fang  eft 
trop  fubtil ,  qu’il  y  a  grande  pourri- 
turc  ,  &  dilïolution  ;  ce  qui  arrive 
foixvent  dans  les  fièvres  malignes  , 
pourprées,  la  petite  verole,  affe&ions 
feorbutiques ,  &c  autres  femblables» 
Car  alors  les  diaphoretiques  en  fon¬ 
dant  le  fang  ,  le  fubtilifent ,  volatili¬ 
sent  ,  &  le  corrompent.  Mais  plutôt 


Vm.ll.  Des  Evacuât  ifs.  ScéLIÏ. 
il  faut  en  céte  rencontre  fe  fervir  de 
déterfifs  &  de  rafraichiflans  bénins  r 
Sc  de  (impies  qui  abondent  en  alkali. 
Les  Anciens  n'otdonnoient  peut-être 
pour  autre  fujet  des  poudres, potions, 
conférions  cardiaques  dans  lefquel- 
les  il  y  entroit  la  terre  figillée,  le  bol 
d’ Arménie ,  les  coraux  ,  les  gommes 
&  autres  femblables,  qui  imbibent 
les  acides  ,  épaifïïlfent  ce  qu’il  y  a  de 
fubtil ,  &  empêchent  la  trop  grande 
fermentation. 

ff1 

SECTION  IL 

Des  Evacuait  fs  particuliers. 

Prés  les  évacuations  univerfeb* 
les ,  il  faut  venir  à  la  purga* 
tiun  particulière  ,  qui  n’eftque  pour 
use  partie  feulement ,  de  laquelle  il 
,  cft  neceflairc  de  vuider  les  humeurs 
.  qui  excédent  en  quantité,ou  en  quali' 
té.  Le  cerveau:  fe  purge  ou  par  les  na¬ 
rines  ,  ce  que  font  les  ftemutatoitc9 
les  errbincs  i  ou  pur  le  palais ,  # 


Chap.  I .  Des  Sternutatoiret.  41  ^ 
alors  on  employé  les  mafticatoires  & 
les  gargarifmes ,  le  poumon  &  la  poi* 
trine  par  les  béchiques  :  l’eftomac  par 
les  vomitifs  :  la  partie  gibbeufe  di* 
foye  par  les  diurétiques  :  les  inteftins 
&  la  partie  convexe  du  foye  par  les 
Telles  ,  defqueis  nous  avons  parlé  en 
fon  lieu ,  mais  les  reins  &  la  ve/lie  fe 
nétoycnt  par  l’aide  des  inje&ions ,  &. 
ïa  matrice  par  les  pelfaires. 


CHAPITRE  I. 

Des  Slernutatoires. 

LE$  Sternutatoires  que  les  Grecs 
nomment  jnarmiques  ,  font  des 
medicamens  qui  étant  mis  dans  les 
narines  ,  excitent  la  faculté  expultri- 
ce  du  cerveau  à  chafler  ce  qui  l’in¬ 
commode. 

Ils  fe  compofent  de  /impies  qui 
font  acres  ,  mis  en  poudre.  On  les. 
met  dans  les  narines  ou  en  les  atirant 
tout  d'un  coup ,  ou  en  les  fouflant 
dedans  par  quelque  tuyau  ,  comme 
çourtoit  être  une  plume. 


4i4  P  art. II.  De/  Evacuat'fs.  SeéLlI. 

On  les  prépare  ou  en  forme  de  pou- 
dre  ,  ou  en  forme  liquide. 

Leurs  ufages  font  pour  atirer  les 
excremens  du  cerveau ,  en  difliper  les 
vapeurs  ,  pour  éveiller  les  malades 
aiïoupis ,  dégager  les  fens  qui  font 
comme  engourdis  ,  &  pour  faire  for- 
tir  l'enfant  mort ,  &  l’arriere-faix  du 
ventre  de  la  mere. 

Une  fimple  poudre  fternutatoire  fe 
fait  de  poudre  de  nicotiane  feche ,  de 
betoine ,  de  fauge,  d’iris  de  Florence» 
de  muguet ,  &c. 

La  compofée  le  prépare  de  (Impies 
plus  acres ,  mêlez  enfemble  pour  les 
maladies  acompagnées  d’un  profond 
afTbupiiremenr ,  &  pour  d'autres  indi¬ 
cations  ,  que  nous  avons  marquées 
cy-delfus.  Par  exemple. 

Prenez  de  poivre  long  ,  &  de 
pyretre  ,  de  chacun  demie  drach¬ 
me  ,  d’euphorbe,  un  fcrupule  ,  fai' 
tes  une  poudre,  que  vous  fouflere* 
dans  les  narines  avec  quelque  pe*‘c 
tuyau. 

Ou  bien  , 

Prenez  de  poudre  de  nicotiane ,  # 
d’hellebose  blanc ,  de  chacune  dero‘c 


Chap.  I .  Des  Stermtatoires.  4  zj 
drachme  ,  de  poivre  blanc  ,  un  fcru- 
pule  ,  d'euphorbe ,  cinq  grains.  Faites 
une  poudre. 

Ou  bien , 

Prenez  une  drachme  &  demie  de 
poudre  de  tabac  ,  demie  drachme  de 
feuilles  de  betoine  feches  ,  d’helle- 
bore  blanc  ,  un  fcrupule ,  d’ambre , 
deux  grains.  Faites  une  poudre  du 
tout. 

Dans  les  indifpofitions  de  la  ma¬ 
trice  au  lieu  d’ambre ,  métez-y  deux 
grains  de  caftorée. 

En  forme  liquide. 

Prenez  de  poudre  d’hiere  picre,  de 
gerofles,&  de  pyretre,  une  drachme  en 
tout  ;  d’eau  de  vie ,  ce  qu'il  en  faut , 
tnêlez  le  tout ,  &  en  frotez  le  dedans 
des  narines  avec  une  plume. 

Il  ne  faut  pas  fe  fervir  des  fternuta- 
toires,  quand  il  y  a  des  humeurs  crues 
dans  la  tète,  &  dans  la  poitrine,  fi  ce 
h’eft  dans  quelque  accident  preiTant, 
c°nime  dans  l’apoplexie.  Non  plus 
dans  les  defluxions  du  cerveau , 
dans  les  maladies  des  yeux  ,  ulcères 
des  narines ,  dans  les  vertiges ,  &  hé¬ 
morrhagies. 


4i 6  Part. 11.  Des  Evacuatlfs.  Sc&.lL 
On  ne  les  employé  pas  non  plus* 
qu’au  préalable  le  corps  n’ait  été 
purgé  comme  il  faut,  fi  ce  n’eft,com- 
mc  nous  avons  dit ,  dans  quelque  ac¬ 
cident  prenant ,  parce  qu’il  fait  que 
les  remcdes  généraux  precedent  les 
particuliers  ,  de  crainte  que  le  corps 
étant  plein  ou  chargé  ,  il  ne  fe  faffe 
un  plus  grand  épanchement  au  cer¬ 
veau  par  l’agitation  des  humeurs. 


CHAPITRE  II. 

Des  Errhines . 

LEs  Errhines  font  des  medicamen* 
liquides  qui  étant  préparez ,  ou 
de  feules  eaux,  ou  de  fucs,  décodions» 
ou  femblables ,  ou  des  mêmes  ,  auf- 
quelson  ajoute  des  poudres,  on  atir® 
par  les  narines. 

Les  errhines  fervent  à  plufieur* 
ufages. 

Premièrement  pour  purger  le  cer¬ 
veau  des  humeurs  gromeres  &  gluau' 
tes.  Par  exemple. 

Prenez  des  feuilles  de  marjol a*- 


Chap.  1 1.  Des  Errhmes.  4 ty 
ne ,  de  fauge  ,  &  de  betoine,  de  cha¬ 
cune  une  poignée  :  broyez-les  en  y 
ajoutant  du  vin  blanc ,  &  de  l'eau 
de  betoine  ,  de  chacune  quatre  onces. 
L’expreflion  étant  faite  ,  attirez  de 
céte  liqueur  tiède  par  les  narines  trois 
ou  quatre  fois  le  matin  à  jeun  ,  la 
tête  baillée  ,  &  la  bouche  remplie 
d’eau. 

Ou  bien  , 

Prenez  du  fuc  de  marjolaine,  & 
de  bette ,  exprimez  avec  du  vin  blanc, 
trois  oncesl  Faites  un  errhine  pour 
s’en  fervir  comme  nous  avons  mar¬ 
qué. 

Secondement  on  fe  fcrt  des  errhi- 
nes  pour  temperer  une  ardeur  acre  des 
narines  ,  &  du  cerveau  dans  les  fiè¬ 
vres  ,  ou  dans  les  fluxions  acres.  Par 
exemple. 

Prenez  du  lait  de  chèvre  fraîche¬ 
ment  tiré ,  trois  onces ,  que  l’on  ati- 
tera  fouvent  par  lés  narines. 

Ou  bien , 

Prenez  de  l’eau  rofc,  &  de  plantin, 
deux  onces  de  chacune.  Servez-vous- 
en  comme  auparavant. 

Dans  toute  phrénéfie  ,  &  toute 


418  Part.TI.  D es  Evacuatifs.  Scd.II. 
forte  de  délire  provenant  de  caufe 
chaude. 

Prenez  des  feuilles  de  laitue  ,  de 
morelle  ,  &  de  pavot  rouge  ,  de  cha¬ 
cune  demie  poignée  ,  des  fleurs  de 
nymphée  ,  une  pincée.  Faites  bouillie 
le  tout ,  &  de  demie  livre  de  la  cou- 
lature  ,  fer vez- vous- en  pour  un  et- 
rhine. 

Troifiémement  pour  nétoyer  les 
ulcérés  des  narines. 

Prenez  quatre  onces  de  décodion 
d'orge  ,  du  miel  ou  du  fyrop  rofat  » 
une  once  &  demie.  Faites  un  errhine. 

Ou  bien , 

Prenez  d'orge  entier ,  une  pincée  » 
des  feuilles  de  plantin  3  &  d'abfynte* 
de  chacune  une  demie  poignée  ,  des 
fleurs  de  mille-pertuis  ,  une  pincée. 
Faites  une  décodion  ,  dans  demie  li¬ 
vre  de  la  coulaturç  diflolvez  une  once 
&  demie  de  miel  rofat.  Faites  un 
errhine. 

Quatrièmement  pour  fechcr  ,  SC 
reflerrer ,  ayant  nétoyé  l'ulcere. 

Prenez  des  feuilles  de  plantin  >  SC 
de  bouillon  blanc  »  de  chacune  une 
poignée ,  d’écorce  de  grenade. ,  trois 


Clup.  1 1.  B  es  Errhines.  4z> 
drachmes  ,  de  rofes  rouges,  une  pin¬ 
cée.  Faites  bouillir  le  tout  ,  &  fer- 
vez-vous  de  la  coulature  pour  uti 
errhine. 

Cinquièmement  pour  arrêter  une 
hémorrhagie. 

Prenez  du  bol  d'Armenie,  de  terre 
Sigillée  ,  de  fang  de  dragon  ,  de 
poils  de  lièvre  hachez  bien  menu ,  de 
chacun  une  drachme  ,  mêlez  le  tout 
avec  du  fuc  d'ortie ,  ou  avec  un  jaune 
d’œuf.  Formez  des  tentes  ou  des  plu- 
maceaux  pour  mètre  dans  les  na¬ 
rines. 

Sixièmement  pour  corriger  la  puan¬ 
teur  des  narines. 

Prenez  de  l’eau  rofe ,  &  de  na- 
phe ,  de  chacune  une  once  &  demie  , 
de  l’eau  de  marjolaine,  une  once  ;  de 
ïnufe  ,  deux  grains  ,  ou  un  fcrupule 
de  poudre  de  gerofles  ,  pour  les  fem¬ 
mes.  Mêlez  le  tout  pour  faire  une  er¬ 
rhine. 

On  peut  auflï  préparer  des  errhines 
pour  d’autres  maladies  des  narines  » 
c°mme  le  polype  ,  les  ulcérés  puans, 
ayant  fait  auparavant  les  remedes  gé- 
üdraux  ,  dans  céte  ocafton  ,  comme 


4j o  Part.II.  Des Evacuatifs.  Se&.ll. 
dans  toutes  les  autres  maladies ,  & 
indifpo  Citions. 


CHAPITRE  III. 

Des  Majlicatoires. 

LEs  Mafticatoires  font  des  rnedica- 
mens ,  lefquels  en  mâchant  ari- 
rent  la  pituite  de  la  tête  par  le  conduit 
de  l’os  fphenoïde  au  palais. 

On  les  apelle  mafticatoires  ,  parce 
que  l’on  les  mâche  ;  les  Grecs  les 
nomment  Apophlegmattfines  ,  parce 
qu’ils  vuident  le  phlegme  par  1* 
bouche. 

On  les  ordonne  ou  en  noüet,  ou  en 
malle  de  quelques  poudres  que  l’oit 
incorpore  avec  des  mucilages  :  oü 
fimplement  feuls ,  comme  de  feiiilles 
de  laurier  ,  de  betoine  ,  de  fange ,  de 
nicotiane ,  de  racine  de  pyrétre,  d’ir»s 
de  pais,  &  femblables,  que  l’on  tient  â 
la  bouche  ,  ou  que  l’on  enferme  dan* 
des  noüets. 

On  fe  fert  des  mafticatoires  quand 
le  cerveau^eft  rempli  de  pituite ,  dan* 


Chap.  I II.  Des  Mafiicatolres.  43 1 
la  douleur  des  dens ,  des  oreilles , 
dans  les  maladies  des  yeux  caufées 
par  une  fluxion  de  férofitez  ,  com¬ 
me  aufli  dans  les  maladies  foporeu- 
fes. 

Un  mafticatoire  commun  eft  de 
feuilles  de  nicotiane ,  ou  de  betoine , 
ou  de  laurier ,  ou  de  pyrecre  »  &c. 

Ou  bien , 

Prenez  des  racines  de  pyretre  >  de¬ 
mie  drachme ,  de  maftic  ,  une  drach¬ 
me  ;  métez-les  en  poudre  groffiere, 
&  enfermez -les  dans  un  linge  qui 
foit  fin ,  &  faites-en  un  noiiet ,  que 
vous  mâcherez  pendant  demie  heure 
le  matin  à  jeun ,  la  tète  baiflee. 

Ou  bien , 

Prenez  de  gerofles ,  &  de  gingem¬ 
bre,  de  chacun  un  fcrupule,  de  l'herbe 
aux  poux  ,  qui  eft  la  vigne  fauvage  , 
demie  drachme.  Faites  un  noüet  pour 
lâcher  le  matin. 

Ceux  qui  font  fujets  aux  fluxions 
^ui  tombent  fur  le  gozier  ,  &  fur  le 
Poûmon ,  aux  ulcères  de  la  bouche,  à 
fâcher  le  fane  ,  &  qui  ont  quelque 
difpofition  à  la  phthifie,  ne  doivent 
Pas  fe  fêrvir  de  mafticatoires  ;  parce 


43 1  Part.II.  Des  Evacuatifs..  SeéUI. 
qu'il  ne  faut  pas  porter  la  fluxion, 
iur  des  parties  déjà  indifpofées  ,  & 
foibles  ,  de  crainte  d’un  plus  grand 
mal. 


CHAPITRE  IV. 

Des  Gargarifmes. 

LEs  Gargarifmes  font  une  forte  de 
remedc  liquide  ,  que  l'on  garde 
dans  la  bouche  ,  pour  en  gargarifec 
pendant  quelqne-tems  le  gozier. 

L’ufagedcs  gargarifmes  eft  premiè¬ 
rement  pour  atirer  la  pituite  du  cer¬ 
veau,  du  palais,  du  gozier,  ayant  au¬ 
paravant  purgé  le  corps  par  les  remè¬ 
des  generaux.  Voicy  un  exemple  de 
ces  fortes  de  gargarifmes. 

Prenez  des  racines  de  pyretre,&  de 
galanga ,  trois  onces  de  chacune  ;  de 
reglilfe,  une  drachme  &  demie  -,  des 
feuilles  de  fattge  ,  de  marjolaine  ,  SC 
d'hy  tfbpe,  de  chacune  une  poignée, de 
graine  de  ftaphyfagre ,  une  drachme» 
de  raifins  nétoyez  de  leurs  grains,  a»» 
nombre  de  fix ,  de  fleurs  de  ftecade  > 
un® 


Chap.  IV.  "Des  Gargarifînes.  43  j 
«ne  pincée.  Faites  bouillir  le  tout , 
Prenez  une  livre  de  la  coulature,  dans 
laquelle  vous  diiïbudrcz  trois  onces 
d'oxymel  fquillitique.  Faites  un  gar¬ 
garifme  pour  s’en  fcrvir  le  matin  à 
jeun  ,  en  s’en  lavant  la  bouche  pen¬ 
dant  demie  heure. 

Secondement  pour  arrêter  quelque 
inflammation  de  la  bouche. 

Les  gargarifmes  fuivans  aftringens, 
&  repercuffifs  ,  font  utiles  dans  le 
commencement  de  la  fluxion  ,  &  de 
l’inflammation. 

Prenez  fix  onces  d’oxycrat,  fer- 
vez-vous-en  pour  un  gargarifme. 

Ou  bien , 

Prenez  d’eau  de  plantin  ,  de  rofes, 
&  de  chévrefcüil  ,dcux  onces  de  cha¬ 
cune  >  une  drachme  de  fel  de  prunel¬ 
le,  &  une  once  de  fyrop  de  meures. 
Mêlez  le  tout  pour  un  gargarifme. 

Ou  bien , 

Prenez  des  feuilles  de  plantin  ,  de 
laitue ,  &  de  bourfe  de  pafteur  -,  de 
chacune  une  poignée  ;  de  rofes  rou¬ 
tes  ,  &  de  fommitez  de  ronfe ,  une 
Hncée  de  chacune.  Faites  une  dé- 
c°&ion  ,  dans  une  livre  de  la  coula- 
T 


454  Part.II  .Des  Evacuatifî.  Se&jr. 
turc ,  ajoûtez  demie  once  de  vinaigre 
rofat.  Faites  un  gargarifme. 

Dans  le  progrez  de  l'inflamma¬ 
tion  ,  il  faut  mêler  des  lénitifs ,  com¬ 
me  la  reglifle ,  les  raifins ,  &  le  miel 
violât. 

A  la  fin  ,  il  faut  ufer  d’un  gar¬ 
garifme  déterfif,  &  réfolutif.  Par 
Exemple. 

Prenez  des  feuilles  d’agrimoine,  SC 
d’hyflope  ,  une  poignée  de  chacune  , 
de  reglifle  concaflec ,  trois  drachmes» 
de  raifins  netoyez  de  leurs  grains» 
au  nombre  de  fix  ,  d’orge  entier ,  une 
pincée.  Faites  bouillit  le  tout ,  ajou¬ 
tez  à  une  livre  de  la  coulaturc  deux 
onces  de  miel  rofat. 

Troifiémcment  pour  nctoyer  les 
ulcères  de  la  bouche,  &  du  gozier,  SC 
pour  en  apaifer  la  douleur. 

Prenez  des  feuilles  de  plantin  ,  d'a- 
grimoine ,  de  bourfe  de  pafteur  ,  de 
chacune  une  poignée  ;  d’orge  entier  » 
une  pincée.  Faites  une  décoébion  ,  * 
une  livre  de  la  coulature  diflolve* 
deux  onces  de  miel  rofat  ,  ou  de  ('/" 


Chap.  1 V.  Des  Gargariflnes.  4 3  ; 

Quatrièmement  pour  apaifer  la 
douleur  des  dens. 

Prenez  des  racines  de  quinte- feuille,, 
&  de  Toucher,  de  chacune  demie  oncij, 
des  feuilles  de  lierre ,  une  poignée  ,  de 
rofes  rouges, une  pincée.  Faitemne 
décoûion  dans  l’oxycraç  ,ou  dans  <ie 
Peau  ,  ou  du  vin.  On  fe  fervira  de  la 
-coulature  pour  un  gargarifme  ,  & 
pour  laver  les  gencives. 

Cinquièmement  pourtemperer  l’ar¬ 
deur  ,  &  l'acrimonie  de  la  bouche 
dans  les  fièvres,  ou  dans  le  flux  de 
■bouche  ,  après  les  friétions  de  mer¬ 
cure. 

Prenez  demie  livre  de  lait ,  ou  de 
petit-lait ,  pour  en  laver  la  bouche  en 
forme  de  gargarifme.  Ou  bien , 

Prenez  fix  onces  de  décoétion  d’un 
■petit  poulet,  pour  le  même  ufage. 

Ou  bien  , 

Prenez  fix  onces  d'émulfion  d’a¬ 
mandes  douces ,  tirée  dans  l’eau  d'or¬ 
ge,  du  fyrop  violât ,  une  once.  Faites 
gargarifme.  Ou  bien  , 

Prenez  une  livre  de  dècoètion  d'or¬ 
ge  ,  deux  onces  de  fyrop  de  meures, 
^aites-en  un  gargarifme. 


4}  6  Part. II.  Des  Evacuatifs.  Scét.ll. 


CHAPITRE  V. 

Des  Injcflions.' 

CE  mot  d’injcétion  généralement 
parlant  lignifie  la  même  chofe 
que  lavement  ;  &  en  particulier  on  le 
prend  pour  tout  remede  liquide ,  que 
l'on  jéte  avec  une  fyringue  dans  quel¬ 
que  partie  interne. 

La  matière  des  injc&ions  eft  di- 
verfe  »  félon  la  diverfité  des  parties  > 
&'des  maladies.  On  les  compofe  de 
liqueurs,  de  lues ,  d’eaux  ,  de  décoc¬ 
tion  ,  ou  de  feules  huiles ,  ou  de 
plufieurs  de  ces  chofes  mêlées  en- 
femble. 

Les  injc&ions  ont  plufieurs  ufages, 
félon  la  diverfité  des  parties  ,  Si  des 
maladies. 

Premièrement  dans  les  maladies  des 
oreilles  ,  pour  apaifer  la  douleur ,  & 
l’inflammation. 

Prenez  deux  onces  de  lait  fraîche¬ 
ment  tiré, de  la  liqueur  de  blanc  d’eeuf 
batu ,  ayant  ôté  l’écume,  demie  once. 


Chap.V.  Vis  înjeElïons.  437 
Mêlez  -  les  ,  &  les  fyringucz  tiède 
dans  l’oreille.  Ou  bien , 

Prenez  du  fuc  de  laitue,  &  de  mo- 
relle ,  de  chacun  demie  once ,  d’huile 
d'amandes  douces  ,  tirée  fans  feu,  de¬ 
mie  once.  Mclez  -  les  &  faites  une 
injeCtion. 

Si  l’abfcez  s’ouvre  ,  il  faudra  lé 
fervir  de  l'injeCtion  fuivantc ,  qui  eft 
dérerfive. 

Prenez  quatre  onces  de  décoCtion 
d’orge ,  &  une  once  de  miel  rofar*. 
Mêlez  -  les  ,  &  faites  »  en  une  in¬ 
jection. 

Quand  la  matière  eft  grofliere ,  te 
froide. 

Prenez  du  fuc  d’ache  ,  &  de  por¬ 
reaux  ,  de  chacun  une  once ,  demie 
once  de  miel  rofat.  Faites  une  in¬ 
jection. 

Pour  la  dureté  d’oreille. 

Prenez  d’huile  d’anis  tirée  chymi- 
quement ,  ou  de  gerofles,  quatre  goû¬ 
tes  ,  métez-les  dans  l’oreille  avec  du 
coton ,  ou  mêlez-lcs  avec  d'huile  d’a¬ 
mandes  douces,  ou  ameres,  ou  un  peu 
de  lait ,  pour  les  fyringuer  dans  l'o¬ 
reille. 

T  } 


43  8  Part.II.  Des  Evacuât  ifs.  SeCt.IL 
Secondement  pour  les  maladies  de 
la  poitrine ,  &  pour  fes  playes  >  pour 
l’empyeme  ,  pour  en  netoyer  le 
pus , 

Prenez  une  pincée  d’orge  entier  i 
des  feuilles  d'agrimoine,  d’hylPope  , 
de  plantin,  &  de  pimpinelle,  une  poi¬ 
gnée  de  chacune,  de  rcgliflé  ratifiée, 
deux  drachmes ,  de  fleurs  de  mille- 

Jiertuis ,  une  pincée.  Faites  boiiillit 
e  tout.  DifTolvez  dans  une  livre  de  la 
coulature  deux  onces  de  miel  rofar. 
Faites  une  injeCtîon. 

Troifiémement  pour  les  indifpofi- 
lions  de  la  matrice. 

Les  injections  dans  la  matrice  fe 
font  avec  de  fyringues  propres  ;  on 
ne  les  fait  point  aux  filles  >  pour  les 
nouvelles  acouchées ,  la  dofe  pour 
une  feule  fois  eft  ,  jufqu'à  fix  onces  » 
pour  les  autres  ,  jufqu'à  trois  otf 
quatre. 

Pour  apaifer  la  douleur ,  &  l'in* 
fl  animation. 

Prenez  d'eau  de  plantin,  &  de  jou¬ 
barbe  ,  de  chacune  trois  onces ,  pour 
une  injeCtion.  Ou  bien , 

Prenez  dufuc  de  plantin, &  de 


Chap.  V.  Des  InjeElions.  45^ 
barbe ,  trois  onces  de  chacun ,  de  mu¬ 
cilage  de  graine  de  coins,&  de  l’herbe 
aux  puces ,  tiré  dans  l’eau  de  plantin, 
une  once  8c  demie.  Mêlcz-lez  ,  8c  en 
faites  une  injection. 

Ou  bien , 

Prenez  de  feuilles  de  laitue  ,  dd 
plantin,  &  de  morelle  ,  une  poignée 
de  chacune ,  de  fleurs  de  nymphée , 
une  pincce.  Faites- les  bouillir ,  8i 
dans  fix  onces  de  la  çoulatüre  dill'ol- 
vcz  une  drachme  8c  demie  de  fcl  de 
prunelle. 

Pour  une  tumeuf  œdemateufe  ,  8c 
fkirreufe  de  la  motrice. 

Prenez  des  racines  de  guimauve  , 
8c  de  lys ,  une  once  de  chacune  ;  des 
feuilles  de  mauve ,  de  pariétaire ,  Si 
d’armoife,  une  poignée  de  chacurre;de 
graine  de  lin,  8c  de  guimauve,  demie 
once  de  chacune,  des  fleurs  de  camo¬ 
mille  une  pincée.  Faites-les  boiiillir 
dans  de  l’eau  ,  8c  du  vin  blanc  >  ou 
dans  un  bouillon  de  tripes.  Dans  une 
livre  de  la  coulature  ditïolvez  d’huile 
de  lys ,  8c  de  camomille  une  once  8C 
demie  de  chacune.  Faites  une  in- 
je&ion. 

T  4 


44°  Part. II.  Des  Evacttatifs.  Se&.II. 

Quatrièmement  pour  nétoyer  l'ul- 
«cre. 

S'il  y  a  acrimonie  ,  ardeur  &  cha¬ 
leur: 

Prenez  d’une  décoétion  d’orge ,  8c 
de  petit-lait ,  trois  onces  de  chacun, 
une  once  8c  demie  de  miel  rofat.  Mê¬ 
lez  le  tout  ,  8c  faites  une  inje&ion 
une  fois  feulement ,  que  l’on  réitérera 
fouvenr. 

Si  l’ulcere  eft  (impie. 

Prenez  une  pincée  d'orge  entier  , 
des  feuilles  d’agrimoine ,  de  plantin  * 
8c  de  fanicle,une  poignée  de  chacune, 
des  fleurs  de  mille-pertuis ,  une  pin¬ 
cée.  Faites  une  décoétion,  &  dans  une 
livre  de  la  coulaturc  ,  dillolvcz  deux 
onces  de  miel  rofat. 

Si  l’ulccre  eft  fale  ,  8c  qu’il  abonde 
en  excremens ,  il  faut  une  injeétion 
qui  fuit  plus  déterfive  ,  pourveu  qu'il 
n’y  ait  point  de  douleur  ,  ny  hémor¬ 
rhagie  ,  qui  s’augmenteroient  par  des 
déterflfs  acres. 

Prenez  des  racines  d’iris  de  Flo¬ 
rence  ,  8c  de  gentiane,  trois  drachmes 
de  chacune  ;  des  feuilles  d’agrimoine. 


Chap.V.  Dss  InjeClîons.  441 
de  plantin  ,  d’abfynte  ,  &  de  mar- 
rube  ,  une  poignée  de  chacune  -,  des 
fleurs  de  mille-pertuis  ,  une  pincée. 
Faites  -  les  bouillir  dans  du  petit-lait, 
ou  dans  de  l’hydromel.  Dans  une 
livre  de  la  coulature  dilTolvez  une 
once  &  demie  du  fuc  d'ache  ,  8c  au¬ 
tant  de  miel  rofat  ,  faites  une  in- 
jedion. 

Prenez  d’eau,  ou  de  décodion  d’a- 
gtimoine  .trois  onces,  du  fel  de  Jupi¬ 
ter  ,  ou  d’étain  ,  une  demie  drachme, 
faites  une  inje&ion. 

Pour  faire  venir  les  mois  dans  les 
petfonnes  froides,  &  grades  -,  8c  pour 
déterger  quand  la  matrice  eft  remplie 
d’humeurs  pituiteufes  ,  il  fe  faut  fer- 
vir  d’injedions  d’eaux  des  bains  tié- 
des  ,  comme  ceux  de  Balcruc  ,  ayant 
fait  auparavant  les  remedes  géné¬ 
raux. 

Cinquièmement  pour  les  maladies 
de  la  veflie  ,  &  du  penil. 

Notez  qu’il  ne  faut  pas  faire  les 
injedions  ,  qu’aup'aravant  la  veflïc 
ne  foie  vuidée  ,  ayant  rendu  l'u¬ 
rine. 

Pour  apaifer  la  douleur  faite  par 
T  J 


44*  Part-.TI.  Des  Evacuatifs.  Seét.IT; 
quelque  acrimonie,  ou  par  la  pierre. 

Prenez  trois  onces  d’eau  d'orge , 
une  once  6c  demie  d'huiles  d'amandes 
douces ,  fraichcmenr  tirée.  Mêlez  le 
tout ,  &  en  faites  uneinje&ion. 

On  en  peut  préparer  une  de  lait 
tiède  avec  de  l’eau  d’orge  ,  ou  de  mu¬ 
cilage  de  graine  de  guimauve  ,  6c 
d’herbe  aux  puces ,  tiré  avec  de  l'cai»* 
de  morelle  ,  &  de  lys,  s’il  y  a  inflam¬ 
mation. 

Prenez  de  l’eau  de  plantin  ,  &  de 
morelle,  trois  onces  de  chacune,  trois’ 
grains  de  camphre  ,  faites  une  in- 
jeétion.  Ou  bien  , 

Prenez  de  feuilles  de  laitue  &  de. 
morelle  ,  une  poignée  de  chacune  r 
d'orge  entier  ,  6c  de  fleurs  de  nym- 
phée  ,  une  pincée  de  chacune.  Faites 
une  décoftion.  Dans  fix  onces  de  la 
coulature  diflolvez  une  drachme  « 
demie  de  fel  de  prunelle  ,  pour  une 
injeétion.. 

Pour  netoyer  l’ulcere. 

Prenez  une  pincée  d’orge  entier  f 
des  feuilles  de  plantin  ,  de  Canicle  > 
de  mille-fc üilles  &  d’abfymhe,  un® 
poignée  de  chacune  >  des  fommùe^ 


Chap.  V.  Des  TnjeÜlons.  443 
«Te  mille-pertuis  &  de  rofes  rouges , 
une  pincée  de  chacun.  Faites  une  dé¬ 
coction.  Dans  une  livre  de  la  coula- 
ture  diflolvez  deux  onces  de  miel  ro- 
fat ,  pour  une  injeCtion. 

Si  l’ulcere  eft  rongeant  &  puant,  il 
faut  fe  fervir  de  l’injeition  fuivante,. 

Prenez  quatre  onces  d’eau  de  plan- 
tin  ,  du  collyre  de  Lanfranc  demie 
drachme,  d’onguent  Egyptiac  ,  demie 
once ,  ou  deux  fcrupules  de  précipité 
rouge  ,  faites  une  injection. 

Si  l’ulcere  eft  fale  ,  &  qu’il  abonde 
en  excremens ,  il. faut  fe  fervir  de  dé- 
teriifs  plus  forts ,  tels  que  ceux  que 
nous  avons  décrits  cy  -  deflus  pour 
l’ulcere  de  la  matrice  ;  mais  il  faut 
faire  la  décoCtion  dans  l’eau ,  &  dans 
le  vin  blanc  ;  ou  même  s’il  faut 
fortifier  davantage  ,  dans  le  vin 
rouge. 

lî  faut  au  fïï  fouvent  entremêler 
i’inje&ion  fuivante. 

Prenez  demie  drachme  dé  précipi¬ 
té  rouge  ,  ou  demie  once  d’onguent 
Egyptiac  ,  trois  onces  d'eau  de  plan- 
tin.  Faites  une  injeCtion. 

Notez  que  fiavec  ces  ulcérés  que  noos... 


444  Paft.II.  Des  Evacuatifs.  Seét.l!. 
venons  de  nommer,  il  y  a  une  inflam¬ 
mation  ,  ou  quelque  intempérie  chau¬ 
de  confiderable  ,  ou  quelque  tumeur 
calleufe  :  alors  il  ne  faut  pas  fe  fervir 
de  remedes  trop  deflicatifs  &  chauds, 
mais  temperez,  anodyns  &  rafraichif- 
fans ,  dans  le  teins  que  l’on  eft  dans 
les  remedes  généraux  tant  alteratifs 
qu'évacuatifs. 

Quand  il  faut  de^echer  &  confo- 
lider  ,  on  préparé  les  injeékions  de 
deflicatifs  &  médiocrement  afttin- 
gens.  Par  exemple. 

Prenez  des  racines  de  grande  con¬ 
solide  &  de  billorte,  une  once  de 
chacune  ;  des  feuilles  de  plantin  ,  de 
prêle  ,  &  de  polygone ,  une  poignée 
de  chacune;  de  graine  de  fumac  ,  Si 
de  plantin  ,  de  chacune  deux  drach¬ 
mes  ;  des  foœmitez  de  mille-pertuis, 
&  de  rofes  rouges ,  de  chacune  une 
pincée.  Faites  une  dcco&ion  ;  dans 
une  livre  de  la  coulature  dillolvee 
deux  onces  de  fyrop  de  rofes  feche*  > 
&  une  drachme  de  fel  de  Saturne. 
Faites  une  injeéfion. 

On  peut  au  (H  fouvenr  diffoudre 
dans  quatre  onces  de  la  precedent 


Chap.  V.  Des  In  >c  fiions.  44  j 
décoCtion  ,  deux  drachmes  des  tro- 
chifqucs  de  Gordon. 

Sixièmement,  dans  les  ulcérés  pro¬ 
fonds  ,  ou  même  fîftuleux  des  autres 
parties ,  &  cavitez  >  quand  il  eft  ne- 
cellaire  de  déterger  &  deftechcr,  l'in- 
jeétion  fuivante  pourra  fervir. 

Prenez  des  racines  de  gentiane,  de 
rhapontic  &  de  farrazine  longue, trois 
drachmes  de  chacune  ;  de  feuilles  de 
pimpinelle ,  de  fcabicufe  &  de  bugle, 
une  poignée  de  chacune  ;  de  poudre 
d’écrevilfes  de  riviere  mife  dans  utt 
noüct ,  deux  drachmes  ;  de  rofes  rou¬ 
ges  ,  demie  poignée.  Faites  cuire,  le 
tout  dans  une  livre  de  vin  blanc.  De 
cére  décoCtion  vous  en  fomenterez  les 
ulcérés  trois  ou  quatre  fois  le  jour  » 
&  vous  en  ferez  des  injections  avec 
une  fyringue  dans  les  fiftules. 

Si  l’ulcere  eft  fordide  diilolvez  dans 
une  partie  de  céte  dccoCkion  ,  du  col¬ 
lyre  de  Lanfranc,  de  l'Egyptiac,  du 
précipité  rouge  ,  dans  la  dofe  que 
nous  avons  marquez  cy-delTus.. 


44 -S  Part. II.  Des  Evacuatlfs.  ScdUl. 


CHAPITRE  VI. 

Des  Pejfaires  &  Nafcales. 

LE  Peirairc  cft  un  remede  de  forme 
folide  ,  un  peu  long  &  rond  » 
fiait  connue  un  doigt  &  de  la  grolfeur,. 
que  l'on  met  dans  la  nature  de  la 
femme. 

Il  fe  compofe  de  divers  remedes , 
félon  les  diverfes  indications ,  &  on 
le  forme  de  trois  façons. 

Premièrement ,  ou  de  coton  que 
l'on  doit  oindre  ou  d'huile,  ou  d'on* 
guent ,  félon  le  mal. 

Secondement  ,  ou  de  toile  de  lin 
ou  de  tafetas ,  dans  lequel  on  envelo- 
pe  les  drogues.. 

Troifiémement  de  poudres  &  au¬ 
tres  chofcs  que  l’on  met  en  forme 
fblide. 

On  doit  atacher  à  chaque  pef- 
faireun  filet,  afin  de  le  pouvoir  re¬ 
tirer. 

On  n’en  doit  jamais  métré  aux  fil¬ 
les  pour  ne  pas  déchirer  les  marq?cs' 


Cfiap.  V I.  Des  Pejf.  &  Nàfc.  4 47- 
de  virginité ,  &  aux  autres  que  tres- 
rarement ,  &  dans  une  grande  necefc 
fi  té  ,  à  raifon  de  la  pudeur ,  &  de 
crainte  de  pollution. 

Auparavant  que  métré  le  peflaire 
il  faut  vuidcr  le  ventre  &  la  veflîe,. 
&  avoir  fait  les  autres  remedes  gé¬ 
néraux. 

Les  ufages  des  peflaires  font  pre¬ 
mièrement  pour  purger  les  féro- 
fitez,  &  humeurs  pituireufes,  quand' 
la  matrice  en  eft  remplie ,  &  pour 
faire  venir  les  mois.  Par  exem¬ 
ple. 

Prenez  de  la  compofition  que  les 
Apoticaires  nomment  hiera  picra  ,  & 
de  benediéfcc  laxative  ,  une  once  de 
chacune  ;  de  poudre  de  diacartham 
&  de  myrrhe ,  une  demie  drachme 
de  chacun  ;  de  rerfbinthine  trois 
drachmes;  de  fuc  de  mercuriale, 
©u  vignoble,  ce  qu’il  en  faut,  avec  du- 
coton  mufqué  &.  de  tafetas  ,  faites 
deux  peflaires  ,  à  chacim  deïqucls 
vous  laiflèrez  un  filet  pendant. 

Secondement  pour  chafler  l'arriè¬ 
re-faix.  Par  exemple. 

Prenez  d’ariûoloche,  de  didain,  de 


448  Part.ïl.  Des  Evacuatifs.  Se6t.II. 
de  fabine  ,  une  drachme  de  chacun  ", 
de  poudre  d’hiere  picre ,  deux  drach¬ 
mes  ,  de  caftorée  deux  grains  ;  avec 
du  miel  cuit  faites  un  pellaire. 

Dans  la  fufocation  de  matrice  pro¬ 
venant  d’une  caufe  froide  ,  on  peut 
ordonner  le  pellaire  fuivant. 

Prenez  deux  drachmes  de  lauda¬ 
num  ;  une  drachme  de  gallia  mofea- 
ta;  de  macis  Sc  de  canelle,  un  ferupu- 
Je  de  chacun  ,  un  grain  de  mufe  ,  de 
terebinthine  ce  qu’il  en  faut ,  formez 
un  pellaire. 

Troifiémement  pour  delïecher  & 
fortifier  la  matrice  trop  humide  j  & 
pour  faciliter  la  conception. 

Prenez  de  laudanum  &  de  benjoin, 
de  chacun  deux  drachmes  ;  de  ftyrax 
calamite  ,  &  de  maftic ,  une  drachme 
de  chacun.  Métez-le  tout  en  poudre, 
&  avec  du  mucilage  de  gomme  traga- 
cant  extrait  dans  l’eau  de  fleurs  d'o¬ 
range.  Faites  un  pelfaire. 

Dans  les  perfonnes  maigres  &  de 
tempérament  chaud  qui  ont  leurs 
mois  copieufement ,  il  faut  fe  ferviç 
de  remedes  froids ,  deflicatifs ,  corro» 
boratifs.  Par  exemple. 


Chap.  VI.  Des  Te f.  &  Nafc.  44^ 

Prenez  de  maftic  ,  de  rofes  rouges 
&  de  graine  de  kermes,  une  drachme 
&  demie  de  chacun  ,  de  fantal  rouge 
pulverifé  ,  une  drachme  ,  du  bois  de 
Rhodes,  demie  drachme,  avec  du  mu¬ 
cilage  de  gomme  tragacant  tiré  avec 
l'eau  rofe  formez  un  pe (faire. 

Pour  une  vulve  chaude  ,  &  Ton 
col  trop  lâche  ,  il  faut  ajouter  à  ce 
peflaire,  de  trochifqucs  de  terre  figil- 
lée ,  &  de  bol  d’ Arménie  ,  une  drach¬ 
me  de  chacun. 

Pour  déterger  les  ulcérés  de  la  ma* 
trice. 

Prenez  une  once  d’onguent  des 
Apôtres ,  du  miel  rofat  çc  qu’il  en 
faut ,  avec  du  tafcias  formez  un  pef- 
faire. 

Ou  bien  , 

Prenez  une  demie  once  de  miel  ro¬ 
fat  ,  demie  once  de  terebinthine  ,  une 
drachme  d’iris  de  Florence,  une  once 
de  farine  d’orge  avec  du  fuc  d'ache  & 
Un  linge  clair,  formez  un  pelfaire. 

Quatrièmement  pour  dclfccher  ôc 
cicatrifer. 

Prenez  demie  once  de  tuthie  lavée  ; 
de  cerufe,  farcocolle ,  &  de  lytharge 


4fo  Part. TI.  Evacuât  ifs.  Sc6l.IT. 

d’or  ,  de  chacun  deux  drachmes ,  dit 
fyrop  de  rofes  fcches  ce  qu’il  en  fau¬ 
dra  ,  formez  un  pelTaire. 

Le  Nafcale  cft  un  remede  que  l’on 
met  en  place  d’un  peflaire  à  l’entrée 
de  ia  vulve  ,  des  filles. 

Il  fe  fait  de  medicamens  fiinplesou 
compofez  convenables  au  mal ,  que 
l’on  met  fur  du  coron,  ou  du  linge  en 
mode  de  plumaceau ,  que  l’on  met  à 
l’entrée  de  la  vulve  ,  pour  les  ulcérés, 
&  autres  diverfes  indifpofitions. 


TROISIEME  PARTIE. 

Des  Corroboratifs. 

artt  détruit  tout  ce  qui  eft  con- 
g^^Rtre  -  nature  dans  les  maladies 
univerfclles  &  particulières ,  par  l'ay- 
de  des  alteratifs  &  purgatifs ,  il  faut 
corriger  en  fortifiant  la  foibleflé  qui 
eft  reliée  dans  toutes  les  parties  ,  ou 
dans  quelques-unes. 

Pour  l'intelligence  de  cétc  doélri- 
11e ,  il  faut  remarquer  que  la  force  des 
parties  confifte  premièrement  dans  le 
tempérament  qui  leur  eft  propre  &  na¬ 
turel.  Secondement  dans  un  certain 
mode  de  fubftance  qui  eft  particulier  à 
chaque  partie.  Troiliémcment  dans 
l'influéee  d'efprits  qui  émane  du  cœur, 
qui  eft  dans  une  jufte  quantité  &  qua¬ 
lité  ;  par  exemple  pour  que  le  foye  foit 
naturellement  robufte  &  bon ,  il  doit 
être  médiocrement  chaud  &  humide», 
legerement  ferré,  &  ncceftaircment 


4ji  Part. III.  Des  Corroboratifs. 
artofé  des  efprits.  De  même  les  cho- 
fes  qui  le  fortifient  font  premièrement 
chaudes  médiocrement ,  ou  bien  que 
s’il  eft  trop  chaud  ,  il  faut  des  rafrai- 
chilfans  félon  le  degré  qu’il  eft  du  ra- 
port  à  l'exccz  de  la  chaleur.  Sccon- 
^  dément  ces  corroboratifs  doivent  être 
'  un  peu  aftringens  ,  afin  de  conferver 
fon  œconomie.  Troificmement  ils 
doivent  entretenir  les  efprits. 

Notez  fecondement  que  tandis  que 
la  maladie  &  fa  caufe  materiele  conti- 
ïiuentjil  ne  faut  point  fe  fervir  de  cor¬ 
roboratifs  ,  parce  qu’étant  aftringens, 
ilsarreteroicnt  les  excremens  dans  la 
partie  malade  ,  il  ne  faut  employer 
alors  que  les  feuls  alteratifs  &  évacua- 
tifs  ,  mêlant  des  cçrroboratifs  feule- 
menrdans  les  longues  &c  aigues  mala¬ 
dies  dans  lefquelles  la  force  des  pat¬ 
ries  eft  détruite  par  une  continuelle 
&  violente  adion  des  caufes  de  la 
maladie. 

Notez  troifiémement ,  que  ce  qtte 
nous  venons  de  dire  ,  fedoit  entendre 
des  corroboratifs  particuliers;carceux 
qui  regardent  l’occonomie  générale 
de  tout  Je  corps,  comme  eft  celle  du 


Part.  III.  Des  Corr  obérât  Ifs,  4  y  3 
Cœur ,  à  l’égard  de  toutes  les  parties, 
font  neceftaires  en  tout  tems.Tels  font 
auflî  ceux  qui  rétablirent  les  efprits, 
comme  les  bouillons ,  &  quelque  au¬ 
tre  aliment  .convenable  ;  ceux  auflï 
qui  purifient  les  efprits  &  les  dégagent 
des  impuretez  qui  les  infe&ent  ,  tels 
que  font  les  Cardiaques  ;  qui  corri¬ 
gent  auili  l’intemperie  du  cœur  ,  ou 
confervent  Ton  tempérament  naturel, 
comme  font  les  alteratifs  fpecifiques. 

Notez  en  quatrième  lieu  que  quand 
il  faut  lïmplement  fortifier  les  par¬ 
ties  ,  ce  ne  doit  être  qu'au  déclin  du 
mal ,  ou  apres ,  de  peur,  comme  nous 
avons  déjà  remarqué, que  fi  nous  nous 
fervions  des  feuls  corroboratifs ,  les 
excremens  qui  font  dans  les  parties  , 
n’y  foient  retenus. 

C’eft  pourquoy  nous  traiterons  dans 
céte  Partie  premièrement  des  Corro¬ 
boratifs  pour  le  cœur,  lefquels  regar- 
dans  l’œconomie  univcrfelle  de  tout 
le  corps, nous  les  nommons  généraux. 
Secondement  de  ceux  qui  font  propres 
^  fortifier  chaque  partie  en  particulier, 
ou  plufieurs  en  même  tems,  que  nous 
hommons  particuliers. 


4J4  Part.HI .Des Corrob.Gcn.  Sctt.I. 

SECTION  PREMIERE. 

Des  Corroboratifs  généraux. 

8Ï}2S  Ien  que  les  Corroboratifs  gé - 
âÜftë  néraux  puiirent  être  apellez 
particuliers  ,  parce  qu’ils  font  defti- 
nez  pour  le  cœur  j  on  les  nomme 
pourtant  généraux  à  caufe  de  leurs 
effets  ,  qui  eft  une  influence  univer- 
felle  d'efprits  qui  fe  font  dans  le  cœur, 
d’où  dépendent  la  force  &  la  vie  de 
toutes  les  parties. 

Ces  corroboratifs  font  divers ,  fé¬ 
lon  que  les  maladies  du  cœur  font 
froides  ou  chaudes. 


CHAPITRE  I. 

Des  Corroboratifs  dans  les  mal A' 
dies  chaudes  du  coeur. 

LTJfage  de  ces  corroboratifs  eft 
dans  les  fièvres ,  la  palpitation , 
fyncope  ,  &  autres  accidens  ,  quand 


Chap.  I.  Des  Corrobor.  froids.  4  y  y 
on  craint  un  grand  abatement  des  for¬ 
ces  ,  ou  même  qu’il  eft  prefenr. 

Tels  font  la  confection  de  hyacin- 
te  jufqu’à  demie  drachme ,  ou  une 
drachme  dans  un  boüillon,ou  quelque 
liqueur  comme  une  eau  cardiaque»qui 
foie  froide ,  par  exemple  celles  de  bu* 
glofe ,  bourrache  ,  de  rofes ,  &c. 

La  poudre  de  confection  de  hya- 
cinte  jufqu’à  un  demi  fcrupule ,  ou 
un  fcrupule. 

La  poudre  de  la  compofition  de 
perles ,  dans  la  même  dofe. 

On  prend  ces  poudres  ou  dans  du 
bouillon  ,  ou  avec  des  eaux  particu¬ 
lières  y  comme  celles  que  nous  ve¬ 
nons  de  nommer ,  ou  alternativement 
dans  des  bouillons. 

Il  faut  que  ces  compofitions  foient 
fans  ambre  &  fans  mufe ,  quand  ou 
les  donne  aux  femmes  qui  font  fujetes 
aux  fufocations  de  matrice. 

Les  tabletes  avec  les  perles  &  la 
confection  de  hyacinte  ,  dont  on  en 
dilloût  une  ou  deux  dans  du  bouillon, 
ou  on  les  tient  dans  la  bouche. 

Les  perlés  préparées ,  ou  leur  ma- 
giftere  ,  &  de  celuy  de  coraux ,  fc 


4|  6  Vm.lW.DesCerrob.fioids.Scà.l. 
donnent  jufques  à  un  fcrupule,  dans 
du  bouillon  deux  ou  trois  rois  le  jour; 
ou  on  fait  une  poudre  compofée  de 
perles  préparées  ,  &  de  magiftere  de 
coraux  ,  qui  fc  donne  aufll  jufques  à 
un  fcrupule  ,  deux  fois  le  jour ,  ou  al¬ 
ternativement  dans  un  bouillon. 

Dans  un  grand  abatement  des  for¬ 
ces  on  peut  donner  deux  OU  trois 
grains  d’ambre  gris  dans  un  peu  de 
bouillon  ,  pour  une  prife. 

La  gelée  de  corne  de  cerf  prepare'c 
avec  un  peu  d'eau  rofe  ,  fans  mufe  , 
d'ambre  gris  ,  &  autres  aromates  ,  de 
laquelle  on  donne  une  cuillierce  ou 
deuxj  ou  fcules,ou  on  les  diflout  dans 
des  bouillons. 

On  peut  fe  fervir  aufïi  du  reftau- 
rant  de  chapon  qui  s’extrait  per  d-f. 
cenfum  ,  &  qui  fc  préparé  facilement 
de  céte  forte. 

Prenez  un  bon  chapon ,  que  vous 

(tlumerez  &c  vuiderez  de  fes  entrail¬ 
es  ;  coupez-le  en  morceaux  5  dont 
vous  ôterez  la  grailfe  &  la  peau  .  mé- 
tez  -  les  dans  un  pot  verniiTé  ,  bien 
bouché  &  luté  avec  de  la  farine  pé¬ 
trie  dans  l’eau.  Métez  ►  le  dans  le 


Chap.ï .  Des  Corrobor.  frôlât.  4  jf 
bain  marie  ,  dans  lequel  il  bouillira 
fix  ou  huit  heures.  Il  en  fortiraune 
liqueur  claire,  dont  vous  en  donnerez 
deux  cuillierées  ouTeules,ou  avec  des 
bqiiillons  alteratifs ,  trois  fois  le  jour. 

On  ajoute  Couvent  les  corrobora¬ 
tifs  aux  alteratifs  ,  aux  Juleps,  êmul- 
fions  Sc.  décodions.  Dont  vous  en 
verrez  des  exemples  en  leur  propre 
Chapitre. 

En  forme  de  potion. 

Prenez  des  eaux  de  buglofe  &  de 
bourrache  ,  trois  onces  de  chacune  i 
de  confection  de  hyacinre  &  de  Tel  de 
prunelle,  de  chacun  demie  drachme  ; 
de  la  poudre  de  la  compofition  de 
perles,  un  fcrupule  ;  de  fyrop  de  li¬ 
mon*  ,  une  once  :  Mêlez  le  tout  , 
pour  une  prife  ,  ou  pour  deux. 

Prenez  de  la  conferve  de  fleurs  de 
buglofe  &  de  rofes ,  de  chacune  fix 
drachmes  ;  des  catix  de  buglofe  ,  de 
bourrache  &  d’ozcille,  tiois  onces  de 
chacune.  Faites  -  les  un  peu  boüillir. 
^iffolvcz  dansl’exprcfiion  une  drach¬ 
me  de  confection  de  hyacime ,  & 
Une  once  de  fyrop  de  limons.  Faites 
potion  dont  vous  en  donnerez 
V 


45$  Part.HI.Df/  Comb.gen.  Sedt.ï. 
deux  cuillierées  dans  l’imervale  des 
deux  bouillons. 

Dans  un  flux  de  ventre  bilieux,  un 
dt'bord  de  bile  par  dellus  &  par  def- 
fous  ,  dans  le  vomiflement. 

Prenez  deux  onces  de  conferve  de 
rofes  ;  des  eaux  de  plantin ,  de  pour¬ 
pier  ,  &  de  rofes  ,  deux  onces  de  cha¬ 
cune.  Faites-les  un  peu  bouillir  ;  ÔC 
diiayez  dans  l’expreffion  une  drach¬ 
me  de  confection  de  hyacinrc ,  un 
fcrupule,de  l'éleCtuaire  des  trois  fan- 
taux  ,  une  once  de  fyrop  de  grena¬ 
des  ,  d’efprit  de  vitriol  ce  qu’il  en  faut 
pour  une  agréable  acidité.  Faites  une 
potion. 

En  forme  d’opiate. 

Prenez  de  conferve  de  fleurs  de  bu- 
glofe  &  de  rofes, de  chacune  demie  on¬ 
ce,  de  l’acide  de  citron,  fix  drachmes  i 
de  la  confection  de  hyacinte  ,  une 
drachme  ;  de  la  poudre  de  la  compofi- 
tion  de  perles ,  &  du  magiftere  de  per¬ 
les,  de  chacun  demie  drachme  ;  del’ef- 
fencc  de  rofes ,  un  fcrupule  &c  demi- 
Avec  du  fyrop  de  pommes ,  faites  une 
opiatc  pour  en  prendre  une  drachme 
par  doie  ,  en  beuvant  par  deifus  «n 


Chap.  II.  Des  Corrob.  chauds.  4/9 
peu  de  la  tifane  dont  le  malade  fe  1ère 
pour  fon  boire  ordinaire. 

On  peut  joindre  à  ces  corroboratifs 
le  topiques  en  forme  d  epitheme  li¬ 
quide  &  folide,  les  limmens,  l’aplica- 
tion  des  animaux  ,  dont  vous  verrez 
des  exemples  dans  le  Chapitre  des 
Cardiaques,  pour  les  indifpofitions 
chaudes. 


CHAPITRE  IL 

Des  Corroboratifs  dans  les  indifpâ - 
filions  froides  du  coeur. 

L’Ufage  des  Corroboratifs  eft  dans 
la  fyncope ,  quand  on  a  pris  un 
venin  froid  ,  ou  qui  s’engendre  dans 
le  corps ,  quand  011  a  été  mordu  d’un 
chien  enragé ,  quand  les  fièvres  pitui- 
teufes  fyncopalcs ,  &  autres  maladies 
froides  du  cœur  ,  foit  qu'elles  ayent 
été  formées  d’elles  -  mêmes  danscéte 
partie,  ou  qu'elles  foient  par  commu¬ 
nication  des  autres  parties. 

Premièrement  la  confc&ion  al- 
termes ,  jufqu’à  demie  drachme  ,  0» 
V  1 


46 o  Part.IIl.  Des  Corrob.gert.  SeCt.T. 
une  drachme ,  prife  feule ,  ou  dans  un 
bouillon  ,  ou  avec  de  l'eau  de  fleurs 
d'orange. 

La  poudre  de  diamargaritum  chaud, 
&  de  celles  que  l’on  nomme  exhila- 
rans  G  aient ,  chambra  ,  de  gemmis ,  ju& 
qu’à  un  demi  fcrupule  ,  ou  un  fcru- 
pule.  L’efprit  volatil  de  viperes ,  juf- 
qu’à  quinze  grains  ,  la  thériaque ,  & 
autres  que  vous  verrez  dans  le  qua¬ 
trième  Chapitre  qui  traite  des  Car¬ 
diaques  dans  des  accidensqui  naiflenc 
d’une  caufe  froide. 

En  forme  d’opiate  ; 

Prenez  de  la  confervc  de  fleurs  de 
romarin  ,&  d’écorce  de  citron  confite 
au  fucre  ,  de  chacune  une  once  -,  de 
confection  alkermes ,  une  drachme  ; 
du  magifterc  d’ambre  gris ,  un  fcru¬ 
pule  ,  à  fon  défaut  ,  de  la  poudre 
chambra ,  demie  drachme  ;  de  fel  de 
chardon  béni  &  d’abfynte ,  de  chacun 
deux  fcrupules ,  avec  du  f/rop  by  fan- 
tin  ,  ou  de  conferve  d’écorce  de  ci¬ 
tron  ,  faites  une  opiate  ,  de  laquelle 
vous  donnerez  une  drachme,  ou  feule, 
ou  avec  du  vin  ,  ou  du  boiiillon. 

Les  tablctes  faites  avec  la  confecr 


Chap.  II.  Des  C on obor.  froids.  4<?x 
tion  alkermes ,  l'ambre  &  l’effence  de 
canelle. 

Ou  bien  , 

Prenez  deux  onces  de  fucre  blanc, 
rendez  -  le  liquide  avec  un  peu  d’eau 
de  canelle  ,  ajoutez  enfuite  quelques 
goûtes  d’efprit  de  vitriol  ,  &  quatre 
goûtes  d’eflence  de  canelle  ,  d'ef- 
fence  d'anis  &  de  noix  mufeade-, 
de  chacune  deux  goûtes.  Mclez  -  le 
tout  j  &  faites  des  tabletes  ,  dont  on 
le  fervira  ou  feules  ,  ou  dans  les 
bouillons. 

A  ces  cordiaux  on  peut  ajouter  les 
dpithemes  liquides  ,  &  folides  ,  les 
pigeons  coupez  par  le  milieu  ,  les  ii- 
nimens  faits  de  confe&ion  alkermes, 
de  beaume  du  Pérou ,  pour  le  cœur ; 
des  fachets  faits  de  chofes  aromati¬ 
ques  trempez  dans  le  vimpour  l’cfto- 
mac  :  pour  les  arteres  du  poignet,  les 
narines ,  les  tefticules ,  la  confe&ion 
alkermes  ,  dilToute  dans  un  peu  de 
vin.  Voyez  cy-dedus  les  Chapitres 
particuliers  de  chacune  de  ces  par¬ 
ties. 


46 1  Part.ÏÏI.  Des  Corre{.p4rt.Sc&.Ih 

SECTION  II. 

Des  Corroboratifs  particuliers. 

CEs  Corroboratifs  font  deftinez 
pour  le  cerveau  ,  le  foye ,  la 
rate  >  la  matrice  &  autres  par- 
lies  principales  ,  félon  les  diverfes 
maladies. 


CHAPITRE  I. 

Des  Corroboratifs  pour  le  cerveau 
dans  des  maladies  chaudes. 

LEs  Conférions,  les  Tabletes ,  les 
Poudres  ,  6c  autres  dont  nous 
avons  parlé  dans  le  Chapitre  des  Cor¬ 
roboratifs  pour  le  cœur ,  dans  les  ma¬ 
ladies  chaudes  du  cœur,  font  aulïï  en 
ufage  dans  les  maladies  chaudes  dit 
cerveau.  Entre  lefquels ,  dans  un.  af- 
foupilferaent  fymptomatiqueydans  les 


Ch.I.  Des  Corrob.pour  le  cerveau.^ $ 
mouvemens  convulfifs  qui  furvicn- 
nent  aux  fièvres ,  dans  un  grand  aba- 
tement  des  forces ,  on  fe  fert  de  l'am¬ 
bre  gris. 

Le  magiftere  d’ambre  gris  juf- 
qu’à  deux  ou  trois  grains  ,  dans  dii 
bouillon  ,  ou  dans  les  eaux  de  fca- 
bieufe,  de  chardon  béni  ,  ou  de  pa¬ 
vot  rouge. 

La  poudre  contre  la  convulfion  , 
depuis  un  demi  fcrupule ,  jufqu’à  un 
fcrupule  ;  On  fe  fert  aufli  de  céte  pou* 
dre  dans  les  fièvres  malignes ,  dans 
les  maladies  où  il  y  a  des  convulfions, 
contre  les  vers,  dans  l’èpilepfic,  deux 
ou  trois  fois  le  jour. 

En  forme  de  Juleps  ,  d’èmulfions, 
d’apozémes.  Voyez  le  Chapitre  des 
Céphaliques  pour  les  maladies  qui 
viennent  d’une  caufe  chaude. 

En  forme  d’opiate  ; 

Prenez  de  conferve  de  rofes  &  de 
nymphée  ,  une  once  de  chacune  ;  de 
confection  de  hyacinte,une  drachme  J 
de  poudre  de  diamargaritum  froid  ,  & 
de  l’èleCtuaire  de  gemmés  ,  de  chacun 
demie  drachme;de  fel  de  prunelle, une 
drachme  ,•  d’eflence  de  rofes,  un  feru- 


464  Part .III.  Del  Corr.part.  Se&.II. 
pule  ;  du  fyrop  violât  ce  qu’il  en  faut, 
faites  une  opiate  ,  de 'laquelle  on 
prendra  une  drachme  &  demie  foir  & 
matin. 

Dans  les  veilles  opiniâtres  on  peut 
mêler  dans  la  dofe  de  l’ppiate  pour  le 
foir,  un  ou  deux  grains  de  l’opiate 
de  laudanum  ,  &  le  réitérer  ,  quand 
on  le  jugera  à  propos. 

Dans  les  maladies  froides  du  cer- 
veau,on  employé  la  vieille  thériaque, 
ie  Mithridat,  laconfc&ion  alkermes, 
jufqu’à  demie  drachme  ,  ou  une  ,  la 
poudre  de  diambre  ,  le  magiftere 
d’ambre  gris ,  le  diamofehum  doux  , 
&  autres  femblables. 

Les  extraits  &  toutes  comportions 
theriacales  que  nous  avons  décrits 
dans  le  Chapitre  des  Cardiaques  Sc 
des  Céphaliques  ,  pour  les  maladies 
froides.  En  forme  de  Julep. 

Prenez  des  eaux  de  betoine  &  de 
meUlTe  ,  de  chacune  deux  onces  Si 
demie  ;  d’eau  naphe  demie  once  ;  de 
thériaque  vieille  demie  drachme,  mc- 
lez -les  &  faites  un  julep.  On  le  peut 
donner  aux  femmes  enceintes  atta¬ 
quées  d’une  épilepûe  fympathique , 


Ch.I.  Des  Corr.  pour  le  cerveau.  4 6 y 
y  ajoutant  deux  grains  de  caftorée, 
s’il  n’y  a  point  de  fièvre. 

L’eirence  de  canelle  ,  d’anis,  de  ge- 
roflcs ,  de  l’une  ou  de  l’autre  jufqu’à 
quatre  ou  fix  goûtes  ;  ou  de  l’eau  de 
canelle  ;  &  d’imperiale  jufqu  a  une 
cuillierée. 

L’dfence ,  la  teinture ,  ou  le  lait 
d’anîbre  gris ,  \i  fcl  volatil  de  crâne 
humain  ,  le  fel  fixe ,  l’efprit  &  l’huile 
du  meme  crâne  jufqu’à  demi  l'crupu- 
le  ,  ou  un  fcrupule. 

En  forme  d’apozéme  ,  voyez  le 
Chapitre  des  Céphaliques. 

En  forme  d’opiate  : 

Prenez  de  conferve  de  romarin  5c 
d’écorce  de  citron ,  de  chacune  fix 
drachmes  >  de  conferve  de  fleurs  de 
peoine  &  de  cicorée ,  demie  once 
de  chacune  j  de  confection  alkermes 
5c  de  vieille  thériaque,  deux  fcrupules 
de  chacune  d’ongle  d’élan  &  de  ra- 
pure  de  crâne  humain  préparé  ,  une 
drachme  de  chacun  ;  d’ambre  gris, 
dix  grains  ,  avec  du  fyrop  de  flécha- 
de ,  faites  une  opiatc  de  laquelle  on 
prendra  deux  drachmes  deux  on  trois 
fois  la  femaine ,  le  matin ,  en  beu- 


4<$6  Part.III.  Des  Corr.petrt.  SeèhIF. 
vant  en  fuite  un  peu  de  vin  trempé 
d’eau.  Cètc  opiate  cft  bonne  aux  pa- 
ralyfits,  apoplexies,  &  aux  épilep¬ 
tiques  ,  quand  après  les  reincdes  ge¬ 
neraux  il  faut  fortifier  le  cerveau. 

Pour  fortifier  la  tête  dans  une  in- 
difpofition  chaude  ,  &  froide  on  fe 
fert  beaucoup  à  prefent  du  chocolaté  y 
ducaphè  &du  thè,dont  vous  en  pou¬ 
vez  voir  l’ufage  dans  le  neuvième 
Chapitre  de  la  première  Partie. 

On  ordonne  les  corroboratifs  to¬ 
piques  en  forme  de  parfum  ,  dont 
vous  verrez  des  exemples  dans  le 
quatrième  Chapitre  des  Alteratifs  8c 
Corroboratifs  externes. 

En  forme  de  poudre  ; 

Prenez  de  poudre  d'iris  de  Floren¬ 
ce  ,  trois  drachmes >  du  bois  de  Ro- 
fès ,  &  de  graine  de  peoinc  ,  demie 
once  de  chacun  ;  de  ftyrax  &.de  ben- 
join*,de  chacun  deux  drachmes.  Faites- 
du  tout  une  poudre  tres-fubtile,  pour 
en  poudrer  les  cheveux  le  foir ,  SC. 
que  l’on  abatra  le  matin  avec  un 
peigne. 

De  trois  onces  de  cète  meme  pou¬ 
dre  ,  &  de  Cix  onces  de  la  poudre 


Ch.III.  D es  Ccrrob.pour  lefo.ye.  46y 
d’écrevilles  de  riviere  fechez  dans  le 
four  ,  on  peut  faire  une  coëfe  entre- 
piquée  ,  métant  de  céte  poudre  la 
quantité  que  l’on  voudra  avec  un  peu 
de  coton  ,  &  l'envelopant  dans  un 
tafetas,on  la  peut  coudre  au  chapeau, 
ou  la  porter  en  mode  de  calote ,  prin¬ 
cipalement  en  hyver. 


CHAPITRE  II. 

Des  Corroboratifs  pour  feftomac . 

Voyez  le  cinquième  Chapitre.,. 

Seftion  fécondé ,  de  la  première. 
Partie,  qui  traite  des  Stomachiques^ 


CHAPITRE  III. 

Des  Corroboratifs  pour  le  foje. 

ON  fe  fert  de  ces  remedès  quand; 

dans  une  caufe  chaude ,  dans 
une  intempérie,  obftruftions,  rhuma- 
tifme  ,  atonie  ,  hydropifie  ,  inflam- 
mation>&c.le  foye  eft  beaucoup  afibii 


4^3  Part.lll.  Des  Corr. part.  Scét.ïl. 
bli ,  après  les  rcmedes  généraux  ,  Sc 
même  dans  le  tems  qu'on  les  fait. 

Ils  ne  doivent  pas  feulement  forti¬ 
fier  ,  mais  aufli  rafraicihir,  &  s'il  y  a 
complication  d’obftruCtions ,  il  leur 
faut  ajoûter  des  apéritifs  ;  que  s’il  y  a 
relâchement  des  vailfeaux  fans  obf- 
truétion*  ,  ils  faut  qu’ils  foient  plus 
aftringens. 

La  plupart  des  corroboratifs  fui- 
vans  le  prennent  ou  feuls  .  ou  en 
forme  de  bolus  ,  d'opiates  ,  de  table- 
res  ,  de  décoctions  ;  dont  vous  en  ver¬ 
rez  des  exemples  dans  chaque  Cha¬ 
pitre  en  particulier ,  &  au  Chapitre 
des  apéritifs  hépatiques, dans  les  in- 
difpolîtions  chaudes. 

La  confection  de  hyacintc  jufqu’à 
demie  drachme. 

Du  fel  de  cicotée  ,  d’abfynthe,  d’a- 
grimoine,  jufqu’àdcmy  fcrupule,  ou 
un.  Les  ttochitques  de  rhubarbe  ,  SC 
de  coraux  ,  de  fpode  julqu'à  demie 
drachme ,  ou  une. 

L’éleCtuai.e  des  trois  fantaux  ,  ÔC 
de  diarhodon. 

Le  magiltere  de  coraux  ,  &  de  per¬ 
les  jufqu’à  demie  drachme. 


Ch.III.  Des  Corrob.  pour  le  foye.  46* 

*  Le  fyrop  de  coraux  ,  jufqu’à  deux 
cnillierécs ,  le  matin  pendant  quatre 
ou  cinq  jours. 

La  teinture  de  coraux  jufqu’à  deux 
onces  ,  le  matin  tous  les  jours  ,  ou 
trois  fois  la  femaine. 

La  teinture  de  rofes  jufqn’à  un 
verre ,  deux  ou  trois  fois  le  jour. 

Ces  corroboratifs  font  propres 

Î principalement  quand  le  foye  eft  af- 
oibli  dans  les  maladies  que  nous 
avons  marquées  :  mais  principalement 
dans  la  diarée  &  la  dyfenteyle. 

Les  conferves  de  fleurs  de  cicorée , 
de  rofes ,  &  de  cynorhodon ,  en  forme 
de  bolus.  Ou  bien  , 

Prenez  de  conferve  de  cynorho¬ 
don  ,  deux  drachmes  ;  de  confection 
d’hyacinte  ,  demie  drachme  ;  du  fel 
de  cicorée ,  ou  du  magiftere  de  co¬ 
raux  ,  un  fcrupule.  On  le  donnera 
tous  les  matins  à  jeun  ,  pendant  trois 
ou  quatre  jours  de  fuite  ,  ou  trois 
fois  la  femaine ,  en  beuvant  par  dellus 
un  peu  d’eau  de  cicorée.  Ce  corrobo¬ 
ratif  eft  tres-utile  dans  les  maladies' 
énoncées  >  &  même  dans  un  flux  ia- 
veteré  des  hémorrhoïdes* 


470  Part.m.  Des  Corr.  part.  SeCt.U. 

En  forme  d’opiate. 

Prenez  de  conferve  de  fleurs  de  ci¬ 
corée  &  de  cynorhodon  ,  une  once 
de  chacune  ;  de  confection  de  hyacin- 
te,  quatre  fcrupules  ;  du  magiftere 
de  tartre  &  de  coraux  ,  de  chacun  une 
drachme  ;  de  fel  d’abfynthe  ,  &  de 
poudre  des  trois  fantaux,  un  fcrupule 
de  chacun  ;  avec  du  fyrop  de  capillai¬ 
re  ,  ou  de  cicorée  fimple  ,  faites  une 
opiate  ,  de  laquelle  vous  donnerez 
deux  drachmes  le  matin  deux  heures 
devant  le  bouillon  ,  en  beuvant  par 
dellus  un  verre  d'eau  de  cicorée  ,  ou; 
une  décoCtion  de  cynorhodon  ,  ou 
dans  ceux  qui  font  d’une  conftitution 
foible  ,  un  peu  de  vin  trempé  d'eau. 

Céte  opiate  efttrcs-bonnc  aux  lon¬ 
gues  maladies  du  foye  avec  des  obf- 
truétions,  après  les  rcmedes  généraux.- 

En  forme  de  tabletes. 

Prenez  de  l’éle&uaire  des  trois  fan- 
taux  ,  y  métant  la  rhubarbe  au  qua- 
truple  ,  trois  drachmes  ;  du  fucre  dif- 
fôût  dans  trois  onces  d’eau  de  cico¬ 
rée  ;  faites  des  tabletes  ,  dont  vous- 
en  donnerez  une  drachme  &  dcoûc- 
«haque  matin- 


Ch.IIl.  Des  Corrob.pourle  foye.  47 * 
On  en  peut  aulfi  compofer  des  tro- 
chifques  de  rhubarbe  ,  de  corne  de 
cerf ,  de  coraux  ,  &c.  Ou  bien , 

Prenez  de  l’élcéfcuaire  des  trois 
fantaux  ,  y  ajoutant  le  quatruple  de 
rhubarbe  ,  trois  drachmes  ;  du  magis¬ 
tère  de  coraux  ,une  drachme  ;  du  fel 
d’abfynte,  demie  drachme  ;  du  lucre 
diffoût  dans  Peau  rôle,  quatre  onces. 
Faites  des  tabletes.  La  dofe  eft  jufqu’à- 
deux  drachmes  chaque  matin  ,  en., 
beuvant  par  de  (Fus  un  peu  d’eau  de 
cicore'e. 

On  peut  voir  dans  Quercetan  ,  8C' 
dans  les  autres  Auteurs  qui  ont  traité 
des  operations  chymiques  ,  la  prépa¬ 
ration  de  la  teinture  &  du  fyrop  de 
coraux. 

Les  corroboratifs  pour  le  foye  dans 
une  caufe  froide ,  font , 

L’extrait  ou  le  fel  d’abfynte,  de  la 
centaurée ,  zédoaire  &  gentiane. 

L’elixir  ,  l'eifence ,  la  teinture,  ou 
le  lait  d’ambre  gris. 

Les  trochifques  de  rhubarbe,  d’ab- 
fynthe ,  &  d’eupatoire. 

L’cleéhiaire  diambra  ,  aromaticura . 
ro fatum  ,  &  de  diarhodon. 


’47i  Part. III.  Des  Corrob.part.  Seét.IÏ. 

La  confection  alkermes,  de  hya- 
cinie ,  la  thériaque. 

Les  conferves  de  capillaire  ,  d’ab- 
fy  nte, d’écorce  de  citron,  que  l’on  peut 
donner  ou  feule,  ou  en  opiates,  table- 
tes  &  bolus ,  félon  les  formules  que 
nous  venons  de  décrire  ;  ou  en  décoc¬ 
tions  ,  comme  on  peur  voir  dans  le 
Chapitre  des  Apozémes  ,  &  des  Hé¬ 
patiques  dans  une  maladie  froide. 

Galien  recommande  fort  l’élec- 
tuaire  fuivant  pour  fortifier  le  foye 
dans  l’hydropifie  ,  il  convient  prin¬ 
cipalement  ,  dans  une  caufe  froide. 
Voicy  comme  il  eft  corrigé. 

Prenez  demie  livre  de  raifîns  de 
Corinthe,  faitcs-les  cuire  dans  de  bon 
vin  jufqu'à  la  confiftance  de  bouil¬ 
lie  ,  batez-les  dans  un  mortier  ,  &  les 
palPez  par  un  tamis  -,  ajoûtez-y  de  con- 
ferve  d’ab  fyn  te  &  d'écorce  de  citrons 
confite  ,  de  chacune  demie  once  ;  de 
la  poudre  de  l’éleétuaire  nommé  elec- 
tuariurn  rofatum ,  &  du  d'unnargaritur» 
froid ,  de  chacun  demie  drachme  ;  du 
magiftere  d’ambre  gris ,  demi  ferupu- 
le  ,  faites  un  éleûuaire  mol.  La  dofe 
cft  jufqu’à  deux  drachmes  >  chaq»c 


Ch. IV.  Des  Conob.pour  la  rate.  473 
matin  ,  ne  prenant  alors  aucun  autre 
remede,  beuvant  par  deflus  un  peu 
de  vin  trempé. 

La  Poterie  dans  fa  Pharmacopée 
Spagyrique,  recommande  fort  le  re- 
mede  fuivant. 

Prenez  une  once  de  conferve  de 
rofes  ,  du  fpecifique  ftomachique  ,  ou 
de  l'antimoine  fixé  ,  deux  fcrupules  , 
du  fafran  de  mars  apéritif ,  trois  fcru¬ 
pules  ,  d’efprit  de  vitriol  une  drach¬ 
me  ,  avec  du  fyrop  de  capillaire ,  fai¬ 
tes  une  opiate ,  la  dofe  eu  jufqu’à  une 
drachme  chaque  matin. 

Pour  ce  que  c’eft  des  topiques  cor¬ 
roboratifs  tant  en  une  caufe  chaude 
que  froide,  voyez  les  Chapitres  des 
Epithemss  ,  Fomentations  &  Lini- 
tnens. 


CHAPITRE  IV. 

Des  Corroboratifs  pour  la  rate. 

LEs  remedes  qui  fortifient  la  rate-, 
conviennent  auffi  à  ce  vifcerc  foi- 
ble ,  foit  qu'il  foit  froid  ou  chaud.  Il 
faut  les  tous  mêler  avec  des  apéritifs» 


474  Part. III.  Des  Corrob.pttrt .Se&.IÏ^ 
parce  que  prefque  toutes  les  maladie* 
de  la  rate  ,  viennent  d’une  humeur 
mélancolique  ,  d’où  nailTent  les  dbf- 
traitions  ,  les  inflammations  ,  les 
fx.irres ,  &  autres  indifpofitions  mé¬ 
lancoliques. 

Dans  une  caufe  chaude  ,  on  em¬ 
ployé  les  mêmes  rcmedes,  que  pour  la 
bile  brûlée ,  comme  font  les  prépara¬ 
tifs  ,  pour  lefquels  vous  confulrerez 
le  Chapitre  des  Apozémes ,  &  des; 
Splenitiques. 

Les  Corroboratifs  tant  dans  une 
caufe  chaude  ,  que  médiocrement 
froide  font, 

Le  fel  d’abfynte ,  de  frêne  ,  de  ta¬ 
maris. 

L’extrait  d'aloes  ,  la  myrrhe,  le  fa-* 
fran,  le  tartre  vitriolé,  l’acier  préparé» 
le  fel  de  Mars ,  l’armoniac. 

L’efprit  urineux  du  fel  annoniaque 
&  les  autres  que  l’on  peut  voir  décrits 
dans  le  Chapitre  des  Diurétiques,  SC 
du  Chapitre  des  Splenitiques. 

De  ces  remedes  on  en  forme  des 
pilules  ,  des  bolus ,  des  opiates ,  des 
tabletes ,  y  ajoutant  ceux  que  1 ’oû» 
jugera  les  plus  fpecifiques* 


Ch.V.  Des  Corrob.  pour  la  matr.  47/ 


CHAPITRE  V. 

Des  Corroboratifs  pour  la  matrice 
&  la  vejjîe  ,  &  pour  dégager 
les  parties  naturelles  de  l'amas 
d'humeurs . 

A  Prés  les  alteratifs  apéritifs  gé¬ 
néraux  ,  &  les  évacuatifs  faits 
amant  qu'il  a  été  neceffaire ,  il  n'y 
a  point  de  remede  plus  propre  ,  que 
les  eaux  des  bains  falez ,  fulphureux, 
nitreux  &  bitumineux.  On  eftime 
celles  de  Balleruc  falées  3  &  un  peu 
foulphrées ,  ou  les  autres  qui  ne  diffe¬ 
rent  beaucoup  de  celles  -  la  ;  dont  l'u- 
fage  eft  pendant  trois  jours ,  la  pre¬ 
mière  fois  on  en  boit  jufqu’à  dix  ou 
douze  verres  ;  le  fécond  jufqu’à 
quinze;  le  troifiéme  jufqu'à  dix-huit, 

f'ius  ou  moins  ,  félon  l'âge ,  &  que 
e  malade  la  peut  fuporter.  Il  faut 
enfuite  prendre  une  legere  purgation* 
pour  atirer  les  eux  qui  peuvent  être 
demeurées  dans  le  corps.. 


47  <5 


WM' 


'ûùàùùôSdGù&ô^üô&ù&ùôùm ôôS^ôôôâ 

PARTIE  QUATRIEME 

ET  DERNIERE. 

Zte  J  Lenitifs  Qy  Parégoriques. 

B  (N  établit  deux  fortes  de  cura- 
5  tions  dans  les  maladies,  la  pre¬ 
mière  eft  reguliere  ;  lorfque  l’on  com¬ 
mence  par  les  caufes  ,  &  que  l’on 
■vient  à  la  maladie  :  La  fécondé,  irre- 
guliere  ,  lorfque  fans  avoir  égard  à  la 
calife  &  à  la  maladie,  nous  tâchons  de 
foulagcr  les  fymptomes  preflans  qu» 
abatent  les  forces  }  lefquels  étans  oïl 
adoucis  ou  apaifez  ,  nous  venons  à  la 
curation  reguliere. 

Notez  que  quand  on  travaille  pout 
adoucir  les  fymptomes, il  faut  fefervir» 
autant  que  faire  fc  peur,  des  remedes» 
qui  foient  contraires  à  la  maladie  > 
6c  à  fa  caufe  ,  afin  qu’en  rtième-tem* 
nous  combations  les  fymptomes  ,  SC 
en  quelque  façon  la  maladie  ;  cornu1® 


Tour  foulager  les  fympt.  Seét.un.  477 
par  exemple  ,  pour  modérer  les  gran¬ 
des  veilles,  on  employé  les  remedes 
froids  avec  les  hypnotiques ,  ou  fom- 
niferes ,  &  non  ceux  qui  font  chauds, 
(^ue  fi  on  elt  contraint  de  fe  fervir  de 
temedes  chauds ,  comme  quand  dans 
un  défaut  de  cœur  ,  ou  une  fyncope 
on  donne  du  vin  ,  ou  autres  remedes 
chauds ,  il  faut  agir  prudemment ,  de 
peur  que  quand  on  veut  foulager  les 
fymptomes  on  n'augmente  la  ma¬ 
ladie. 


$  $ <$? r§?  :■ «j»  tj?' rjj» 

SECTION  UNIQUE. 


Pour  foulager  les  fymptomes. 


L  y  a  plufieurs  fymptomes  qui 
détournent  le  Médecin  de  la 


curation  reguliere ,  &  qui  le  contrai¬ 
gnent  de  courir  à  eux  ,  comme  font 


la  douleur ,  les  veilles ,  l’hcmorragic, 
&  la  fyncope. 


478  Part. IV.  Des  Lemtifs.  Se&.uniq. 


CHAPITRE  I. 

Pour  apaifer  la  douleur . 

ON  ôte  la  douleur  en  trois  fa¬ 
çons  :  Premièrement  quand  on 
tue  la  caufe  de  la  douleur.  Seconde¬ 
ment  ,  quand  on  l’adoucit  par  les  ano- 
dyns.  Troifiémement  quand  on  en¬ 
gourdit  les  fens  par  l’aide  des  narcoti¬ 
ques.  Quand  on  combat  la  douleur 
régulièrement  ,  on  agit  en  ôtant  la 
caufe  par  les  évacuatirs  univerfels,  &c 
en  relâchant  la  partie  par  le  moyen 
des  topiques.  Mais  quand  la  douleur 
prefle  ,  &  qu’elle  abat  les  forces  ,  on 
fc  fert  des  narcotiques  pendant  un 
tems  convenable. 

On  ne  traite  pas  icy  des  remedeS 
qui  emportent  la  caufe  de  la  douleur, 
par  les  évacuatifs  généraux  ,  mais  de 
ceux-là  qui  l’adouci (Tent ,  qui  font  ca» 
anodyns,  ou  narcotiques. 


Chap.  II.  Des  Anodyns.  479 


CHAPITRE  IL 
Des  Anodyns. 

LEs  Parégoriques,  les  Epicerafti- 
ques,  &  les  Anodyns  lignifient 
le  même  ,  &  ce  font  des  médicamens 
qui  foulagent  la  douleur  ,  la  caufe  & 
la  maladie  demeurans  en  état. 

Ils  font  cét  effet  par  trois  fortes  de 
façons.  Premièrement  par  une  faculté 
laxative  ,  par  laquelle  ils  ouvrent  les 
pores  de  la  peau  ,  &  les  relâchent  ; 
par  ce  moyen  ,  la  douleur  ,  n'en  eft 
pas  fi  grande  ,  parce  que  la  peau  cil 
moins  tendue.  Secondement  par  une 
douce  chaleur  &  temperée  ,  par  la¬ 
quelle  ils  refolvent  une  portion  de  la 
matière  ,  qui  caofoit  une  tenfion  dans 
la  partie.  Troifiémement  par  l'aide  de 
la  même  chaleur  temperée ,  par  la¬ 
quelle  ils  échaufent  la  partie ,  &  la 
remétent  en  une  certaine  égalité  de 
tempérament. 

On  ordonne  les  anodyns  en  lini» 
tûens,  fomentations  &  cataplâmes.  En 


480  Part.IV.D«  Lenitifs.  Se£t.Uniq. 
forme  de  fomentations, voyez"  le  Cha¬ 
pitre  des  Fomentations ,  pour  la  plé- 
vrefie  ,  &  la  douleur  néphri'tique. 

Dans  la  douleur  des  hémorroïdes  > 
&  l’inflammation  de  cës  parties ,  où 
les  repetcuflifs  n’ont  pas  lieu. 

Prenez  demie  livre  de  lait,  pour  en 
fomenter  la  partie  ,  tiède. 

En  forme  de  linimens  ,  voyez  la 
Se&ion  des  Alteratifs  externes ,  dans 
le  huitième  Chapitre  qui  traite  des 
Linimens. 

En  cataplâmes  :  vous  en  verrez 
divers  exemples  dans  le  Chapitre  des 
Cataplâmes ,  &  dans  ccluy  des  Ar¬ 
thritiques. 

On  peut  ajouter  à  ces  remedes  l'a- 

fdication  des  poules ,  des  petjts  pou- 
ets ,  des  poûmons  de  mouton  ,  tout 
chauds ,  &  autres  femblables. 


CHAPITRE  III. 

Des  Narcotiques. 

LEs  Narcotiques  font  des  remedes 
qui  apaifent  la  douleur ,  ce  qu’ils 
font 


Chap.  lit.  Des  Narcotiques.  481 
font  en'deux  façons  :  premièrement 
ou  en  ftupefiant  la  partie,  &  luy  ôtant 
le  fentiment.  Secondement  ou  en  fai- 
fant  dormir ,  d’où  on  les  nomme  h  y-* 

f >110  tiques ,  ou  fomniferes.  Pour  faire 
a  douleur  ;  il  faut  que  la  partie  foit 
doüéede  fentiment ,  &  que  l'efprit  y 
faite  reflexion.  Si  l’une  de  ces  deux 
conditions  manque  ,  la  douleur  ne 
peut  pas  être. 

Lesremedes  qui  ôtent  le  fentiment 
de  la  partie  ,  &  la  ftupefient  ,  c’eft 

Par  leur  froideur  qu’ils  le  font  pour 
ordinaire ,  quelquefois  par  une  qua¬ 
lité  occulte  ,  de  laquelle  nous  parle¬ 
rons  bibn-tôt,  en  traitant  des  hypno¬ 
tiques. 

L’ufage  des  narcotiques  eft  dans 
une  violente  douleur  des  parties  ex¬ 
ternes  ,  que  les  anodyns  n'ont  pas  pù 
apai  fer. 

En  fomentation. 

Prenez  des  racines  de  jufquiame 
une  once  :  des  feuilles  de  laitue  ,  de 
morelle,  &  de  pavot  blanc, une  poig¬ 
née  de  chacune  •,  de  fantal  citrin  une 
drachme  ;  des  fleurs  de  nymphéc,  une 
pincée.  Faites  une  décodion  ,  &  de 
X 


48 1  Part.1V.  Des  Lenittfs.  Se&.uniq. 
la  coulature  fomentez  -  en  la  partie. 
Ou, 

Prenez  deux  drachmes  d’opium  > 
demie  drachme  de  camfre  ,  diifol- 
vez  -  les  dans  trois  onces  d’efprit 
de  vin  ,  trempez  des  linges  dans 
la  coulature  que  vous  métrez  fur  la 
partie  qui  ioufre  la  douleur  :  on  les 
renouvellera  quand  on  le  jugera  ne- 
celfaire. 

En  forme  de  Uniment  &  d’onguent. 

Prenez  demie  drachme  d’opium  dif- 
fout  dans  l’eau  de  vie  ,  faites-en  un 
Jiniment,  pour  la  partie  où  eftla  dou¬ 
leur. 

Prenez  d’onguent  rofat  &  du  popu- 
leum,  demie  once  de  chacun,  avec  un 
blanc  d’œuf  battu  faites  un  onguent 
que  vous  métrez  fur  des  linges  pouf 
apliquer  fur  la  partie.  Ou, 

Prenez  de  pulpe  de  pomme  cuite 
deux  onces  ;  d’onguent  populeum,une 
once  ,  demi  ferupuje  de  fafran  ,  &un 
jaune  d’œuf,  melez  le  tout ,  &  faite5 
un  Uniment ,  &c. 

Prenez  de  mucilages  de  graines  de 
pfyllipm  &  de  coins  tirez  dans  l’eaU 
de  morelle  &  de  plantin,  ttQis  onces? 


Chap.'  lH.  Des  Narcotiques  485 
de  l’onguent  populeum  ,  une  once. 
Me  lez  le  tout  ,  &  l'apliquez  avec  des 
linges. 

En  forme  decataplâme. 

Prenez  une  once  d’onguent  popu¬ 
leum  ;  de  la  poudre  de  repos  de  Ni¬ 
colas  une  drachme  &  demie, de  la  pou¬ 
dre  des  grains  de  kermes  une  drachme, 
melez-le  tout  avec  fix  onces  d’un  ca- 
taplâtnc  fait  de  mie  de  pain,  ou  déra¬ 
cinés  &  d’herbes  cuites  juiques  qu’el¬ 
les  foient  réduites  en  pâte  ,  &  palliées 
far  le  ramis.  On  s'en  fervira  pour  la 
partie  qui  foufre.  L’exemple  de  l'un 
&  l'autre  cataplâme  fe  peut  voir  dans 
le  chapitre  des  cataplâmes. 

Prenez  une  poignée  de  la  grande  jou¬ 
barbe,  faites  la  cuire  dans  le  lait,  bar- 
tez-laenfuite  dans  un  mortier  de  mar¬ 
bre  ,  ou  de  pierre  ,  &  partez  la  par  un 
tamis,  ajoûtez-y  un  jaune  d’oeuf  ,  & 
l'apliquez.  Il  foulage  les  douleurs 
vielcnrcs  des  hémoirhoides. 

Notez  premièrement  que  dans  l’u- 
fage  des  narcotiques,  il  faut  avoir  fait 
les  évacuations  univcrfellcs  ,  ou  lès 
■faire en  même  tems ,  que  l’on  met  eto 
ufage  ces  remcdes,de  peur  que  lapa*- 


484  Part.lV.  Des  Lenitifs.  Sc&.uniq. 
tie  malade  fouffrant  par  la  mauvaife 
qualité  des  humeurs,  &  par  le  remede, 
ne  contraéte  quelque  mortification. 

Notez  en  lecond  lieu  ,  qu'il  ne  Ce 
faut  pas  fervir  des  narcotiques ,  Ci  la 
partie  cft  foible  ,  &  qu'elle  foit  me¬ 
nacée  de  la  gangiéne  ;  parce  que  la 
mortification  de  la  partie  s’avanceroit 
p  1  ùtôt.Il  ne  s'en  faut  pas  non  plus  fer¬ 
vir  dans  les  enfans,dans  les  vieillards, 
&  dans  les  douleurs  des  parties  qui 
font  voilines  de  quelque  partie  noble. 

CHAPITRE  IV. 

Des  H  y  no f  tique  s. 

LEs  Hypnotiques  .font  des  remcdcs 
qui  procurent  le  fommcil. 

Il  neft  pas  encore  alfuré  par  quel¬ 
les  forçes  foit  que  ces  remcdes  font 
dormir.  La  nature  fcmble  parler  ta- 
.citemelit,  ne  s’expliquant  ny  par  les 
effets  ,  hy  par  quelque raport.  Quel¬ 
ques-uns  ont  recours  aux  qiulitcZ 
manifeftes,  d’autres  aux  ocultes.  Voi- 
.  cv  nôtre  fentiment. 


Chap.  I V.  De.  Hypnotique!.  48 
Puifque  l’alfoupiflement  cft  coni-> 
traire  aux  veilles, il  faut  que  dans  l'uneJ 
&  dans  l'autre  *,  les  efprits  animaux' 
fourfrent  divcrfemenr.  Les  fubftances 
de  ces  fortes  d’efprits étant  tres-fubti- ! 
les  ,  &  grandement  exaltées  en  des 
corpufcules  volatils  :  Et  puifque  poul¬ 
ies  veilles ,  la  fubtilité  de  ces  efprits, \. 
leur  mouvement ,  l'abondance  ,  &  là- 
liberté  des  pores  du  cerveau  &  des 
nerfs  ,  afin  qu’ils  puilVent  avoir  leur 
paflage  libre  ,  eft  neceflaire  ,  il  faut1 
que  dans  le  fommeil  qui  cft  une  indifj 
pofirion  contraire  ,  qu’ils  fuient  plus 
grolïiers  &  épais,  qu’ils  foient  comme 
engourdis  &  fans  fondions  ,  en  pe-’ 
tite  quantité  ,  &  le  partage  des  pores 
fermé.  La  plupart  des  hypnotiques- 
ou  fomniferes  procurent  le  fommeil  ■ 
pat  l’ayde  des  douces  vapeurs  qu’ils 
exhalent  ,  comme  les  alimens  ,  Iei> 
bain  tiède  ,  les  émul fions  ,  &  autres 
femblables,  qui  humedent  les  efprits 
animaux  ,  qui  les  fixent,  &  bouchent 
legerement  les  pores.  Par  la  pituite, 
dont  le  cerveau  eft  pour  l’ordinaire 
trop  remply,nous  devenons  aftoupis  : 
par  l’abondance  du  fang  qui  eft  tout  • 


48(5  Part. IV.  Des  Lenitifs.  Seéhimiq. 
en  humidité  ,  les  efprits  perdent  leur 
force  ,  le  cerveau  devient  chargé  ,  8C 
le  fommeil  vient  enfuite.  Dans  toutes 
les  maladies  foporeufes  ,  l’humidité 
prédomine  toujours»  il  y  a  fouvent  de 
la  chaleur  ,  &  rarement  du  froid ,  fé¬ 
lon  l’opinion  de  Galien  ,  dans  le  troi- 
Jtérne  livre  des  lieux  affeüez.  ,  chapitre 
trois ,  lefquellcs  qualitez  bien  qu'el¬ 
les  nous  indiquent  les  caufes  éviden¬ 
tes  de  l’aflbapi!î‘ement,il  y  a  pourtant: 
dans  la  plupart  des  hypnotiques  ,  ou 
fomniferes  une  façon  d’agir  toute 
diverfe.  Car  quelle  faculté  &  quelle 
force  peut -il  y  avoir  dans  l’opium, 
quoy  qu'exacfccmcnt  corrigé  &  prépa¬ 
ré  ,  que  pour  un  ou  deux  grains  il 
arrête  en  un  moment  les  bouillons 
d’un  fang  trop  écbaufé ,  &  les  efprits  - 
qui  fonc  en  defordre  dans  la  fièvre  ar¬ 
dente,  dans  la  phrénéfie ,  dans  la  ma¬ 
nie  ,  &  dans  les  veilles  opiniâtres  ?  Et 
que  non  feulement  il  caufe  l’alToupif-  : 
femenr ,  mais  quelquefois  la  froideur, 
l’engonrdifTement ,  &  même  la  mort, 
s’il  n’exhale  ce  qu’il  a  de  mauvais  Sc 
de  malin,  qui  eft  de  toute  fa  fubftance 
ennemy  aux  efprits, ôc  c’eft  ce  qui  ne  Ger 


Chap.  IV.  Des  Hypnotiques.  48^ 
peut  pas  déterminer.  Il  fe  rencontre 
aufli  avec  l’opium  &  le  vin  de  tempé¬ 
rature  chaude  avec  le  froid  prédomi¬ 
nant  dans  la  morelle,la  laitue ,  la  man¬ 
dragore  &  fembkblcs.C’eftce  que  les 
Chymiftes  nomment  un  concret  de 
fel  fixe  ,  de  foulphre  &  de  terre  ; 
car  le  foulphre  impur  &  puant ,  en  • 
fixant  les  efprits,  il  les  arrête,  &. 
quelquefois  il  les  corromp  mortel¬ 
lement.  L’experiençe  fait  voir  cé- 
te  vérité  ,  car  l’opium  quand  il  effc 
torréfié  ,  celle  d'étre  narcotique  ;  la 
fumée  des  charbons  ilupefie  ;  011  a 
veu  fouvent  que  la  vapeur  du  foudre 
a  corrompu  les  efprits  ;  par  la  mor¬ 
tification  qu’il  leur  avoit  communi¬ 
quée  :  Quelquefois  dans  la  fièvre  ma¬ 
ligne  &  dans  le  paroxyfme  de  la  fiè¬ 
vre  intermittanre ,  quand  la  bile  exal¬ 
te  fon  foulphre  dans  le  cerveau  ,  il 
fe  forme  céte  maladie  foporeufe  que 
l’on  nomrtie  carus.  Et  pourquoy  le 
même  n’arivera-t’il  pas  par  les  narco¬ 
tiques. 

Leur  ufage  eft  dans  les  longues  veil¬ 
les  ,  dans  les  délires  accompagnez  de 
fièvre  ,  ou  fims  elle ,  dans  les  violen- 


488  Part.  IV.  Des  Lenlttfs.  Sect.  uniq. 
tes  doulcürs  des  parties  qui  abatenr. 
leurs  forces. 

On  les  peut  donner  en  forme  3$- 
juleps  ,  d  emulfions  ,  de  bolus  ,  de 
pilules ,  &  de  topiques. 

Voicy  un  exemple  d'un  Julep. 

Prenez  quatre  onces  d’eau  de  pavot 
rouge,  trois  drachmes,  ou  demie  once 
de  iyrop  de  pavot.  Mclez-les  &  en 
faites  un  Julep  que  vous  donnerez  le 
loir  trois  heures  apres  un  bouillon. 

On  le  peut  donner  à  toute  heure  , 
li  le  mal  prelTc. 

Le  même  fyrOp  de  pavot  fe  peut 
dillbudre  dans  un  Julep  ,  ou  une  dé- 
eo&ion  ordinaire  ,  jufqucs  k  deux  ou 
trois  drachmes, ou  demie  once,  quand 
'il  le  faut  reiterer  fouvent  ,  quand  il  y 
a  grande  foibleilc  ,  on  y  ajoûte  un 
fcrupule  de  confeûion  de  hyacinthe. 

On  prépare  un  plus  doux  hypnoti¬ 
que,  ou  fomnifere  avec  demie  once  ou 
fix  drachmes  dans  l’eau  de  pavot  rou¬ 
ge,  ou  une  décoction  convenable,  ou 
dans  une  émulfion. 

Vous  verrez  les  formules  des  énntl- 
fions  dans  la  première  partie  ,  Sedion 
première  ,  chapitre  quatrième  >  qui 
traite  des  emulfions. 


Chap.  rV.  Des  Hypnotiques.  489 
En  bolus  : 

Prenez  de  l'opiate  de  laudanum,  un 
grain  ,  ou  deux,  ou  trois,  ou  quatre  ; 
un  fcrupule  de  confe&ion  de  hyacin- 
te,  une  drachme  &  demie  de  conferve 
de  rofes.  Mêlez  le  tout ,  &  faites  un 
bolus ,  que  vous  donnerez  à  l'heure 
du  fommeil  ,  en  beuvant  par  dédits 
un  peu  de  la  boilïon  ordinaire,  ou  fix 
onces  d’eau  de  pavot  rouge. 

Ce  bolus  eft  pour  les  veilles  opi¬ 
niâtres  ,  pour  les  phrénéfies , manies, 
diarée  bilieufe,  débord  de  bile  ,  vo¬ 
mi  dénient ,  douleurs  de  colique  &  de 
reins ,  &c. 

En  pilules  : 

Prenez  un  grain,  ou  deux,  outroisj 
de  laudanum  ,  un  fcrupule  de  confec¬ 
tion  de  hyacinte ,  avec  quelques  goû¬ 
tes  de  fyrop  de  pavot ,  ou  de  nym- 
phée  faites  des  pilules. 

Ou  en  forme  de  mélange  : 

Prenez  d'eau  de  laitue  &  de  buglo- 
fe  deux  onces  de  chacune  -,  de  con¬ 
fection  de  hyacinte ,  &  de  poudre  de 
diamargaritum  froid,  demie  drachme 
de  chacun  -,  deux  grains  de  laudanum  ; 
de  fyrop.  de  nymphée  demie  once,  fai- 


49«  P,irrJV.D«  Ltmifs'.St&.unïq, 
tes  un  mélange ,  duquel  vous  donne¬ 
rez  deux  cuillieirées ,  deux  ou  trois 
fois  le  jour  ,  deux  heures  devant  SC 
après  le  bouillon. 

On  peut  dilTottdre  le  même  lauda¬ 
num  ,  dans  un  Julep  ,  cmqlfior. ,  ou 
décodkion. 

Les  topiques  font  les  frontaux  ,  les 
oxyrhodinsj  le  lavement  des  pieds , 
dont  vous  verrez  les  exemples  dans- 
chapitre  en  particulier. 

Notez  premièrement  que  dans  l'u- 
fage  des  narcotiques  il  faut  commen¬ 
cer  par  les  plus  foibles ,  en  venant 
enfuite  aux  plus  forts ,  à  moins  que 
quelque  accident  prclTant  n'obWgc  de 
donner  d'abord  les  plus  forts. 

Notez  fecondement  y  qu’il  ne  faut 
pas  fouvent  réitérer  les  narcotiques  » 
de  peur  de  jeter  le  cerveau  dans  un 
mortel  airoupilfcment. 

Troifiémement  qu'il  faut  toûjotirs 
mêler  quelque  peu  de  cardiaque  avec 
les  narcotiques ,  pour  en  abatre  leur 
force  qui  eft  contraire  au  cœur  &  ai* 
cerveau. 

Quatrièmement  qn’il  ne  faut  pas 
donner  les  narcotiques  aux  perforant* 


Chap.X.  Du  Flux  de  Sang.  491. 
abatues ,  ny  aux  vieillards  ,  ny  aux 
femmes  enceintes ,  ou  du  moins  ties- 
médiocrement ,  &  avec  beaucoup  de 
prudence  &  de  circonfpeûion. 

Cinquièmement  qu’on  ne  les  or¬ 
donne  point ,  qu’aupatavant  le  corps 
n’ait  été  vuidé  ,  de  crainte  que  les  hu¬ 
meurs  ne  s’incraflent  davantage ,  8c 
que  la  nature  ne  fe  trouve  acablée. 

CHAPITRE  V. 

Du  Flux  de  Sang. 

COmme  la  vie  dépend  des  forces  , 
aufli  les  forces  confident  dans  lq 
fang  &  dans  les  efprirs  ;  c’fcft  pour- 
quoy  on  dit  communément  que  nous 
avons  autant  de  forces  ,  que  nous 
avons  de  fang  &  d'efprits  :  Donc 
quand  le  fang  fort  de  les  vai fléaux 
outre  les  réglés  de  la  nature,  il  le  faut 
d’abord  arrêter  par  des  rcmedes  inter¬ 
nes  8c  externes ,  que  les  Grecs  nom¬ 
ment  'i%tupec ,  &  ce  font  des  medica- 
mens  qui  arrêtent  le  fang  qui  fort 
copieulement  de  quelque  veine  ou¬ 
verte,  rongée,  rompue' ,  ou  coupée. 


4,'  i  Ps.rt.IV.  Des  Lemtïfs.  Seét.uniq. 

Ce  qu’ils  font  en  trois  façons  :  pre¬ 
mièrement  par  une  vertu  cmplaftiquc, 
à  raifon  d’une  fubftance  cralfe  &  lente, 
par  laquelle  ils  remplilfcnt  &■  ferment 
l’orifice  des  veines.  Secondement  en 
rafraichifTant  ,  reflcrrant  ,  6c  defle- 
chant.  Troifiémemcnt  par  une  facul¬ 
té  cauftique  ,  par  laquelle  en  brûlant 
.  les  veines  ils  font  une  petite  croûte. 

Leur  ufagc  eft  premièrement  pont 
les  playes  ,  comufions ,  &  pour  les 
v  aideaux  rompus  &  ouverts. 

Le  rernede  ordinaire  que  l’on  met 
premièrement  fur  les  parties  blcïïees , 
ou  qui  ont  une  contufion  ,  fe  fait  de 
poudres  aftringcntes  ,  comme  dev.bol 
cl’Armenie,  de  terre  figillée,  de  fang 
de  dragon  ,  d’encens ,  de  maftic  mêlez, 
avec  un  blanc  d’œuf  batu  avec  l’eau 
rofe,  que  l’on  niet  fur  des  étoupes  de 
chanvre  ,  métant  par  deflus  des  ban» 
des  mouillées  d’oxycrar. 

On  lailfe  cét  aparcil  en  hy  ver  pen¬ 
dant  vingt-quatre  heures ,  en  été  la 
moitié  d’un  jour ,  &  on  en  remet  un 
çiutre  femblable,fi  ce  n’eft  que  la  dou¬ 
leur  ou  le  flux  de  fang  ,  oblige  de  le 
rcnouveller  plutôt.  Voicy  connue  on 
l’ordonne. 


Chap.  V.  Dh  Flux  de  Sang.  49$ 

Prenez  de  bol  d’ Arménie,  d'encens, 
de  maftic  ,  &  de  corail  rouge  ,  une 
drachme  de  chacun.  Reduifez  le  tour 
en  poudre  que  vous  mêlerez  avec  un 
blanc-  d’œuf  batu  avec  l’eau  rofe, 
vous  l’apliquerez  avec  des  écoupes 
fur  la  partie  bleflee. 

On  pourra  voir  plufieurs  antres 
exemples, dans  le  chapitre  despoudres, 
feCtion  troifiéme ,  parcie  première. 

Quand  les  playes  font  pénétrantes, 
&  qu’elles  percent  le  ventre  &  la  poi¬ 
trine  ,  il  faut  aufïi  employer  des  re¬ 
mèdes  internes ,  tandis  que  l’on  fait 
la  faignée  :  Ces  remedes  doivent  être 
de  ceux  qui  incraflent  le  fang,  reller- 
rent  les  parties  ,  8c  fortifient  les  vaif- 
fraux. 

Par  exemple  en  forme  de  Julep. 

Prenez  des  eaux  de  plantin  &  de 
rofes  ,  deux  onces  &  demie  de  chacu¬ 
ne  ;  demie  drachme  de  confection  de 
hyacintc ,  un  fcrupulc  de  bol  d’Ar- 
menie ,  8c  une  once  de  fyrop  de  rofes 
feches. 

En  émulfions ,  voyez  le  chapitre 
des  Emulfions ,  oh  vous  trouverez  des 
formules  pour  incralfer. 


494  Parr.1V'.  "Des  Lenhifs.  Se&.uniq. 

En  forme  de  décoâion  vulnéraire, 
pour  incrairer  ,  &  quand  la  playc  a* 
befoin  d’étre  détergée. 

Prenez  des  racines  de  la  grande 
confolide  ,  &  de  quinte-feüille  ,  une 
once  de  chacune  :  des  feuilles  de 
plantin  ,  d’agrimoine  ,  de  prêle ,  de 
pimpinelle,  &  de  pcrvanchc,  une  poi¬ 
gnée  de  chacune  ;  de  graine  de  plan¬ 
tin  ,  de  pourpier  ,  &  de  pavot  blanc  , 
deux  drachmes  de  chacune  ;  des 
fleurs  de  mille  -  permis ,  &  de  rofes 
rouges ,  de  chacune  une  pincée.  Fai¬ 
tes  une  décoétion  pour  trois  dofes  > 
ajoutant  à  chacune  ,  une  once  de  fy- 
rop  de  grenades  ou  de  rofes  rouges, 
pour  piendre  le  matin  &  le  foir. 

Le  fécond  ufage  eft  pour  l'hémor¬ 
ragie  du  nez  qui  n’cft  pas  critique, 
ayant  auparavant  ouvert  la  veine  fuf- 
flfamment. 

Voyez  le  Chapitre  qui  traite  des 
Frontaux  ,  &  ccluy  des  Errhines. 

Le  troifiéme  ,  pour  le  crachement 
de  fang  ,  &  la  phthifte  :  vous  .verrez 
leurs  remedes  dans  le  Chapitre  des 
Thorachiques ,  &  celuy  des  Loochs. 

Le  quatrième  pour  l'arteriotoroie» 


Chap.V.  Du  Ftux  de  Satig.  49 y 
on  aplique  fur  la  playe  une  fève  cou¬ 
pée  par  le  milieu ,  enfuitc  on  mer 
par  de  fus  un  cataplâme  d'encens  ,  de 
bol  d’ Arménie,  de  poils  de  lièvre,  que 
l’on  incorpore  avec  un  blanc  d’œuf, 
on  bande  enfuite  la  playe  comme  il 
faut.  Pour  d’autres  exemples  voyez' 
le  chapitre  des  poudres. 

Cinquièmement  pour  les  anevrif- 
mes  ;  Quand  il  eft  dans  fon  commen-, 
cernent,  &  qu’il  eft  petit,  il  faut  apli- 
quer  deflus  une  fève  coupée  par  le 
milieu  ,  ou  une  plaque  de  plomb  avec 
des  comprelîcs  8c  des  bandages. 

Prenez  de  bol  d’ Arménie  ,  de  terre 
figilléc  ,  d’encens ,  de  maftic  ,  &  de' 
poils  de  lièvre  ,  deux  drachmes  de 
chacun  ,  du  fromage  nouveau  ,  deux: 
onces  ;  un  blanc  d’œuf  batu  avec  du 
vinaigre  rofat  ,  broyez  &  mêlez  le: 
tout  en  forme  d’un  cataplâme  que 
vous  apliquerez  fur  la  partie  malade, 
en  mérant  par  deflus  un  bandage  que 
vous  ferrerez  fort ,  &  vous  renouvel¬ 
lerez  ce  cataplâme  de  trois  en  trois 
jours. 


49  6  Part. IV.  Des  Lenitifs.  Se&.uniq. 


CHAPITRE  dernier. 

De  la  Syncope. 

NOus  ne  traitons  pas  icy  des  re- 
medes  pour  ôter  la  caufe  d'où 
dépend  le  mal  de  cœur  ,  ou  la  fynco- 
pe ,  mais  feulement  de  ceux  qui  réta- 
bliflent  promtement  les  efprits  dans 
ce  défaut  de  forces,  de  peur  que  venant 
à  manquer  en  une  trop  grande  quan¬ 
tité  ,  une  mort  fubite  n’arrive. 

Il  faut  pourtant  prendre  garde  de 
ne  pas  augmenter  la  caufe  du  mal, dans 
le  tems  que  l'on  tâche  de  reparer  les 
forces  :  c’eft  pourquoy  dans  une  indif. 
pofition  chaude,  il  faut  employer  des 
remedes  des  plus  temperez,  ou  moins 
chauds  ;  &  dans  un  accident  qui  dé¬ 
pend  d'une  caufe  froide  ,  il  faut  plu¬ 
tôt  fe  fervir  de  remedes  chauds. 

Dans  tout  accident  ,  foit  que  le 
mal  de  cœur  ou  la  fyncope  foit  ac¬ 
tuellement  ,  ou  donne  des  marques 
d’arriver  bientôt ,  le  plus  prompt  re- 
mede  c’eft  de  bon  yin  pur  >  ou  avec  vu* 


Chap.  dern.  De  la  Syncope.  45^ 
peu  de  confection  d’hyacinte ,  qui 
eft  temperée  ,  ou  médiocrement 
chaude. 

La  même  confection  d’hyacinte 
jufqu’à  une  drachme  ,  fe  peut di dou - 
dre  dans  un  peu  d’eau  rofe ,  ou  de  na- 
phc  j  ou  un  peu  de  bouillon. 

La  confection  alkermes  Sc  la  thé¬ 
riaque  font  chaudes  ,  &  on  les  donne 
dans  un  accident  qui  vient  d'une  cau- 
fc  froide  ;  avec  du  bon  vin  ,  ou  d’eau 
de  canellc ,  d’oranges,  ou  de  citrons. 
On  les  donne  quand  la  fyncope  eft 
d’une  caufe  chaude  ,  quand  le  mal  de 
cœur  eft  long ,  &  prefquedefefperc. 

On  donne  l’eau  de  vie  ,  de  candie, 
l’eau  impériale  ,  l’eau  clairette*  l’eau 
de  la  Rcyne  d’Hongrie  ,  jufqu’à  une 
ou  deux  cuillierées. 

L’Elixir  de  propriété  &  autres  cor¬ 
diaux  que  l’on  peut  voir  dans  le  cha¬ 
pitre  des  cardiaques ,  &  dans  celuy 
des  Corroboratifs  pour  le  cœur  tant 
dans  une  indifpolition  froide  que 
chaude. 

Les  remedes  externes  peuvent  être 
les  fuivans.  Il  faut  jéter  de  l'eau  frai- 
che  au  vifage. 


4p  8  Part.1V.  Des  Lenitlfs.  SeCt.uniq. 

il  faut  mette  fur  le  cœur  de  la  con¬ 
fection  d’hyacinthe  dilToûte  avec  du 
vin  ,  ou  de  l’eau  naphe ,  avec  un  peu 
d’eau  de  la  Reyne  d’Hongrie. 

On  peut  faire  fentir  une  croûte  de 
pain  rôtie  trempée  dans  du  bon  vin 
pur  :  on  l’aplique  aufli  tiède  fur  le 
nombril,  aux  poignets,  &  aux  plantes 
des  pieds. 

On  aplique  fur  le  cœur  8c  aux 
plantes  des  pieds  des  pigeons  fendus 
par  le  milieu  ;  ou  une  poule  ouverte 
par  le  dos ,  à  la  région  épigaftrique. 

On  frore  les  narines  de  heaume  du 
Pérou ,  ou  de  confection  alkermes  ;  il 
faut  faire  fentir  de  l’eau  de  canclle,ou 
d’eau  de  la  Reyne  d'Hongrie. 

Il  faut  fomenter  tièdement  les  tefti- 
cules  de  confection  alkermes  dilïbûre 
dans  le  vin.  Voyez  le  Chapitre  des 
Cardiaques ,  &  celuy  des  Corrobora¬ 
tifs  pour  le  cœur ,  où  vous  trouverez 
une  ample  matière  des  cordiaux. 


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TABLE 

DES  MATIERES. 


C  i  d  e  s  ennemis  des  Tels  des 
ggg®  purgatifs.  371 

Aloës ,  à  qui  11e  doit  pas  être  or¬ 
donné.  <  3  9 1 

Alteratifs  ce  que  c’eft.  z  z 

Leur  neceiiicé.  10.  &  11 

Leudiviiion.  xz.14.zj.16 

Alteratifs  fîmples  à  quoy  bons.  13 
Altetatifs  fpccifiques.  25.  8f 

Alteratifs  céphaliques.  8  6 

Al*n  faccarin  comme  fe  fait.  131 
^natomic  needfaire  à  un  Médecin. 
1 6 

Anodyns  quels  remedes  font.  479 
En  combien  de  façons  ils  foulagent 
la  douleur.  ibid. 

Comme  ils  s’ordonnent,  480 
Apozéme  ce  que  c’eft.  3  3 


Table 

Ordre  que  l’on  doit  garder  dans  la 
compofition  des  Apozémes.  ibid. 
Le  tems  de  les  prendre.  3  3 

Leur  dofe.  34 

Leurs  ufages.  #  ibid. 

Apozéme  pour  rafraîchir  ,  hilmeéler, 
incrafler  &  adoucir  l’acrimonie  de 
la  bile.  34 

Apozéme  pour  humeéter  &  fubtilifer 
la  bile  trop  épaiflâe.  36 

Apozéme  pour  échaufcr ,  delTecher , 
arenuer,  incifet  &  déterger  la  pi¬ 
tuite.  3  7 

Apozéme  pour  les  catarrhes  avec  toux, 
eau  fez  par  une  pituite  fubtile  ,  & 
qui  participe  en  quelque  façon  de 
chaleur.  39 

Apozéme  pour  préparer  l’humeur 
mélancolique.  40 

Apozéme  pour  l'atrabilc.  41 

Apozéme  apéritif  pour  les  maladies 
invétérées  du  foye  ,  de  la  ratc^ 
&c.  43 

L’ufage  de  ces  Apozémes  combien 
de  tems  doit  continuer.  44 

Apozéme  pour  l’apoplexie ,  épilepfie, 

&c.  87 

Apozéme  pour  le  délire  ,~la  manie  » 


des  Maùeres. 

une  intempérie  chaude  &  feche  des 
efprits.  89 

Apozéme  béchique  pour  préparer  la 
pituite  dans  toutes  les  maladies 
froides  de  la  poitrine.  98 

Voyez  DécoElion. 

Apozémc  llomachique  pour  une  in~ 
difpofition  froide.  1 1 8 

Apozéme  pour  uneindifpoiitiô  chau¬ 
de  ,  lorfque  toute  la  vigueur  de 
l'eftomac  femble  être  perdue.  1  22 
Apozéme  pour  un  vomiflement  bi¬ 
lieux  ,  &c.  1 1 } 

Apozéme  hépatique  pour  une  indif- 
pofition  froide  ,  &c.  1  2  y 

Apozéme  hépatique  dans  une  indif- 
pofition  chaude  caufée  par  la  bile , 
la  pituite  ,  Sc  mélancolie  brûlée. 

Apozéme  fplenitique.  1 29 

Apozéme  contre  les  vers.  1 3 1 

Apozéme  pour  la  chaleur  des  reins 
&  de  la  veille.  1 3  8 

Pour  rompre  la  pierre  des  reins. 
1  44 

Pour  chafTcr  la  pierre  &  le  fable 
qui  font  dans  les  reins  Si  dans  la 
velEc.  146 


Table 

Pour  arrêter  le  fang  qui  fort  avec 
l’urine.  1 48 

Pour  arrêter  les  mois  qui  fluent 
trop.  156 

Pour  netoyer  la  matrice  des  impu- 
retez  qu’elle  contient.  157 

Apozéme  cardiaque  dans  un  accident 
de  poifon  froid  ,  morfure  de  chien 
enragé  ,  &c.  1 1 1 

Apozéme  pour  les  fièvres  malignes 
pourprées ,  &c.  114 

Apozémes  purgatifs  quels  font.  176  . 
Leur  différence.  ibid. 

Coipme  fc  compofent.  ibid. 
La  dofe  des  purgatifs  dans  la  décoc¬ 
tion  &  dans  i'infufion.  177.  &  178 
Ce  qu’il  faut  faire  auparavant  que 
de  venir  à  l’ufage  des  Apozémes 
purgatifs.  178 

Apozéme  pour  purger  la  bile.  179 

Pour  purger  la  pituite.  180 

Pour  purger  la  mélancolie.  1 8z 

Pour  purger  les  férofitez.  185 

Pour  purger  quand  il  y  a  mélange 
d’humeurs.  184.185 

•Arthritiques  quels  remedés  font.  1  <5 } 
Leur  différence.  ibid. 

Leurs  ufages.  164. .165.  166 


des  Maùere-s. 


B. 

B  Ain  ce  que  c’eft  ,  &  fes  diffé¬ 
rences.  zj9 

Bain  fimplc  de  quoy  fe  fait.  ibid. 
Bain  d’eau  douce  &  bain  d’eau  tiède 
à  quels  ufages.  z 60 

Bains  d’eau  de  la  mer.  ibid. 

Bain  d’huile  feule,ou  d’huile  &  d'eau, 
ibid. 

Bain  de  lait.  ibid. 

Bains  chauds  naturels.  1 6 1 

Bains  compofez  dcquoy  fe  font.  ibid. 
X.eurs  ufages.  z  6  3 .  1 64.  z  6  $ 
Comme  ils  s’ordonnent.  z6i 

Quel  tems  pour  entrer  dans  le  bain, 
ibid. 

Pendant  quel  efpace  on  le  doit 
prendre.  ibid. 

Bain  contraire  aux  affamez.  ibid. 

Précautions  à  prendre  tant  dans  les 
Bains  iimples  que  compofez.  ibid. 
&•  16} 

Bains  compofez  pour  rafraichir  & 
humefter.  z6$ 

•  Pour  refferrèr  dans  le  flux  excelEf 
des  hémorroïdes  »  dans  la  perte 


Table 

desmois,  &c.  164 

Pour  deflecher  dans  la  paralyfie. 
i6y 

Voyez  Demi-bain. 

Béchiques  quels  fortes  de  remedcs.97 
De  quelle  confiftance  ils  doivent 
être.  97.98 

Béchiques  de  deux  fortes.  98 

Oblervations  touchant  l’ufagc  des 
Béchiques.  100.101 

Voyez  De'cofiion. 

Bolus  ce  que  c’eft.  zo8 

De  quoy  fe  compofenr.  ibid. 
Bolus  apéritif  pour  les  obftruétions , 
&cc.  109 

Bolus  rafraichiflant  &  corroboratif. 

•  ibid. 

Bolus  aftringent  pour  le  flux  de 
ventre.  110 

Bolus  pour  apaifer  la  douleur  dans 
la  dyfenterie.  ibiJ. 

•  Bolus  purgatif  ce  que  c'cft.  578 

Quand  on  s'en  fert.  ibid. 

Bolus  pour  purger  doucement  la  bile, 
&c.  ?7  9 

Dans  la  gonorhée.  'ibid. 

Bolus  pour  purger  la  bile  qui  dft 
mélee  avec  des  humeurs  groflieres. 
ibid.  Pour 


des  Matières. 

Pour  attirer  les  férofirez  dans  1* 
goutte  ,  rhumatifme,  &c.  380 

Pour  l’hydropifie  &  autres  mal», 
dies  ,  où  il  Faut  vuider  les  grands 
amas  d’eaux  .  ibid.  &  381 

Bolus  corroboratif  dans  ,1a  dyfenterie 
&  diarée.  469 

Bolus  pour  fortifier  l’eftomaç.  110 
Bolus  pour  faire  dormir.  489 

Bouchet ,  ce  que  c’eft.  1 74 

Ufage  des  Bouchets  ,  &  comme 
.  ils  fe  compofent.  ibid.  &  17  j 
Bouillons  alteratifs  quand  employez. 

Dequoy  fe  compolent.  ibid. 
BoiiiUons  alteratifs  fe  donnent  pour 
plufieurs  fins.  45.  4 6.  50.  yz 
Bouillon  rafraichiflant.  46 

Pour  ôter  les  obftru&ions.  ibid. 
Bouillon  apéritif  pour  les  pâles  cou¬ 
leurs.  48 

Bouillon  alteratif  pour  adoucir  l'acri¬ 
monie  d’une  humeur  fubtile  qui  fe 
jéte  fur  la  poitrine.  50 

Bouillon  pour  le  crachement  du  fang. 
P- fa 

Bouillons  reftaurans  comme  fe  forçr. 
P-  J4 


Y 


Table 

Bouillons alteratifs  comme  fe  rendent 


purgatifs.  186 

Divers  exemples.  1 87 

Bouillon  purgatif  pour  les  maladies 
chaudes  de  la  poitrine.  188 

C 

y'"'i  Affé  que  c’eft.  11  f 


V.V  Comme  il  fe  préparé.  itj.Sc 

il  6 

Ses  qualités -&  fes  facultez  115. 
Cardiaques  quels  fortes  de  remedes. 
110.  LeurdifFerence.  111 

Remedes  Cardiaques  Galéniques 
&Chymiques.  1 1  r.  jufques  1117 
Carminatifs ,  &  leurs  qualirez.  1 3  y 
Les  ufages.  1 3  6 

Précautions  ï  prendre  dans  ces  re¬ 
medes.  13  6.  137 

Cataplâmes  dequoy  fe  compofent. 
196.  197 

Leurs  ufages.  ibid.  198.  300.  301 
Cataplâmes  anodyns.  197 

Cataplâmepourarcter  la  fluxion  dans 
le  commencement  des  inflamma¬ 
tions.  198.  i99 

Pour  rabatre  l’acrimonie  de  l’hu- 


des  Matières. 

tueur  dans  le  charbon  ,  &  dans 
toutes  les  tumeurs  malignes.  1951 
Dans  l’augment  de  l'inflammation, 
pour  diminuer  la  fluxion ,  &  ré¬ 
soudre  legeremenr.  3  00 

Pour  faire  avancer  la  fupuration 
dans  la  plevrefie ,  Sec.  ibid. 

Pour  une  foiblelle  d’eftomac,grand 
vomiflement ,  &c.  jot 

Pour  le  flux  de  'ventre  ,  Choiera 
morbnt ,  &c.  ibid.  &  3  o  1 

Cataplâmes  pour  ap.aifer  la  douleur 
des  yeux  avec  inflammation.  95 
Cataplâmes  pour  apaifer  la  douleur 
des  goûtes.  i6j.  1 66 

Cataplâmes  pour  arrêter  les  violentes 
douleurs.  48  a 

Cataplâmes  pour  arrêter  l'hémorrha¬ 
gie  d’une  playe.  495 

Ceratceqtiec’cft.  291 

Ceratsdequoy  fccompofent.  ibid. 

Ufages  des  Cerats.  ibid. 

Cerat  pour  les  playês  de  la  tête  ,  &c. 

Pour  les  duretez  de  rate.  ibid. 
Pour  lalienterie  &  dyfenterie.ibid. 
Cerveau  pourquoy  Souvent  ateint  de 
maladies  froides  Sc  humides.  86 
Y  2 


Tablt 

Cerveau  par  quelles  voyes  fe  purge. 
509.  &  421 

China-china  ,  ce  que  c’eft.  2 1 9 
Sa  dofe.  220.  &  22} 

Comme  s’en  doit  faire  l’infufion. 
220 

Le  tems  de  l’ordonner  &  de  le 
prendre.  221.222 

Ses  qualitez  ,  &  de  la  façon  qu  il 
opère.  223.  224 

Cire  pourquoy  ôtée  des  linimens.  279 
Clyftere  ce  que  c’cft.  319 

Dequoy  le  compofcnr.  ibid. 

Le  tems  de  les  donner.  ibid. 

Leur  différence  ,  &  leurs  ufages. 

321.  322.  323. 326.  336.  &  338 
Clyftere  pour  ramolir  &  humeder. 
Jü 

Pour  rafraîchir  &  hume&er.  322 
Remarques  à  faire  dans  la  cornpo^ 
fition  des  Clyfteres.  323.  324. 
525.  326.  327. 

Clyftere  lénitif&  déterfif.  32  G 

Clyftere  dans  les  maladies  foporeu- 
les.  ibid. 

Pour  difliper  les  vents  ,  dans  les 
douleurs  de  Colique.  3  2  8 

Dans  la  douleur  nephritique.  3  2  9 


des  Matières. 

Dans  les  fufocations  de  matrice. 

3  3°*  3  3* 

Contre  les  vers.  3  3 1 

Pour  déterger  &  adoucir  l'acrimo¬ 
nie  des  humeurs  dans  la  diare'e 
bilieufe,  &  la  dyfenterie.  333. 334 
Pour  reflerrer.  3  3  6 

Clyfteres  pour  nourrir  &  pour  forti¬ 
fier.  3  3  8 

Remarques  fur  ces  fortes  de  Cly¬ 
fteres.  3  3  9 

Coeur  comment  s'affoiblit.  1 1  o 

Collyre  ce  que  c’eft.  90 

Différence  &  ufages  des  Collyres, 
ibid. 

Collyres  pour  le  commencement  de 
la  fluxion,  ou  de  l’inflammation. 
91. 91 

Collyres  pour  apaifer  la  douleur.  9  2 
Collyre  pour  repercuter  &  arrêter  la 
douleur.  9  3 

Collyres  ponr  repercuter  &  un  peu 
refoudre  ,  quand  l’inflammation  cil 
dans  fon  augmenr.  ibid. 

Collyres  pour  refoudre  quand  l'in¬ 
flammation  eft  dans  fon  e'tar.  94 
Collyres  pour  delfecher  &  digerer.9  y 
Collyre  pour  déterger  &  confumer 
X  5 


Table 

les  taches  des  yeux.  *>6 

Collyre  pour  les  demangeaifons  &  la 
gale  des  paupières.  ibid. 

Obfervations  dans  l’ufage  des  Col¬ 
lyres.  ibid.  &  97 

Coma  veillant ,  ce  que  c'cft.  8  6 

ConnoilTance  de  la  caufe  de  la  mala¬ 
die  ce  qu’elle  comprend.  ?. 

Connoiflance  des  tems  des  maladies 
combien  utile  pour  regler  un  régi¬ 
me  de  vivre.  i 4 

Corroboratifs  dans  les  maladies  chau¬ 
des  du  coeur.  4  ;  y .  &  fuiv. 

Remarques  touchant  l'ufage  des 
Corroboratifs.  452.453 

Corroboratifs. dans  les  mdifpofirions 
froides  du  cœur.  460.  &  fuiv. 

Corroboratifs  pour  le  cerveau  ,  dans 
les  maladies  chaudes.  462 ,&fuh. 
Dans  les  maladies  froides.  464 
Corroboratifs  pour  le  foye  pour  une 
caufe  chaude.  468 .&  fuiv . 

Dans  une  caufe  froide.  471. 


fuiv. 

Corroboratifs  pour  la  rate.  474 
Pour  la  matrice  &  la  veflïe.  475 
Crife  de  la  vérole.  287 

Curations  dans  les  maladies }  de  deux 
fortes.  476- 


des  Matières. 

D. 

DEcoéKon  béchique  pour  incraf- 
fer  la  bile  &  les  humeurs  fub- 
tiles,&c.  xoi 

Pour  cuire ,  préparer  ,  &  ayder  à 
cracher  la  matière  de  l’Empyemc. 
ioz.  Sc  10} 

Pour  le  crachement  de  fang  St  la 
dyfenterie.  Toj 

Voyez  AfoKe'me. 

Décoûion  pour  le  débord  &  un  Cx- 
cez  d'urine.  149 

Déco&ion  pour  la  verole.  170.  175 
De'coftion  de  Querceran  pour  une 
intempérie  chaude  des  reins  avec 
ulcéré,  &c.  171 

Déco,5tion  vulnéraire  pour  in  cr  a  lier, 
Sc  quand  la  playe  a  befoin  d’étre 
détergée.  494. 

Demi-bain  ce  que  c’eft.  2 6y 

Ufages  des  Demi-bains.  266 
Diaphorctiques  quels  remedes  font» 
416.417 

Leurs  ufages.  417.  418.  419 
Diaphoniques  tirez  de  la  Chymie. 
418.  4i9 


Table 

Remarques  fur  l’ufage  des  Dîapho- 
retiques.  410. 410.421 

Diète  ce  que  c’eft.  1 68 

Ses  différences.  170.  &  197 

Voyez  Hydrotiques ,  Sudorifiques. 
Dicte  alterative  8c  purgative  ce  que 
c’eft.  1 97 

Dcquoy  elle  fe  compofe.  ibid. 
Dans  quels  corps  &  quelles  mala¬ 
dies  on  fc  fert  de  céte  Diète.  178. 
&  *99 

Précautions  touchant  l’ufage  de 
ces  Diètes.  199 

Diurétiques  quels  remedes  font.  408 
Par  quelles  parties  ils  évacuent.ibid. 
Diurétiques  proprement  &  impropre¬ 
ment  tels.  ibid. 

Ufage  des  Diurétiques  médiocre¬ 
ment  rafraichiffans.  409 

Diurétiques  tirez  de  la  Chy mie.  41 1 
Diurétiques  chauds  en  quelles  mala¬ 
dies  font  propres.  4  ï‘z 

Remarques  touchant  l'ufage  des 
Diurétiques.  415 

Douleur  s’ôte  en  trois  façons.  478 
Pour  faire  la  douleur  ce  qui  eft  ne- 
ceflaire.  481 

Dropaces  ce  que  c’eft.  jo6 


des  Matines. 

Comme  ils  fe  font  5  &  leurs  ufa- 
gcs.  ibid.  &}07 

E. 

EAu  ,  fi  elle  a  des  pores.  3  44 

Embrocations  en  quoy  different 
des  Fomentations.  3  y  y 

Leurs  ufages.  ibid. 

Embrocations  pour  temperer  la  cha¬ 
leur  de  la  tête  ,  &  pour  faire  dor¬ 
mir.  2;  G 

Dans  l'apoplexie  &  autres  ma¬ 
ladies  acompagnées  d'aiïoiipiflè- 
ment  ,  caufées  par  une  matière 
froide.  ibid. 

Emétiques  quels  remedes  font.  4 00 
Emetiques  comment  ils  produilent 
leurs  effets.  ibid. 

Emetiques  tiennent  lien  de  purgation 
particulière  &  univerfelle.  40  r 
Emetiques  établis  pour  trois  fins.ibid. 

Leurs  ufages.  ibid. 

Emetiques  ï  qui  propres ,  &  à  qui 
contraires.  4or 

Emetiques  different  en  la  façon  coo¬ 
pérer.  40  j 

Emetiques  doux.  ibid.  &  404 

*  f 


TM' 

Emétiques  médiocres ,  &  Emenqtres 
violcns.  404.  &  405. 

Emetiques  Chymiques.  40 y&ftiiv. 
Précautions  touchant  les  Emeti¬ 
ques.  407 

Emplâtre»  fon  origine,  &  ce  que  c'eft. 

194 

Différence  des  Emplâtres.  ibid. 

Comme  fe  compolent.  ibid. 

Leurs  ufages. 

Emplâtre  pour  netoyer  les  ulcérés 
malins  &  chancreux  ,  &  les  cica- 
trifer.  ibid. 

Emplâtre  pour,  diminuer  la  rate  en¬ 
flée.  Z9<y 

Emulfion  ce  que  c'eft.  y  y 

Emul  fions  dequoy  Te  compofem.ibid. 
Leurs  ufages.  ibid.  y7- y& 

Pourquoy  elles  ne  s’ordonnent  pas 
pour  pluficurs  prifes.  56 

Emul  fions  pour  la  trop  grande  cha¬ 
leur  des  fièvres  ,  &  de  toutes  les 
maladies  des  poumons.  y 6 

Pour  laplévrefie,  inflammation  du 
poûmon  ,  Scc.  y  7 

Pour  là  gonorhée.  y  S 

Pour  les  fièvres  malignes  &  la  pe¬ 
tite  verole  ,  &c>  y  8 


des  Matières. 

Pour  les  grandes  veilles.  59 

Epitheme  ,  ce  qu’il  fignifie.  137 

Epithemes  de  deux  fortes.  ibid. 

Dequoy  fe compofent.  1 37.&  138 
La  façon  de  les  apliquer  &  quand. 
i?8  * 

Leurs  uiages.  139.  *40. 141. 24 2 
Epithemes  pour  rafraichir  &  fortifier 
le  cœur.  Z39- 

Dans  la  fièvre  ardente  &  maligne, 
ibid. 

Pour  fortifier  &  rétablir  les  efprits. 
dans  une  fyncope.  140.141, 

Pour  temperer  la  çhaleur  &  la  fe- 
cherefle  de  la  poitrine  dans  les  fiè¬ 
vres  fynoques  &  ardentes.  241 
Pour  rafraichir  un  foye  échaufé  ôc 
le  fortifier.  142. 

Pour  le  foye  foible ,  dans  un  flux 
des  hémorrhoïdes,dans  lacafcexie, 
caufée  par  une  caufe  chaude.  143 
Obfervations  dans  l’ufage  des  Epi¬ 
themes.  244. 

Epithemes  pour  les  tefticules.  ibid» 
Pour  les  mêmes  parties  dans  une 
maladie  froide.  24^, 

Epithemes  folides  dequoy  fe  compo- 
fent.  2146 


Table 


Leur  ufagc.  ibrd. 

Epitheme  folide  dans  la  lipothymie  , 
&  dans  la  fyncope.  ibid. 

Pour  la  plévrefie  ,  fièvres  mali¬ 
gnes  ,  Sec.  247 

Contre  les  vers  où  il  y  a  vomille- 
menc,  dans  les  enfans.  ibid. 

Errhines  quels  medicamens.  42(5 
Leurs  ufages.  ibid. &fuiv. 

Errhines  pour  purger  le  cerveau  des 
humeurs  grolïïeres.  ibid. 

Pour  temperer  une  ardeur  des  nari¬ 
nes  &  du  cerveau.  427 

Pour  nétoycr  les  ulcérés  des  nari¬ 
nes.  '  42  S 

Pour  fecher  l'ulcerc  l'ayant  nétoyé. 
ibid. 

Pour  arrêter  une  hémorrhagie.42  9. 
Pour  corriger  la  puanteur  des  na¬ 
rines.  ibid. 

Etuves.  1.6  j 

Diverfes  fortes  d'Etuves  &  à  quel¬ 
les  maladies  elles  conviennent. 
268.  2 69 

Euphorbe  comme  corrigé  par  les  Ih- 
aiens.  5,7  x 

Et  par  Querccran.  ibich. 

Extraits  purgatifs.  595. 


des  Matttrer. 


F. 

F  Acuité  expultrice  ce  que  c’cff. 
3  ij 

Flux  de  bouche ,  crife  de  la  verole. 
187 

Ses  lignes.  rbid. 

Combien  de  tems  doit  continuer. 
191 

Flux  de  fang  comme  s’arrête.  49a. 

&fùzr. 

Fomentations  ce  que  c”eft,  &  de  quoy 
on  les  compofe.  147 

Dans  quelle  liqueur  la  décoéfcion 
des  Fomentations  fe  fait.  148- 
A  quelle  heure  Sc  combien  de  foi* 
par  jour  on  fomente.  ibid- 

Ufages  des  Fomentations.  ibid..Sc 
^49- i5  3-i|4 

Fomentations  pour  temperer  la  cha¬ 
leur  des  vilceres  &  des  humeurs 
qui  font  dans  le  bas  ventre.  156 
Pour  ramollir  ,  rafraîchir  ,  ouvrir 
&  fortifier  quand  il  y  a  dureté  & 
tendon  dans  les  hypoeondres.  ibid. 
Ohfervations  touchant  l’ufage  des 
Fomentations. 


Table 

Fomentations  dans  la  dyfentctie ,  &c. 

Zfl 

Remarque  touchant  ces  fomenta¬ 
tions.  251 

Fomentations  pour  la  colique.  2  y  $ 
Pour  lapldvrefie.  254 

Pour  fortifier  l’cftomac  affoibly 
par  quelque  indifpofirion  froide, 
ibid. 

Remarques  à  faire  dans  ces  fomen¬ 
tations.  z  Jp 

Fomentations  feches.  if7 

Fomentations  dans  le  commencement 
de  la  fluxion  qui  caufe  la  goûte  ;  fi 
l’humeur  qui  la  fait  eft  chaude. 
164 

Dans  une  indifpofitiow  moins 
chaude.  1 6y 

Pour  en  apaifer  la  douleur.  16  y 
Pour  refoudre  les  humeurs  ÔC  for¬ 
tifier  les  jointures.  1 66.  1 6y 
Fomentations  pour  la  violente  dou¬ 
leur  des  parties  externes  >  que  les 
anodyns  n’ont  pas  pü  apaifer.. 
4S1.  482 

Force  des  parties  en  quoy  confifte. 
451.  ôc  492 

loye  d’ Antimoine.  yn> 


des  Matières.- 

Foye  pour  qu’il  foie  naturellement 
bon  &  robufte.  45  r 

Frontal  quel  remede  c'éft ,  &de  quoy 
fe  compofe.  17  f 

Ufages  des  Frontaux.  176 

Frontal  pour  arrêter  l’hémorragie, 
&c.  ibid.. 

Pour  apaifer  la  douleur  de  tête.. 
ibirl. 

Pour  faire  dormir.  ibid.&  177. 
G. 

GArgarifmes  quelle  forte  de  remè¬ 
des.  431 

Leurs  ufages.  ibid.  43  3.  &  fuiv. 
Gargarifine  pour  atirer  la  pituite  do 
cerveau.  43  r 

Gargarifmes  aftringens  &répercuffifs 
dans  le  commencement  d’une  flu¬ 
xion  Sc  d'une  inflammation  de  la 
bouche.  433 

Cargarifme  déterfif  &  réfolutif.  434 
Pour  nétoycr  les  ulcérés  de  la  bou¬ 
che  Sc  du  gozier.  ibid. 

Pour  apaifer  la  douleur  des  dens. 
4ÎJ 

Pour  tempérer  l’ardeur  &l’acrimcu 


Table 

nie  de  la  bouche,  dans  les  fièvres, 
&  dans  le  flux  de  bouche.  ibid. 
Gutce-gomme  comme  fe  corrige.}  9  y 

H. 

HEpatiques  quels  remedcs  fonr. 
iaj 

Précaution  dans  l'ufage  des  Hépa¬ 
tiques.  1x7 

Voyez  Apozéme. 

Hippocrate  auteur  de  tout  ce  qu’il  y 
a  de  bon  dans  la  Medecine.  1 
Hydromel  des  Anciens  &  des  Mo¬ 
dernes.  7  y 

Hydromel  fimplc  de  deux  fortes.  7  6 
Leur  compofition.  ibid. 

Hydrotiques  quels  remedes  fonr.  i6j 
De  quels  Amples  fe  compofent ,  & 
comment.  168 

Combien  de  tems  ils  doivent  être 
continuez.  169 

Quelles  précautions  dans  leur 
ufage.  169 

Us  font  contraires  dans  la  verole 
aux  temperamens  chauds  &  fecs. 
*7* 

Voyez  Sudorifiques ,  Dccottioti. 
Hypnotiques  quels  Remedes  font.484 


des  Matières. 

Par  quelles  forces  ces  remedes  opè¬ 
rent.  485.486.487 

Leurs  ufages.  487.  488 

Remarques  fur  l’ufage  des  Hyp¬ 
notiques.  490.491 

Hyfteriques  quels  remedes,  font.  15  1 
Ufages  de  ces  remedes.  ibid.  8c 
155.  156.  157.  158.  161. 

INdication  ,  le  moyen  le  plus  affu- 
ré  pour  découvrir  la  nature  du 
rcmede  qui  ferve  à  la  curation  de 
la  maladie.  4 

Indications  d’où  elles  fe  prennent,  ib. 
Quand  on  les  prend  de  la  maladie 
fie  de  fa  caufe  ,  comme  il  faut  agir, 
ibid. 

Indication  déterminée ,  neceifairc.  y 
Indication  de  tout  le  tems  qu’il  faur 
continuer  les  remedes  ,  d’où  fe 
prend.  1 3 

InjeCtion  ce  que  c’eft.  43  6 

Ufage  des  Injections,  ibid.  438. 
440.441.445. 

InjeCtioiis  dans  les  maladies  des  oreil¬ 
les.  437 

Pour  les  play  es  de  la  poitrine.  438 


Table 

Pour  la  douleur  8c  inflammation 
de  la  matrice.  43S.439 

Pour  une  tumeur  œdemateufe  8C 
ficirreufe  de  la  matrice.  439 
Pour  les  ulcérés  de  la  matrice.  440 
Pour  les  maladies  de  la  veflie  &  du 
penil.  44  i.&fuiv. 

Injeftion  pour  les  ulcérés  pro¬ 
fonds  ,  ou  même  fiftuleux  quand  il 
faut  déterger  8c  deflecher.  44  y 
Inteftins  plus  fujets  à  contenir  des 
vens  &  des  Vers.  1 3 1 

Julep  ,  ce  que  c’eft.  a  8 

En  quoy  il  différé  de  l'Apozéme  8c 
du  Syrop.  28 

Juleps  dequoy  fe  compofent  ordinai¬ 
rement.  29 

L’heure  pour  les  donner.  ibid. 
Leurs  ufages.  29.31.32 

Juleps  rafraichiffans.  30 

Juleps  pour  apaifer  la  foif ,  &  tem¬ 
pérer  l’ardeur  de  la  bile,  3 1 

Juleps  pour  provoquer  la  fucur  dan» 
les  fièvres  malignes  ,  8c  dans  la 
petite  verole.  3  2 

Julep  pour  rafraîchir  8c  arrêter  l’itn- 
petuofiré  du  fang  &  de  la  bile.  3  y 
Juleps  Cardiaques.  1 1 3 . 8c  n  (* 


des  MttUres. 

Julep  Alexandrin.  St 

Julep  bècnique  dans  les  maladies 
froides  de  la  poitrine.  99* 

Julep  lorfque  l'eftomac  eft  e'chaufé 
&  abatu.  1 1  ; 

Julep  pour  tuer  les  vers  dans  la  fièvre 
caufée  par  la  vermine.  1 3  z 

Julep  pour  les  coliques  &  douleurs, 
&  fufocation  de  matrice.  1 3  6 

Julep  dans  les  fièvres  ,  quand  les  vers 
font  de  la  partie.  134 

Voyez  Potion, 

Julep  pour  abatre  la  chaleur  des 
reins.  138 

Julep  pour  la  colique  rcnale  &  pour 
faire  tomber  la  pierre  des  reins. 
146 

Pour  la  fuprefïïon  d'urine,  &  dans 
la  douleur  pefante.  147 

Julep  pour  un  acouchement  difficile. 
161 

Juleps  pour  la  fupreffion  d’urine.. 
v  413 

Juleps  diaphoniques.  418.  419 
Juleps  pour  faire  dormir.  48$ 

Julep  pour  arrêter  le  fang.  49* 


Table 


L. 

LAit  de  plufieurs  fortes.  60.  6 1 
Lait  de  femme  plus  tempcré  que 
tous  les  autres.  60 

Et  le  premier  pour  nourrir.  6 1 
Lait  pour  ladyfcnterie,  &c.  quel  cil 
le  meilleur.  ibid. 

Dans  la  phthiixe  &  fièvre  hétique 
quel  lait  il  faut  choifir.  61 

Le  Lait  de  quelles  façons  fe  prend, 
ibid. 

Comme  on  l'ordonne.  ibid. 

Bonté  du  Lait  comme  fe  connoir. 
<54 

Réglés  &  précautions  pour  con- 
noitre  quand  &  à  qui  l'ufage  du 
Lait  eft  propre  ou  non  ,  félon 
Galien.  6  f 

Lait  dans  la  Dyfenterie  comme  il  Ce 
doit  donner.  ibid.  &  66 

Lait  combien  a  de  parties.  66 

Voyez  Petit-Lait. 

Lavement ,  voyez  Clyflere. 

Linimens  de  quelle  confillance  ,  & 
dequoy  fe  compofenr.  179 

Leurs  ufages.  z8o.  181 


des  Matïeres. 

Linimenr  pour  rafraîchir  Sc  apai- 
fer  la  douleur  dans  les  parties  ex¬ 
trêmement  échaufées.  280 

Pour  laplévréfie.  28 z 

Pour  rafraîchir ,  relâcher,  &  adou¬ 
cir  la  douleur  des  reins.  ibid. 
Pour  refoudre  8c  fortifier  dans  la 
Paralyfie.  ibid. 

Pour  apaifer  les  douleurs  des  hé¬ 
morroïdes.  281 

Liniment  cordial  apres  Implication 
des  épithemes.  2  $9.  240 

Liniment  pour  les  reins  dans  un 
débord  d’uiine.  150 

Liniment  pour  la  violente  douleur 
des  parties  externes ,  que  les  ano¬ 
des  n’ont  pas  pu  apaifer.  482 
Loorh  ce  que  c’eft  ,  8c  ce  qu’il 
fignifie.  104 

Loochs  de  deux  fortes.  10  r 

Looch  Magiftral  de  quoy  fe  compoie 
ibid. 

Le  tems  de  s’en  fervir.  ibid. 

Ufages  des  Loochs.  ibid.  &  107. 
108.  109.8c  110 

Loochs  pour  dégager  la  matière  qui 
eft  atachce  aux  lobes  des  poû- 
mons.  xo  6 


Table 

Looch  pour  la  plévréfie  &  inflamma¬ 
tion  des  poumons.  107 

Looch  quand  la  matière  cfl:  mélan¬ 
gée  d’une  humeur  déliée  &  grof- 
uere.  ibid. 

Looch  pour  déterger  &  incrafler  dans 
l’Empyeme.  107.  108 

Looch  pour  arrêter  le  crachement 
de  fang.  108 

Loochs  pour  deflecher  &  confolider 
les  ulcérés  des  poûmons  dans  la 
phthifie.  109 

Looch  pour  la  fluxion  d’une  humeur 
fubtile  qui  tombe  fur  la  poitrine , 
dans  ceux  qui  crachent  le  fang, 
&c.  1 1  o 

Lotions  ce  que  c’eft.  ^  7 

Leurs  ufages. 


MAfticatoires,&  leurs  ufagcs.4  3  o 
Comme  on  les  ordonne,  ibid. 
Mafticatoires  à  qui  contraires.  4  3 1 
Médecin  ,  apellé  pour  voir  des  mala¬ 
des  ,  combien  embaraiïe.  1 

Médecin  qui  connoit  le  mal  eft  capa¬ 
ble  de  le  gucrif.  a 


des  Matières. 

Le  Médecin  quelles  obfervations  it 
doit  garder  ,  quand  il  commence 
la  curation  des  maladies.  8 1 
&  fttiv. 

Médecin  doit  ctre  très  -  bien  verfé 
dans  l'Anatomie.  ibid. 

Il  doit  favoir  les  chemins  ordinai¬ 
res  par  lefquels  la  nature  fe  dé- 
charge  de  fes  excremens.  1 7 
Le  Médecin  doit  revenir  au  point, 
d’où  la  maladie  a  commencé.  1 4 
Mercure  blanc  précipité  ,  comme  fe 
connoit  quand  il  eft  bon.  3  97 
Comme  on  le  donne.  ibid. 

Mercure  fublimé  doux.  398 

Mercure  de  vie  corrigé.  399 


N. 

NArcotiques  quels  remedes  font. 
480 

Comme  ils  apaifent  la  douleur. 
481 

Ufage  des  Narcotiques.  ibid. 
Obfervations  touchant  l’ufage  des 
Narcotiques.  483.484 

^Nafcale  ce  que  c'eft.  450 

De  quoy  fe  fait.  ibid. 


Table 

Néphritiques quels  remedes  fonr.  137 
Ufages  des  Néphritiques.  ibid.  & 
139.  148.149 

Néphritiques  comme  rompent  les 
pierres  qui  font  dans  les  reins  & 
dans  la  vdlie. 

Sentiment  ingénieux  de  Tache- 
nius.  139.&140 

Qui  eft  réfuté.  140.141*  *42 

O. 

OBfcrvations  qu’il  faut  garder,  fé¬ 
lon  Hippocrate  &  Galien,  pour 
donner  les  remedes  comme  il  raur. 
8.  jufqu’à  16 

Ocafton  de  deux  fortes.  1 4 

A  quels  tems  des  fnaladies  chacune 
convient.  ibid. 

Ocafion  de  donner  les  remedes  d'où 
fe  prend.  ibid.- 

Onguens  quels  remedes.  a8a 

Différence  des  onguens.  183 

La  proportion  des  ingrediens  qu’il 
faut  garder  dans  leur  compofuion. 
28a 

Ufages  des  Onguens ,  magiftraux. 
a8j 


Onguent 


des  Matières. 

Onguent  pour  ramolir  &  refoudre  les 
tumeurs  dures ,  &c.  285 

Onguent  pour  les  dartres ,  pour  les 
ulcérés  légers  ,  &  inflammations. 
284 

Pour  la  gale  &  demangeaifon.ibid. 
Pour  faire  venir  le  flux  de  bou¬ 
che  ,  dans  la  curation  de  la  vérole, 
ibid. 

Onguent  Narcotique.  482.  48  j 

Opiare  ce  que  c’eft.  200 

Ufage  des  Opiatcs.  ibid.  fie  207. 
208 

Opiate  aperitive  dans  une  indifpofi- 
tion  chaude.  200 

Obfervation  touchant  les  fels  li- 
viaux  &  l’Acier.  20 r 

Opiate  pour  une  indifpoficion  où  il 
y  a  mélange  de  froid  fie  de  chaud, 
ibid. 

Opiate  aperitive  quand  les  obftruc- 
tion s  commencent.  202 

Quand  il  la  faut  rendre  purgative. 
205 

Opiate  dans  des  obftruétions  invété¬ 
rées.  20  j 

Précautions  de  l’ufage  de  l’aciei 
dans  les_Opiaies.  '  205. 1 06 


Table 

Opiates  pour  une  toux  violente  te 
opiniâtre  ,  dans  le  crachement  de 
fang  ,  &c.  a  07 

Opiate  corroborative  pour  le  cœur 
dans  une  indifpofition  chaudc.45  8 
Dans  une  indifpofition  froide.  460 
Opiates  pour  fortifier  le  cerveau. 
4<$3.&46y 

Pour  fortifier  le  foye.  470 

Opiate  de  la  Poterie.  47  3 

Opiate  pour  fortifier  l’eftomac.  1 20 
Opiate  pour  fortifier  &  rafraîchir 
l'eftomac  &  le  foye.  114 

Opiate  dans  un  exccz  &  un  débort 
d’urine.  1 5  o 

Opiate  contre  les  mouvemens  hyfte- 
riques.  iyy 

Pour  ayder  la  conception  dans  une 
intempérie  froide.  ijp 

Dans  une  intempérie  chaude,  x  60 
Ordre  qu’il  faut  obfcrver  en  ôtant  les 
caufes  des  maladies.  6 

Orge  de  deux  fortes.  74 

Orge  ou  Ordeats  des  Anciens  &  des 
Modernes.  •  ibid. 

Orge  pour  adoucir  l’acrimonie  des 
humeurs.  72 

Pour  nourrir  &  humetter  les  tabi- 


des  Maîtres, 

des  &  hériques.  fbid. 

Orge  leger  en  façon  de  bouillon.  7  j 
Orge  que  Ton  peut  donner ,  quand  il 
y  a  des  obftrudbions.  74 

Orge  pour  adoucir  la  toux.  7y 
Oxyrhodin  ce  qu'il  fignifie.  175 
De  quoy  fe  compofenr,  &  leurs 
ufagcs.  ü>id.  Sc  274 

Précautions  dans  l’ufage  des  oxy- 
thodins.  ijç 


PAins  de  rofes  comme  fe  prépa¬ 
rent  j  &  en  quelles  maladies  on 
les  employé.  178 

Parfum  ce  que  c'cft ,  &  fcs  différen¬ 
ces.  270 

Ufage  des  Parfums.  170.171 
Parfum  pour  fortifier  &  préparer  dans 
une  intempérie  froide  &  humide 
du  cerveau.  170 

Pour  delPcchcr  les  ulcérés  veroliques 
de  la  bouche  &  du  gozier.  171 
Pour  faire  fuer  pour  la  curation  de  la 
verole.  171 

Pour  les  fufocations  de  la  matrice. 

ibid. 


Table 

Pour  arrêter  les  hémorrhoïdès  3  &  eh 
apaifer  les  douleurs.  273 

Parrum  de  l’herbe  du  Thé.  228 
Peflairc  ce  que  c'eft  ,  &  dequoy  fe 
compofe.  446 

Leurs  ufages.  447.448.449 
Pertaire  pour  nétoyer  la  matrice  des 
férofiti^  &  des  humeurs  pituitçu- 
fes  j  &  pour  faire  venir  les  mois. 
447 

Pour  charter  l’arriere-faix.  448 
Pour  la  fnfocation  de  matrice,  ibid. 
Pour  dert’echcr  &  fortifier  la  matrice 
trop  humide ,  &  faciliter  la  conce¬ 
ption.  ibid. 

Pour  déterger  les  ulcérés  de  la  ma¬ 
trice.  449 

Pour  dclTecher  &  cicatrifer.  ibid. 
Petit-lait ,  remede  alteratif.  66 
Comme  fe  fépare  des  autres  parties 
du  lait.  66.67 

Petit-lait  en  quelle  faifon  fe  doit 
prendre  ,  combien  de  tems  &  fa 
dofe.  67 

Ses  ufages.  68 

Façon  de  l’ordonner,  ibid.  &  69 
Quand  &  comment  fe  doit  rendre 
purgatif.  69. 70 


des  Matières. 

Pilules  ce  que c'eft.  m 

Pourquoy  apellées  catapoties.  2  x  2 
Dequoy  fe  compofent.  xti 

Pilules  pour  ouvrir  les  obftruéfions. 
ibid.  &  ri  3 

Pour  les  fufocations  de  matrice.  113. 
&  1  ij 

Pilules  pour  charter  le  fable  &  déter- 
ger  dans  la  gonorhée.  214 

Pilules  pour  ouvrir  &  purger  en  meme 
rems  dans  les  obftruétions  invété¬ 
rées  &c.  ibid.  &  2  x  5 

Pilules  pour  arrêter  la  toux  quand  la 
matière  eft  fubtile  &  falée  ,  &  la 
toux  continue.  1 1 6 

Pilules  pour  arrêter  dans  toute  forte 
de  fang ,  &  à  la  fin  de  la  gonorhée, 
ibid. 

Pilules  purgatives  dequoy  fe  compo¬ 
fent, &  leur  différence.  38 /.&  j 86 
Leur  dofe.  386 

Pilules  qui  purgent  fortement  ,  & 
celles  qui  purgent  médiocrement, 
quand  le  doivent  prendre.  ibid. 
Quant  cft-ce  que  l'on  fe  fert  de 
pilules  purgatives.  387 

Pilules  pour  attirer  fortement  du  cer¬ 
veau  &  des  autres  parties  dans  «ne 


Table 

cacochymie  pituiteufe>fereule,fîm- 
ple  ou  melée.  ibid. 

Pilules  pour  vuider  lesferofitez.  389- 
Pilules  polychreftes&^amivenerienes. 
ibid. 

Pilules  Angéliques.  350 

Pilules  antihydropiques.  391.392 
Pilules  pour  précaution  de  la  paffion 
hyfterique.  389. 

Pilules  pour  faire  dormir.  489 
Potions  contre  les  Vers.  133 .  &C 
IiS 

Voyez  Tulep. 

Potions  carminatives  pour  les  coli¬ 
ques  &  fufocation  de  matrice.  136 
Potion  pour  arrêter  le  mouvement  de 
la  matrice  dans  une  fufocation. 
1  J 1 

Quand  il  a  des  mouvemens  con- 
•»  ulfifs  &  épileptiques.  1  y  z 

Quand  il  y  a  de  violentes  tran¬ 
chées  caufées  par  la  chaleur.  1  y  3 
Potion  pour  yn  acouchement  diffi¬ 
cile.  y 

Potions  cardiaques  pour  les  indifpo- 
firions  chaudes  du  cœur.  4y7 
Pour  un  flux  de  ventre  bilieux,  un. 
débord  de  bile  ,  &c.  4y  8 


des  Matières. 

Potion  purgative  ce  que  c'eft.  .3  3 9 
Comme  le  fait.  341 

Remarques  fur  la  compolîtion  des 
potions  purgatives,  ibid.  &  341. 

343  ,  , M 

Potions  pour  purger  la  bile.  34; 
&  [hiv. 

Pour  purger  la  pituite.  349 

Pour  purger  la  mélancolie.  331 
Pour  purger  les  eaux  3  ;  4 

Pour  purger  quand  il  y  a  mélange 
d'humeurs.  356 

Pour  purger  toutes  les  humeurs 
enfemblc.  338 

Potion  purgative  dans  le  flux  de  ven¬ 
tre  ,  &  la  dyfentcrie.  3  60 

Dans  les  maladies  de  la  poitrine, 
pour  purger  les  femmes  enceintes, 
&c.  361 

Pour  les  femmes  fujettes  aux  fufo- 
cations  de  matrice.  361 

Potions  purgatives  pour  les  enfans. 
363.  364 

Potions  avec  le  vin  emetique.  374 
37  S 

Poudres  faciles  à  préparer.  117 
Leurs  différences.  ibid. 

Ufages  internes  des  Poudres,  ibid. 
&  230  Z  4 


Table 

Ufages  externes.  2  3  o 

Poudre  cakc&ique  de  Quercetan.  zi8 
Poudre  contre  les  fièvres  intermitan- 
tes.  ibid. 

Poudre  contre  les  vers  pour  les  enfans. 
2. 2.8 

Contre  l’avortement.  ibid. 

Contre  la  pierre.  229 

Poudres  Cardiaques.  117 

Poudre  ftomachique.  120 

Poudre  corroborative  pour  le  cerveau. 
4  66 

Poudres  purgatives  dequoy  fc  fout. 
381 

Précautions  dans  l’ufagc  des  pou-* 
dres  purgatives.  ibid. 

Poudre  pour  ceux  qui  font  menacez, 
d'hydropifie ,  &c.  382 

Pour  les  indifpofuions  pituiteufes. 

Pour  les  indifpofuions  rhumatiques. 


arthritiques ,  &  veneriennes.  ibid. 

Poudres  hydragogues.  383 

Poudre  Cornachine.  '384 

Poudre  courre  les  Vers.  134 

Poudres  pour  exfolier  les  os.  230 


Pour  confumer  les  chairs  pourries. 
•  i)1 


des  Matières. 

Pour  les  ulcérés  du  gozier,  8cc.  ibîd. 
Poudre  pour  arrêcer  le  fang.  z  3  z 
Poudre  de  fympathie.  z  3  j 

Poudres  pour  éternuer.  414 

Pratique  de  la  Medecine  ce  qu’elle  a 
de  plus  important.  1 

Pratique  pour  les  maladies  longues. iz 
Purgation  ce  que  c’eft.  3 10 

Purgation  univerfelle  &  particulière. 
309 

Purgation  en  forme  liquide  ,  quand 
meilleure  qu’en  autre  forme.  339 
Purgatifs  comme  fe  divifent.  3 1  o 
Purgatifs  comment  eft-ce  qu’ils  opè¬ 
rent.  ;ii.&  fuiv . 

Purgatifs  Chymiques.  $91.  &  fuiv* 


REins  ,  leurs  maladies  particuliè¬ 
res.  1  37 

Remcdes  donnez  à  propos  de  quelle 
importance.  r.  &  1 

Remède  ,  ce  que  l’on  entend  par  ce 
mot.  3 

Remedes  d’où  fe  tirent.  ibid  . 

Remcdes  diététiques ,  chirurgicaux 
6c  pharmaceutiques.  ibid. 


Tahle 

Ces  remedes  par  quels  moyens  Ce 
trouvent.  ibid. 

La  nature  du  remède  d’où  fe  rire.  4 
Remedes  pour  être  donnez  comme  il 
faut ,  félon  Hippocrate  &  Galien, 

8.  &  fuivans. 

Remedes  qui  s’empruntent  de  la  Phar¬ 
macie,  fc  reduifenrà  trois  genres. 
18 

Remedes  alteratifs  d’où  font  indi¬ 
qués.  ibid. 

D’où  les  évacuatifs  &  corrobora¬ 
tifs.  ibid. 

Remedes  alteratifs  quels  font.  t  2. 

Leur  divifion.  ibid.  &fuiv% 

Reftaurant  de  chapon.  4/  6 


SAfran  de  Mars  comme  fe  préparé, 
37 3 

Son  édulcoration.  577 

Ses  ulages.  "  374.  &  fuiv. 

Splcniciques  quels  remedes  font.  128 
En  quoy  différent  des  hépatiques 
félon  Galien.  ibid. 

Leur  différence,  i2<> 

Voyez  Afosjnu* 


des  Matières. 

Sternutatoires  ,  quels  medicamenS» 
41J 

De  quoy  fe  compofent.  ibid. 
Leurs  ufages.  414 

Sternutatoires  en  poudre  fimple  8c 
compofée.  424.425 

Sternutatoire  liquide.  425 

Obfervations  touchant  l’ufage  des 
Sternutatoires.  ibid. &  426 

Stomachiques ,  quels  remedes  font. 

117  ^ 

Leur  différence.  1 1 8 

Quels  ils  doivent  être.  ibid. 
Leurs  nfages.  ibid.  &  n* 

Remedes  Stomachiques  tant  Ga¬ 
léniques  que  Chymiques.  118. 
jufqu’à  1 24 

Observations  dans  l'ufage  des  Sto¬ 
machiques.  ni 

Sudorifiques  de  combien  de  fortes. 

17 r.  Leurs  nfages.  170 

Sudorifiques  nuifibles  aux  tempera- 
mens  chauds  8c  fecs.  172 

Sudorifiques  nuifibles  à  ceux  que 
l’on  veut  froter  de  mercure,  ibid. 
Suer  dans  les  étuves  de  plufieurs  fa¬ 
çons.  168.265* 

Supoütoires,  quels  remedes  font.  3.1  j 


Table 

Leur  différence.  ibid. 

LJfages  des  Supofitoires  Amples  & 
compofez.  3  1 6 

Supofitoires  pour  les  maladies  fopo- 
reufes.  3 1 7 

Pour  les  douleurs  &  flux  des  hé- 
morrhoïdes.  ibid. 

Pour  rell'errer  le  mufcle  du  fonde¬ 
ment  relâché.  3 1 8 

Pour  de  flécher  &  confolidcr.  3 1 9 
Syncope,  &  fes  remedes.  496.  & ftt'w. 
Syrops  magiftraux  dequoy  fe  compo- 
fent.  189 

Dans  ces  Syrops  quelle  doit  erre  la 
dofe  des  purgatifs.  190 

Syrops  magiftraux  en  quelle  dofe  fe 
donnent ,  &  avec  quoy.  ibid.  &: 
191 

Leurs  ufages.  191 

Syrop  magiftral  pour  préparer  &  pur¬ 
ger  indifféremment  toutes  les  hu¬ 
meurs.  1 9 1 

Autre  Syrop  magiftral  quand  la 
chaleur  prédomine.  193 

Syrop  magiftral  fait  de  fucs  pour  le 
même  iu jet.  194 

Syrop  magiftral  pour  les  maladies 
qui  ont  leut  fiége  dans  les  hypo- 


des  Matières. 

condres ,  &c.  19  j 

Sa  dofe.  196 

Comme  l’on  Ce  fert  de  fes  Syrops 
magiftraux.  ibid. 


TAbletes ,  ce  que  c'eft.  a  3  $ 

Ce  qu’il  y  a  obfcrver  dans  leur 
compofition.  133.134 

Tabletes  quels  ufages  elles  ont.  ibid. 
&  136 

Tabletes  pour  préparer  dans  les  obf- 
tru&ions  inveterées,  &c.  134.  135 
Pour  incrafler  une  fluxion  fubtilc 
qui  tombe  du  cerveau.  1 3  y 

Pour  l’Afthme ,  ou  courte-haleinc. 
ibid.  &  136 

Tabletes  corroboratives  pour  le  cer- 


veau. 

461 

Pour  fortifier  le  foye. 

470. J71 

Tabletes  pour  fortifier 

un  cftomac 

froid. 

I  lO 

Tabletes  carminatives. 

136 

Teinture  de  rofes. 

81 

Thé  ce  que  c’eft. 

436 

Scs  facultez. 

.  “7 

En  combien  de  façons  Ion  fe  fert 

Table 

de  cê  te  herbe.  117.  &  iiS 

Tifane  des  Anciens  &  des  Modernes. 
7i- &  77 

Ufages  de  la  Tifanç.  77.  7/?.  81. 
81.  84 

Tifane  pour  rafraîchir  &  hume&cr 
dans  les  fièvres  bilieufes  3  &c.  77. 
78 

Tifane  rafraichiflanre  &  aperitive. 
78 

.  Tilane  pour  les  fièvres  malignes.  79 
Tifane  pour  la  fièvre  quarte.  80 
Tifane  pour  deirecher  dans  les  mala¬ 
dies  froides  &  humides  du  cerveau. 
81 

Tifane  pour  le  flux  de  ventre.  8i. 
83.  84 

Tifane  pour  adoucir  la  toux  ,  arrêter 
l’envie  de  vomir ,  &c.  8  3 

Tifane  pour  rafraîchir  ,  ouvrir  les 
conduits ,  &  un  peu  nourrir.  84 
Tifane  laxative  ou  Royale.  3  6 y 

Autres  fortes  de  Tifane  laxative. 
3 6(5.  367.  368 

Tranfpiration  de  quelle  importance. 
4M-  41/ 


des  Matières. 


V. 

VErole  &  fa  curation.  184.  & 

fuivans. 

Vers,  &  quels  font  leurs  fpecifiqucs. 
131.  jufqu’à  13;. 

Veficatoires  ,ce  que  c’eft.  301 

Dequoy  fe  compofent.  ibid. 

Leurs  ufages.  303 

Combien  de  tems  on  les  laiflc  fur 
la  partie.  30J. 

Ce  qu’il  faut  faire  les  ayant  ôté. 
ibid. 

V eficatoires  pour  l'apoplexie  &  autres 
maladies  loporeufes.  ibid. 

Obfervation  touchant  l’ufage  des 
Veficatoires. 

Vin  fublimé  comme  fe  fait.  131 
Vin  camfré.  ibid. 

Vin  émetique  &  fes  ufages.  373.374. 
37 y&jHtv. 

Vomitifs ,  voyez  Emétiques.  ^